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28 février 2020

Commentaires

Jacques V.

Il faut remarquer que pour les littéraires c'est très facile de briller en plaçant dans leurs commentaires soit une citation latine, soit celle d'un auteur célèbre. C'est une autre paire de manches pour celui dont la culture est plutôt orientée vers la science: allez donc placer dans un blog comme celui-ci une réflexion du genre: "Au fond, le champ électro-magnétique n'est jamais qu'un tenseur antisymétrique du deuxième ordre dans un espace affine pseudo-euclidien à quatre dimensions", ça va être dur à caser...

Serge HIREL

Quel acteur joue l’architecte Vincent Chaumette dans PBLV (Plus belle la vie, feuilleton ô combien culturel de France 3) ?... Quel footballeur a obtenu le Ballon d’Or en 2010 ? Quel est le nom de l’enfant illégitime d’Albert II de Belgique ?... Si vous répondez Serge Dupire, Lionel Messi et Delphine Boël, c’est sûr, vous êtes un « honnête homme »... version 2020 (ou 2.0 pour faire encore plus moderne). Vous êtes un homme de grande culture, même si vous ignorez qui étaient Platon, Cicéron, Ronsard, Molière, Balzac, Mauriac et autres anciennes gloires, aujourd’hui supplantés par Hanouna, Bigard, Dieudonné et autres bizarreries à la mode...

Le sujet mérite plus de sérieux que cette raillerie. Face à l’inculture dominante - c’est, malheureusement le constat unanime -, est-il encore temps de sonner l’alerte, comme le fait notre hôte ? Est-il encore possible de mobiliser ceux qui, par profession, par mission, ont la responsabilité de préparer l’enfant à une vie d’adulte libre de ses opinions, de créer les conditions d’une réflexion personnelle, qui ne sera possible qu’en interrogeant les acquis culturels et scientifiques accumulées au fil des ans, à l’école, à la maison, dans les livres, les médias, à la télévision ?

Il n’est plus certain que l’on puisse l’affirmer. On ne peut plus que l’espérer. A condition que le pouvoir politique, qui a laissé et laisse la bride sur le cou à des idéologues bien décidés à n’inculquer que leurs convictions, exige, en particulier des enseignants et des hauts fonctionnaires chargés de concevoir les programmes scolaires et universitaires, un maximum d’ouverture sur les différents éléments du savoir - passé et contemporain - qui, assemblés, forment la culture générale.

Certes, les « hussards de la République » n’ont pas été tendres avec les pratiques sectaires de l’enseignement religieux qui, jusqu’alors, assurait l’éducation du prince comme des manants - pas tous, loin s’en faut - et l’ont combattu en lui opposant une autre conception du monde, construite sur le libre arbitre, qui exige de disposer d’un socle de connaissances permettant de l’exercer. La culture générale était leur dogme.

Où en est-on aujourd’hui ? Le récent mouvement des Gilets jaunes, incapables de s’organiser, d’élaborer des revendications claires, de définir une stratégie, n’était finalement qu’une jacquerie, comme celles qui, de temps à autre, sous l’Ancien Régime, réunissaient des « gueux » privés de toute instruction, de tout jugement cohérent. Avant d’occuper les ronds-points, n’ont-ils pas été les victimes d’une éducation ne visant plus qu’à former des moutons de Panurge, tout juste capables de régurgiter, parfois sans les comprendre, les enseignements biaisés de leurs maîtres, eux-mêmes soumis, lors de leur formation, à la doxa du moment ?

Plusieurs générations, dans une proportion inouïe, sont aujourd’hui privées d’une véritable culture générale. Et que dire de la situation des « humanités », qui, déjà avant cet effondrement, étaient réservées aux classes dirigeantes et, de temps à autre, parce que les instituteurs savaient alors les distinguer, aux fils du peuple les plus intelligents. Aujourd’hui - l’exemple est récent -, un préfet de police cite plus aisément les sept commandements de la Légion étrangère qu’une sentence de Montesquieu sur l’art de gouverner...

« On laisse ce virus dévastateur se développer ? », conclut Philippe. Pour ma part, j’ose encore répondre non. Mais, comme pour le coronavirus, nous n’avons plus que peu de temps pour bâtir une stratégie de combat. La campagne présidentielle qui approche serait un moment idéal pour discuter de cette question qui est au cœur de l’avenir de notre pays. Je crains cependant que les chamailleries et les coups bas devenus les oripeaux de ces scrutins occultent un tel débat.

Jean le Cauchois

Puisque l'on évoque la culture générale "hors humanités", pourquoi pas ce sujet de génie civil, ou militaire, concernant... les murs. Où et quand on été construits ces murs: pour les générations actuelles, le Mur de Berlin et le Mur des Cons ; pour les générations plus anciennes, le Mur de l'Atlantique et le mur du son ; pour les générations très anciennes : le Mur d'Hadrien et le Mur des Lamentations.

Et si vous avez des amis écologistes-progressistes, interrogez-les sur leur culture caporale concernant les éoliennes en mer dont on nous vante les mérites. La plus petite, la 3.6-120 de Siemens Gamesa (germano-espagnole ; Areva et Alstom/GE ont stoppé toute fabrication française), a une puissance de 3 600 kW pour des vents entre 12,5 et 25,0 m/s (45 et 90 km/h) soufflant au travers du rotor de 120 m de diamètre, soit une surface balayée de 11 300 m2, supérieure aux 10 800 m2 d'un grand terrain de football de 120 x 90 m ! La plus rentable à l'installation sera la 10-193, avec une surface balayée de 30 000 m2. Il faut espérer que les nouvelles générations de goélands argentés et autres fous de Bassan auront la sagesse de ne fréquenter ces parages que les jours avec des vents inférieurs à 45 km/h, ce qui fait quand même un bon tiers du temps ! Les écologistes militants, purs produits les plus apparents de l'inculture française ?

F68.10

@ hameau dans les nuages

"Ah bon ? Un docteur voit à intervalles réguliers le même homme d'un âge certain accompagné de nymphettes différentes faire la même demande ou demander des tests de grossesse et il ne doit pas se poser des questions ? Contacter les familles ?"

Je me permets de me citer pour répondre à votre propos:

"Si par contre ce médecin facilite l'exécution d'un crime ou délit, alors là, oui, il y a un problème clair. Et les circonstances décrites de l'entretien médical en présence non seulement de la donzelle mais aussi et surtout de Matzneff me hérissent le poil ! Mais qu'a fait, surtout, le conseil de l'ordre pendant tout ce temps ? N'a-t-il pas la possibilité de s'autosaisir de situations publiquement publiées, ce que ce billet semble suggérer ?... C'est là que je vois un réel problème..."

Trouvez-vous que ce paragraphe ne répond pas à vos attentes ? En quoi est-il critiquable ? En l'état actuel des choses, vous ne pouvez que difficilement poursuivre des actes médicaux tels que vous l'évoquez ici autrement que par les juridictions ordinales. Cela relève donc du conseil de l'ordre, non ? Vous connaissez beaucoup de condamnations ordinales pour défaut de signalement ou situations analogues ? Sachant que de nos jours nous n'en sommes qu'à peine à trouver que sauter sur sa patiente soit moralement condamnable ? (Enfin, on le savait, mais on ne voulait pas l'admettre clairement...)

Je ne vous cache pas, et cela n'aura probablement échappé à personne, que j'ai une très mauvaise opinion du corps médical, très sûrement excessivement. Néanmoins, je pense qu'il faut être réaliste:

"Le signalement et la transmission « d’informations préoccupantes », visées au Code de l’action sociale et des familles, postérieures à ces dispositions du Code pénal, sont en effet obligatoires, mais non expressément sanctionnées. Un défaut de signalement pourrait valoir des sanctions disciplinaires à un travailleur social, mais un médecin ne serait inquiété que si son silence relevait de la non-assistance à personne en péril, une notion dont la portée très restrictive est peut-être remise en cause par le BEA dans l’affaire du pilote dépressif, suicidaire et criminel de la Germanwings." -- Article d'Opinion Internationale par Raymond Taube.

Vous voulez faire quoi, concrètement, sinon constater que le conseil de l'ordre peine à se bouger les fesses dans ce genre de cas? Alors qu'il est prompt à sanctionner le défaut de confraternité quand on émet des opinions pourtant factuelles...

Illustrer qu'il y a une certaine confusion des priorités me semble nécessaire.

Mais si on pouvait couper court ici à ma petite guéguerre totale contre les toubibs, je pense que tout le monde s'en porterait mieux.

Giuseppe

Plus je lis, plus je cherche, plus j'écoute, plus je recherche, plus je gratte... et moins j'ai l'impression de savoir.
Heureusement puncheur quand j'étais un peu coursier pour mon plaisir, sinon ce serait parfois désespérant.

Exilé

...le latin socle indiscutable pour une oralité et une écriture de qualité (...)

Attention, comme l'ont exposé certains commentateurs, la culture ne se cantonne pas au seul aspect littéraire des choses, que ce soit à l'oral comme à l'écrit, c'est-à-dire uniquement en ce qui concerne la transmission d'un message.
La culture permet d'abord d'alimenter la pensée qui précède.

Par ailleurs, si la langue latine est le socle de la langue française et participe aussi de l'édification de notre civilisation, elle est également par sa structure syntaxique une école de rigueur, de concision et de précision.

César, avec son fameux « Veni, vidi, vici » de vrai faux modeste, pourrait au passage servir de modèle aux commentateurs de ce blog parfois tentés de s'étaler dans le sens de la longueur...

Achille

@ Michel Deluré | 28 février 2020 à 17:10
« La culture, c'est donc transmettre ce que le passé offre de meilleur (conservatisme culturel) pour construire l'avenir (progressisme politique). »

Joli compromis. Je valide !

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@ hameau dans les nuages | 28 février 2020 à 16:57
« La libération des mœurs et ses conséquences cela vous parle ? Si pour vous la pédophilie est un progrès inéluctable ! »

Quel rapport entre la pédophilie et le progressisme ?

Je ne sais pas si vous avez remarqué mais depuis quelque temps c’est la chasse aux pédophiles et violeurs.
Les affaires Matzneff, Weinstein et Polanski pour ne citer qu’elles, sont là pour le démontrer.

Isabelle

"Auschwitz est un événement sans précédent, qui incarne le mal radical. Or la plus haute culture humaniste et européenne, loin d’avoir su l’empêcher, l’a accompagné…
Cela reste pour moi le mystère capital. Alors que j’ai 80  ans et que j’ai travaillé toute ma vie sur cette question, je n’ai pas trouvé de réponse. Comment est-ce qu’on peut jouer Schubert le soir en famille et torturer le matin dans les camps ?" George Steiner.

https://www.philomag.com/les-idees/entretiens/george-steiner-la-haine-me-fatigue-3684

George Steiner: «Pourquoi la culture n'empêche-t-elle pas la barbarie ?»

La culture tout comme l'inculture ne nous sauveront pas de notre barbarie, de notre sauvagerie... Malheureusement.

Michel Deluré

@ Achille 28/2008:17
@ hameau dans les nuages 28/20 10:46

Je voudrais simplement apporter quelques commentaires à votre débat sur le progressisme et le conservatisme.

Il n'y a pas, de mon point de vue, de contradiction à se définir progressiste sur le plan politique et à se sentir plutôt conservateur sur le plan culturel.

Nous sommes là en présence de deux domaines distincts, l'un, à savoir la politique, étant en charge de gouverner et donc de prévoir, ce qui relève d'une action de prévision, d'anticipation, de programmation, tournée vers le progrès tandis que l'autre, à savoir la culture, issue naturellement du passé, destinée à le préserver et à en tirer le meilleur, privilégie une action d'enseignement, de transmission.

Hannah Arendt considérait d'ailleurs le conservatisme comme « l'essence même de l'éducation ».
La culture, c'est donc transmettre ce que le passé offre de meilleur (conservatisme culturel) pour construire l'avenir (progressisme politique).

hameau dans les nuages

@ F68.10 | 28 février 2020 à 14:38

Ah bon ? Un docteur voit à intervalles réguliers le même homme d'un âge certain accompagné de nymphettes différentes faire la même demande ou demtander des tests de grossesse et il ne doit pas se poser des questions ? Contacter les familles ?

Eh bien dites donc !...

Protection de l'enfance:

https://www.la-croix.com/Actualite/France/Michele-Barzach-Certaines-politiques-de-l-enfance-sont-inefficaces-2015-06-09-1321287

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@ Achille
"Non le progressisme c’est simplement se poser les bonnes questions afin de prévoir les conséquences de l'évolution de notre société qui est irréversible et s’adapter au monde dans lequel on vit."

Crise de jeunisme ?

Non cela s'appelle mettre la charrue avant les boeufs. La mort étant inéluctable vous pouvez vous adapter aussi en vous tirant une balle dans la tête.

La libération des moeurs et ses conséquences cela vous parle ? Si pour vous la pédophilie est un progrès inéluctable !

F68.10

@ Exilé
"Oui. Comment est-il concevable de ne pas se demander d'où tout cela vient, y compris dans ses lois, qu'elles soient mathématiques, physiques ou biologiques ?"

Vous ne montrez pas ici quelque chose de plus vaste. Vous posez des questions plus vastes. Ces questions ont toujours été au fondement de la démarche scientifique. Depuis par exemple les pythagoriciens qui s'extasiaient de trouver dans l'harmonie musicale une preuve du lien entre le beau et les rapports géométrico-numériques. Ou comme en témoigne toute l'histoire de l'astronomie, depuis la préhistoire mythiciste jusqu'à nos jours en passant même par l'astrologie.

"Par ailleurs, pourquoi donc faudrait-il opposer les littéraires aux scientifiques, alors qu'il est possible - chez les plus brillants - d'être à la fois l'un et l'autre ?"

Ce n'est pas une question de talent. On trouve ces répartitions différentes de sensibilités aussi bien en haut qu'en bas de l'échelle de la compétence scientifique ou littéraire. Je pense toutefois que les épisodes des régimes nazi et soviétique ont sali sérieusement les prétentions sociétales de la science ; et que c'est une des raisons pour laquelle les littéraires s'en méfient, à juste titre, d'un certain côté, mais aussi à l'excès de l'autre, et pas toujours à bon escient.

Mais le fait demeure que nombre de "littéraires" ont perdu contact avec le développement de la science, ce qui est en grande partie la faute de l'évolution de nos systèmes universitaires. L'autre fait qui demeure est que le prestige de la science dans les "basses couches" de la population relève des promesses de prouesses technologico-sociales. Nous sommes dans le domaine de la magie qui épate le bas peuple. Mais la valeur de la démarche scientifique dans les couches éduquées à cela de la population ne relève pas de son aspect magique mais de la valeur intrinsèque de la démarche même.

Il nous faut rejeter ces deux écueils: le séparatisme de la philosophie vis-à-vis de la science, et la prestidigiditation du progrès irréfléchi à l'usage du bas peuple.

"Vous tombez dans l'utilitarisme professionnel avec votre exemple des sciences sociales ou autres sciences « modernes » (le terme moderne veut simplement dire contemporain), sciences sociales au passage qui semblent parfois ignorer le simple bon sens, il suffit par exemple de constater certains délires universitaires en ce domaine..."

Il n'y a pas à rejeter les applications de la science au motif que seules les questions métaphysiques (parmi lesquelles certaines ont été résolues par la science) importent: les applications ont leur utilité.

Mais prenons l'exemple des sciences sociales à l'égard desquelles pas mal de critiques sont justifiées: à un extrême, vous avez des pastiches de Mein Kampf qui arrivent à se faire publier dans des revues universitaires féministes... À l'autre extrême, vous avez les travaux d'Esther Duflo qui examine des stratégies de réduction de la pauvreté ou d'accès à l'éducation par des études randomisées contrôlées en double aveugle. C'est littéralement le jour et la nuit ; et les intouchables en Inde ont bien compris quelle approche leur était réellement utile. Et ce n'est pas la première approche.

En résumé: si des universitaires délirent sur des sujets graves, c'est un sujet grave en soi. Cela ne signifie pas qu'il est impossible de pratiquer des sciences sociales rigoureusement et de les appliquer à des sujets de société concrets. Seulement que ce n'est pas la préoccupation première des universitaires que vous critiquez.

"La culture par les humanités n'a pas pour but de figer les mentalités une fois pour toutes, ou de donner des recettes d'ordre technique immuables, elle se contente d'ouvrir l'esprit de façon générale, de développer ses capacités de jugement."

Si vous parlez de développer des capacités de jugement, je suis entièrement d'accord. Mais soutenir cette thèse signifie bien qu'il y a bien des bonnes et des mauvaises manières de penser. La première de ces mauvaises manières de penser étant de figer les mentalités, pour reprendre votre propos.

"Cette culture permet aussi accessoirement de façon pratique (pour ceux qui ne considèrent que ce critère) de faire preuve d'un minimum d'esprit critique devant le sermon quotidien du présentateur du 20 heures chargé d'endoctriner les Français sans qu'ils ne s'en rendent compte..."

Permettez-moi de communier avec vous sur ce point...

Michelle D-LEROY

Le domaine de la culture générale est si vaste, de la littérature à l'art, des sciences aux mathématiques, que peu de gens peuvent se vanter de connaître cette large panoplie, chacun a forcément ses préférences forgées à l'école ou au travail.

Lorsqu'au cours d'une rencontre, une personne cite un auteur, cela prouve qu'il a de belles connaissances littéraires puisqu'il cite de mémoire en espérant approfondir un débat et commenter cette belle pensée, mais lorsque derrière nos ordinateurs nous faisons la même chose, bien souvent cela devient pédant, car on ne sait si la personne a de vraies connaissances ou si elle est allée chercher à point nommé cette citation sur Internet, et non par connaissance personnelle.

En tout état de cause, si je me réfère aux grands érudits de mon entourage, je m'aperçois que chacun d'entre eux a son domaine de prédilection, l'ingénieur va orienter la conversation vers les sciences ou les découvertes, le médecin sur les sciences humaines, le contrôleur de gestion sur l'économie (un domaine fluctuant et aléatoire) ou encore un autre restera incollable sur le cinéma ou les peintres contemporains.

Il est tout de même à noter que chacun de ces adultes revient toujours à son domaine professionnel même s'il s'intéresse à beaucoup de choses en dehors.

N'empêche que les discussions animées autour d'un sujet culturel restent fort intéressantes et que du coup si chacun apporte une pensée générale dans son domaine, tout reste enrichissant en dehors des banalités d'usage.

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@ Lucile

En ce qui concerne ce que le Procureur a dit au procès Fillon "dans l'Ancien Régime, vous seriez pendu", je trouve comme vous cela sidérant.
Sidérant car nous savons bien qu'aujourd'hui aucun juge n'est pour la peine de mort, il suffit de les voir trouver des circonstances atténuantes à des assassins multirécidivistes.
Par ailleurs il m'est arrivé de me poser la question de savoir si nos voisins dont les régimes étaient des monarchies constitutionnelles n'étaient pas plus solides que notre République avec un Président élu au suffrage universel, pour que j'apparaisse comme la pire des réacs.

Alors évoquer à la fois la peine de mort et la monarchie me semble hors du temps et c'est à mon sens du cinéma, juste pour marquer la détestation des époux Fillon et laisser envisager la sentence la plus lourde à leur égard. Il faut à tout prix les anéantir afin qu'il ne prenne pas à FF l'idée de revenir sur la scène politique.
Comment ensuite prendre notre justice comme fiable et impartiale ?

Jean le Cauchois

"L'inculture générale est une plaie française. On laisse ce virus dévastateur se développer ?"

J'ai découvert récemment une spécialité d'enseignant dont j'ignorais l'existence : celle de "professeur documentaliste" pour collèges et lycées, qui existe à deux niveaux de rémunération, certifié ou agrégé. Elle se définit ainsi : "Le professeur documentaliste forme les élèves à la recherche documentaire. Il les initie à la connaissance des classifications, leur apprend à trouver rapidement tel document ou tel fichier électronique, à le comprendre et l'exploiter, par exemple pour un exposé ou un cours".

Voilà une bonne nouvelle, qui complète mon information sur la modernité, alors même que je viens d'être convié à un séminaire gratuit tout en restant chez moi : un "webinaire" sur le projet de construction d'un parc d'éoliennes en mer, au large des côtes normandes. On n'arrête pas le progrès ?

je sème à tout vent

Ne pas confondre culture générale, connaissance universelle et savoir individuel.

Shadok

@ Thir 28 février 2020 à 13:35

Vous avez raison et la littérature française foisonne d'ouvrages sur ce sujet, mais le problème c'est que les juges sont pires que les jurés.

Lucile

@ Tipaza
"Vous surestimez l'appétence de l'enfant pour l'apprentissage culturel"

C'est peut-être, chez certains, ce que les Anglais appellent un "acquired taste", un goût non inné, qui doit, et qui peut s'acquérir.

Il me semble que c'est quand l'enfant est encore petit que le moment est le plus propice pour lui mettre le pied à l'étrier. C'est toujours rattrapable ensuite, mais difficilement si l'enfant a perdu l'envie d'essayer de comprendre ou d'apprendre, alors que c'est là que gît le filon !

Je pense que trop peu d'enseignants se mettent vraiment à la portée de l'enfant. On ne devrait jamais amoindrir quelqu'un à cause de son ignorance. Si la culture est considérée comme un instrument de ségrégation, c'est qu'elle donne du pouvoir, et que certains s'en targuent - paradoxalement - pour écraser autrui de leur supériorité. C'est pourquoi ceux qui estiment en manquer, plutôt que de faire des efforts, préfèrent la dénigrer et empêcher les autres d'en avoir le goût. C'est à se demander si l'Éducation nationale ne voit pas un peu les choses comme ça.

Vous posez une vraie question en citant ces jeunes uniquement tentés par des activités manuelles. La culture est-elle sélective, est-elle réservée à une élite ? Reconnaissons qu'il y a des échelons, et que bien peu occupent le sommet de la pyramide (ce qui devrait tous nous rendre modestes).

Doit-elle pour autant être "gérée" par l'État ? Avec les résultats que l'on sait, d'où le titre non exagéré du billet.

Tipaza, nos commentaires ne sont pas si différents. Je suis d'accord avec votre définition de la culture. Je mets plus l'accent sur la transmission, qui me paraît une responsabilité vis-à-vis des enfants que l'on met au monde. Mais une responsabilité heureuse, où l'on s'enrichit en partageant.

F68.10

@ Achille (@ hameau dans les nuages)
"Non le progressisme c’est simplement se poser les bonnes questions afin de prévoir les conséquences de l'évolution de notre société qui est irréversible et s’adapter au monde dans lequel on vit."

Exact. En ce sens, le "progressisme" est effectivement nécessaire.

Mais il ne faut pas se leurrer non plus: ce qu'on nous vend au nom du progrès est parfois complètement irréfléchi, ou pire, complètement inutile.

Par exemple, le dioxyde de titane est parfaitement inutile dans l'alimentation (sauf peut-être marginalement dans la conservation des aliments). On peut se palucher tant qu'on le souhaite sur son innocuité réelle ou supposée, le fait essentiel demeure qu'il est parfaitement inutile. Qu'on nous vende cela comme du progrès m'ulcère. Les enjeux du progrès ou du progressisme ne sont pas dans des crêpages de chignon de ce style.

Je veux bien et je suis même impatient qu'on me parle de progrès. Il faut juste ne pas mettre n'importe quoi sous cette étiquette, ce qui est malheureusement une tendance que je trouve trop marquée. Et qui ulcère alors à juste titre les "réacs".

Cela étant, le cas Matzneff est une piètre réfutation de l'utilité sociale de la pilule... Un médecin n'a pas à refuser la pilule hors autorisation parentale y compris dans des cas d'hébéphilie, selon la méthode de prise de connaissance de la situation: si la gamine vient de son propre chef, ce n'est pas de mon point de vue du rôle du médecin de questionner cela, et la psychanalyse n'a rien à voir là-dedans (ce qui venant du Salon Beige ne manque pas de piquant).

Si par contre ce médecin facilite l'exécution d'un crime ou délit, alors là, oui, il y a un problème clair. Et les circonstances décrites de l'entretien médical en présence non seulement de la donzelle mais aussi et surtout de Matzneff me hérissent le poil ! Mais qu'a fait, surtout, le conseil de l'ordre pendant tout ce temps ? N'a-t-il pas la possibilité de s'autosaisir de situations publiquement publiées, ce que ce billet semble suggérer ?... C'est là que je vois un réel problème...

Cela dit, Matzneff, qui s'inquiète d'avoir fait un gosse à la gamine, est véritablement un cinglé irresponsable dans les propos cités par le Salon Beige... Mais voir un petit vieux, même pédophile, traqué comme il l'est actuellement ne m'amuse que très moyennement: qu'on lui offre une porte de sortie ni honorable ni complètement déshonorable pour que cesse la farce, et surtout qu'on lui permette de s'expliquer de tout ce qu'il n'a pas encore réellement exprimé dans ses livres... De toutes manières, il n'accomplira plus grand-chose de sa vie. La justice aurait dû intervenir avant ; maintenant qu'il est trop tard, tout cela n'est que de l'esbroufe.

Thir

M. Bilger, en allant au bout de votre pensée sur un sujet que vous connaissez bien, il faut supprimer les jurés populaires. Tant d’entre eux, sans aucune culture ni recul, jugent les autres suivant la sympathie (plus souvent l’antipathie) qu’ils leur inspirent et se comportent en moutons de Panurge. C’est du vécu... C'est terrible.

Exilé

@ F68.10
« Vous avez "plus vaste encore" ? »

Oui.
Comment est-il concevable de ne pas se demander d'où tout cela vient, y compris dans ses lois, qu'elles soient mathématiques, physiques ou biologiques ?

Par ailleurs, pourquoi donc faudrait-il opposer les littéraires aux scientifiques, alors qu'il est possible - chez les plus brillants - d'être à la fois l'un et l'autre ?

Vous tombez dans l'utilitarisme professionnel avec votre exemple des sciences sociales ou autres sciences « modernes » (le terme moderne veut simplement dire contemporain), sciences sociales au passage qui semblent parfois ignorer le simple bon sens, il suffit par exemple de constater certains délires universitaires en ce domaine...

La culture par les humanités n'a pas pour but de figer les mentalités une fois pour toutes, ou de donner des recettes d'ordre technique immuables, elle se contente d'ouvrir l'esprit de façon générale, de développer ses capacités de jugement, afin qu'il puisse réagir lui-même à bon escient devant une situation donnée, en étant capable de faire preuve d'analyse et de synthèse de façon adaptée, dans divers environnements, d'ordre public ou personnel, maintenant comme hier ou comme demain dans mille ans et mieux encore en lançant de nouvelles pistes de réflexion.

Cette culture permet aussi accessoirement de façon pratique (pour ceux qui ne considèrent que ce critère) de faire preuve d'un minimum d'esprit critique devant le sermon quotidien du présentateur du 20 heures chargé d'endoctriner les Français sans qu'ils ne s'en rendent compte...

Achille

@ hameau dans les nuages | 28 février 2020 à 10:46
« L'avantage du progressisme est de ne pas trop se poser de questions sur les conséquences. C'est le progrès. »

Non le progressisme c’est simplement se poser les bonnes questions afin de prévoir les conséquences de l'évolution de notre société qui est irréversible et s’adapter au monde dans lequel on vit.
Ce n’est certainement pas chercher midi à 14 heures.

Par ailleurs, je ne vois pas trop ce que vient faire Michèle Barzach, la pilule et Matzneff dans cette affaire. Il ne faudrait pas tout mélanger.

Tipaza

@ Lucile | 28 février 2020 à 11:42
"Par nature, un enfant ne demande qu'à surmonter sa paresse intellectuelle"

Quel dommage que l'adolescent, puis l'homme ensuite oublie cette demande ;-)

J'ai bien aimé votre commentaire, une seule remarque, qui n'est pas un reproche, vous surestimez l'appétence de l'enfant pour l'apprentissage culturel.

J'ai connu des enfants qui n'étaient intéressés que par le travail manuel, le travail aux champs dans un petit village perdu de montagne à vaches.
Et là, ils étaient volontaires et tenaces y compris quand la tâche les dépassait. Et cet apprentissage est aussi une forme de culture, différente de la pure intellectuelle, mais qui porte sa richesse personnelle.

Un commentaire très différent du mien et c'est ce qui fait la richesse du blog.

hameau dans les nuages

@ PITE | 28 février 2020 à 11:48

C'est peut-être prévu pour la disparition des petites communes. Pour en avoir parlé avec une secrétaire de l'une d'entre elles, elle le confirme dans la mesure où ils ne sont plus que des chambres d'enregistrement des décisions de la communauté de communes. Sinon, faute de ce faire, leurs demandes pour améliorer le quotidien étaient sucrées ou retardées. Ces petites communes ne deviennent plus qu'un bureau des pleurs ou d'enregistrement de rivalités de voisinage.

A côté de chez moi, cette commune par exemple:

https://www.larepubliquedespyrenees.fr/2020/02/28/municipales-6-communes-sans-candidat-dans-le-64,2668564.php

PITE

Votre remarque est applicable à toutes les strates du millefeuille démocratique. Etant en fin non renouvelée d'un mandat de conseiller municipal d'un village rurbain de 240 habitants de l'Oise, j'ai pendant ces six années croisé des ignares qui décidaient de l'obtention d'affermages qui engageaient la commune pour vingt ans.
Que dire aussi des cumulards trustant les postes à indemnités, vraiment peu présents aux commissions ou assemblées...

La démocratie dite de proximité est à mes yeux un leurre. Maintenant que pour les villages, la loi NOTRe ne laisse aux maires que les monuments aux morts et l'entretien des lampadaires, je m'étonne que le poste d'édile trouve encore des candidats.

Michel Deluré

Constat regrettable mais hélas tristement réaliste que vous dressez là, Philippe Bilger, et que nous ne pouvons que partager.

Tout être humain est avant tout un héritier, d'abord de la nature par son hérédité, ensuite de la culture par son éducation.
Même imparfaite, une société reste le creuset de la transmission de cet héritage.

Mais par contraintes de tous ordres, par renoncements, par souci d'uniformisation et de pragmatisme, parce que cela exige un effort qui est bien au-dessus du simple divertissement, nous renonçons de plus en plus à transmettre cet héritage et tuons le principe même de culture générale.

Lucile

Je n'assimile pas la culture à un savoir engrangé, mais à une fonction intellectuelle acquise par un exercice continu. Celui d'apprendre, de comprendre, de comparer, d'établir des liens, de bannir l'erreur. La culture donne des références, elle maintient l'esprit exercé, et elle donne le moyen d'appréhender sans crainte une idée nouvelle. Ce n'est pas un entrepôt, une compilation ; c'est une boussole, une façon de se repérer dans une histoire à laquelle nous appartenons, et une aptitude à se mouvoir par la pensée en terrain connu puis, de là, en terrain inconnu. Elle construit des ponts. C'est donc non pas un magot de riche, comme décrit par des jaloux, mais un sésame pour l'exploration.

Par exemple, l'apprentissage d'une langue étrangère donne un savoir utile, mais en plus, il enseigne à l'enfant qui en bénéficie qu'il y a plusieurs mots pour désigner le même objet, lui faisant ainsi comprendre tout petit l'idée de code. L'existence de pronoms neutres dans une langue étrangère, ou de cas, ou la création de mots composés, lui donnent accès à de nouveaux concepts. Les écoliers qui apprennent la musique, et surtout le solfège, sont plus à l'aise dans l'apprentissage des maths. Tout cela montre que ce n'est pas tant le contenu que le passage d'un champ de savoir à un autre, le travail que cela demande, et la dextérité mentale qui en résulte, qui caractérisent la culture.

Ce goût s'acquiert dans l'enfance. Il suppose une forme d'austérité dans l'apprentissage, mais donne à l'enfant une telle fierté, un tel contentement, un tel sentiment de dépassement de soi qu'il est perçu comme désirable. D'autant plus que bien dosé, et progressif, l'apprentissage n'est pas un pur pensum. On peut y introduire un élément de jeu. Par nature, un enfant ne demande qu'à surmonter sa paresse intellectuelle, elle aussi naturelle, pour acquérir des connaissances, pour peu qu'on lui fasse sentir à quel point l'exercice décuple ses moyens.

Tout le monde est cultivé, peu ou prou, c'est une question de dosage, mais la différence croît de façon exponentielle. C'est pourquoi les enseignants qui n'encouragent pas l'enfant à faire cet effort et ne valorisent pas son envie de savoir sont des brutes épaisses, porteurs de cadeaux empoisonnés. La paresse intellectuelle est le résultat d'une mauvaise éducation. C'est une tendance profonde qui se combat pourtant facilement chez l'enfant, par une autre tendance aussi profonde, celle de savoir.

Nous avons un problème avec la culture, considérée comme un privilège de classe. L'école prolonge le malentendu en camouflant la valeur de la culture, et en ne la favorisant qu'à doses homéopathiques, dès l'apprentissage de la lecture et de l'écriture. Comme si c'était un privilège à distribuer au compte-gouttes, de peur qu'il ne corrompe les enfants. Ne s'en sortent que ceux dont la famille compense la pauvreté d'incitation de l'école publique. Le premier de la classe n'a pas bonne réputation, cependant, au moment de l'orienter cela permet à ce salaud de riche d'éviter les voies de garage où sont dirigés les salauds de pauvres.

À force d'empêcher les gens de s'améliorer on fabriquera une nation d'idiots, et ensuite on se plaindra que les gens gobent n'importe quel boniment.

F68.10

@ Exilé
"Mais pourquoi voulez-vous que ceux qui ont « fait leurs humanités » ne soient pas capables d'appréhender aussi les sciences, parfois de manière pointue ?"

Ce n'est pas une fatalité. Mais j'attends de voir... je n'ai pas été impressionné par leur compréhension de la méthode scientifique. Ce qui signifie que des textes trop anciens sont valorisés dans les humanités au détriment de connaissances plus modernes dans la compréhension du monde. Si on prend des décisions d'économie ou de sciences sociales sur ces bases, le résultat a peu de chance d'être exceptionnel.

"L'hémiplégie ne frapperait-elle pas plutôt ceux qui n'auraient suivi que la voie dite scientifique, qui auraient été capables de ressentir des émerveillements comme ceux que vous décrivez mais qui n'auraient pas eu les outils pour par exemple se poser les questions qui devraient alors leur venir à l'esprit, leur laissant entrevoir un autre univers plus vaste encore ?"

Les scientifiques ont commencé à cartographier l'univers au-delà de l'univers observable. Ils se débrouillent pas trop mal, les scientifiques, non ? Vous avez "plus vaste encore" ?

Ceux qui suivent la voie scientifique, s'ils se mettent un peu à réfléchir adultes, voient clairement l'utilité des humanités. Simplement parce qu'il suffit de gratter un peu l'historique du savoir scientifique pour voir reparaître tout leur développement historique à travers les humanités, qui leur est difficilement dissociable.

Mais si vous voulez observer en détail quelles sont les disciplines où ces deux mentalités, littéraires et scientifiques, sont le plus en porte-à-faux de manière interne à ces disciplines, je vous suggère de vous intéresser aux domaines de la psychologie et de la sociologie. Dans ce domaine, je veux bien qu'on me donne des outils issus des humanités pour me permettre d'entrevoir un univers "plus vaste encore", mais je vais quand même me demander inlassablement si la grande théorie colle aux faits sur le terrain.

Ce qui ne m'empêche en aucune façon de concéder que les humanités sont la source de la recherche de la connaissance de laquelle les sciences sont issues tardivement. Ce que j'ai par contre toujours reproché aux tenants des études littéraires, c'est leur propension aux assertions allusives, totalisantes, et parfois volontairement obscures. Des choses, disons, un peu trop "vastes". Ce ne sont toutefois que quelques menus points à corriger. Avec le temps, on y arrivera.

Shadok

La culture c’est ce qui demeure dans l’homme lorsqu’il a tout oublié (Edouard Herriot)

La culture c’est comme la confiture, moins on en a, plus on l’étale (attribué à Françoise Sagan et dédié à Marc Ghinsberg)

Un peuple qui perd sa culture devient une branche morte de l’humanité (Shadok)

"Partout dans le monde on sait qu'il y a une culture française et on aime la France pour sa culture. Seul l'ancien secrétaire général adjoint de l'Elysée en meeting à Lyon semble l'ignorer lorsqu'il déclare qu'«il n'y a pas une culture française, il y a une culture en France et elle est diverse».
Cette déclaration n'est pas anecdotique, elle est même le signe inquiétant d'une vision destructrice de ce qui fait depuis toujours la spécificité de notre pays.
Prétendre qu'il n'y a pas de culture française mais une culture en France est le fruit d'un reniement profond qui revient par déduction à expliquer qu'il n'y a pas de langue française mais une langue en France qui serait par nature diverse."

https://www.lefigaro.fr/vox/politique/2017/02/06/31001-20170206ARTFIG00209-emmanuel-macron-et-le-reniement-de-la-culture-francaise.php

hameau dans les nuages

@ Achille | 28 février 2020 à 08:17
"Le progressisme fera toujours aller plus loin que le conservatisme réac."

Mon Dieu ! Quelle tartarinade ! Aller plus loin vers où ?

Vous voulez parler de ce vent fou qui déracine les arbres et détruit les toits ?

A propos de progressisme, on apprend par la bande que c'était madame Michèle Barzach doctoresse gynécologue qui faisait des ordonnances pour que les différentes gamines amoureuses de monsieur Matzneff puissent prendre la pilule. L'avantage du progressisme est de ne pas trop se poser de questions sur les conséquences. C'est le progrès.

https://www.lesalonbeige.fr/lancienne-ministre-michele-barzach-a-t-elle-ete-complice-des-crimes-de-gabriel-matzneff/

Julien WEINZAEPFLEN

Cher Philippe,

J'ai toujours déploré les quelques conversations que j'ai eues avec des professeurs d'université se plaignant devant moi du niveau d'inculture crasse qu'ils constataient chez leurs étudiants, non que cette baisse du niveau ne soit réelle, mais elle est la conséquence d'un enseignement qui fait plus de la prévention contre les conduites à risque et contre la pensée incorrecte qu'il ne dispense des savoirs bien ordonnés. Et se repaître de l'idée qu'on enseigne à des ignares n'intéresse guère ceux-ci à l'enseignement qu'on se prépare à leur dispenser. Avec ce gimmick des professeurs d'université de prendre un malin plaisir de poser à leurs étudiants des questions dont ils savent très bien qu'ils ne connaissent pas la réponse: "Vous savez évidemment ce qu'a dit Stendhal à propos de son grand-père dans "Vie de Henry Brulard".
- "La vie de qui ?", se demandent les étudiants confus en se regardant perplexes et en écarquillant des yeux pleins de honte sur le professeur triomphant.

Vous pratiquez la bonne approche dans votre Institut de la parole si vous proposez à ceux que vous formez de se poser tous les problèmes que charrie une citation que vous leur soumettez. Mais dans le second cycle du secondaire, les professeurs de français ne pratiquent pas ainsi. Les programmes scolaires leur font obligation de demander à des élèves qui n'ont pas le goût de lire de se poser en critiques littéraires ou d'écrire des essais littéraires en se positionnant dans des débats sur la littérature qui les dépassent de cent coudées. Les sujets d'invention rattrapent un peu ce mauvais pli, par lequel non seulement on ne leur donne pas envie de lire, mais on les en dégoûte.

Emmanuel Macron a remporté le concours de culture générale. On ne voit pas que cela lui ait donné une pensée générale, même si ça lui permet d'empiler les poncifs et de maîtriser ses dossiers en ce sens qu'il sait tout ce que l'on écrit d'un sujet, mais il le compile mal et dit qu'il va tout faire, sans jamais hiérarchiser les strates de son sempiternel "en même temps", dont il finit par s'amuser lui-même, et sans davantage indiquer les priorités de son action.

Montaigne savait ses auteurs latins par cœur, ce qui ne l'empêchait pas de puiser dans sa bibliothèque pour dicter en citant. Aujourd'hui, on ne sait plus guère des auteurs latins et grecs que l'argument de leurs œuvres principales et les racines des mots qu'ils emploient. Est-ce une perte ? On revient à la racine pour former à partir des étymons une pensée exprimée dans des phrases françaises. Revenir à la racine, n'est-ce pas revenir au radical ?

"Les livres nouveaux nous empêchent de lire les anciens", regrettait Jean d'Ormesson. Oui, bien sûr, mais la réciproque est vraie.

"L'honnête homme" de Montaigne a été. L'honnête homme d'aujourd'hui est celui qui sait cliquer d'une discipline à l'autre, sauter d'une idée à l'autre, comme Michel Onfray qui dresse d'excellents panoramiques. C'est l'homme hypertextuel. L'interdisciplinarité est le mot qui désigne l'honnête homme d'aujourd'hui. C'est un mot barbare et qui tire en longueur. Il annonce une cuistrerie jargonnante regrettable sans préjudice de compétence.

Les enfants d'aujourd'hui ont moins d'orthographe et de grammaire que ceux d'hier. Ils écrivent moins bien, mais ils parlent mieux. Et ils sont loin de penser plus mal. Ils vont tout de suite à l'essentiel, droit au but. L'information dont ils sont gargarisés par le commérage de l'actualité y est pour beaucoup, et peut-être aussi l'épidémie d'hyper-activité qui frappe les nouvelles générations et qui peut être un signe d'intelligence et de précocité. D'aucuns ont parlé d'enfants indigos. Pourquoi pas ?

Je ne sais pas si la culture générale favorise une pensée générale. Compte beaucoup plus pour moi l'originalité de la pensée. Quand, très jeune, j'ai commencé à écrire, je pensais qu'on écrivait mieux si on avait moins lu. Je ne me rendais pas compte que ce que j'écrivais pastichait maladroitement Pagnol ou Molière, que j'aimais bien (je les aime encore aujourd'hui), pour une pièce de théâtre et un petit roman que j'avais écrits.

En sixième, notre manuel de grammaire, rédigé entre autres par Henri Mitterand avec un "R", comportait cette question: "Les livres que j'aurais voulu écrire". Je me disais: "Les miens". J'étais comme le Brel des "Bourgeois" étant déjà aussi saoul que lui-même, tandis que son ami Jojo se prenait pour Casanova. Étudiant en lettres, je révisais mon jugement et me disais que tout de même, j'aurais bien aimé écrire "Les souffrances du jeune Werther", si l'ouvrage ne s'était pas terminé par le suicide du héros.

Le premier jour où je pénétrai à la Sorbonne pour y assister à mon premier cours, le 22 octobre 1990, je me souviens d'avoir éprouvé du dépit et de m'être dit: "Ce n'est pas possible, on pratique ici le culte des grands morts. Or moi qui suis chrétien, je pratique le culte de Dieu, et je suis tributaire d'un Evangile où il est écrit: "Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame Ta louange, car ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout petits." Comment vais-je me débrouiller avec cela ?"

D'autant que s'ajoutait à ma méfiance pour la patrimonialisation d'auteurs choisis pour être des phares de notre civilisation, l'impression qui ne m'a jamais quitté que, si la sélection naturelle à laquelle je ne crois pas relève de l'adaptation, la sélection culturelle relevait de l'arbitraire.

Qui sait, si je m'étais adapté, j'aurais peut-être été sélectionné. Mon père me conseillait de préparer Normale sup. Je lui rétorquais que je ne voulais pas devenir un bourgeois. "N'importe, tu apprendras à travailler et tu t'y feras un carnet d'adresses qui te servira dès que tu auras écrit quelque chose." Je voulais devenir prêtre, j'estimais ne pas avoir besoin de carnet d'adresses. Finalement je ne suis pas devenu prêtre et je n'ai pas de carnet d'adresses, "Mon père avait raison" comme en convenait Sacha Guitry dans une pièce où j'ai vu s'affronter les Brasseur père et fils, Claude et Alexandre, il y a une dizaine d'années, au théâtre Édouard VII.

Marc GHINSBERG

@ Exilé
« Mais pourquoi voulez-vous que ceux qui ont « fait leurs humanités » ne soient pas capables d'appréhender aussi les sciences, parfois de manière pointue ? »

Mais je suis tout à fait d’accord avec vous.
Je commentais le billet de Philippe Bilger qui assimile culture générale et humanités, ce qui me semble une profonde erreur.

Ellen

"L'inculture générale : une plaie française"
"On laisse ce virus dévastateur se développer" (PB)

Et j'm'en foutisme général. Tout se tient !

Et si ce n'était que ça ! Nous avons beaucoup d'irresponsables et d'incultes à la tête de l'Etat et parmi les supposés responsables qui préfèrent surveiller l'audimat en hausse générant des millions d'euros que proposer des programmes éducatifs et instructifs ; le CSA qui se fiche de tout, présentateurs de programmes TV dépossédés de toute matière grise mais chèrement payés pour leurs idioties, bons pour abrutir plus que pour instruire et éduquer les générations qui ne jurent que par iPhone et leurs 200 SMS par jour, PlayStation avec des jeux ultraviolents, casquettes et baskets new look pour s'afficher riche aux pieds mais pauvre dans la tête. La liste est longue.

Un autre exemple époustouflant et incompréhensible en pleine épidémie de coronavirus parmi le corps médical non protégé recevant les malades.
Je relève sur France 3:
Le docteur Philippe Pinilo est le tout premier soignant a avoir examiné l'enseignant décédé porteur du Covid-19. Lors de ses consultations, il a pu lui aussi être contaminé. "Rien de plus qu'un syndrome grippal classique, il n'y a vraiment aucun signe particulier qui peut faire suspecter quoi que ce soit", décrit le médecin à propos du patient décédé.
Le Docteur Philippe Pinilo a été placé en quarantaine

Très mal informé par le ministère de la Santé (Agnès Buzyn et son équipe):

L'enseignant ne revenait pas d'une zone à risque et en pleine période de grippe saisonnière, son état n'a pas suscité d'inquiétude. Le 12 février, l'enseignant malade repart donc chez lui avec une ordonnance classique. Mais une semaine plus tard, il revient consulter. "Son état général s'altérait", poursuit le médecin. Selon les proches du malade, il serait parti aux urgences de Compiègne (Oise) le 19 février, puis en réanimation à l'hôpital de Creil (Oise). Le docteur Pinilo doit rester chez lui en confinement jusqu'au 4 mars.

Mon observation : tous les médecins, infirmiers(ères), aide-soignants, doivent être protégés d'un masque pour se préserver et préserver d'autres patients d'hôpital ou de clinique. C'est un minimum vital pour tous.

Comment se fait-il que lors du sauvetage des migrants, tout le personnel aidant en mer et sur terre soit équipé de masques pour éviter la propagation de maladies non encore identifiées, et pas le corps hospitalier en lieu et place ?

Peut-on faire confiance à ce gouvernement jurant la transparence ? Pourquoi les informations vitales n'ont-elles pas été données tout de suite à tout le corps hospitalier pour protéger les vies et d'autres contaminations ?

Je suis sciée de la légèreté de l'ex-ministre de la Santé, pourtant médecin de profession !!

boureau

"L'inculture générale : une plaie française"

Quelle culture ? Quelle inculture ?

Quand je lis les quelques commentaires en réponse, il me semble évident que la notion de culture n'est, ici, que liée aux diplômes et fait fi de la vie.

Je veux bien que l'on soit sensible, comme Marc GHINSBERG à la poésie de l'équation E=mc2... Je m'en vais de ce pas poser la question à mon boulanger pour apprécier son degré de culture sur la trouvaille d'Enstein !

E. Zemmour / P. Bilger Face à l'info !

Très bon niveau, d'intelligence, de courtoisie...

Puisque nous avons droit à l'image de Molière, moi je proposerai une comparaison avec ses deux contemporains:

E. Zemmour : Racine "Les hommes tels qu'ils sont..."

P Bilger : Corneille "Les hommes tels qu'ils devraient être..."

C'était là, en quelque sorte, votre faiblesse dans ce débat cher P. Bilger : vous idéalisez, quand ça vous arrange, certains de vos contemporains...

Ainsi, selon vous, une grande partie de la Magistrature ne serait pas sous l'influence d'une idéologie. La lecture, tous les jours, des jugements sur les simples faits divers, nous prouve le contraire. A l'évidence !

Mais, comme le notait une réaction d'un auditeur à votre débat : "Peut-être que la naïveté de P. Bilger serait une nouvelle forme d'intelligence ?"

Qui sait ?

Cordialement.

P.-S.: la base et la baisse de l'inculture générale vient d'une Education nationale à genoux, plombée par l'idéologie mortifère d'une grande partie du monde enseignant. Pas besoin d'aller chercher beaucoup plus loin !

Isabelle

Essayons de prendre de la hauteur.

« Le Soleil rouge enflera pour occuper autour de 250 fois son volume actuel, engloutissant au passage les planètes les plus proches de lui, dont la Terre. Tandis que l’hélium viendra à manquer à son tour, de même que d’autres éléments plus lourds, d’énormes vagues d’énergie propulseront les couches supérieures de l’étoile (dont l’ensemble des atomes d’une Terre à présent vaporisée) dans l’espace intersidéral pour former une nébuleuse planétaire, qui sera à son tour recyclée en de nouvelles étoiles. Les dernières braises, au cœur du Soleil, donneront une naine blanche, qui refroidira lentement, avant de disparaître dans le fond glacial de l’espace.

La Terre ne sera plus. Et la vie ? Si nous surmontons les défis actuels et devenons une espèce multiplanétaire, puis que nous parvenons à coloniser d’autres systèmes solaires, alors peut-être nos descendants – quelle que soit l’espèce à laquelle ils appartiendront - trouveront-ils un nouveau monde habitable autour d’une autre étoile, plus jeune, qui sera leur Soleil.

Le soleil est âgé d’environ 4,65 milliards d’années. Il a donc atteint la moitié de sa vie. Tandis qu’il brûle ses réserves de combustible nucléaire, son hydrogène, il s’échauffe peu à peu. Dans quelques centaines de millions d’années, sa chaleur fera s’évaporer les océans terrestres. »
Jim Bell « le Beau Livre de l’Astronomie »

Et si le réchauffement climatique était dû en grande partie au soleil qui s’échauffe peu à peu… Même si l’impact de l’homme n’est pas négligeable…

Les « climato-fanatiques » et les soi-disant « élites » n’ont pas compris que, quoi que nous fassions, la survie de l’espèce humaine est plus qu’improbable. Nous essayons seulement de retarder un peu l’échéance.

Quant à aller se promener dans un autre système solaire, vu le niveau intellectuel ambiant (émissions débiles, suprématie de religions superstitieuses, Darwin au secours…), l’être humain est pour le moment cloué devant les âneries de son poste de télévision.

La planète Terre représente à peine un grain de sable dans l'univers, alors l'être humain !

peres jacques

Comme Louis29 je vous remercie pour le plaisir que j'eus à vous écouter hier soir lors du face-à-face avec Eric Zemmour.

Tipaza

Dans l'entreprise de déstructuration de la nation que les mondialistes ont mise en place, il est normal, il est même impératif pour eux que la culture disparaisse.

Que signifie le mot culture si ce n'est savoir communiquer à travers la distance des siècles avec les hommes, au moyen du même langage fait de vécu, d'histoires partagées, d'expériences tristes ou joyeuses communes, d'exigences morales forgées au fil des siècles par l'apprentissage et la construction de la nation.

La culture c'est une façon de vivre, ce n'est pas seulement une connaissance, un savoir, ce n'est pas seulement un livre, une oeuvre d'art, une étude sur un texte, c'est également, au-delà de tout cela, un vécu symbiotique avec le passé et la tradition qui le porte.
Ce vécu se vit en faisant évoluer la tradition pour l'enrichir du présent, sous toutes ses formes, artistiques et scientifiques.

La culture c'est aussi une pratique quotidienne, une gestuelle relationnelle propre à la communauté, et qui l'identifie.
La gestuelle des Japonais est différente de celle des Anglais qui elle-même est différente de celle des Français. Les différences étant plus ou moins grandes en fonction des distances qui séparent les cultures.

Je parle des cultures propres à chaque nation, mais évidemment, le concept de culture générale dépasse le cadre des nations et dans ce cas il devient alors celui d'un savoir, car il ne peut y avoir de culture vécue dans toutes les formes de tous les pays.
Cette culture générale livresque ou médiatique, puisque le livre n'est plus le seul moyen de transmission de la connaissance, fait partie de ce qui relie les hommes de nations différentes.

Le drame c'est qu'à force de vouloir annihiler les cultures nationales au profit d'une culture mondiale, par une enseignement pervers qui privilégie "l'épanouissement individuel" sur la transmission, on tue la culture tout simplement. Car il ne saurait y avoir de culture globale, parce qu'elle ne saurait être vécue par tous de la même façon.

Quelle est la place de la culture scientifique dans la culture générale ? elle s'insère tout naturellement au fil du temps, du moins pour les concepts les plus évidents, les plus facilement visibles.
Passer de la terre plate autour de laquelle tourne le soleil à la terre ronde qui tourne autour du soleil, c'est bien intégrer la science dans la philosophie et la culture générale.

Et surtout la culture scientifique est la seule forme de culture qui soit vraiment universelle, c'est la seule dont l'expérience est la même dans chaque pays.

Il se fait que la science moderne est devenue de plus en plus abstraite et que l'appréhender devient pour le commun des mortels souvent impossible.
Je rassure les lecteurs du blog, on n'est pas hémiplégique parce qu'on ignore la théorie des cordes, l'approche de la physique de l'infiniment petit est très difficile, et on l'appréhende plutôt par ses retombées technologiques, composants électroniques, etc.

Plus facile dans sa lecture est la physique des grands ensembles.
Savoir que la Terre est une minuscule planète dans une galaxie qui elle-même est une parmi d'autres relativise la vision de l'homme dans son rapport au monde.
Savoir que la théorie du chaos explique un ouragan dans l'hémisphère nord par un battement d'ailes de papillon dans l'hémisphère sud, permet de comprendre l'imbrication intime de tous les éléments de l'univers.

Quant aux dernières découvertes de la biologie qui nous expliquent que l'intestin est un second cerveau, elles confirment avec un humour involontaire la tradition qui disait d'un homme au mauvais caractère que c'était un atrabilaire et qu'il était constipé !

Comme en beaucoup de choses, le poète avait bien pressenti cette imbrication. Voici quelques vers d'un grand poète, Francis Thompson:

Toutes choses
Proches ou lointaines,
Secrètement
Sont reliées les unes aux autres,
Et vous ne pouvez pas toucher une fleur
Sans déranger une étoile.

Jean-Marie Thiers

Définir ? Figer ? Repeindre un chromo ? Entériner une idée reçue ? Jouer ? Énarchiser ? Équationner ? Ou savoir ce que tout cela représente, en le confrontant au passé et à ses chances de se perpétuer, autrement dit, avoir les armes culturelles pour parler en conscience éclairée, peut-être est-ce cela... la culture gé, éliminée en tant que décisive des épreuves de (de, pas des) grandes écoles. Ne pas confondre les connaissances encyclopédiques avec la culture générale, accessible à tous pourvu qu'on ait envie de sortir du bégaiement quotidien.

Exilé

L'inculture générale est une plaie française.

Je ne puis qu'applaudir à ce billet de Philippe Bilger.

A une époque, les lycéens pouvaient suivre une filière dite « classique » (qui n'excluait pas nécessairement pour autant les mathématiques et les sciences).
Il faut dire que ceux qui suivaient la filière dite « moderne » avaient tendance à s'en moquer, ce qui préfigurait le ravage intellectuel qui s'annonçait, l'enseignement n'étant plus alors vu de façon utilitariste que comme un moyen de parvenir à exercer un « bon métier », tout ce qui concernait la communication de points de repères, l'ouverture sur le monde à travers son histoire, la structuration de la pensée logique ainsi que les notions de Bien, de Beau et de Vrai ayant été jeté aux orties après la réduction de l'homme à sa seule dimension matérialiste et productrice.

Quand nous constatons de nos jours comment peuvent raisonner des gens qui parfois sont supposés appartenir à la crème de l'élite, il y a de quoi être consterné.
Et ne parlons pas du gros des « citoyens » électeurs...

Exilé

@ Marc GHINSBERG
« Avoir étudié les humanités et ignorer les sciences c’est d’une certaine façon être hémiplégique. »

Mais pourquoi voulez-vous que ceux qui ont « fait leurs humanités » ne soient pas capables d'appréhender aussi les sciences, parfois de manière pointue ?
Pascal, qui a été un des précurseurs de la méthode scientifique, n'était-il pas, au-delà de ses tropismes philosophiques et religieux, à la fois un mathématicien, un physicien et même un praticien ?

L'hémiplégie ne frapperait-elle pas plutôt ceux qui n'auraient suivi que la voie dite scientifique, qui auraient été capables de ressentir des émerveillements comme ceux que vous décrivez mais qui n'auraient pas eu les outils pour par exemple se poser les questions qui devraient alors leur venir à l'esprit, leur laissant entrevoir un autre univers plus vaste encore ?

Louis29

Merci Monsieur pour cet excellent moment de télévision hier soir avec Eric Zemmour. Deux personnes de grande culture qui échangent sur un thème de société, faudrait-il désormais dire la somme des choses individuelles. Dommage que ces émissions ne passent pas à une heure de grande écoute entre les pubs de fromage et de pinard... Merci.

Achille

« L'inculture générale : une plaie française »

Tout dépend ce que l’on appelle inculture.
Faut-il nécessairement connaître les auteurs anciens, maîtriser à la perfection l’imparfait du subjonctif et être capable de sortir une locution latine à la fin de chacune de ses phrases pour être cultivé ?
Cela était peut-être vrai à une certaine époque, mais certainement pas aujourd’hui.

Certes il est agréable d’écouter ou de lire des débatteurs qui ont reçu une formation littéraire et qui nous rappellent en permanence à nous, pauvres béotiens, de belles pensées de philosophes célèbres, qu’ils soient grecs, chinois, arabes ou tout simplement français.

Mais je pense qu’il faut arrêter avec cette guéguerre désuète entre matheux et littéraires, les uns se targuant d’être parfaitement nuls dans la matière de l’autre, en particulier les littéraires qui avouent avec un certain dédain leur nullité pour les maths. Franchement, pas de quoi être fier !

Aujourd’hui nous avons besoin, plus que jamais, de connaissances portant sur les novelles technologies pour être en contact avec la réalité quand bien même notre expression orale ou écrite en souffrirait un peu.
Le progressisme fera toujours aller plus loin que le conservatisme réac.

Lodi

Il y a deux façons d'appréhender la vastitude du monde : en en étant écrasé ou exalté. Ce qui me mine ? nos limites : la souffrance et la mort.
Ce qui m'exalte ? la vastitude du monde.

L'univers est-il infini ?
La question reste en suspens, alors...
Alors, puisqu'on évoque les sciences, je pencherais plutôt pour une expression moins sujette à caution.
Vastitude du monde, ça ira ?

Le monde n'est pas une école préparatoire, la question n'est pas d’engloutir le plus de livres possible.
Il s'agit encore moins de se sentir en dette de lecture face aux ouvrages, et pourrait-on dire, les tableaux, la musique et que sais-je encore ?

Le monde est ouvert comme l'horizon, il invite à le parcourir.
Je ne vis pas pour faire semblant de posséder la culture la plus vaste, la plus maîtrisée.
Je suis là pour explorer et contempler le monde, en pèlerin de la beauté et du sens.

Le monde, chacun le parcourt à son rythme. Ma dette ? Je ne pourrai jamais la rembourser aux auteurs comme aux chercheurs et à ceux qui m'en ont favorisé l'accès.
Mais je peux du moins l'exprimer.

Au passage ? Si la culture générale décline, c'est parce que la reconnaissance décline. Si la reconnaissance décline, on ne va pas reconnaître nos devanciers non plus...

La tyrannie de l'immédiateté nous coupe du passé et nous déchoie de la force d'imaginer le futur.

Immortel, je ne m'ennuierai jamais au motif que le monde serait soi-disant trop petit. Non ! Nous subissons déjà l'ennui, non comme trop-plein mais comme manque.
Par exemple, quand on aime quelqu'un, sans lui, comment dire ? Voyons : "Rome vous vit, Madame, arriver avec lui. Dans l'Orient désert quel devint mon ennui !" dans Bérénice.
Moins sublimement, dans une salle d'attente, le temps peut sembler gelé, capturé par le futur : on est là pour une raison oblitérant l'esprit.
L'ennui est un trop-plein d'objets indifférents s'interposant entre notre vie et nous. Je le redis... La vie de l'amoureux est sous le signe de l'autre, celui du malade de sa santé en lambeaux, le reste a tendance à lui sembler insupportable verbiage ou impossible montagne à gravir.
A quoi bon ? Pour l'enfant laissé seul, l'ennui est le manque où le laissent ses parents. Formateur ? peut-être, mais qu'ils ne se plaignent pas s'il devient rêveur.

Nous sommes riches de nos rêves. Correction : nous le serions restés si on ne faisait tout pour que l'enfant perde sa capacité à rêver, adulte.
En principe, il ne peut plus guère s'y adonner qu'en créant quelque oeuvre.
A moins d'être à la limite de la création, comme amateur plus qu'éclairé en tel ou tel domaine voire plusieurs.
A moins qu'un auteur ne sache rendre ses spectateurs dépendants, je dirais que les conteurs puis Wagner, les uns par la tradition et le suspens, l'autre par une musique rendue à sa fonction magique sans parler de la mise en scène, à moins qu'on ne sache plonger l'assistance dans une immersion contournant tous les codes du classicisme.

Les codes, les règles, sont comme la rampe des gens en fauteuils roulants : idéale pour eux mais gênante pour les aveugles.
Qui ne sait vivre sans eux se prive de certaines choses, qui ne sait composer avec elles, d'une autre partie des trésors que trop souvent nous ne savons pas voir. Il faudrait être complet et assister les handicapés sans se laisser piéger par l'exigence de suivre ou de ne pas suivre telle ou telle règle.
Ne pas se sentir obliger de s'affilier à un groupe de telle ou telle, comment dire ? capacité ou invalidité, c'est une question de point de vue.

Les mortels ne savent que subir. A une époque, ils s'imaginaient une vie après la mort, là, ils vivent dans le présent qui la dérobe à nos yeux.
Cet étrange rapport au temps n'est pas favorable à la culture : un autre monde vaut plus qu'ici-bas, tout se vaut par la vitesse ici-bas.
En plus de la lutte pour la survie, on ne peut pas dire que de telles prémices incitent à créer ou goûter les créations d'autrui. Quelque chose tient les humains, les suspend.
Alors ? L'invention géniale du suspens contre-balance le suspens et l'ennui du monde. Il est le sel qu'on ajoute au plat : point trop n'en faut, mais en principe, le goût en est amélioré.

Je pense que l'enseignement devrait en tenir compte, d'une manière ou d'une autre. C'est par le jeu que le mammifère apprend, c'est par les histoires et notamment avec le suspens que l'humain apprend, mais on n'en tient pas compte, et ce, dans une société où ils prennent de plus en plus de place.
Je ne vois pas en quoi ce serait incompatible avec l'art ou la science. Au contraire. Il y a certains cours dont on ne veut pas sortir, mais c'est l'exception alors que ce devrait être la règle.
Ce n'est pas parce que le public est captif qu'il ne faut pas le captiver.

Chemins de traverse

Sur cet espace, des exemples nombreux où l'on dénigre parce qu'on a limité sa culture à ce que l'on sait... et au lieu de chercher à comprendre ce que dit l'autre on l'assène de qualificatifs...
Les propos nuancés faisant défaut c'est la course aux attaques ad hominem et ainsi de suite...
Les personnes cultivées n'ont pas besoin de se justifier et n'éprouvent pas le besoin de démolir les autres.
Mais c'était sûrement l'ancien monde !

Chemins de traverse

Comme l'inculture du président de la République ? Qui est abyssale !

F68.10

@ Marc Ghinsberg

"Avoir étudié les humanités et ignorer les sciences c’est d’une certaine façon être hémiplégique."

Je vous confirme que c'est vrai, et que la réciproque est aussi vraie...

Pour ceux qui souhaitent en savoir un peu plus sur la fameuse équation liant énergie et masse, le truc essentiel à comprendre est que la masse n'est rien d'autre que le confinement de l'énergie. Des photons qui sont imaginairement confinés par leurs rebondissements dans une boîte n'ont pas de masse, mais l'ensemble confiné en a. Si le confinement disparaît, la matière/masse disparaît dans un flash de lumière. C'est le sens de la conversion entre masse et énergie.

Petite explication (en anglais...) ici.

Marc GHINSBERG

J’ai toujours considéré que ceux qui limitaient la culture générale aux humanités étaient des cuistres. J’aime la littérature, et plus encore la philosophie. Mais comment peut-on se dire cultivé quand on ignore tout de l’économie, des sciences sociales et que l’on se vante d’être nul en mathématique ? Comment peut-on rester insensible à la poésie d’une équation telle que E = mc2 (cette fonction signifie qu'une particule de masse m possède une énergie E dont la valeur est donnée par le produit de m par le carré de la vitesse de la lumière c) qui ouvre des perspectives vertigineuses. Comment ne pas être fasciné par les dernières découvertes de l’astrophysique, émerveillé par la théorie des cordes ?
Avoir étudié les humanités et ignorer les sciences c’est d’une certaine façon être hémiplégique.

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