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24 novembre 2020

Commentaires

Wil

@ stephane, 9h35
"Michel Onfray passe toutes les semaines sur les plateaux télé pour se plaindre qu'il n'est jamais invité. Son propos est devenu un discours de philosophe aigri qui semble rêver d'un destin politique et qui me fait penser à un rabatteur de voix pour Marine Le Pen. La connexion n'est pas loin."

Deux heures et demie plus tard:

@ stephane,11h58
"Abaisser de Gaulle au point de faire un livre pour le comparer à Mitterrand prouve la misère et la vacuité cérébrale dans laquelle Onfray a sombré."

Il avait sans doute l'impression que son premier commentaire du jour n'avait pas été assez explicite, qu'il pouvait laisser quelques doutes et qu'il fallait donc en remettre une couche sur sa détestation d'Onfray.
Ça devait le travailler grave dans sa tête apparemment. Le gars se retenait à se bouffer les ongles jusqu'au sang, "P*tain d'enf**ré d'Onfray, je t'aurai !" et il a finalement craqué.
Mais visiblement c'était pas assez... ben non, c'est jamais assez. Toute la journée ça l'a travaillé:

@ stephane 19h13
"Mitterrand ne vaut pas la peine d'avoir un nouveau livre qui lui est consacré et c'est abaisser de Gaulle de faire un ouvrage dans lequel il figure avec Mitterrand. Que Michel Onfray sombre là-dedans, je trouve cela bien triste."

Bon, apparemment stephane n'aime pas Onfray. Qui l'eut cru !

Il y a de ces tarés !... Et il est fort probable que lui ne picole même pas. Il devrait. C'est flippant.

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@ F68.10
"Cela manque de ligne directrice, tout cela... à moins que la ligne directrice soit "Haro sur le Gouvernement !"..."

Parce que vous trouvez que le gouvernement a eu une ligne directrice depuis le début de l'année ?

Jean le Cauchois

François Mitterrand a mis bien du temps à tirer profit profit de sa concurrence avec Jean Lecanuet aux élections présidentielles de 1965 pour améliorer son image et se faire enfin élire trois élections présidentielles plus tard. Un oubli de Michel Onfray ?

Henri Gibaud

Monsieur Bilger,

J'avais sincèrement encouragé mon ancien camarade de Normale Saint-Cloud Henry Rousso, lui historien fort renommé - quoique qualifiable de "paxtonien", mais un début universitaire cherche une "rampe de lancement" - à vous consentir une interview. Je n'ignorais pas que vous aviez été la cible d'insultes perfides notamment en "traître génétique" de la part de Francis Szpiner.
J'ai à cette époque, il y a environ 6 à 8 ans je crois me souvenir, regretté de ne pas pouvoir lire cette interview si ce natif d'Egypte avait accepté.

Né dans une communauté non musulmane très très ancienne en Egypte en 1954, sa famille fit comme cette communauté, souvent francophone autant que les Coptes, l'objet de la haine injuste du tyran Nasser qui somme toute se vengeait en 1956 sur eux pourtant sans liens avec Israël. Après avoir séjourné quelque temps en Italie, mon ancien camarade, qui avait vu s'offrir aussi bien de faire prépa Khâgne que prépa Taupe après un brillantissime bac de sciences et de lettres à la fois, mena une carrière qui résonna comme vous le savez sur le "syndrome" de Vichy.

Je veux faire mémoire qu'il y a deux décennies environ un quotidien (de gauche) lui permit, sur plusieurs éditions, de mener une belle Protestation Culturelle contre la dérive qui tendait à laisser des magistrats statuer sur l'Histoire comme s'ils étaient historiens. Mais puisque le code pénal Badinter les a autorisés à pratiquer l'usurpation diagnostique de la profession médicale ("obligation de soins" indépendamment de toute compétence, monstruosité épistémologique et politique)... alors pourquoi pas en compagnie de la Médecine : l'Histoire et la Géographie ... l'omniscience acquise à l'école provinciale de Bordeaux ?

Maintenant vous voilà qui ressortez dans le même fragment le mitrailleur de la voiture de Madame de Gaulle, avec un écrivain dit "maudit" qui n'avait pas su se planquer comme Céline et surtout Marcel Déat (dans un monastère catholique italien lui le grand laïcard proche de Buisson de la Ligue et des Frangins...), et puis j'en viens à lui : PUCHEU.

Anachronisme évident entre Bastien et Pucheu, mais même entre 1944 et le moment où le frais vichyssois Pierre Pucheu essaie de se recycler à Alger, comment pouvez-vous dresser un parallèle sur des cas aussi disjoints ?

Pourquoi ne pas s'offusquer aussi de l'assassinat à Alger de Darlan, évidemment commandité par les gaullistes et sous-traité à un étudiant monarchiste passionnel dont l'Histoire oubliera le nom inutile pour ne retenir que la précipitation à l'empêcher de parler définitivement : coup de revolver un 24 décembre, condamnation à mort le jour de Noël et exécution le 26 décembre ?

L'élimination physique de Pucheu revenait à lui faire l'honneur, pour l'éternité, de le croire politiquement aussi gênant à Alger que l'amiral Darlan. Pucheu fut bien benêt de ne pas imaginer que la cour martiale d'Alger allait se gêner alors que la cour fantoche de Riom avait post-inventé des trahisons sur des politiciens de la IIIe République.

Depuis la condamnation à mort par contumace de Gaulle et les internements scandaleux consécutifs à la tentative bien-intentionnée du "Massalia", les vengeurs vichyssois validaient les assassinats et embastillades arbitraires comme mode de règlement politique. Votre célèbre et emblématique collègue Mornet y fit carrière sans sourciller toujours du bon côté avec cette adresse époustouflante dans le retournement de robe en 1944, du grand art, un modèle universel pour le sens politique... Mitterrand dit caméléon vraiment petit bras, Edgar Faure et Jean-Pierre Soisson (le fameux aphorisme du vent et de la girouette) : des enfants !

Comme le procureur Mornet, les magistrats sont toujours les plus forts !

C'est sa propre sottise qui a tué Pucheu.

Maintenant a posteriori je perçois mieux le choix de cet historien, que je tutoie encore, à esquiver votre invitation via mon entremise spontanée.
Votre larme pour Pucheu, totalement a-gaullistes (au pluriel : tant Pucheu que votre larme), éclaire a posteriori son refus à votre égard.

Giuseppe

Bon, MO fascine car lui faut reconnaître sa faculté d'excellentissime débatteur, un roc, pour rire un peu ou beaucoup dans cette émission, c'est selon :

https://youtu.be/-2fWI-7cM7s

J'ai eu du mal à lire Sagesse, une des rares fois chez lui.

Quel plaisir de gourmet de voir cylindrer, écrabouiller "la blondasse" et Cohen, ils ne s'y attendaient pas... Que cela fait du bien à entendre, pour une fois qu'ils n'ont pas affaire à un peureux, mais au "Sugar" Ray Leonard du débat.

A partir de la 12e minute... Que du grand art, tout y passe, le crochet, le jab... Rideau, jet de l'éponge, il fallait arrêter le massacre.

HOPE

@ sbriglia
« Mais les prolégomènes avec Jerphagnon sont prometteurs : qui n’aurait voulu être adoubé par lui ? »

Euh... les quoi ?? ☺️
Pour ce qui est de Jerphagnon, pour moi sa dimension est telle - au plus haut - que l’associer de près ou de loin à Michel Onfray est impensable.

PS important: j’espère que vous et les vôtres allez bien :)

F68.10

@ Robert Marchenoir

Ce qui me gonfle avec Onfray, c'est qu'il a vraiment perdu le sens de la nuance. Il n'avait pas un grand sens de la nuance "avant". Mais oui, il l'a complètement laissé de côté depuis qu'il est devenu vraiment militant.

"Macron a fait tout et n’importe quoi et on aurait pu éviter une situation comme celle-ci si, dès le départ, s’il avait pris la mesure de la situation, s’il avait commencé par fermer les frontières." -- Onfray

Zéro réflexion là-dedans sur comment gérer un risque inconnu en absence de données fiables. Le principe de précaution ? Fermons toutes les frontières ? Protégeons la population ? Alors qu'en même temps, on râle parce que le confinement handicape l'économie, tout en légitimant d'attaquer le gouvernement présent et passé devant la Cour de Justice de la République ? Cela manque de ligne directrice, tout cela... à moins que la ligne directrice soit "Haro sur le Gouvernement !"...

Remplacer un gouvernement qui fait ce qu'il peut pour le remplacer par le vide de la pensée le plus total, en somme. Votez Dwayne Elizondo Mountain Dew Herbert Camacho!

Je n'ai rien contre les pamphlétaires. Mais la différence entre un bon pamphlétaire et un mauvais pamphlétaire, c'est que le bon pamphlétaire fait bouger les idées dans le camp adverse, alors que le mauvais pamphlétaire renforce ou radicalise les idées dans son propre camp.

sbriglia@Achille

Sur Amazon, je présume car pour trouver une librairie ouverte en ce moment, c’est difficile ! 😊
Rédigé par : Achille | 25 novembre 2020 à 17:49

Chez mon marchand de journaux, ouvert, comme son rayon livres...

Robert Marchenoir

Ce qu'il y a de bien, avec ce genre d'article (fortifié par les commentaires), c'est qu'il confirme qu'il ne faut surtout pas acheter le livre. La vie est courte, et les bouquins sont chers.

Michel Onfray n'est pas un savant : c'est un militant. Un militant de quoi, d'ailleurs, on se le demande.

Rien que le propos de l'ouvrage est grotesque : comparer de Gaulle et Mitterrand pour encenser l'un et dénigrer l'autre, c'est consternant. Je serais curieux de savoir quelles informations inédites contient ce livre, quels documents historiques il a révélés, quels témoignages nouveaux et significatifs il contient. On n'a pas beaucoup de chances de se tromper en présumant qu'il n'y en a aucun.

Onfray est un producteur de docu-fictions : ça prétend parler de la réalité, et en fait il y a un scénario imaginaire dès le départ. Je vais me payer les religions. Je vais me payer Freud. Je vais me payer Mitterrand.

Forcément, quand on commence avec un tel cahier des charges, on arrive à ses fins.

Quant au style, je le vois d'ici : ça doit être le même qu'il adopte sur son blog. Chargé, ampoulé, mal écrit, avec un kilo de sucre et deux kilos de sel.

Rien que la rage à prouver que Mitterrand était d'extrême droite trahit le procédé. Axiome : la gauche, c'est le bien. Conséquence : quand la gauche fait le mal, c'est qu'elle n'est pas de gauche. Conclusion : Mitterrand était d'extrême droite.

Le fait qu'il a réalisé le programme commun de la gauche avec les communistes, qu'il a mis des communistes au gouvernement, qu'il nous a créé trois branches de la fonction publique là où, auparavant, nous n'en avions qu'une, qu'il a fait exploser la dépense publique, qu'il a donné ses lettres de noblesse à la religion anti-raciste, tout cela compte pour du beurre.

Ça a mal tourné (comme cela arrive toujours avec le socialisme), donc il était d'extrême droite. L'URSS a foiré, donc ce n'était pas le vrai communisme. Les Gilets jaunes se sont viandés, donc les gentils Gilets jaunes du début (Lénine) ont été débordés par les méchants Black Blocs à la solde de Macron (Staline).

Même sur le plan du militantisme, c'est une mauvaise action. A quoi ça sert, d'écrire une hagiographie de de Gaulle ? Sur le plan scientifique, à rien. Et sur le plan politique ? Il va faire comment, Onfray, pour nous sortir un de Gaulle de sa poche ? il va le créer par insémination artificielle ? par GPA ? avec des OGM ?

Je retiens quelques-unes des appréciations formulées par mes collègues :

"Les adversaires d’Albert Camus disaient de lui qu’il était un professeur de philo pour classe terminale. On pourrait dire de Michel Onfray qu’il est un professeur de philo pour le brevet des collèges. On m’objectera qu’il n’y a pas d’épreuve de philo au brevet des collèges." - Marc GHINSBERG | 24 novembre 2020 à 23:45

"Michel Onfray passe toutes les semaines sur les plateaux télé pour se plaindre qu'il n'est jamais invité." - stephane | 25 novembre 2020 à 09:35

"De livre en livre, Michel Onfray n’est plus que rage." - Jachri | 25 novembre 2020 à 10:29

"Michel Onfray ? Ce n'est pas cette personne qui, parlant du Covid-19, demandait sur CNews, il y a un mois : il n'y en a pas eu dix-huit avant ?" - finch | 25 novembre 2020 à 14:10

"Cette fascination pour les grands hommes qui est la marque des peuples infantiles ! Manquait plus qu’Onfray qui vient nous jouer son air de mandoline !" - ALFRED LELEU | 25 novembre 2020 à 14:26

J'ai la faiblesse de penser qu'il y a plus d'esprit, dans ces réflexions-là, que dans dans le style de Michel Onfray, fort bien résumé par cette citation relevée par Marc Ghinsberg : "Le temps des chênes qu’on abat était passé. Mon vieux maître Lucien Jerphagnon ne se serait pas interdit d’ajouter que le temps des glands était venu."

Consternant... et en plus, il faut qu'il mette cette puérilité dans la bouche d'un autre... qui n'est plus là pour protester.

Serge HIREL

Pour écrire son 112e ouvrage, sur sa table de travail, dominée probablement par la photo vénérée de ses parents, lui, « laboureur enraciné », elle, « sortie du néant », auxquels il entend ressembler, « terre, feu et colère », Michel Onfray a placé deux encriers et deux plumes. Le premier était empli d’hydromel, le second, de vitriol. Une plume à pointe dure qui fait le trait rageur, l’autre plus souple, qui rend l’écriture fine, vive et alerte, comme il sied pour construire un portrait... Et une documentation abondante qui lui a permis, au fil des chapitres, de toujours trouver le geste, la parole, l’anecdote qui illustrent sa vision et crée l’adhésion du lecteur.

Mais, cette fois, Michel Onfray, le philosophe qui observe son siècle, a entrepris une œuvre d’historien, mâtinée de psychologie, et a choisi de démontrer, non pas des parallèles entre de Gaulle et Mitterrand, mais, bien au contraire, les abîmes qui les séparent. De la conception du pouvoir, de son exercice, à leur façon d’être. Une œuvre qu’il a voulue moins comparaison qu’hommage à l’un et rejet de l’autre. Sans retenue, sans nuance...

Je ne sais pas pourquoi, moi qui n’ai pas applaudi le Général - du moins dans sa seconde carrière de chef d’Etat - et qui honnit le Sphinx, le ton de l’ouvrage me met mal à l’aise. J’attendais probablement de l’historien une plus grande rigueur dans la relation de certains événements, en tout cas une analyse moins partisane, et du philosophe, un regard plus assagi, plus circonspect, en tout cas moins extasié pour l’un, moins brutal pour l’autre.

Michel Onfray a fait le choix d’être boxeur décochant des uppercuts, épéiste maniant une lame acérée, portraitiste préférant la peinture au couteau à l’aquarelle. Un travail bien fait, très bien écrit, mais à l’emporte-pièce... Il aurait certainement gagné en crédibilité si, au détour d’une page, on avait trouvé une opinion critique sur de Gaulle, un mot flatteur sur Mitterrand.

Etait-ce possible ? Je ne le crois pas. Pour Michel Onfray, né en 1959, le Général est un personnage historique qu’il a idéalisé à travers ses lectures, alors que Tonton est celui pour lequel, enthousiaste, il avait voté en 1981 et qui l’a déçu, profondément déçu. Et son livre peut s’apprécier comme une vengeance extrême, qui nie à Mitterrand toute présence dans l’Histoire et place de Gaulle, son ennemi juré, en son cœur, au même titre que Jeanne d’Arc et Napoléon.

Finalement, cette idée d’imiter Plutarque et surtout Hugo en observant deux hommes et deux parcours aussi différents pouvait-elle conduire à un autre résultat que celui que Michel Onfray propose ? N’a-t-il pas essayé de comparer Tartuffe et Macbeth, Voltaire et BHL, Malraux et Audiard ? Quelques points communs existent, leur éducation religieuse, leur attachement à la terre, la richesse de leurs cultures, certes différentes... Mais rien, absolument rien ne les rapproche dès qu’il s’agit du pouvoir, dès qu’il est question de la France, pas même le sens de l’honneur. Rigueur jusqu’à la démission pour l’un, opportunisme jusqu’à la compromission pour l’autre...

On pourrait même aller jusqu’à dire que, d’une certaine manière, c’est rabaisser de Gaulle que de s’essayer à cette mise en parallèle. Trop souvent déjà, certains commentateurs se piquent de trouver quelque ressemblance de l’un ou l’autre de nos dirigeants actuels avec le fondateur de la Ve République... Aucun ne le vaut, ni par sa stature, ni par ses actes. A la rigueur, cela aurait du sens avec Mitterrand, qui a navigué tantôt à droite, tantôt à gauche, mais toujours pour être en scène.

Pire encore, cédant à la politique-fiction, les mêmes ou d’autres imaginent quelle serait la décision du Général face à telle ou telle de nos actualités, des Gilets jaunes aux crimes terroristes. Michel Onfray ne tombe pas dans ce panneau, mais le frôle tant il est clair qu’il veut qu’on identifie ses convictions aux siennes. Pourquoi passer par ce biais littéraire, pourquoi faire appel aux mannes de de Gaulle pour justifier un projet politique qu’il semble bien que notre philosophe, adepte des plateaux et des micros, soit en train de concocter pour peser dans le débat présidentiel ?

deviro

@ Claggart | 25 novembre 2020 à 13:57
"Je n'ai pas lu le livre d'Onfray, et ne le lirai pas"

Épatant ! On n'aura donc pas à lire vos commentaires sur le bouquin, merci.

stephane

@ Deviro | 25 novembre 2020 à 15:54
"Critique à l'emporte-pièce superbement neuneu, petite phrase façonnée pour passer au JT de 20 heures. On dirait que l'auteur n'est pas d'accord avec Philippe Bilger..."

Quelqu'un ou une pourrait m'expliquer le sens de ce commentaire ?
J'ai peur d'y voir un éloge ; le 20 h ce n'est pas rien en France. Mais son propos me semble abscons. Que vient faire un accord ou pas avec Philippe Bilger ? Pourquoi façonnée pour le 20 h ? Critique neuneu à la rigueur, c'est recevable, affaire de perception, mais le reste ? Si c'est neuneu, j'aurais plutôt parlé de Hanouna, mais le 20 h ?!

Alors si Deviro n'a pas compris ma phrase, je fais cet effort, rien que pour lui: Mitterrand ne vaut pas la peine d'avoir un nouveau livre qui lui est consacré et c'est abaisser de Gaulle de faire un ouvrage dans lequel il figure avec Mitterrand. Que Michel Onfray sombre là-dedans, je trouve cela bien triste.

Jérôme

Bonsoir Philippe,

De Gaulle Mitterrand. Ouais.
Un petit prince nous a quittés hier, un Dieu aujourd'hui.
Autrement plus émouvant.

duvent

Bon, puisqu'il faut montrer pattes blanches, et pour être à la hauteur il convient de ne pas errer sottement, et donc, envoyer des signes d'intelligence...

MO ressemble de plus en plus à Averell Dalton (signe d'intelligence !) qui d'après Lucky Luke (deuxième signe d'intelligence !) est plus bête que méchant ; ce n'est pas mon avis, je trouve les Dalton malfaiteurs...

Pourtant, il faut convenir qu'il est plus profitable, et rapide, de ne pas attribuer à la malveillance ce que la bêtise suffit à faire comprendre. (Waouh, signe troisième, très brillant d'intelligence, ne serait-ce pas une allusion au rasoir de chose ?!)

Ainsi, il apparaît désormais que M.O. s'approche avec un plaisir non dissimulé de la zone réservée au délassement de ceux qui pensent en masse, tout cela est étrange mais pas tellement extraordinaire si l'on considère que la philosophie aujourd'hui est un chemin, et comme tous les chemins, elle mène aux ors de la République – Senatus Populus Que Romanus  !

La vache ! J'y vois de plus en plus clair, M.O. doit faire une autre retraite, plus longue, plus silencieuse et plus humble, il sera un Rancé, ou rance...

sbriglia@Claggart

« Mais le comble de sa petitesse d'esprit est d'avoir manœuvré pour que la veuve de Bastien-Thiry se voie refuser son droit à une pension. »
Rédigé par : Claggart | 25 novembre 2020 à 13:57

Faux !

De Gaulle a donné des instructions à Messmer, ministre des Armées, pour que la veuve et les deux enfants du condamné bénéficient de la pension de réversion d’une retraite dont il avait pourtant perdu les droits ipso facto.

(In « De Gaulle, mon père » tome 2 page 276. Jamais démenti.)

« Le comble de la petitesse », vous semblez en connaître un rayon, Claggart.

Michelle D-LEROY

Merci à Philippe Bilger d'avoir lu "Vies Parallèles" et de nous en faire une critique littéraire détaillée... cela donne envie de le lire.

À chacun d'y trouver louanges pour de Gaulle et critiques pour Mitterrand, pour se faire une opinion personnelle.
Je doute que Michel Onfray appréciait de Gaulle lorsqu'il était président de la République, mais avec le recul et le lent déclin de la France depuis Mitterrand, comment s'étonner du revirement.

Michel Onfray n'est pas historien mais tant d'autres ont écrit des livres sur des personnages historiques sans l'être davantage, le principal étant une documentation et une argumentation sérieuse.

CdG n'était pas parfait mais il aimait son pays, ce qui est irremplaçable et ce qui n'est plus le cas de nos Présidents depuis, beaucoup plus enclins au mondialisme invétéré.

Quant à Michel Onfray, il paraît intarissable sur tous les sujets dans un langage limpide et juste. J'ai envie de dire, enfin quelqu'un qui ne nous vend pas le lassant prêt-à-penser habituel.

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@ HOPE

Le sujet du réchauffement climatique en est l'exemple type.
Pourquoi serait-il inimaginable de penser que des phénomènes planétaires ou interplanétaires ne seraient pas à la base de ce réchauffement climatique même si l'homme et la surpopulation en rajoutent par des dérives bafouant l'écologie.
Bien malin qui peut le dire avec certitude. Le problème est que tout questionnement, même le plus judicieux, devient suspect parce que MO ose déranger la doxa en vogue actuellement.

Achille

@ sbriglia | 25 novembre 2020 à 15:35
« J’ai acheté le livre ce matin. »

Sur Amazon, je présume car pour trouver une librairie ouverte en ce moment, c’est difficile ! 😊

Savonarole

La haine qui poursuit Michel Onfray vient en partie du fait que c’est la première fois qu’un homme de gauche détruit la gauche. C’est son obsession.
Pour ce boulot, on aurait pu s’attendre à un Rioufol, ou le charmant dandy pour grand-mères Jean d’Ormesson, le roi des Goncourt, mais que dalle, whalou, nada, à droite c’est le désert des idées, sauf Jean Cau. Mais il est mort.
Du coup la droite l’adore et la gauche le honnit.

Dès qu'Onfray parle économie c’est une catastrophe, une nullité absolue. Il devrait s’abstenir... Mais dès qu’il nous cause Gôche, c’est un plaisir. Une Schadenfreude... la revanche des cocus de droite qui ont voté Mitterrand en 1981 à cause des diamants de Giscard.
On s’en mord les doigts. Pas vous ?

Deviro

@ stephane | 25 novembre 2020 à 11:58
"Abaisser de Gaulle au point de faire un livre pour le comparer à Mitterrand prouve la misère et la vacuité cérébrale dans laquelle Onfray a sombré."

Critique à l'emporte-pièce superbement neuneu, petite phrase façonnée pour passer au JT de 20 heures. On dirait que l'auteur n'est pas d'accord avec Philippe Bilger...

sbriglia

Je ne sais si Michel Onfray est un phare de la pensée contemporaine…
Ce que je sais, en revanche, c’est qu’il est un remarquable polémiste, un puits de science et qu’à cette aune on lui pardonnera ses - rares - facilités de langage.

Ce que je sais aussi c’est que les autres, ses détracteurs, sont des lampes de chevet qui n’éclairent faiblement que pour vous endormir.

Et que les époustouflants commentateurs de ce blog, sans cesse dans la critique et jamais dans l’admiration, comme si cette dernière était un insupportable aveu de faiblesse, triste nécessité de l’époque, seraient bien en peine de faire les bénédictins travaux de recherche effectués par Onfray pour chacun de ses livres.

J’ai beaucoup d’admiration pour Onfray et Zemmour : sans eux les doxas de gauche ou de droite nous enfermeraient dans un cercle de névrose dont on voit aujourd’hui les résultats…

Et qu’un fin lettré comme Philippe Bilger, qui en a vu d’autres, soit admiratif de ces « Vies parallèles » devrait pousser à l’humilité les ingénieurs et banquiers retraités dont les seuls exploits littéraires sont les commentaires souvent insipides dont ils nous gratifient.

J’ai acheté le livre ce matin.

Je reviendrai peut-être plus tard, lecture faite, pour commenter sur le fond, au-delà de cet « ab irato ».

Mais les prolégomènes avec Jerphagnon sont prometteurs : qui n’aurait voulu être adoubé par lui ?

ALFRED LELEU

Cette fascination pour les grands hommes qui est la marque des peuples infantiles ! Manquait plus qu’Onfray qui vient nous jouer son air de mandoline !

Rien ne résume mieux à mes yeux ce que fut le gaullisme que l'irrésistible commentaire Wikipédia du fameux (!) discours de Phnom Penh : « Si le discours eut un certain retentissement en France, il est difficile de lui trouver une incidence sur le cours des événements qui allaient suivre ». Tout est dit. Ah ! « Vive le Québec libre », la mano en la mano, ça t’avait une de ces gueules !
Mais nom de Dieu, que nous reviennent des Queuille, des Ramadier, des Pinay !

finch

Michel Onfray ? Ce n'est pas cette personne qui, parlant du Covid-19, demandait sur CNews, il y a un mois : « Il n'y en a pas eu dix-huit avant ?? »

Il était certainement le plus qualifié pour écrire un livre sur le sujet, ce dont il ne s'est pas privé : La revanche du pangolin.

Épidémiologiste et infectiologue après avoir été philosophe…

Claggart

Pucheu, Brasillach, Bastien-Thiry.

Vous oubliez Degueldre, Piegts, Dovecar.

Si vraiment de Gaulle avait été un grand homme, ceux-ci auraient reçu sa grâce mais la clémence n'avait pas sa place dans un esprit rancunier.

Mais le comble de sa petitesse d'esprit est d'avoir manœuvré pour que la veuve de Bastien-Thiry se voie refuser son droit à une pension.

Je n'ai pas lu le livre d'Onfray, et ne le lirai pas, mais concernant la visite de de Gaulle chez Massu à Baden, de Gaulle aux abois a dû accepter les conditions de Massu : libérer les officiers encore en prison ; d'où la loi d'amnistie votée en juin 68.

Achille

Les livres sur de Gaulle et Mitterrand ras le bol !
Personnellement je préfère lire les ouvrages de ceux qui les ont côtoyés, les ont connus dans leur intimité plutôt que des auteurs qui ont compilé des informations sur Internet, les ont arrangées à leur sauce personnelle pour nous livrer un produit de synthèse avec une bonne campagne de promotion sur les chaînes d’info histoire d’en faire un bon best-seller qui rapportera un max à son auteur.
Je préfère laisser ce genre de littérature aux gogos.

HOPE

@ Marc GHINSBERG

Une fois de plus, j'approuve votre commentaire jusqu'à la virgule.

Il faut malheureusement constater que Michel Onfray a pété un câble, voyez cette vidéo pour preuve.
Par ailleurs, cet homme qui fut très intéressant n'est aujourd'hui vraiment intéressé que par lui-même et par faire son show le plus souvent possible à la télé.
Je ne perds plus de temps avec lui, il y a tant d'écrivains passionnants à lire.

https://twitter.com/i/status/1325733310333657089

jack

Ce billet donne envie de lire Vies parallèles.
Comme aimait à le rappeler Mitterrand, il faut laisser le temps au temps.
Donc le temps nous permet de voir que le peuple s'est peut-être trompé en évinçant de Gaulle et en accordant deux mandats à Mitterrand.
On reconnaîtra cependant un mérite à Mitterrand. Il a permis d'éradiquer le mythe communiste dans notre pays. La nomenklatura n'y règnera pas.
En revanche, on ne saisit toujours pas pourquoi il a violemment congédié Rocard pour installer Edith Cresson qu'il a ensuite virée après dix mois d'exercice du poste de Première ministre...
La réponse se trouve probablement dans le livre de Michel Onfray.

Denis Monod-Broca

De Gaulle avait, on le sait, une "certaine idée de la France", celle-ci comprenait en particulier une certaine idée du rôle de la France dans le monde et aussi et surtout, je pense, sur le plan le plus général, une certaine idée du monde et de son avenir, de la vie et de son mystère, de la parole, de la vérité.
Mitterrand se voulait trop "moderne", il était trop attaché à l'instant, à la contingence. Il n'a pas osé... Il n'a pas osé accorder sa vision à son action.

stephane

Abaisser de Gaulle au point de faire un livre pour le comparer à Mitterrand prouve la misère et la vacuité cérébrale dans laquelle Onfray a sombré.
Et pourquoi pas faire un ouvrage sur Mitterrand et Faurisson en passant par Garaudy ?

Tipaza

Le livre "les Vies parallèles" de Plutarque comparait la vie d'un Grec et d'un Romain.
C'est dans ce sens qu'il faut lire le livre de Michel Onfray et ne pas se laisser tromper par le faux ami qu'est la définition de droites parallèles en géométrie.
Je veux dire par là que le livre de Plutarque mettait face à face deux cultures, la grecque et la romaine, et donc deux comportements.

De Gaulle et Mitterrand appartiennent sinon à deux cultures différentes, du moins à deux morales, deux éthiques politiques différentes.
De ce point de vue, le mot parallèle doit être compris dans le sens où il est employé en science-fiction, et même en physique relativiste comme celui de deux univers qui n'ont rien de commun.

Un parallélisme qui ressemble à effet miroir où l'un serait l'autre inversé.

L'ambition de de Gaulle a été portée par une certaine idée de la grandeur de la France, qu'il a toujours mise en oeuvre à la mesure de ses moyens.
Il y a là une vraie ligne droite comportementale.
Aux reproches qu'on peut lui faire, il répondra, ou plutôt l'Histoire répondra pour lui par la raison d'État. Que ses actions aient été bonnes ou mauvaises est un autre sujet, il était mû par un sens de l'État et de la France.

À l'inverse, et là est l'effet miroir, l'ambition de Mitterrand ne portait que sur sa personne, et toutes ses actions ont eu pour objectif l'accession au pouvoir et la pérennisation de celui-ci.

À la rectitude de la démarche de de Gaulle inspirée par des convictions nationales affirmées, correspond l'oscillation de la démarche de Mitterrand et les fluctuations de ses engagements politiques, de Vichy au programme commun avec les communistes, jusqu'à l'acceptation du libre échange libéral en 1983.
La négation de ses engagements antérieurs, qui n'engageaient que les autres, lui n'étant engagé que par le contrat à l'éthique personnelle de son ambition.

Si effet miroir il y a, le miroir est sacrément déformant.
Ce qui n'empêchera pas l'un et l'autre d'être, chacun dans son domaine un maître et un grand, qui laissera des traces dans la mémoire de l'Histoire mais pour des raisons différentes.

PAUL

Je suis d'une génération qui n'a pas compris de Gaulle. Giscard nous a dupés comme Mitterrand nous a dupés. Merci à Onfray pour ce livre qui remet l'histoire et les valeurs qui animent chaque personnage politique en place !

F68.10

@ boureau
"Mitterrand est né un demi-siècle trop tôt ! Il était formaté pour les marais de la IVe République."

Et ce serait bien qu'on cesse de se disputer sur des procès en béatification et qu'on se consacre à des sujets plus... contemporains ?

De Gaulle est un phénomène qui ne pourra plus se reproduire car rien ne favorise l'émergence, à l'heure actuelle, de telles personnalités. Et de toutes manières, il ne faut pas compter sur de telles personnalités pour diriger un pays. Si elles émergent tant mieux. Si elles n'émergent pas, c'est aux institutions et à l'intelligence collective d'arriver à s'en passer. Et il serait temps de désynchroniser de nouveau la présidentielle des législatives.

Jachri

De livre en livre, Michel Onfray n’est plus que rage. Et surtout, on sait, dès le début du livre, l’angle, le présupposé, l’hypothèse suivis et ce n’est pas la peine de continuer si on souhaite lire un essai équilibré parce que tout va aller dans le sens qu’il a donné au départ, et ce, à coup de hache. Au bout d’un moment, c’est du rabâchage.

boureau

De Gaulle / Mitterrand
Mitterrand KO

Combat inégal bien sûr malgré les dizaines d’hagiographies consacrées depuis vingt ans à la glorification de l'ancien président socialiste.

Mitterrand est né un demi-siècle trop tôt ! Il était formaté pour les marais de la IVe République.

Etude passionnante. Qui remet un peu d'ordre dans les "valeurs".

Cordialement.

Denis Monod-Broca

Livre à lire certainement.
Il y a aussi de multiples ressemblances entre CdG et FM ? Quel grain de sable, quelle chiquenaude de l'histoire, quel souffle d'esprit a fait apparaître un tel abîme entre les deux ? a élevé l'un et fait sombrer l'autre ? MO répond-il à cette question ?

stephane

Michel Onfray passe toutes les semaines sur les plateaux télé pour se plaindre qu'il n'est jamais invité. Son propos est devenu un discours de philosophe aigri qui semble rêver d'un destin politique et qui me fait penser à un rabatteur de voix pour Marine Le Pen. La connexion n'est pas loin.
Il aurait gagné à dire un peu de bien de Mitterrand, histoire de mieux l'enfoncer. Mais Mitterrand mérite-t-il encore un livre, fût-il de Michel Onfray ?

Aliocha

L'ombre portée d'un grand homme, sous le soleil vertical, se réduit à rien.
Onfray, depuis qu'il nous fait du Dieudonné, devrait prendre conscience de ce phénomène de double, évitant de faire de l'humoriste une référence philosophique, et qui démontrerait que Mitterrand n'a accompli que ce que la Constitution lui permettait, menant les illusions du peuple de gauche à renoncer au communisme, à prendre conscience que, sans liberté, l'égalité nie la fraternité, sans effort de prise de conscience individuelle, la démocratie vire au village gaulois des partis réfractaires, tous les Wil de France s'offrant alors au retour brutal du bâton extrême, du refus de l'Europe et de la République bananière du travail mal fait.

Macron saura-t-il rétablir le sens fort de l’État, lui si seul à avoir su en ce pays de factions divisés par les rivalités exacerbées, user de l'outil institutionnel pour tenter de réformer le pays, lui faisant retrouver son génie gaullien qui est d'inventer un autre mode de fonctionnement que la domination, accomplissant sa révolution, inspirant l'Europe en ses réconciliations, rappelant au peuple oublieux et ignorant qu'il n'existe que pour incarner ce que le jeune président avait pressenti en campagne, mais que l'exercice du pouvoir a fourvoyé sur les chemins jupitériens des illusions verticales ?

Onfray alors s'apercevrait peut-être qu'il n'est plus besoin de brûler une idole pour en encenser une autre, que si la France enfin acceptait d'incarner ce qu'elle est plutôt que sans fin se diviser, la fille aînée cesserait de renoncer à son génie, qu'à leur manière de Gaulle comme Mitterrand ont tenté d'exercer, se heurtant aux murs immobiles des idées fausses et du déni d'autrui, celles qui empêchent en leurs injonctions moqueuses d'inviter l'humoriste fourvoyé à élever sa caricature jusqu'aux hauteurs philosophiques de l'esprit français, celui qui saurait faire de la bienveillance le fondement rigoureux et démocrate du travail bien fait.

L'illusion verticale ainsi comprendrait que la raison obscure ne saurait se passer de l'horizontal de sa géométrie, et qu'il est un instant où l'ombre portée des soleils couchants dessine la silhouette immense de ce qui nous manque encore pour réellement nous gouverner, et accéder enfin à la réelle liberté :

"Pour moi, je doute que l’homme puisse jamais supporter à la fois une complète indépendance religieuse et une entière liberté politique ; et je suis porté à penser que, s’il n’a pas de foi, il faut qu’il serve, et s’il est libre, qu’il croie.
...
Mahomet a fait descendre du ciel, et a placé dans le Coran, non seulement des doctrines religieuses, mais des maximes politiques, des lois civiles et criminelles, des théories scientifiques. L’évangile ne parle, au contraire, que des rapports généraux des hommes avec Dieu et entre eux. Hors de là, il n’enseigne rien et n’oblige à rien croire. Cela seul, entre mille autres raisons, suffit pour montrer que la première de ces deux religions ne saurait dominer longtemps dans des temps de lumières et de démocratie, tandis que la seconde est destinée à régner dans ces siècles comme dans tous les autres."

https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Alexis_de_Tocqueville_-_De_la_d%C3%A9mocratie_en_Am%C3%A9rique,_Pagnerre,_1848,_tome_3.djvu/48

Saltapiou

En ce moment, je lis "Vies parallèles" avec passion : pour la première fois, le Général que j'ai toujours admiré est hissé sur la plus haute marche de l'histoire pendant que le Tartuffe Mitterrand rejoint irrémédiablement la cohorte des pires gouvernants...

Derrière le style hugolien de Michel Onfray, nous sentons la rage de l'homme qui a découvert sur le tard qu'il avait été dupé par la doxa gauchisante, celle-là même qui continue à tirer la France vers le gouffre : la passion des convertis, servie par une plume grandiose ; un régal !

Achille

Finalement je rejoins Marc GHINSBERG dans son analyse. Rien de pire qu’un philosophe qui veut jouer les historiens pour finalement devenir pamphlétaire.
Dans son dernier bouquin Onfray nous fait du Zemmour, arrangeant les faits historiques à sa façon, ne prenant que le meilleur chez le Général et le pire chez François Mitterrand. C’est un peu facile.

J’ai beaucoup d’admiration pour de Gaulle qui est un homme d’Etat d’une stature exceptionnelle. J’en ai un peu moins pour François Mitterrand, appelé aussi "le Florentin" pour son art de l’esquive. Mais vouloir le mettre plus bas que terre confine au grotesque.
Ainsi qu’il l’a dit lui-même, avec, il est vrai, une pointe de narcissisme: “Je suis le dernier des grands présidents. Après moi, il n'y aura plus que des financiers et des comptables.”
Certes, avec le recul on peut regretter qu’il n’ait pas été un peu plus comptable, car c’est à partir de ses deux mandats que la dette publique a commencé à plonger. Ceci étant les présidents de droite qui lui ont succédé n’ont rien fait pour la juguler.

Nul doute que Michel Onfray parle bien, il écrit bien. Ses admirateurs vont adorer son dernier livre. D’autant que notre hôte ne cache pas son enthousiasme après l’avoir lu.
Moi aussi j’ai été longtemps un fan de Michel Onfray, mais c’était avant qu’il quitte la philosophie inspirée pour s’orienter vers la polémique politicienne pour grand public.
Il est vrai qu’ en étant un peu clivant ses livres se vendent beaucoup mieux c’est sûr. Eric Zemmour l’avait déjà compris bien avant lui. Il est vrai que ça prend bien moins la tête que du Régis Debray...

Henri Gibaud

"Quant à ceux, qui comme moi, ont jadis admiré Michel Onfray, s’ils le lisent, ils seront encore un peu plus désespérés."
Rédigé par : Marc GHINSBERG | 24 novembre 2020 à 23:45

Bravo ! Et pour tout votre bref exposé si convaincant, si bien conclu.
M. Onfray a quitté l'exigence analytique pour semble-t-il espérer une aventure politique : cette hypothèse expliquerait son choix de l'arène des renoncements intellectuels, voire des biais racoleurs...

En somme : Onfray autre chose.

Wil

@ Marc GHINSBERG
"Je ne prendrai pas ici la défense de François Mitterrand à qui je ne pardonnerai jamais d’avoir sollicité un second mandat alors qu’il se savait plus que gravement malade."

Effectivement, si c'est le pire que vous avez à lui reprocher, il n'y a pas grand-chose à faire pour vous et ce qui est censé vous servir de cerveau, et il était d'avance peu probable que vous soyez capable d'apprécier le bouquin d'Onfray peu importe sa qualité.

Marc GHINSBERG

Michel Onfray a intitulé son livre « Vies parallèles » par référence à Plutarque (Vies parallèles des hommes illustres). Comme chacun le sait, en géométrie euclidienne les parallèles ne se rejoignent jamais. Les vies de ces deux anciens présidents de la République n’auraient aucun point commun. Le livre est ainsi construit. Le bien contre le mal, la grandeur contre la petitesse, l’homme d’État contre le « politichien », le héros contre l’aventurier, le résistant contre le collaborateur. D’ailleurs, Michel Onfray, en toute modestie dit de son livre : « L’architecture contrapuntique de cet ouvrage… »

Les adversaires d’Albert Camus disaient de lui qu’il était un professeur de philo pour classe terminale. On pourrait dire de Michel Onfray qu’il est un professeur de philo pour le brevet des collèges. On m’objectera qu’il n’y a pas d’épreuve de philo au brevet des collèges. Ça tombe bien, il y a longtemps que Michel Onfray ne fait plus de philosophie. Il se pique de faire de l’histoire, mais en fait il est devenu pamphlétaire, et il faut lui reconnaître dans ce domaine un certain talent.

Il trempe sa plume dans le vinaigre quand ce n’est pas dans le vitriol. Ne fuyant pas toujours la facilité : « Le temps des chênes qu’on abat était passé. Mon vieux maître Lucien Jerphagnon ne se serait pas interdit d’ajouter que le temps des glands était venu ». Critiquant l’un des livres de Mitterrand, faisant d’une pierre deux coups, il dit : « Le style est celui d’un Bernard-Henri Lévy qui aurait encore moins d’idées que lui ». Ou parlant de l’ancien président : « Il fut un collectionneur compulsif de femmes comme il y en a d’étiquettes de camembert. » Michel Onfray de pamphlétaire glisse à chansonnier. On ne s’étonnera pas s’il finit sur ses vieux jours au Théâtre des Deux Ânes. Il fait dans l’excès, dans l’hyperbole, dans l’emphase, dans la mauvaise foi.

Je ne prendrai pas ici la défense de François Mitterrand à qui je ne pardonnerai jamais d’avoir sollicité un second mandat alors qu’il se savait plus que gravement malade.
En revanche je considère que Michel Onfray pamphlétaire à l’égard de Mitterrand se transforme en hagiographe du Général. Tout ce qu’il a fait est bien, grand, irréprochable.

Onfray n’évite pas le ridicule en essayant, par une interprétation délirante, de justifier le fameux « Je vous ai compris » adressé aux Français d’Algérie. Les oublis de Michel Onfray sont nombreux concernant les aspects sombres de la politique de l’homme du 18 juin. Pas un mot sur Jacques Foccart et sa politique africaine, rien sur le SAC et ses méthodes peu catholiques, absente l’affaire Ben Barka, disparu Papon préfet de Paris sous le Général, passés sous silence les morts du métro Charonne. Quant à la relation de l’épisode de Baden-Baden au cours duquel de Gaulle est allé chercher du réconfort auprès du Général Massu, on est en pleine fiction, l’expression de « roman national » y prend tout son sens.

Bref je conseille le livre de Michel Onfray aux inconditionnels de Charles de Gaulle, ils seront aux anges. Je le déconseille aux ennemis de François Mitterrand, ils s’y ennuieront. Quant à ceux, qui comme moi, ont jadis admiré Michel Onfray, s’ils le lisent, ils seront encore un peu plus désespérés.

Tipaza

Ce billet tombe mal ! Enfin mal pour moi et mes états d'âme.
De Gaulle et Mitterrand, deux personnages hors du commun, deux héros, au sens grec du terme, qui auraient pu figurer dans l'Iliade, à côté des éternelles figures homériques, sans démériter.

Il y avait de la chair, du sang, de la passion chez ces deux grands.
Il y avait l'orgueil de la France pour l'un et la vanité du pouvoir pour l'autre, les deux se partageant un certain mépris pour les hommes, trop conscients qu'ils étaient des faiblesses humaines, dont ils portaient une part du fardeau également.
C'est le propre des héros grecs qui ne sont des héros que parce qu'ils sont humains, humains jusqu'à l'hubris, et qu'ils parviennent à transcender leur part d'humanité jusqu'à être des modèles.

Et voilà que je tombe sur ce billet après avoir subi 26 minutes d'une intervention qui n'est pas un discours, pas même un projet, mais un calendrier à court terme, où j'apprends pour le énième fois que je dois me laver les mains entre autres choses.
Et ce calendrier est énoncé avec la froide indifférence d'un humanoïde au regard sans ciller une seconde, trop direct pour être si peu que ce soit humain et compatissant, un humanoïde qui aurait été créé par et avec une intelligence artificielle.

Alors qu'il parle d'une épidémie qui a fait des milliers de morts, on ne sent pas la moindre compassion, la moindre sensibilité chez cet homme-là, seulement la maîtrise technicienne du sujet.

À comparer avec les envolées lyriques de l'un et la parfaite élocution humaniste de l'autre, l'un et l'autre ayant dépassé le stade de la technique pour accéder à celui de l'humain dans sa complexité, et donc de la politique.

Avec Macron nous sommes restés au stade de l'expertise avouant benoîtement son incapacité à maîtriser l'avenir. Son seul aspect humain !

Mary Preud'homme

La tonalité de votre billet donne envie de découvrir cette pépite !

Wil

L'un est un des plus grands Français de l'Histoire de France et l'autre est l'un de ses plus grands escrocs.

Et encore, j'ai du mal à trouver dans l'Histoire de France un escroc pire que Mitterrand qui soit arrivé à ce niveau de pouvoir ce qui fait qu'il doit être le pire de tous. Mais je ne suis pas historien.

Il doit bien y avoir dans quelque siècle passé, un président, un roi ou un régent qui fut pire que lui dans l'escroquerie intellectuelle mais c'est pas évident.

En tous cas, c'est bien qu'Onfray "découvre" de Gaulle sur le tard comme ça.
Moi-même, il ne m'est apparu comme l'un des plus grands chefs d'Etat français qu'il y a peu de temps et surtout à force d'avoir envie de vomir en constatant la malhonnêteté intellectuelle intrinsèque et donc perpétuelle de la gauche dont je suis pourtant issu et qui me fait voter généralement RN.

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