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22 janvier 2021

Commentaires

Serge HIREL

Pour réussir un entretien, il faut être deux et ni l’un ni l’autre sur la défensive. Celui que notre hôte nous offre est de ceux que l’on n’oublie pas. La méthode de questionnement de Philippe a fait mouche sur une interlocutrice sereine, sincère et rusée qui, visiblement heureuse que l’on s’intéresse à son goût pour la philosophie politique, a su, sur les sujets pragmatiques, esquiver les réponses qui engagent et profiter de quelques autres pour exprimer, ici un souhait, là une distanciation, sans quémander ni fâcher.

En quelques mots, elle a mis ceux des Républicains qui, comme elle, sont conservateurs, devant leurs responsabilités… en identifiant sans l’accabler l’ombre tutélaire de Chirac qui fait obstacle au rapprochement. Plus loin, subtilement, tout en semblant rendre hommage à sa tante, elle s’est permis de glisser que Marine n’avait pas pris le temps de construire ses convictions avant de plonger dans le bain étouffant du quotidien d’un politique… Sous-entendu : pas moi...

Au fil des minutes, évitant le barbant CV, sans la moindre trace ni de morgue ni d’orgueil qu’aurait pu lui léguer son grand-père, tout en lui reconnaissant l’origine de son engagement, la petite-fille Le Pen a détaillé comment elle était devenue Marion Maréchal, ses études, son mandat de député, ses lectures, sa fierté d’être à la tête d’une école qu’elle a imaginée, bref son cheminement, qu’elle a conçu et qu’elle maîtrise, vers son avenir…

Son avenir ? On le lui promet présidentiel… Sans prédire ni injurier son futur, elle ne le voit que politique, « à ma place », dit-elle, mise en confiance par des questions qui, sans l’agresser, l’ont obligée néanmoins à se découvrir. Elle s’y prépare bien autrement que d’autres, ne se précipite pas sur les micros, prend le temps de la réflexion, s’est construit un socle spirituel d’airain sur lequel ses opinions sur les sujets qui lui paraissent l’enjeu de demain s’emboîtent dans une cohérence parfaite.
ADN de la mouvance dont elle se revendique, la détestation de l’immigration n’est plus dans son discours synonyme d’un vulgaire racisme, mais l’aboutissement d’une démarche qui place les valeurs de notre culture, de notre attachement à la liberté notamment, au cœur du combat pour la sauvegarde de la civilisation judéo-chrétienne… tout comme l’opposition aux méthodes coercitives du gouvernement dans sa lutte contre la pandémie.

Le parallèle peut paraître osé, mais il n’est pas sans fondement, attentats islamistes et Covid entraînant tous deux des restrictions de notre liberté individuelle. Ainsi présenté, le refus des immigrés, que beaucoup d’électeurs de droite considèrent contraire à l’humanisme qu’ils proclament, pourrait demain devenir le ciment d’un front commun au service d’une cause juste : maintenir notre conception de notre nation. Les Républicains, si leur objectif est bien la reconquête du pouvoir, ne pourraient pas faire l’impasse sur cette offre si elle était reprise par Marine… Rien n’est moins sûr tant la tante creuse un autre sillon.

Bien sûr, on peut être en total désaccord avec Marion Maréchal, même lui reprocher de manipuler les concepts politiques qui lui sont chers pour les rendre consensuels et attrayants. Mais on ne peut pas ne pas lui reconnaître une intelligence hors pair, une force de conviction exceptionnelle, un caractère hors du commun, à la fois trempé et attentif. Avec, en plus, le sourire, la jeunesse et un je ne sais quoi d’art de la séduction.

Pour conclure, je ne voudrais pas être méchant avec un ministre qui, cette semaine, pour célébrer ses 50 ans, a publié ses « Mémoires provisoires » (sic) et a été invité à présenter son ouvrage pendant l’émission « ZEN » de Paris Première. La comparaison entre les deux entretiens tient du jeu de massacre. Bruno et son dandysme mâtinée de savoir énarchique est loin, très loin derrière Marion et sa fraîcheur sans prétention. Quant à Eric Naulleau, qui avait préparé un excellent « questionnaire », lui non plus, néanmoins, n’a pas le doigté de notre hôte. La preuve : il n’a pas réussi à faire avouer à l’ex-LR les raisons qui l’avaient poussé à écrire son livre. Chacun est resté sur sa faim : quid d’une candidature Le Maire en 2022 ? En revanche, grâce à Philippe, on sait désormais que Marion sautera la prochaine étape… Sauf surprise de dernière minute.

Mary Preud'homme

@ Savonarole | 22 janvier 2021 à 21:43
"Quelqu’un a des nouvelles de Deviro ?"

À part breizmabro je ne vois pas.

Denis Monod-Broca

Les politiques n’ont pas le temps de penser, c’est si désolant et si vrai... et c’est si bien dit...

Savonarole

Quelqu’un a des nouvelles de Deviro ?

Mary Preud'homme

Une femme brillante et qui devrait interpeller tous ceux passant leur temps à critiquer notre belle jeunesse. Oubliant que dans notre pays sont nombreux, ceux et celles hommes et femmes de sa génération qui comme elle, sont prêts à s'investir et à donner le maximum d'eux-mêmes afin de redresser notre nation et lui rendre tout son lustre, sa vigueur et sa place dans le monde.
Au passage j'ai bien aimé sa mention des deux patries et ne manquerai pas de lire à ce sujet l'essai de Jean de Viguerie que je ne connaissais pas.

Un seul bémol parmi les commentaires, celui de sylvain qui comme souvent voulant afficher outrancièrement ses théories racialistes et fascistes joue au contraire à fond le rôle de repoussoir (style gros beauf) pour cette jeune femme qui à l'inverse de ce genre de clichés caricatural cherche au contraire à s'affranchir de tout sectarisme et à rassembler au maximum hommes et femmes de bonne volonté pour l'amour de la France.

Exilé

Réponses intelligentes à des questions qui le sont aussi.

Wilfrid Druais

Marion a la beauté, le physique ça compte en politique même si bien sûr il y a Sarko et Hollande. Elle a l'intelligence et les convictions, ce qui est déjà beaucoup par rapport au niveau politique général actuel. Elle a l'expérience malgré sa jeunesse. Il ne lui manque qu'un entourage à la hauteur de ses ambitions, dans le bon sens du terme, et c'est ce qu'elle est en train de former tranquillement mais sûrement avec son école.
À 31 ans, elle a le temps et tout son avenir politique devant elle.
La question est "Est-ce que la France a le temps de l'attendre ?"
Pas sûr.

hameau dans les nuages

@ Savonarole | 22 janvier 2021 à 12:06

Votre concierge vous dit ça, et elle a raison.
Mais quand c'est un Africain qui le dit ?

Merveilleuse vidéo où il explique à sa diaspora tout le mal qu'il y a à rêver de partir en Europe ou de vivre sur le dos des coreligionnaires partis faire fortune. Une anthologie des conséquences de ces migrations.

https://www.facebook.com/login/?next=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2Finvestiraupays%2Fvideos%2F753511848879109%2F

J'espère que Sieur Tomas prendra la peine de visionner.

sylvain

Bravo Philippe pour avoir mis à l'honneur Marion Maréchal Le Pen mais "en même temps", comme dirait l'autre zigoto, je mettrais bien aussi en évidence le bon travail des identitaires de droite et la courageuse Thaïs d’Escufon, la sublime porte-parole de Génération Identitaire, une MMLP de terrain.
Elle fait partie du groupe anti-migrants présent dans les Pyrénées.

Puisque les lois ne sont plus appliquées par les c*ls tendus de la ripoublique, préfets aplaventristes et juges couchés, leurs opérations civiques et patriotes, leurs idées, mais aussi l'inquisition extrême gauchiste contre elle, les chantages odieux et les menaces de dissolution de son groupe par les tribunaux collabos pétainislamistes, en font des héros résistant à l'invasion charia islamiste terroriste organisée par ce gouvernement collabo soumis macronien.

Félicitations à tous ces jeunes qui luttent contre ce fascisme haineux islamogauchiste responsable des tueries islamistes sur notre sol.

Vallon

Je suis admiratif de l'interviewer. Les questions sont à la fois d'une extrême intelligence et d'une pertinence respectueuse de la personne interviewée. M. Bilger, vous devriez former beaucoup de journalistes à cet exercice. Un seul mot: bravo !

sbriglia@Marc Ghinsberg

Chapeau, Marc Ghinsberg !

J'aime quand vous pensez à front renversé…

Mathieu Vasseur

Être poli, c'est bien. Mais là... Si j'étais Madame Bilger, je m'inquiéterais.

sylvainch deu portuguèch

"...ma concierge portugaise me dit tous les matins. « Monsieur Savonarolche, il y a trop d’etrangésch en Franche ! »."
Rédigé par : Savonarole | 22 janvier 2021 à 12:06

Glotophobie lusitano-portugophobe, Pharos vite !! non mais !
chèch honteuch !

Marc GHINSBERG

Bravo Philippe, joli coup médiatique. Votre ténacité a payé, vous allez faire des jaloux.

À l’évidence Marion Maréchal est une personnalité en devenir qui peut avoir un avenir politique de premier plan. Elle ne craint pas de dire ce qu’elle pense, son système de pensée est cohérent, elle ne se réfugie pas dans le pragmatisme, elle a des convictions qui correspondent à une certaine idéologie, elle ne sombre pas (encore ?) dans la démagogie. En cela elle diffère de sa tante, dont j’ai toujours pensé qu’elle n’avait pas véritablement de convictions, opportuniste, pillant le programme économique de LFI par démagogie.

Un regret, cher Philippe, j’aurais aimé que vous l’ameniez sur le terrain de l’économie pour qu'elle précise sa vision des choses dans ce domaine.

En tout état de cause elle serait une adversaire que l’on aurait plaisir à combattre. Au moins on sait à qui on a affaire.

xavier b. masset

Une prise d'air frais.
L'éloquence précise, sans être bêtement pointilleuse, de Philippe Bilger, doit y être pour beaucoup.

Alors que tout semblerait, dans sa vie, participer de l'enfance de l'art, faiblement, on repère l'amatrice derrière la passionnée, chouchou noir à cheveux comme bracelet constamment pénétré puis relâché par le poignet droit, petit pull noir, jean de la même couleur, le ton sur ton endossé aurait tout pour faire école, estampe d'un merveilleux langage du corps, sa majestueuse puérilité, son côté magistral sans être trop étudié, la femme-enfant de trente et un an encore pour un frugal instant, tant aimée par le chef des Surréalistes.

Elle aurait beau protester, elle foula tous les terrains de la matrice politicienne, n'en entendit pas seulement les appels aux sacrifices personnels, chemin religieux comme un autre, après tout, n'en vit pas que les marques sur le visage des proches.
Il lui en reste d'autres stigmates, comme par exemple cette apologie de Tocqueville, bien placée dans la démonstration qu'elle choisit, à contre-courant de la pensée de son mentor de jadis, Patrick Buisson, l'anti-libéral économique par excellence. Très malin.

Elle connaît tout du placement du corps et de l'esprit dans le duel oral en politique, possède ses bottes secrètes, peut-être noires elles aussi.
Pour elle, l'acronyme TPE demeure celui des travaux personnels encadrés de lycéenne mémoire, les minuscules entreprises du tissu industriel français peuvent attendre, pour une directrice d'IEP, le souvenir, la confession, deviennent un poil léger.

Elle sait très bien, dans son intelligence de la situation, que la droite conservatrice qu'elle veut représenter fit le plein de conversions depuis longtemps, les dirigeants pro-russes, étatistes, archéo-gaullistes du vieil et informe ex-RPR n'étaient pas légion, un Mariani, sinon rien, garçon, et puis c'est à peu près tout.

Eric Zemmour, dans ses petits souliers hier lorsqu'un journaliste lui rappela que l'entier pays de Russie travaillait à la gloire de son orgueilleux président, sait lui-même que renarder en France pour Poutine commence à sentir le grillé.

Son courant, s'il avait plus d'échine, n'en laisserait rien paraître.
En voulant tout exposer, tout montrer, d'une architecture programmatique, elle ne livre qu'un plan au dos duquel court une colonne aux vertèbres trop invisibles pour être souples.
De plus, l'ancien modèle des familles édifié par René Rémond, brinquebalant soit-il, continue de cracher ses polycopiés depuis un duplicateur à alcool incontrôlable, rendu si peu fou.

Sa façon, sa manière, et c'est à mettre à son crédit, peuvent inspirer une jeune génération, à elle opposée ou l'accompagnant sur la route, pour contre-balancer, avec des efforts, le jubilant amateurisme donné comme exemple par les inénarrables maires verts des grandes villes et leurs petits frères à la tête des milliers d'Étampes de France et de navrance.

Savonarole

Son filet est trop large, à force de vouloir pêcher toutes les sensibilités elle se contraindra un jour à trier la poiscaille des homards qu’elle ramasse dans ses filets.
Serait-ce une nouvelle Ségolène Royal en plus intelligente ?
Elle est brillante, c’est certain, et j’adhère à bien de ses propos, mais elle ne dit rien de plus que ce que ma concierge portugaise me dit tous les matins. « Monsieur Savonarolche, il y a trop d’etrangésch en Franche ! ».

Tipaza

De la fraîcheur et de l'intelligence, et même plus que de l'intelligence, une subtile élégance dans la façon de répondre.
Esquiver tout en répondant directement, du grand art qui n'est pas que politique.
Une personnalité forte avec la souplesse qui convient dans le combat de longue durée qu'elle envisage.
J'ai été conquis, mais je partais avec un a priori favorable ;-)

Évidemment pendant qu'elle parlait deux questions me sont venues, que Philippe Bilger a posées.
Quid de l'action, avec une pensée aussi mûrie ?
Quand dans l'action aussi bien préparée ;
Elle a répondu parfaitement aux deux questions, avec juste le zeste d'ambiguïté et de réserve qu'il fallait.

"Aux âmes bien nées, la valeur n'attend pas le nombre des années".

Reste qu'elle est dans le registre le plus simple d'une vie politique ou pas, celui de la verbalisation des situations et des problèmes.
La théorie c'est toujours facile, on ne se heurte qu'à ses propres pensées, encore faut-il en avoir, et elle en a.
Le pouvoir, c'est autre chose.
C'est l'affrontement avec une réalité toujours fuyante et des hommes, procureurs par nature, et c'est justice.
On a toujours des comptes à rendre quand on a le pouvoir, on n'a même que ça.

C'est peut-être le seul point faible de l'entretien.
Elle ne manifeste pas une volonté de pouvoir affirmée, à moins que ce ne soit un point fort.
Un relatif détachement qui rend libre et plus fort dans une action au service d'une idée. C'est le message qu'elle a voulu lancer à la fin.
À suivre !

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