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16 janvier 2021

Commentaires

Behenzar de Cunes

@ Ninive 17 janvier 17h59
« Ni avant ni après, elle ne nous appartient plus, nous l'avons abandonnée au diable. »

Non jeune ami, elle nous appartient encore un peu. Quand la séparation sera définitive et sans appel je vous le dirai… Non je ne vous le dirai pas, mais les de Cunes se coucheront dans leur linceul, ils ne communiqueront plus, vous ne les verrez plus ici et ailleurs… et vous comprendrez !

Abandonnée au diable… mais non… mais non… seulement à l'islam et à ses troupes nombreuses, aguerries et impitoyables.

Président Macron y travaille ces jours-ci avec ardeur.
Un bon diable ce président. Il termine la tâche entreprise dès la fabuleuse aventure de Giscard, charmant petit renifleur de Varsovie. Nous sommes maintenant dans le temps de la Charte… ça nous rappelle Louis XVIII ! C'est réconfortant.

Alors que faire… comme disait l'autre ?
Peut-être une réformette constitutionnelle qui nous éviterait un combat Le Pen – Macron. Mieux, qui nous épargnerait carrément une finale.

Un simple citoyen peut toujours s'autoriser à rêver.

Lodi

@ Lucile
"Cela n'empêche pas d'être sincère. Ne pas être entièrement d'accord avec quelqu'un qui exprime son point de vue n'est en rien une offense à son égard. C'est la preuve qu'on s'intéresse à ce qu'il dit."

Je simplifiais, essentiellement pour me mettre au niveau de Patrice Charoulet. J'aurais pu expliquer qu'il ne faut pas attaquer notre hôte en disant que son invité est nul et qu'on méritait mieux parce que là, on tombe dans l'attaque personnelle...
Mais bien sûr, on n'est pas obligé d'être d'accord avec l'invité... Comment voulez-vous faire saisir cette nuance à Patrice Charoulet ?

À supposer qu'il réfléchisse quand il lit, il ne faut pas l'accabler d'idées, une idée, savoir qu'il usurpe l'autorité, une idée, c'est déjà beaucoup pour lui, vous ne trouvez pas ?
D'ailleurs, il y a des signes qui ne trompent pas : il parle de style, il se flatte de sa fidélité à la droite, il rappelle les lois liberticides contre l'expression, il pointe les faiblesses orthographiques, mais il ne manie guère d'idée et de faits historiques, scientifiques ou autre. Bref, on est dans la forme, et non dans le fond, je ne dirais pas l'écume car elle est trop belle, mais encore bien plus éloigné de la masse liquide océanique.

À propos du fond et de la forme, il existe deux risques jumeaux : soit simplifier pour être compris de tous ou d'un interlocuteur assez piètre, et tant pis pour les autres.
Soit parler comme on se parlerait à soi-même ou aux meilleurs, ce qui permet d'aller plus loin mais avec moins de compagnons.
On ne veut pas s'interdire de penser si on aime penser, être libre et s'exprimer ; on ne veut pas rejeter les autres, par soif d'être compris - et peut-être parce qu'on n'aime pas l'être soi-même.
Ce souci suppose qu'on soit aussi bon qu'on aimerait que les autres le soient ou l'aient été avec vous, donc préoccupation morale et nostalgique plus rare que le désir de popularité égoïste et immédiat. Ce n'est pas tout ce qui est rare est cher mais tout ce qui est cher, évolué, raffiné, suave comme le produit de la pourriture noble, est rare.

Je comprends si bien la nostalgie ! De ce qui a été et de ce qui aurait pu être... Mais il n'y a pas d'époque parfaite, simplement des aspects ou des moments nimbés d'une grâce particulière.
La chute du Mur a été un moment de grâce, la renaissance du baroque est un aspect musical intéressant mais je ne crois pas que c'était par contre une grande époque pour le jazz, donc pour un mélomane d'une musique, il y aura essor ou déclin de la musique selon ses goûts particuliers. Il existe des moments optimum, et je ne serais pas contre revivre toujours la même journée si elle avait été parfaite pour moi, à l'inverse du film Un jour sans fin, je ne voudrais pas sortir de mon paradis temporel.

Mais les gens croient qu'une époque a pu être aussi parfaite que l'interprétation historique d'un concerto indépassable, et sont donc plein d'aigreur pour le reste... On n'est pas dans le dieu unique mais l'époque unique, et pas que pour eux : tout le monde doit y croire.
Folie.

La sagesse est de penser au passé, au présent et au futur selon les circonstances avec la science d'un amateur de vin sortant ses bouteilles de sa cave à vin au moment de leur pic de dégustation.

Vamonos

Ma première voiture était une Morris 1000 cc jaune moutarde avec un toit ouvrant, un tableau de bord en bois vernis et une suspension inexistante comme sur toutes les Mini de l'époque révolue de la séparation des Beatles.
C'était l'année où les Kawasaki 1000 sponsorisées par les cigarettes mentholées tournaient sur le circuit du Castellet, les pilotes se relayaient pour tenter de gagner le Bol d'Or.

Après je suis passé à autre chose. Mais je comprends que la nostalgie puisse coller à la personnalité au point de vouloir vivre éternellement en regardant ce passé nimbé d'insouciance, de vitesse et de rêves.

Les voitures ont changé même si elles ont toujours des pneus, des moyeux, des volants et des phares. Aujourd'hui, les moteurs à explosion de M. Levassor deviennent progressivement interdits sur nos routes européennes. Par contre les véhicules avec de lourdes batteries qu'il faut recharger tous les 500 km bénéficient d'une promotion indécente. Le bilan énergétique n'est pas si bon que les médias nous le répètent. Il faut bien fabriquer de l'électricité et en même temps, on ferme les centrales nucléaires.

Il y a là un créneau pour les chroniqueurs automobiles, mais on ne les laissera rédiger qu'à la condition que cela ne dérange pas le gonflage de la bulle économique qui enfle et qui éclatera un jour.

Pour moi, il n'est pas concevable que Tesla Inc pèse plus lourd en actions que Volkswagen, Toyota ou Ford.

Giuseppe

Je n'ai malheureusement qu'une italienne - elles sont belles les italiennes -, dont la ligne d'échappement a été retravaillée chez un constructeur italien de renom ; c'était la fin de la production, et donc la signature. Elle a tout le charme des pâtes carbonara accommodées comme il faut, et le carburant qui va avec, pommettes rosées garanties si abus, c'est tellement agréable d'abuser parfois.

Nous étions jeunes, devenu commissaire sur le tard il venait avec l'exemplaire décapotable, il nous a fait rêver, le quartier était populaire mais tous la volonté farouche de réussir.
En fait nous avons appris le prix de ce qui nous entoure et Victor Hugo qui surveille l'addition, je suis un peu frileux, juste le toit qui va avec et le cuir rouge pour le plaisir, les chevaux qui se montent les uns sur les autres.

J'ai la nostalgie de l'Aronde de mon grand-père, celle dont on faisait le plein en levant la partie aluminium du phare arrière, elle fut celle de mes parents.
Noire qui a rendu l'âme en Espagne, aujourd'hui je l'aurais conservée, mais quand on est jeune, on pense plus aux jouets et aux italiennes qu'au patrimoine.

Lucile

@ Lodi | 18 janvier 2021 à 05:35

Bien vu, et tellement bien dit.

Cela n'empêche pas d'être sincère. Ne pas être entièrement d'accord avec quelqu'un qui exprime son point de vue n'est en rien une offense à son égard. C'est la preuve qu'on s'intéresse à ce qu'il dit.

J'entends tellement dire pis que pendre de la période des Trente Glorieuses, où tous nos maux auraient commencé d'après certains grincheux, que je suis intriguée par ce sympathique dinosaure. Une chose est sûre, nous étions peut-être moins sur la défensive. Il suffit de comparer la grippe de Hong Kong et la Covid. Plutôt que prendre les choses comme elles viennent, un peu à la fois, on les affronte avec l'artillerie lourde, et la rage de vaincre aiguillonnée par l'angoisse, sauf quand on décide de fermer les yeux sur l'éléphant rose qui occupe le salon. Les experts sont maintenant à la barre.

Moi je regrette ma Mini, une vraie, toute petite et qui ressemblait à une boîte. Elle s'appelait "Bouton d'Or", comme le premier cheval de d'Artagnan ; elle était jaune moutarde, je l'avais achetée d'occasion, il n'y avait pas d'autre couleur. Je regrette aussi mon premier Mac, qui ressemblait lui aussi à une boîte, et son clavier au son voluptueux. À part ça, je ne regrette rien, comme Edith Piaf. Décidément, la nostalgie, on n'en sort pas.

sbriglia

Je lui ferais volontiers faire le tour du Puy Mary dans ma TR 3 BRG (british racing green) de 1960, on parlerait admission compression détente échappement et on réciterait des pages entières du « Je me souviens » de Georges Perec, nez au vent avant d’aller manger un chou farci au Falgoux en attendant la Mazda Miata de Savonarole...

Lodi

@ Patrice Charoulet | 17 janvier 2021 à 23:03

Vous avez pour une fois raison mais votre demande n'aboutira pas. Mieux, personne ne fera le moindre effort.
Et pourquoi ? Parce que vous n'avez aucune autorité morale à force d'en usurper.

J'aurais aimé finir sur cette phrase et aurais du mal à trouver une autre coda aussi satisfaisante. Mais vous n'auriez pas compris si je fais confiance à tous les autres commentateurs. L'intérêt personnel masque toujours les vérités les plus élémentaires.
Mais essayons d'expliquer : en ne cessant de vous en prendre aux masques et de jouer les critiques, vous avez usurpé une autorité qui n'est pas la vôtre.

Vous avez certes le droit de dire tout ce qui vous passe par la tête ! Mais en vous plaçant dans un rôle de critique, d'arbitre des élégances stylistiques et morales, et ce sur des critères très discutables, vous avez prétendu à plus que les autres. Dire qu'on écrit des pauvretés ne masque pas votre démarche.
Un mécanisme compensateur fait donc que la plupart des gens vous accorderont donc moins qu'à tout autre* et qu'aucun de vos avis n'aura la moindre chance d'être suivi d'effet :

Luc 14
…8Lorsque tu seras invité par quelqu'un à des noces, ne te mets pas à la première place, de peur qu'il n'y ait parmi les invités une personne plus considérable que toi, 9et que celui qui vous a invités l'un et l'autre ne vienne te dire: Cède la place à cette personne-là. Tu aurais alors la honte d'aller occuper la dernière place. 10Mais, lorsque tu seras invité, va te mettre à la dernière place, afin que, quand celui qui t'a invité viendra, il te dise: Mon ami, monte plus haut. Alors cela te fera honneur devant tous ceux qui seront à table avec toi...

Ici, je doute que monsieur et madame Hermine aillent avertir l'un ou à l'autre qu'il abuse en jouant les arbitres des élégances stylistiques et morales de tout le monde, certes...
Mais il reste que si vous en appelez à vos pairs après les avoir jugés, il se peut que vous n'obteniez aucun succès.
Je dirais même l'inverse du résultat escompté si l'habitude de vos empiétements n'en faisait une routine pour la plupart des gens.

*Ceux qui pensent être vos favoris seront, en principe, plus indulgents. Intérêt personnel, reconnaissance, imitation.

Tomas

Je peux comprendre la nostalgie, mais là c'est celle d'un enfant qui ne réalisait pas que son monde changeait. C'est dans les années 70 et 80 que les paysans disparurent définitivement, que les curés vinrent à manquer dans les villages ruraux, que les périphéries des villes de province se couvrirent de zones pavillonnaires et de centres commerciaux. La France d'hier en avait déjà pris un sacré coup dans la figure.

Puisque le monsieur aime les voitures, c'est aussi les dernières décennies où celles-ci étaient reconnaissables d'emblée à leur carrosserie et n'arrivaient pas à démarrer le matin quand il faisait froid.

Effectivement, pour écrire des livres intéressants, il en faut un peu plus que de raconter la nostalgie d'une époque perdue finalement très ordinaire. L'actuelle est sans doute plus intéressante car lourdes d'incertitudes, c'est cela qui en fait le sel !

Patrice Charoulet

À CERTAINS DE MES CONFRÈRES D'ICI

Pour mener ses entretiens, Philippe Bilger essuie parfois des refus, invite, organise, prépare les choses, a l'esprit et le talent de poser les questions utiles et a la gentillesse d'offrir ses entretiens à ses lecteurs d'ici en leur permettant de commenter. Si l'invité(e) ne plaît pas à certains d'entre vous, ils ne sont pas obligés de commenter et peuvent attendre un jour ou deux son prochain texte sur ce blog. C'est vraiment ne pas être reconnaissant que de dézinguer ses invités. Si d'autres éventuels invités ont la fantaisie de lire les commentaires d'invités précédents avant de venir, beaucoup vont refuser avant de tomber dans ce tir aux pigeons.

Patrice Charoulet

J'ai dit tout le bien que je pensais de l'écrivain français Thomas Morales. Cet entretien avec Philippe Bilger doit donner envie aux bons esprits de lire ses livres. J'ajoute ceci : ceux d'entre vous qui ont la bonne idée d'être sur Facebook peuvent aussi aller consulter la page "Thomas Morales". Je leur recommande de jeter un coup d'oeil sur "Mentions J'aime" : ce secteur est particulièrement éclairant et prometteur et donne encore plus de raisons de lire Thomas Morales.

Ninive

La France qui me manque.

C'est épouvantable ce qu'il nous arrive... nous sommes incapables de réagir tout en continuant à faire semblant d'exister... étions-nous les mêmes dans la France occupée par les Nazis ?

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@ Behenzar de Cunes | 17 janvier 2021 à 09:47
"...la seule question qui se pose… allons-nous mourir avant ou après la France ?"

Ni avant ni après, elle ne nous appartient plus, nous l'avons abandonnée au diable.

Claude Luçon

L'impression qui se dégage de cet entretien est que la plus grande confusion règne dans l'esprit de Thomas Morales qui ne semble pas trop savoir qui il est.

Il est conservateur sans trop pouvoir expliquer de quel genre de conservatisme.
Celui des Trente Glorieuses qu'il regrette ?
Elles ont eu lieu de 1945 jusqu'en 1973, stoppées net par le choc pétrolier !
Il est né en 1974, c'est curieux d'être nostalgique d'une période durant laquelle il était, au mieux, au stade de foetus !
Il ne se sent pas citoyen ? Apparemment parce que nous n'avons jamais construit en France de Ferrari, Bentley ou Porsche.
Il adore écrire mais estime que seul le style compte, le récit ne l'intéresse pas, pourtant il gagne sa vie en récitant les mérites des voitures du passé !
Né post-1968 il devrait comprendre que la littérature a évolué et que succès est synonyme de sexe, Houellebecq en est la preuve.

Il ne semble pas se rendre compte que c'est précisément parce qu'il n'a rien à nous conter que ses livres ne se vendent pas. Tout Français qui se respecte aime la beauté de son langage mais il l'aime encore plus s'il sert à valoriser une belle histoire.
Thomas Morales avoue implicitement qu'il manque d'imagination.

Le génie mécanique qui crée de superbes automobiles n'a rien de libidineux, surtout quand elles sont de l'époque de Brigitte Bardot et Sophia Loren dont l'anatomie était plus harmonieuse que la technologie d'une Maserati.

C'est triste mais c'est à cette période qu'il a vécu et il devrait s'y faire.
Comme tout autre produit, un livre doit être en phase avec la période où il paraît, la littérature c'est aussi cela : une revue du temps présent.

Peut-on lui communiquer ce qui suit, écrit par un Américain nommé Mark Wehner et lui conseiller de s'en inspirer :
"On an old man's shirt was written a sentence : I am not 80 years old; I am sweet 16 with 74 years of experience, that's an attitude."

Enfin il devrait comprendre que beau langage et surtout belle voiture ne sont pas des garanties de succès, François Fillon dont les livres se lisaient tout aussi bien et qui adorait les 24 heures du Mans pourrait le lui confirmer.

Dommage ! Il a le genre de talent que j'aimerais avoir ayant tant d'histoires à raconter, mais Thomas Morales ne sait pas s'en servir.

Curieux d'ailleurs que Philippe l'admire alors que lui possède talent et histoires à raconter et le fait. Précisons que tout fayotage de ma part est exclu !

Serge HIREL

Jean Miot, qui fut l’un des derniers présidents de la Fédération nationale de la presse française, avait un cri de guerre : « L’écrit aura toujours le dernier mot ! ». Thomas Morales, lui aussi berrichon, l’a fait sien. Jean Miot aimait le terroir, goûtait la tradition, maniait notre langue avec élégance et ne se départait jamais d’un humour parfois iconoclaste dans ce milieu alors compassé des grands patrons de presse. Thomas Morales serait-il son double ?
Qu’il parle de lui, avec parcimonie, qu’il cause de ses confrères, auteurs non « marketés », avec enthousiasme, qu’il s’emporte, avec retenue, contre le mercantilisme culturel, ou évoque, avec calme, ses passions, il pelote le même fil rouge ; la défense de l’écrit, qui ne se conçoit qu’accompagnée de celle du français.

Sa faible notoriété le navre, moins parce qu’il ne parvient pas à vivre de sa plume d’auteur que parce qu’elle est le signe d’un désintérêt du public pour le livre, du moins ceux qui enrichissent notre patrimoine littéraire. Ceux des écrivains qui s’attachent au style, au choix des mots, plus qu’à l’histoire qui fera leur succès en librairie… et auprès des jurys des prix littéraires.

Il faut voir là un cri d’alarme qui mérite attention. Certes, le ministère de la Culture n’ignore pas la littérature. Mais la loi Lang de 1981, qui impose le prix unique du livre, n’a pas réussi à sauver le réseau des librairies indépendantes et le budget du Centre national du Livre était de 24 millions d’euros en 2019 - en provenance du budget de l’Etat - quand le Centre national du Cinéma disposait de 675 millions d’euros - montant de trois taxes imposées aux spectateurs et aux diffuseurs TV. Et que dire du statut privilégié des 280 000 intermittents du spectacle et des multiples résidences d’artistes… quel que soit leur talent ?

Quant à la langue française, en 2020, la rue de Valois a consacré 3,2 millions d’euros à sa défense… et n’a pas réagi quand, pendant la pandémie, les foyers d’infection sont devenus des « clusters » dans les discours des plus hautes autorités de l’Etat. Le service public de radio-télévision, lui, s’en donne à cœur joie dans l’emploi du franglais sans la moindre remontrance…

Alors, oui, nous sommes en guerre - l’expression est au goût du jour - pour défendre la littérature, pour protéger le français. Et il faudrait des dizaines, des centaines de Morales - et des centaines de milliers d’enseignants convaincus de l’urgence de la bataille - pour que ces deux piliers indispensables à notre culture et à son développement ne sombrent pas sous la formidable puissance de l’industrie numérique, venue d’ailleurs et bien décidée à mondialiser jusqu’aux langues.

« L’écrit aura toujours le dernier mot ! »… Rien n’est moins sûr aujourd’hui… Et le français si l’on n’y prend pas garde, pourrait bien le suivre dans la tombe.

Mary Preud'homme

Interview quelque peu au forceps jusqu'à la minute 25. A partir de là première surprise : cet homme "vieux d'apparence" qui a la nostalgie de son enfance nous confie qu'il se méfie des valeurs, qu'il n'y croit pas, enchaînant avec cette affirmation surprenante : les écrivains sont des ratés... Et selon lui les artistes aussi. D'ailleurs il n'aime pas ce vocable d'artiste (sic).
Si l'on suit son raisonnement tout créateur, poète, peintre, compositeur, musicien, sculpteur, chorégraphe, chanteur et toute personne ayant un talent quelconque et s'employant à le mettre en oeuvre pour le faire rayonner et le diffuser au plus grand nombre serait donc un raté n'ayant pas "réussi" à avoir un vrai métier ? Et Thomas Morales de préciser sans rire : "dans une entreprise ou la fonction publique" ! Ben voyons.
J'avoue qu'à partir de là j'ai décroché.

Un dernier mot : il aurait semble-t-il une passion pour les voitures anciennes. Dommage qu'il ait omis de nous parler des inventeurs de toutes ces belles machines dont la plupart ont galéré (n'ayant pas de vrais métiers comme il disait) pour imposer leur vision et leurs découvertes, etc.

Savonarole

Personnage éminemment sympathique.
Tout ce qu’il aime, nous l’aimons aussi. Des vieilles voitures au cinéma qui nous enchantait, hélas Isabelle Huppert est devenue la star de la désincarnation, un iceberg à Saint-Germain-des-Prés. Froideur, un jeu sempiternel, et surtout ce Sautet, porté au pinacle, un type sans humour, glacial, c’était les années Mitterrand, le cinéma de Sautet se résumait aux scènes de brasseries, que des scènes à table, un cauchemar, cette bourgeoise de gauche ne pensait qu’à s’enfiler des côtes de bœuf au nom du prolétariat.
L’œuvre de Sautet a été sauvée grâce à ses acteurs, lui était un exécrable bourgeois de gauche, les pires, on en voit aujourd’hui l’exemple avec Olivier Duhamel.

Ne plus me déranger.

xavier b. masset

Beau commentaire de Françoise et Karell semtob.

Morales über à l'aise pour parler de littérature en Solon de l'auto.
C'est un sage, il parle d'or, Audi-moi qui tu écoutes et je te dirai pourquoi tu roules en Volvo jusqu'à Volgograd.
Plus aucune trace de neige sous la Lada, nix.

Luca de Meo, le grand de Renault, lui aussi veut "faire de la marge plutôt que du volume", se creuser une niche, jouer à cache-cache avec le beurre de la notoriété sans jamais parler explicitement d'argent. Les constructeurs ont des âmes d'écrivains-enfants.
Clio au volant, pourquoi pas, mais alors avec toute l'histoire de Ferrari dans les phares et dans la signature des feux arrières.

L'agenda secret de ceux qui ne veulent plus voir dans le rétro la morale d'Hachette, en accordéon sur les chaussettes d'un vieux cinéaste new-yorkais dont on censura les mémoires après lui avoir volé ses toiles.
Take his Monets and run.

L'Histoire avec une grille en grand H, symbole du passage des vitesses du temps, et tout son cortège d'engrenages automatiques, Tiptronic à triple embrayage pour réduire la consommation de lecture de livres pendant les voyages, est ce que de Broca voulait casser, briser telle la pâte d'un poudingue.
Il voulait revenir aux boîtes qu'on actionne d'un coup de coude ou de genou, comme sur les T34 d'Anton.

C'est Daniel Boulanger, son cabas chargé de légumes frais arrachés au tchernoziom de la Nonette, qui me l'avait dit autour d'un petit noir dans le troquet de la rue Saint-Jean, il faut tourner les scènes à la volée, que tout soit vif pour que la lie des images retombe doucement sur l'esprit des spectateurs, comme de la neige, c'est ce qu'on fit, gars, pour le Roi de cœur avec le Broque, quelque chose qu'il réussit encore avec Audiard et cette merveille de Catherine Alric, que les prods croyaient bêtement mettre dans les jambes de Deneuve, lorsqu'il shoota la Cuisse de Jupiter.

Ses vues du massif détritique des Météores firent plus pour l'amour de la Grèce, en tout cas dans l'Oise, que le bouquin de Lacarrière dont les étudiants se repassaient les pages devant les yeux comme d'un texte sacré, rédigé par un sorcier blanc thaumaturge, comme un samizdat de Kundera, plus tard, dans les amphis de la Sorbonne, dont la circulation donnerait, elle, pour de vrai, tout à voir.

Behenzar de Cunes

@ Lucile

Vous titillez… vous titillez trop !
À nos âges, la seule question qui se pose… allons-nous mourir avant ou après la France ?

Achille

@ Wilfrid Druais | 16 janvier 2021 à 22:44
"Dans nos milieux éditoriaux, on estime que la proportion de très grands lecteurs n'excède pas 2 000 personnes".

J’avoue que ce chiffre sorti de nulle part m’a interpellé. Qu’entend-on par "très grands lecteurs" ? Ceux qui lisent beaucoup d'articles de journaux sur tout et n'importe quoi ou bien ceux qui lisent des livres d’auteurs classés sous l’étiquette "intellectuels" ? Bref, quantité ou qualité ? Là est la question.

Combien de "grands lecteurs" sur ce blog ? Là est la seconde question...

Achille

Personnage intéressant que ce Thomas Morales. Je ne connaissais pas. Il est vrai que je ne lis jamais Causeur ou Valeurs actuelles, journaux dans lesquels il écrit des articles sur l’automobile et le cinéma.
Il est des journalistes indépendants qui méritent que l’on s’y attarde. Rien à voir avec Taha Bouhafs ou Gaspard Glanz qui œuvrent dans un autre registre.
Bonnes culture cinématographique et littéraire.

Avoir un entretien avec Philippe Bilger sur sa chaîne YouTube, ce n'est pas rien. Il n’a toujours pas sa fiche Wiki, mais ça ne devrait pas tarder.

Wilfrid Druais

"Je considère que vous faites partie de ces personnalités qui n'ont pas le succès qu'elles devraient avoir" (PB)

OK, pourquoi pas, voyons...
"J'ai une grande théorie sur la gratuité de l'écrit" qui selon M'sieur Morales est un problème semble-t-il. Faudrait-il payer pour avoir le droit d'écrire ? On ne sait pas, bref. Ça commence mal.

Mais enchaînons, on n'a pas toute la nuit.
"Regardez la difficulté dans laquelle sont la plupart des journaux", blablabla, etc.
Ils n'ont qu'à avoir des lecteurs!
Euuh, je sais pas, peut-être que s'ils arrêtaient de dire des c*nneries et de faire la propagande de la bien-pensance de leur petit monde "germanopratin" comme disent les "culturés" totalement déconnectés du peuple, ils auraient plus de lecteurs, qui sait ?
Et je rappelle à M'sieur Morales que la plupart de ces journaux auraient disparu depuis belle lurette s'ils n'étaient pas sous perfusion des impôts des Français de toute opinion qui ne sont généralement pas représentés dans les journaux susmentionnés qu'ils financent pourtant sans qu'on leur demande leur avis.
Peut-être qu'il y a un lien, va savoir.

Et ça continue ! et ça "sent pire" comme disait Coluche !
"Dans nos milieux éditoriaux, on estime que la proportion de très grands lecteurs n'excède pas 2 000 personnes".
"NOS milieux éditoriaux", donc nous les "intelligents", les "culturés", "ceux qui ne sont pas rien quoi, pour en paraphraser un autre... de crétin.
Et au passage, il faudrait dire à M'sieur Morales qui pense de lui-même qu'il est une personne très cultivée, qu'un nombre balancé comme ça, 2 000 dans ce cas, n'est pas une proportion. Une proportion est toujours en rapport avec un ensemble plus grand ou un truc du genre.
Par exemple, on peut faire l'hypothèse crédible qu'un certain nombre des "2 000 très grands lecteurs" dont parle M'sieur Morales sont des c*ns malgré tous leurs bouquins.
Ça, c'est une proportion ! Une proportion qu'on peut qualifier d'indéfinie mais c'est une proportion.

Bon, j'arrête là la lecture de la vidéo parce que c'est comme la plupart des commentaires de ce blog, quand ça commence comme ça, il est peu probable que la suite me plaise et donc je ne vais pas perdre mon temps qui est précieux, j'ai encore des bières à finir.

Lucile

Je lis de temps en temps les chroniques de Thomas Morales sur Causeur. Elles sont bien tournées.

On sent qu'il a un peu de mal à parler de lui, mais avec l'aide de Philippe Bilger, il a fini par s'y mettre. Sa tendresse pour une France qui n'existe plus est touchante. Et puis, au moins, il ne considère pas les baby boomers comme des affreux...

Merci à tous deux.

Patrice Charoulet

Cher Philippe,

Grand merci de nous avoir offert cet entretien avec cet écrivain français. Vous l'aviez déjà loué dans l'un de vos textes. On comprend mieux pourquoi maintenant.
Que de séductions ! Que de choses plaisantes à entendre ! J'ai toujours eu un grand faible pour les hussards, dont les grands noms sont connus. Il y a ajouté
Jacques Perret (très bon auteur en effet), Kleber Haedens (très bon critique), Geneviève Dormann (que j'aime bien), Christine de Rivoyre et... Alphonse Boudard, cet argotier (je signale en plus de ses romans une désopilante "Méthode à Mimile", sorte de méthode Assimil argot-français, avec exercices, etc. à lire toute affaire cessante : poilade garantie).

Au fait, je m'étais longuement interrogé pour savoir qui se cachait derrière Alfred LELEU, notre argotier d'ici. J'avais pensé d'abord à Savonarole, capable d'excellents pastiches (j'adore les pastiches) des audiarderies gabinisantes. J'ai demandé à Alfred LELEU son nom : j'ai fait chou blanc. Si votre interlocuteur adore Boudard, j'émets une hypothèse tout à trac : n'aurait-il pas eu la fantaisie de faire de petits pastiches chez son admirateur Philippe Bilger...

P.-S.: je reviens à Savonarole. Je parie qu'il n'a pas détesté Thomas Morales. Et qu'il aimerait bien prendre un pot ou casser la graine avec lui. Dans ma sous-préfecture, je ne songe même pas à rêver à de telles choses et dois me contenter de lire et, ce jour, d'écouter les gens converser.

semtob

Cher Philippe,

Notre première envie en regardant votre entretien était de vous voir jouer avec le cabriolet rouge si tristement dissimulé derrière un tas de micros. Et vous savez bien que lorsqu'une question agrippe ou harcèle un cerveau, il devient difficile d'être attentif aux expressions présentées.
Nous sommes encore en train de tourner les pages de "Cabriolets d'hier et d'aujourd'hui" de Jean-Paul Thévenet et Peter Vann aux éditions EPA, à nous demander s'il s'agit d'une BMW 507 Touring Sport Roadster de 1956 ou une Ferrari 365 GTS/4 Spider de 1972 ou d'un autre modèle.

La crise de l'écriture est une tarte à la crème qui ne se pose pas de questions car si vous interrogez quelques lecteurs autour de vous, vous prendrez conscience que l'achat d'un livre récent amène très souvent à une déception de lecteur, liée à la faiblesse du style, à la pauvreté de l'imaginaire ou à la sensation de déjà vu. Quelques pépites existent encore et nous en découvrons fréquemment, souvent découvertes dans une conversation avec un libraire ou par le plus complet des hasards.

Pour prendre un exemple récent, celui du prix Goncourt évoqué lors de votre entretien, il est impossible de dire que la première partie du roman soit captivante et qu'il ne faut pas s'armer de patience pour réveiller un léger intérêt. La seconde partie s'étire en répétitions fatigantes et donne l'impression de déjà vu dans un film célèbre. L'auteur le dit lui-même et confie que son premier écrit qui comptait encore plus de personnages sans lien entre eux lui a été déconseillé par son éditeur. Très déplaisant aussi, le fait d'évoquer son propre livre à l'intérieur du livre en caressant un éventuel jury, ce qui n'intéresse que lui-même.
Un nombre de clichés digne de séries où l'auteur a coché tous les thèmes à la mode qu'il convient d'aborder comme une litanie de mots-clés à ne pas oublier pour mieux vendre alourdit l'élan du texte qui s'étouffe comme un réacteur défectueux.

S'agissait-il de ne pas oublier l'homme à l'araignée, le coup de griffe aux politiques ? L'approche pseudo-neuroscientifique ou astrophysique qui ne sont pas des découvertes pour le lecteur englue l'écrit.
Encore qu'Edgar Poe copiait bien des notes prises sur les revues et journaux scientifiques de l'époque.
Bref, il faut arriver à la dernière partie pour connaître un aspect proche de Lou d'Apollinaire, une interrogation mystico-humaniste, une ouverture plus originale qui ne fait pas regretter l'exploration.

Enfin, choisir la liberté d'écrire, ce n'est pas être un raté. Se terrer dans une culture d'entreprise, c'est souvent oublier ou passer à côté de sa vie.
Il suffirait d'imaginer que quelques industriels ressortent des modèles de cabriolets, des modèles de tractions pour que l'automobile retrouve un intérêt auprès de tous.
Il en est de même pour la presse et pour l'automobile, la pensée unique et la fausse personnalisation entraînent l'indifférence.
Le manque d'analyse, d'originalité creusent un fossé qu'il sera difficile de voir refleurir.
françoise et karell Semtob

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