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10 janvier 2021

Commentaires

Denis Monod-Broca

@ Mary Preud'homme

Bien dit et merci pour la citation de Jankélévitch.

Aliocha

Mary, merci !

Achille

@ Mary Preud'homme | 21 janvier 2021 à 21:05

Tout simplement excellent !

sylvain

Le sodomite Duhamel se farcit un gamin de 13 ans.
Que fait Dupond-Moretti ?
Un amendement sur la majorité sexuelle à 13 ans !

Ce pays part vraiment en c*uilles, MDR !

Vamonos

Daniel Cohn-Bendit savait, il ne pouvait pas en être autrement. Il connaissait très bien le clan Pisier.
Tout le monde connaît les circonstances de sa fuite après Mai 68 quand il était recherché. C'est Marie-France Pisier qui l'avait caché dans le coffre de sa voiture, elle conduisait et s'en était vantée quelque temps plus tard.
Daniel Cohn-Bendit savait et il n'a pas parlé des abominables pratiques sexuelles de Duhamel.

Mary Preud'homme

@ Serge HIREL

"Comment pardonner l’impardonnable ?" Le pardon est là précisément pour pardonner ce que nulle excuse ne saurait excuser, répond le philosophe Vladimir Jankélévitch. Il est fait pour les cas désespérés ou incurables.
"Pardonner ne signifie pas oublier. Au contraire, il faut se souvenir de l’offense pour pardonner. Mais, à l’inverse de la vengeance qui refuse l’oubli pour inscrire éternellement une dette de haine, le pardon nous délivre d’elle, nous libère d’un passé qui n’arrive pas à passer. D’où son utilité pour chacun tout au long de la vie."

Il faut avoir vécu cela pour comprendre de quel long cheminement il s'agit avant de retrouver la paix intérieure. Ce que l'on ne peut faire sans se détacher définitivement de son ex-bourreau, dès lors que la haine et le désir de vengeance continuent à vous lier à lui d'une certaine manière perverse. Guérir, se reconstruire ne signifie certes pas oublier mais peut même finir par vous rendre plus fort, plus aguerri pour accompagner, aider et porter ceux ou celles qui n'y arrivent pas et cherchent en vain une issue à leur souffrance intérieure.

Serge HIREL

@ Mary Preud'homme 20 janvier 2021 à 15:28
« Non les victimes ne sont pas des animaux de cirque que l'on sort d'un placard pour les exhiber sans vergogne au tout-venant, en vue de se faire briller soi-même, d'exhiber ses bons sentiments ou de vendre un article ou un livre bien croustillant. »

Je suppose que, sans la citer, vous visez Camille Kouchner. Il paraît donc nécessaire de rappeler une fois de plus qu’elle aussi a été victime de son beau-père, qui, sortant de la chambre de son frère, lui intimait l’ordre de ne rien dire sous prétexte que sa mère, en pleine dépression, devait être protégée, qu’elle a écrit ce livre avec l’accord de son frère, que celui-ci a lu le manuscrit à deux reprises, que la gémellité crée des liens particuliers, que son récit n’a rien de « croustillant » et que les victimes d’inceste, même si certaines réussissent à se reconstruire, ont en permanence en mémoire le viol qu’elles ont subi, qu’elles l’aient révélé ou tu. Ces « vieilles blessures » ne sont jamais cicatrisées.

De plus, dans l’émission « La Grande Librairie », Camille Kouchner a expliqué clairement les raisons qui l’ont conduite à rompre le silence aujourd’hui : son fils, celui de son frère et plusieurs autres enfants dans son cercle familial sont proches de l’âge auquel « Victor » a été victime de son beau-père. Elle a pris conscience de l’extrême fragilité des jeunes à cet âge-là et a fait le choix de lancer l’alerte au risque d’un déballage public du secret familial. Il me semble qu’on est plutôt dans le courage que dans le bling-bling, encore moins dans l’appât du gain.

Elle a aussi dit dans cette même émission qu’elle voulait que son livre soit la prison de son beau-père. Il me semble qu’entre les mots, il est permis de comprendre que, pour elle, ce « verdict familial » qu’elle rend est sans commune mesure avec celui qu’un tribunal aurait infligé à OD si elle avait parlé plus tôt. Il aurait pris dix ans. Elle le condamne à la mort sociale et inquiète « ceux qui savaient ». Ce que la justice n'aurait certainement pas fait, faute d’un cadre juridique permettant une telle mise en cause.

F68.10

@ Serge HIREL
"Je partage entièrement la première partie de votre commentaire. Il me semble que le livre de Camille Kouchner a réveillé la conscience populaire et que « les autorités » vont être obligées d’agir."

En même temps, ce n'est pas exactement la bonne méthode que de ne réagir que sur pulsion médiatique:

"Je crois que c'est une maladie en France. On est un pays qui avance à petit pas et qui manque de vision globale. Au Canada, il y a eu une grosse affaire, il y a 30-40 ans, qui a bouleversé le pays. Le gouvernement s’est demandé : "Nos enfants sont-ils protégés dans notre pays ?" Et force était de constater qu’ils ne savaient pas répondre à cette question. Au lieu de nommer une commission parlementaire, comme on l'a fait avec Outreau, qui n’a servi à rien, ils ont nommé un comité scientifique, le comité Comité Badgley [mis en place en 1984] qui a travaillé à faire un état des lieux et des préconisations pour améliorer la protection de l’enfance. Ils ont mis l’argent sur la table et ont appliqué les recommandations. Aujourd’hui, on dit que les Canadiens sont en avance. Non, les Canadiens ne sont pas en avance, ils ont une autre façon d’appréhender les problèmes, alors que nous, les Français, nous agissons parce qu’il y a une pulsion médiatique." -- Face à l'Inceste dans Marie Claire.

Il est important, à mon avis, de comprendre qu'il s'agit là bien d'une question scientifique. Et c'est en ce sens que toutes les querelles scientifiques que nous voyons pulluler de nos jours ont un sens lourd. La thèse d'Alexandra Struk Kachani en 2017 intitulée "La construction des politiques de l'autisme: concurrence des acteurs et arbitrage de l'État" prend alors tout son sens... Je vous suggère vraiment d'en lire ne serait-ce que la table des matières.

"Et ce d’autant plus que, cette fois, l’inceste est à leur porte, pas au fin fond d’une « famille à problèmes ». Duhamel était l’un des leurs..."

Oui. Alors là, je tiens à vous signaler un problème de fond: si Macron veut intensifier la lutte contre le complotisme, il faudra bien qu'il prenne en compte que l'émergence de la nouvelle religion QAnon - les branches européennes émergent depuis quelque temps, et je dois vous informer que je les voyais propager leur idéologie sur les chats en ligne de peer-support de santé mentale... ce qui est inévitable... - se greffent quand même sur cette thématique de la pédocriminalité. Cela va être compliqué si d'un côté on lutte contre le complotisme et les pseudo-sciences et que de l'autre on passe un voile pudique sur la question de la pédocriminalité...

Et puisque vous êtes attaché au monde des média, il me paraît essentiel de vous signaler ce terrifiant et édifiant entretien en podcast d'août 2020 par Sam Harris. Le journaliste Gabriel J. X. Dance du New York Times y fait un panorama en deux heures de la situation de la pédocriminalité en ligne et des GAFAM en lien avec les autorités publiques. C'est du lourd...

Il faut vraiment l'écouter pour prendre conscience de la masse du phénomène de la pédocriminalité. Ce n'est pas exactement l'inceste, mais nier qu'il y ait un lien dans la gradation n'est pas non plus extrêmement crédible. Si on est intellectuellement honnête, on devrait à mon avis logiquement conclure des matériaux en ligne qu'il s'agit d'un problème de société diffus et poisseux, et pas uniquement d'un "complot de criminels sataniques" ou "de psychopathes isolés", qui sont deux illusions chacune miroir du tabou. (Ce qui rend d'autant plus cocasse la position des gens qui croient en QAnon... mais qui ne dédouane pas Duhamel non plus, hein...)

J'arrête ici mon traitement des thèmes que vous évoquez dans votre réponse.

Achille

@ Serge HIREL | 20 janvier 2021 à 20:20
« Ce qui me conduit à retirer le demi-pardon accordé pour faute avouée et à m’opposer à vos nouveaux propos avec la même vigueur que précédemment. »

Vraiment je suis terrifié à l'idée que vous allez me poursuivre de vos assiduités dans les prochains billets.
Je sens que je ne vais pas en dormir de la nuit !
Enfin ne vous énervez pas trop quand même sur mes commentaires. Je ne voudrais pas que vous nous fassiez une crise d'apoplexie. 😃

Serge HIREL

@ Achille 18 janvier 2021 à 16:10

« Une pointe d’émotion »… ou une pointe de satisfaction d’avoir réuni quelques voix qui, comme vous, sans le moindre argument, doutent de la sincérité de la jumelle d’un enfant violé ?
Que vient faire l’éthique dans votre discours ? Est-ce « éthique » de dénier à une victime le courage de parler ? Quelle valeur défendez-vous ainsi ?
Je n’ai pas de « différend » avec vous. Je m’oppose farouchement à vos propos irrespectueux envers Camille et « Victor » Kouchner. J’avais cru comprendre que vous les retiriez… et j’allais vous adresser un message de réconciliation. Mais, par hasard, avant de le rédiger, j’ai lu vos commentaires du billet de Philippe sur Cohn-Bendit.

En fait, votre retrait n’était qu’une manœuvre pour vous sortir de l’impasse dans laquelle vous vous trouviez. Vous n'avez changé en rien votre point de vue. Vous voici prenant la défense d’un pédophile…
Ce qui me conduit à retirer le demi-pardon accordé pour faute avouée et à m’opposer à vos nouveaux propos avec la même vigueur que précédemment.

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@ F68.10 20 janvier 2021 à 13:39

Je partage entièrement la première partie de votre commentaire. Il me semble que le livre de Camille Kouchner a réveillé la conscience populaire et que « les autorités » vont être obligées d’agir.
Et ce d’autant plus que, cette fois, l’inceste est à leur porte, pas au fin fond d’une « famille à problèmes ». Duhamel était l’un des leurs… Peut-être peut-on comparer - avec moult précautions oratoires - le phénomène MetooInceste au raid d’une bande de banlieue qui, voici quelques années, a incendié une vingtaine de voitures dans le XVIe arrondissement. Le lendemain, « la banlieue » était devenu le dossier n°1 du gouvernement… parce que, pour la première fois, les épaves appartenaient à des « autorités ».

Quand j’emploie le terme « cas particulier », je ne nie pas que toutes les victimes d’inceste présentent des caractéristiques communes, dont la première d’entre elles, partagée par tous les enfants, est la domination de l’adulte. Mais chacune néanmoins réagit de façon différente. Le silence est plus ou moins long, parfois définitif, l’un « oublie » au point de devenir passif, l’autre, au contraire, « se libère » par l’agressivité. L’un se confie rapidement à un proche, l’autre devient taiseux ; l’un est cru, l’autre repoussé…

Il en est d’ailleurs de même des criminels incestueux. Tous ont rompu un maillon de la morale universelle, mais chacun organise son crime de façon différente. L’un prend prétexte d’un jeu, l’autre d’une leçon, voire d’une initiation. L’un est conscient qu’il franchit l’infranchissable, l’autre ne parvient pas à réprimer une pulsion… Idem en matière de pédophilie. L’infâme Cohn-Bendit ne se range-t-il pas dans la catégorie des pédophiles victimes d’enfants vicieux ?...

Bien sûr qu’il faudrait que la science s’intéresse un peu plus à l’inceste. Mais le chemin sera long… Je partage amplement votre point de vue sur les psychiatres, psychanalystes et autres « psy »… Dans la plupart des cas, leurs expertises devant les tribunaux sont affligeantes, au choix, de banalité ou de confusion. Elles sont pourtant indispensables à la justice pour respecter le principe de la personnalisation de la peine.
À qui confier ce volet médical… qui ne peut pas être totalement dissocié d’une recherche sur les causes et les conséquences sociétales de l’inceste, ni de l’étude des moyens à mettre en œuvre pour prévenir et tenter d’éradiquer ce crime… vieux comme le monde, mais totalement inacceptable dans le nôtre ?

duvent

@ Serge HIREL | 20 janvier 2021 à 10:40 (@ duvent 19 janvier 2021 à 14:52)
« Gotlib »…
« Je comprends mieux désormais le côté déjanté de vos commentaires : vous avez avalé trop de « Fluide glacial »… rhâa gnagna ! »

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Que voulez-vous dire par « le côté déjanté de vos commentaires » ?
Déjanté par rapport à quoi ?

Vous n'êtes pas frappé, je présume, par ce "déjantage"...

Tandis qu'ici, comme ailleurs, les personnages de comédie remplissent de bruit et de fureur tout l'espace audible, visible et tutti quanti...

De ces personnages répugnants et ignobles, il faut subir l'insondable pourriture, qui diffuse lentement, sûrement et sans discontinuer son horrible puanteur.

Ici, un philosophe de pacotille qui par l'image et le son, imagine produire du sens, quand tout dit de lui qu'il n'est que vanité et boursouflure.

Nous avons là un révolutionnaire tout juste bon pour le cul-de-basse-fosse, qui n'a rien révolutionné, il n'en avait ni l'envie ni le pouvoir.

Nous avons de ce côté, le professeur qui brise de sa majesté putréfiée, une enfance abandonnée.

Nous avons par là le Good Doctor qui patauge dans l'ego du sauveur, le visage impavide et la conscience narcotique.

Oui, en effet, il est de bon ton de commenter jusqu'à la nausée les affres de ce monde, car rien n'existe hors la laideur, rien n'a de valeur hors la disgrâce, rien n'existe hors la perdition...

Désormais, il faut chercher loin dans ses souvenirs pour retrouver et ressentir ce qui autrefois ressemblait à de l'humilité, de la bonté et du devoir, pour ne pas perdre la tête dans tout ce vide qui nous met à genoux...

Et c'est ainsi que... la vie sans la musique et Gotlib est une erreur  !

Mary Preud'homme

@ Serge HIREL | 20 janvier 2021 à 10:40

Votre dernier paragraphe est partiellement juste.
"certains n'y parviennent jamais".
À cette nuance d'importance près que l'on ne voit pas comment la société qui d'une certaine manière a fermé les yeux sur des problèmes qui la rongent pourrait les aider en ravivant d'anciennes blessures pour se donner bonne conscience. D'autant plus s'ils ont réussi à se reconstruire d'une manière ou d'une autre et aspirent désormais au respect de leur vie privée pour eux-mêmes et leurs proches.
Non les victimes ne sont pas des animaux de cirque que l'on sort d'un placard pour les exhiber sans vergogne au tout-venant, en vue de se faire briller soi-même, d'exhiber ses bons sentiments ou de vendre un article ou un livre bien croustillant.

F68.10

@ Serge HIREL
"L’impression que, finalement, la condamnation n’apportait pas l’apaisement. Que les victimes avaient été entendues, mais qu’elles repartaient aussi captives de leurs souvenirs qu’avant le procès. Vous avez raison. La réponse judiciaire est nécessaire, mais insuffisante."

Il est nécessaire qu'il y ait une réponse judiciaire car il est nécessaire qu'on puisse objectiver et reconnaître la maltraitance. Ensuite, il est à peu près évident qu'il n'est pas possible de prendre le jugement rendu comme ayant une valeur morale: on peut très bien avoir beaucoup d'estime pour sa famille, savoir qu'un tel événement est inacceptable et doit être surtout reconnu avant même d'être puni, tout en jugeant absurde d'envoyer son père ou sa mère en taule. Ce serait mon cas, et ce serait une des raisons, au-delà même de la quasi-impossibilité de porter plainte, de ne pas porter plainte. Camille et Victor sont dans un cas de figure différent et je ne peux évidemment pas parler à leur place.

Mais vraiment, ce qui importe, au-delà de la punition, c'est que l'autorité, en un sens large, reconnaisse la réalité. La maltraitance n'est souvent possible que par l'incapacité des autorités à ouvrir les yeux, que ce soit à temps ou a posteriori. C'est cela la priorité à changer, et c'est pour cela que, personnellement, je suis prêt à renoncer à l'illusoire systématicité de la punition au profit d'une recherche honnête de la vérité plutôt qu'une recherche malhonnête de la culpabilité ou de l'innocence.

C'est pour moi pour cela que la question du consentement est odieuse: elle nous place face à une fausse alternative: 1. soit le gosse est hypothétiquement apte au consentement (ce qui ne veut rien dire, et est néanmoins implicite dans la position de Finkielkraut) 2. soit le gosse n'a pas de libre arbitre (position de Goldnadel et qui, dans sa dimension totalisante, enlève aux gosses la possibilité d'échapper à l'autorité maltraitante puisqu'il n'a pas de libre arbitre...) Pile ? Je gagne. Face ? Tu perds.

Je pense surtout que c'est un changement de logiciel complet qu'il convient d'avoir au sujet de la maltraitance. Sur le plan des idées, même pas sur le plan des "moyens"...

"Mais y a-t-il une autre réponse possible ? Une « réponse globale » qui effacerait totalement le traumatisme ? Je ne le crois pas. Chaque victime est un cas particulier..."

C'est là où je pense que vous vous trompez: on ne peut mettre sous le tapis des phénomènes communs à tous ces cas au profit d'une "singularité". Il y a une dimension statistique à la maltraitance. Il y a des points où on peut avoir des actions mesurables et chiffrées. Mais cela demande un effort scientifique conséquent. La recherche scientifique sur l'inceste est atone, et c'est l'effet du tabou: aucun chercheur ne se risque sur ce thème.

Ce faisant, cela laisse libre cours à ceux que je qualifie de charlatans pour exploiter cette idée de "singularité" pour ne jamais avoir à rendre de comptes sur leur action. Comme tout est "particulier", on ne peut jamais savoir si on bosse correctement... puisque c'est un cas particulier ! Parce que pour remédier à cela, il faudrait faire des stats.

C'est tout l'enjeu de la guerre des psys, et pourquoi je récuse l'influence de la psychanalyse en France. Cet enjeu est énorme, car comme la maltraitance n'est pas un enjeu isolé, cet enjeu impacte toute la prise en charge psychiatrique, comme en témoigne la question de l'autisme assimilé à la maltraitance.

Ce qui importe surtout, c'est de sortir de l'approximatif au prétexte de la "singularité" d'un cas de maltraitance pour qu'enfin, on commence à arrêter de tout confondre. Si on reste dans l'approximatif, il est inévitable qu'en succombant à des instincts émotionnels de chasse à la maltraitance nous cumulions faux négatifs et faux positifs comme dans le cas Rachel. La maltraitance, c'est une question qui nécessite de revenir à une rigueur intellectuelle féroce dans le monde universitaire. Et nous en sommes très loin.

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@ Lodi
"Il y a aussi que parfois les pédophiles sont des victimes dans le sens qu'ils subissent des pulsions qu'ils ne trouvent en rien légitimes..."

Oui. Tout à fait. C'est pour cela que la question de la rigueur intellectuelle dans ces questions de maltraitance et dans toutes les questions qu'elle touche est fondamentale. Il ne s'agit pas de faire des victimes pour le plaisir de s'illusionner à sauver des victimes. On ne peut pas se contenter d'approximatif ou d'idéologie. C'est une des raisons de mon opposition résolue aux thèses d'Aliocha.

"Mais je m'insurge contre l'idée d'imposer à des gens le rôle d'éducateurs malgré eux comme cela arrive un peu partout et notamment aux victimes."

Le problème des victimes est qu'elle ne peuvent pas avoir la parole si elle ne trouvent pas une caution intellectuelle avec un diplôme en psychiatrie pour les relayer. Muriel Salmona par exemple. Mais, derrière ce culte du diplôme (en particulier sur les questions médicales), on rentre dans la question de l'incompréhension de la nature de l'autorité intellectuelle. Que les gens aient encensé Raoult montre que ce n'est pas demain la veille qu'on écoutera les victimes sans qu'elles soient chaperonnées par un psychiatre médiatique (et aucun n'a ma faveur...)

"Au puissant, on ne demande rien, à l'impuissante victime, on réclame de porter son bourreau comme si la croix de l'outrage n'avait pas suffi ! Quel délire... Si certaines victimes ont une folie religieuse, libre à elles, mais l'exiger des victimes pour les dire guéries ou bonnes moralement ou je ne sais quoi encore est indécent."

Exactement. C'est pourquoi le discours d'Aliocha est intrinsèquement et fondamentalement immoral. Sans compter les menaces de mort des patients musulmans en hôpital psy si tu as le malheur de dire que si Dieu existe et cautionne cela, alors c'est un salaud.

"Si les chrétiens et assimilés s'imaginent être des instruments de rédemption les uns des autres, ils n'ont pas à mobiliser les victimes comme des supplétifs..."

Exact. Pour moi, c'est un signe de dérive sectaire que de faire cela.

"Quant aux institutions, elles ne se protègent que trop, ou plutôt, trop bêtement..."

C'est là que le fait que la diffamation en France ne soit pas excusable par l'exceptio veritatis quand elle touche des thématiques privées signe la caution du tabou par les autorités. Ne pas toucher à cela, c'est cautionner la maltraitance.

"...un jour, on découvre que le tapis est tout pourri alors se crée un débat entre ceux qui pensent qu'on peut laver et réparer le tapis et ceux qui soutiennent qu'à ce stade, il doit être jeté aux ordures. Passionnant."

Dites-m'en tant...

Serge HIREL

@ duvent 19 janvier 2021 à 14:52
« Gotlib »…

Je comprends mieux désormais le côté déjanté de vos commentaires : vous avez avalé trop de « Fluide glacial »… rhâa gnagna !

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@ F68.10 19 janvier 2021 à 12:18

Ce que j’ai mémorisé de cette session d’assises, ce sont les silences des victimes et de leurs proches qui précédaient chaque réponse aux questions qui leur étaient posées. L’impression qu’elles violaient une intimité qu’ils ne pouvaient partager avec personne. L’impression aussi que ce blanc n’était jamais une hésitation mémorielle, mais qu’il leur fallait prendre le temps de surmonter un lien qui persistait encore avec leur violeur… Je me rappelle aussi du silence dans lequel les jurés et les juges entraient dans la salle des délibérés. Et de celui qui, à chaque fois, a suivi l’énoncé du verdict. Pas un cri, pas un applaudissement. Des pleurs. Des visages fermés. L’impression que, finalement, la condamnation n’apportait pas l’apaisement. Que les victimes avaient été entendues, mais qu’elles repartaient aussi captives de leurs souvenirs qu’avant le procès.

Vous avez raison. La réponse judiciaire est nécessaire, mais insuffisante. Mais y a-t-il une autre réponse possible ? Une « réponse globale » qui effacerait totalement le traumatisme ? Je ne le crois pas. Chaque victime est un cas particulier et sa délivrance - sa rédemption - ne peut venir que d’elle-même. Par l’écriture, par de nouveaux liens affectifs, par un grand projet de vie…
Il faut du temps, beaucoup de temps pour cela, y compris pour l’étape la plus difficile : parvenir à dire aux autres, aux plus proches, qu’on a été violé. Un appel au secours plus qu’un appel à la vengeance. Endosser son statut de victime et rompre avec celui de soumis. Beaucoup n’y parviennent jamais. Et la société, qui ne sait rien d’eux, n’a aucun moyen de les aider.

Lodi

@ F68.10 | 19 janvier 2021 à 22:13

Il y a la raison que vous dites. Il y a aussi que parfois les pédophiles sont des victimes dans le sens qu'ils subissent des pulsions qu'ils ne trouvent en rien légitimes : derrière le pédophile autocomplaisant ou celui qui se sert de lui pour scandaliser, il y a une victime de la nature ou de Dieu, enfin, de ce qui détermine les personnes à être ce qu'elles sont quoi qu'elles en aient, ce qui fait qu'en ce sens, nous sommes tous des victimes, ce qui peut rendre solidaire de toutes les victimes.

On ne pense pas assez à aider les pédophiles à résister au mal qui les ronge. Franchement, tant que je suis là, j'aimerais qu'on dise "abuseurs d'enfants" plutôt que "pédophiles" vu que certains abusent sans être pédophiles et que certains pédophiles se retiennent.
Comme la plupart des gens sont des sexuels, ils devraient comprendre de l'intérieur la difficulté de ne pas jeter leur chair sur une autre vu qu'ils sont attirés par la viande de leur prochain comme le fer par l'aimant ou le corps par la chute.

La liberté, le débat éclairent toute la société. Il y a deux modes d'éducation : le débat qui n'est pas que le débat télévisé, et l'éducation des parents, professeurs et autres relations en principe sous le signe de la responsabilité du plus instruit.
Mais je m'insurge contre l'idée d'imposer à des gens le rôle d'éducateurs malgré eux comme cela arrive un peu partout et notamment aux victimes.

Quel délire et preuve que les victimes ne sont rien ! Quand quelqu'un doit de l'argent à un autre, on parle rarement de remise de dette, et ce serait pourtant plus céans car souvent si l'autre ne rembourse pas, ce n'est pas pour nuire mais par insolvabilité. Et on ne demande pas au créancier d'apprendre à son débiteur à gérer son budget, ou de lui trouver un travail ou je ne sais quoi encore. Rapport de force !

Au puissant, on ne demande rien, à l'impuissante victime, on réclame de porter son bourreau comme si la croix de l'outrage n'avait pas suffi ! Quel délire... Si certaines victimes ont une folie religieuse, libre à elles, mais l'exiger des victimes pour les dire guéries ou bonnes moralement ou je ne sais quoi encore est indécent.
La victime est celle à qui on a fait obstacle, et non le chemin du bourreau ! Après instrument de plaisir, instrument de rédemption ? On pourrait aussi bien exiger des malades de telle ou telle maladie de trouver un sens à leur maladie, même si cela ne fait, à mon avis, qu'aller dans le sens du non-sens de nos vies, pauvres vies de gens condamnés à souffrir et à mourir, toujours subir.

Si les chrétiens et assimilés s'imaginent être des instruments de rédemption les uns des autres, ils n'ont pas à mobiliser les victimes comme des supplétifs, eux qui n'ont fait que les ignorer malgré le fait que leur fondateur avait commandé de les servir : s'avérer indigne de son idéal ne donne pas le droit de le délocaliser chez le voisin.

C'est la victime et non les religions et autres institutions, c'est la victime que tous les groupes et certains individus maltraitent qui doit faire l'objet de toutes les sollicitudes.

Quant aux institutions, elles ne se protègent que trop, ou plutôt, trop bêtement : mettre la poussière sous le tapis sauve mais seulement les responsables d'une époque, un jour, on découvre que le tapis est tout pourri alors se crée un débat entre ceux qui pensent qu'on peut laver et réparer le tapis et ceux qui soutiennent qu'à ce stade, il doit être jeté aux ordures.
Passionnant.

Ce n'est pas que les gens soient méchants : ils ont besoin d'institutions et ils ont besoin de justice, certains sont dans l'institution, d'autres dehors, certains ont le sens de la justice atrophié, les autres sont plus sensibles à l'iniquité qu'à une fausse note ou à la pourriture commençant à infecter la cerise noire basculant de la plénitude du goût à sa décadence dissimulée par une couleur digne aussi belle que celle du grenat mais vivante comme le vin de pinot.
Bref, ils ont besoin de sécurité et de dignité. Mais si les gens cherchent du pain, il arrive qu'ils ne trouvent que des pierres. Que quelques-uns les ramassent et frondent leurs oppresseurs, David contre les Goliath, est la guérilla, mieux, l'épopée méconnue de notre époque.

F68.10

@ Lodi
"J'ai eu plusieurs choses à faire : défendre la liberté d'expression même des pédophiles et des riches et puissants patrons de chaîne car on a tendance à oublier les principes face aux gens qu'on n'aime pas, or beaucoup ne peuvent pas blairer les deux catégories."

Je suis dans le même cas de figure que vous. C'est d'autant plus nécessaire que, comme les victimes sont inaudibles, il est important de permettre aux pédophiles, par exemple, de parler car c'est par leurs propos qu'on peut permettre aux victimes de répondre et ainsi de parler. C'est paradoxal, mais c'est ainsi: le déni social fonctionne ainsi. Il y a d'autres raisons plus complexes, mais bon, pour faire simple: permettre aux victimes de s'exprimer doit passer par une phase où on conteste la légitimité des propos des gens légitimant le déni, puis, face à la montée de la contestation, défendre leur droit à s'exprimer en contrepartie de celle des victimes à l'ouvrir. Le piège à éviter est le suivant: que personne ne s'exprime ou n'exprime que des propos convenus. Briser un tabou, c'est comme le vélo: on tombe quand on arrête de pédaler. C'est une question de mouvement.

Lodi

@ Serge HIREL

Votre sollicitude pour les victimes est hautement louable. Et d'autant qu'elle n'est pas due à un traumatisme personnel.

J'ai eu plusieurs choses à faire : défendre la liberté d'expression même des pédophiles et des riches et puissants patrons de chaîne car on a tendance à oublier les principes face aux gens qu'on n'aime pas, or beaucoup ne peuvent pas blairer les deux catégories.
Défendre les victimes en essayant de montrer l'écrasement qu'elles ont subi. Et la victime est un humain comme un autre : elle a le droit de réagir comme elle veut, il n'y a pas une procédure ou un code de bonne conduite des victimes.

D'autre part, j'avais peur que mes divers messages ne soient brouillés par des encouragements trop précoces.

Mais à présent, j'affirme que votre souci des victimes est hautement louable et manifeste par moments un panache me faisant penser à d'Artagnan et à Cyrano. Si l'amour est enfant de Bohème, le panache s'avère le fruit le plus goûteux de la vieille France.

duvent

@ Serge HIREL | 19 janvier 2021 à 01:28
« Préféreriez-vous que je me fabrique mon Mur des cons personnel et que je les y épingle avec les noms de leurs auteurs, avant de le rendre public ? »

Ben, je ne sais pas ? Est-ce que c'est une menace déguisée de me ranger dans votre Mur des cons ?
Si c'est le cas, alors, je vous réponds : oui ! oh ! oui ! Rhââ, lovely !! Rangez-moi dans votre Mur des cons personnel, et tout en haut s'il vous plaît !

Si vous avez imaginé que j'ai souhaité vous faire changer d'avis, c'est que vous vous accordez beaucoup trop d'importance...

Et vous continuez votre plainte en écrivant :

« Vous m’interpellez - « Dites donc, Monsieur Hirel » - à la manière du flic qui jouit de coller un PV… »

Je ne suis pas flic, et c'est parfaitement incompréhensible, quand on pense que j'écris sans vergogne « Dites donc, Monsieur Hirel...», dans quel monde vit-on ?? Je vous le demande ?

Je me suis perdue en conjectures et râah gnagna, tout est de la faute à Bach, Loussier et l'autre Gotlib…

https://www.youtube.com/watch?v=1AtNcAg0IOk

F68.10

@ Serge HIREL
"Il se fait que ce sujet me hante depuis plus d’une vingtaine d’années."

Félicitations. Maintenant, ce que je vous suggère, c'est de ne pas vous focaliser sur le biais d'observation que constituent les assises. Et de vous poser avec acuité la question de la façon dont ce problème est géré quand il arrive en contexte médical. Comme Adrien Taquet le fait. De vous poser la question de l'impact des différentes théories psychanalytiques en la matière. Par exemple. En somme de quitter l'angle purement pénal pour vous poser la question de la façon dont ces choses sont gérées de manière globale. C'est là que cela devient bien plus effrayant.

Une des raisons pour laquelle je soutiens Macron, c'est que j'ai effectivement remarqué un changement de discours avec son équipe sur ce sujet. Adrien Taquet a quitté la toge du misérabilisme et du "toujours plus de sous" pour endosser celle du "au fait ? on fait quoi ? on essaye de le faire pas trop mal ? on commence à réfléchir ?".

Les résultats en sont à mes yeux insatisfaisants. Mais c'est tout un système à bouger. Cela ne se résout pas en dégueulant du fric, contrairement au discours de la gauche (que j'ai en horreur en large partie à cause de cela).

Ce qui est odieux dans la position de Finkielkraut, ce n'est pas qu'il "se pose des questions", mais c'est qu'il se "pose des questions" pour ignorer la vraie question: on ne traite pas la question de la maltraitance sur des bases telles que le consentement d'un gosse de quatre ans ou du légalisme abscons. Quand on va parler du consentement dans le SMpP, je vous garantis qu'on va rigoler !

stephane

@ Serge HIREL

Ce qui est insupportable c'est des gens qui comme vous se targuent de défendre la liberté d'expression et caricaturent des propos comme ceux d'Achille, propos qu'en la circonstance je soutiens pour deux raisons: Achille a le droit d'avoir un avis et en plus il peut le donner ; l'avis d'Achille n'a rien de terroriste et d'appel au viol ou au viol collectif ou à excuser Olivier Duhamel pour ses agissements, mais il appelle à une certaine prise de hauteur quant à la volonté de certains d'aboyer avec les loups. On ne peut lui reprocher cela.

De surcroît il y a instrumentalisation du livre de Camille Kouchner et certainement pas par Achille, livre qui est déjà une instrumentalisation lui-même. À des fins humanistes.
Pourquoi ne pas avoir informé Mediapart finalement ?
Que ce soit Achille, Mary, duvent, moi-même ou quelques autres, nous acceptons les points de vue différents et que chacun puisse avoir sa vérité avec son vécu.

Sur le fond nous vous rejoignons, sur la forme, la nafissatoudialloïsation de l'affaire prend de l'ampleur. Ampleur qui profite aux libraires, c'est déjà ça. Attendre 30 ans et 3 mois rappelle Émile Louis qui se croyait protégé par la prescription.
Ce n'est pas quand Duhamel tourne au Viagra qu'il faut l'ouvrir et essayer de faire effondrer ce système où "je te tiens tu me tiens par la zigounette". C'est quand il était encore en capacité de nuire. Mais bon, chez ces gens-là...

Serge HIREL

@ duvent 18 janvier 2021 à 13:33

De même que je n’ai pas coutume de revêtir les habits moyenâgeux dont vous cherchez par aigreur à m’affubler, je n’ai pas pour habitude de déguiser mes opinions. J’appelle un chat un chat, sans pour autant pratiquer l’injure contre des commentateurs dont je considère les propos abjects.

Et, sur l’inceste, vous pouvez tempêter jusqu’à vous époumoner, vous ne ferez pas changer d’un pouce ma position… qui d’ailleurs, semble-t-il, a trouvé ces jours-ci quelques renforts.

Il se fait que ce sujet me hante depuis plus d’une vingtaine d’années. Je n’ai pas été confronté à une telle horreur dans mon milieu familial, ni même dans un cercle plus large. C’est dans une cour d’assises que je l’ai découverte, pendant une session de huit jours, en qualité de juré.
Je n’oublierai jamais cette semaine-là. Quatre procès de papys ordinaires, terrés dans le box, bafouillant de vagues regrets, une jeune femme de 20 ans, trois garçons plus jeunes cherchant leurs mots pour décrire l’indescriptible, évitant le regard du grand-père qu’ils avaient aimé et respecté, un président qui filtre les questions des jurés pour éviter les mots crus, une épouse qui dit n’avoir rien vu, mais accable son mari, une autre qui reconnaît avoir depuis longtemps abandonné tout lien, même d’affection, avec son homme, un avocat général qui, pour l’une des affaires, ose dire que d’autres que l’accusé devraient aussi se trouver à ses côtés, des témoins taiseux, des experts confus…

Voilà pourquoi les propos d’Alain Finkielkraut, d’Achille, de Robert Marchenoir, de stephane, de Jack Lang, ce lundi matin, me sont insupportables. Les grands-pères violeurs ont pris de cinq à dix ans. Leurs victimes, elles, avaient déjà pris perpète. Et l’on sait aujourd’hui que la meilleure thérapie pour elles est d’écrire, de dire, de décrire, au moment où elles en trouvent la force.

Vous trouvez ma colère « ridicule », son expression un « truisme »... Vous m’interpellez - « Dites donc, Monsieur Hirel » - à la manière du flic qui jouit de coller un PV… Je m’en fiche. Et si mes « ronds de jambe », mon « style », ma « mesure et ma « démesure » ne vous plaisent pas, la solution et simple : ne lisez pas mes commentaires.

Quant aux injures, habitué à les collectionner dans le cadre de la profession que j’ai exercée, tant celle-ci les attire pour un oui, pour un non, je continuerai à en faire des confettis ou, moins imagé, elles resteront sans effet sur mes opinions.
Préféreriez-vous que je me fabrique mon Mur des cons personnel et que je les y épingle avec les noms de leurs auteurs, avant de le rendre public ?

F68.10

@ Denis Monod-Broca
"Où avez-vous bien pu voir ou entendre que Finkielkraut souhaitait contraindre LCI à lui donner la parole ?"

Finkielkraut jeté en pâture. (Voici). Finkielkraut bâilloné. Finkielkraut sous le choc. Finkielkraut: "On ne vire pas les gens pour ça". Finkielkraut qui n'a pas commis de délit. Finkielkraut victime d'un délire collectif. (Programme TV). Finkielkraut fait un procès. Finkielkraut demande la publication de l'émission. (Atlantico)

Bon. Ben voilà. Il essaie quand même un peu de tordre la main à LCI. En appelant à des gens comme vous. Vous qui, jusqu'ici, à moins que je ne me trompe, n'avez pas encore affirmé que vous soutenez le droit souverain de LCI d'être maître de son antenne. Là où se niche notre sérieux désaccord.

"Invité régulier de la chaîne, il a répondu à des questions et il s’est, à haute voix, posé des questions."

Ouais. Et alors ? C'est un point d'interrogation qui devrait convaincre LCI ? Bien sûr que non !

"Mais où est donc là-dedans la contrainte, même schématiquement ?!?"

La contrainte, c'est de tenter de nier le droit de LCI à maîtriser son antenne en faisant appel aux sentiments d'une frange de la population. Entre nous, cela risque d'échouer...

"Pouce ! J’arrête là notre échange qui devient abscons..."

Comme vous voulez. Mais LCI a le droit de maîtriser son antenne: LCI n'est pas l'État faisant la chasse aux délits d'opinion. Le cas Fourtillan me pose plus problème, voyez-vous.

Denis Monod-Broca

@ F68.10
« Finkielkraut souhaite contraindre - je schématise: il n'est pas si bête - LCI à lui donner la parole. C'est de la contrainte, pas de la liberté. »

Où avez-vous bien pu voir ou entendre que Finkielkraut souhaitait contraindre LCI à lui donner la parole ? Invité régulier de la chaîne, il a répondu à des questions et il s’est, à haute voix, posé des questions. Mais où est donc là-dedans la contrainte, même schématiquement ?!?

Pouce !
J’arrête là notre échange qui devient abscons...

Achille

Je constate avec une pointe d’émotion que des commentateurs et commentatrices (Mary Preud’homme, duvent, stephane) qui ne partagent pas mes idées et même avec qui j’ai eu quelques échanges un peu houleux, sont capables de prendre ma défense dans le différend qui m’oppose à Serge HIREL.
Preuve que malgré des opinions politiques différentes, il est possible de se retrouver sur certains points qui portent sur l’éthique. Valeur ni de gauche, ni de droite mais tout simplement humaine.

F68.10

@ Mary Preud'homme
"Et pour ceux qui auraient été victimes ou proches d'une victime, dans quelle mesure ils estiment plus judicieux, avec le recul, un étalage sur la place publique, plutôt qu'une dénonciation, un jugement et la mise hors d'état de nuire du coupable d'inceste ou de pédophilie ?"

Vous aurez vos premières réponses, nuancées, sur #meetooinceste. Il faut aussi faire attention à la façon d'interpréter les propos: ce que les victimes disent peut très facilement, pour les mêmes mots, signifier d'autres choses dans la tête des non-victimes. Il y a donc du pinaillage à faire pour discerner les non-dits dans ce qui est dit. Et toutes les victimes ne sont pas les mêmes: elles sont aussi diverses que le reste de la société l'est.

Mary Preud'homme

Ils savaient tous ? Hélas non, pas tous, loin de là !

J'en vois ici qui commentent, commentent et jugent à longueur de temps. Reste à savoir quel serait ou fut leur courage, leur engagement dans la vraie vie. Et pour ceux qui auraient été victimes ou proches d'une victime, dans quelle mesure ils estiment plus judicieux, avec le recul, un étalage sur la place publique, plutôt qu'une dénonciation, un jugement et la mise hors d'état de nuire du coupable d'inceste ou de pédophilie ? Enfin ce qu'ils pensent de la relation des faits divers rapportés par les journaux souvent déformés à outrance, voire totalement fantasmés ou diffamatoires ?

C'est donc le plus souvent parler à son aise, en se retranchant derrière une morale de circonstance et hors du monde que de vouloir à tout prix informer sur des événements que l'on ne maîtrise pas et sans se soucier des dommages collatéraux qui vont peut-être éclabousser et nuire sur le long terme à des innocents.

Alors que s'engager, prendre tous les risques et défendre le plus faible sans faire de tapage médiatique est autrement difficile et courageux.
(Voir mon commentaire du billet "Alain Finkielkraut débat-il trop ?" du 15/01/19:02 en réponse à Guzet)

Voir aussi sur ce fil ma première contribution sur un sujet qui me touche de très près (10.01.21, 18:58) complétée par celle de Véronique (11.01.21, 05/31).

Rien d'autre à ajouter ni retrancher.

duvent

@ Serge HIREL (@ Achille)

Dites donc, Monsieur Hirel, on dirait que vous vous posez en directeur des consciences délabrées, en justicier des abandonnées à leur triste sort, en défenseur du bon usage de l'injure, en maître et étalon d'or de ceci et en cela...
Tout ceci est bel et bon, mais si le but réel est de vous faire briller à peu de frais, disons qu'il reste quelques sceptiques, dont moi...

Et je dirai que vos ronds de jambe, votre style, votre mesure outrée, et votre démesure outrageante, dépassent comme une vieille guenille de vos chausses, ils vous rendent ridicule à votre insu...

Donc, et pour faire bonne mesure, il me paraît opportun, que moi, me and myself, venions ici, dans ce monde de gens de bon aloi, vous dire que suivant vos interlocuteurs, il est bon d'adapter votre « Manifesto » assommant de truismes.

Ne le prenez pas mal, il faut, vous en conviendrez, que chez M. Bilger les échanges soient directs.

Dès lors, lorsque Marchenoir vous adressera des injures, car, quoi qu'il en dise les mots qu'il vous destine sont bel et bien des injures, vous seriez inspiré de ne pas en faire des confettis (comme le font les petits adversaires) mais de vous les mettre sur l'oreille...

Ensuite, quand Achille donne son point de vue (que je ne partage pas souvent...) il n'est pas nécessaire et encore moins utile de le faire passer au tribunal de céans, car ici, il y a peu de juges impartiaux, ce qui rend l'arrêt toujours infect...

Enfin, et si vous aimez défendre la vérité, c'est un loisir comme un autre, il faut savoir que « la vérité est comme un lion. Vous n'avez pas besoin de la défendre. Relâchez-la, et elle se défendra elle-même ». 

Cette sentence est de Savonarole ou de saint Augustin, je ne me souviens plus, et comme il ne faut plus déranger Savonarole...

Achille

@ Lodi | 18 janvier 2021 à 05:53

Si toutes les victimes d’inceste devaient écrire un livre sur ce qu'elles ont vécu dans leur enfance, les rayons des librairies et des kiosques de quai de gare seraient envahis de ce genre de littérature.
Je suis bien conscient que les enfants qui ont subi ce genre d'attouchements de la part d’un de leurs proches sont marqués à vie. Mais la plupart parviennent à se reconstruire, soit seul, soit avec l’aide d’un pédopsychiatre.
Je pense, pour ma part, qu’il ne faut pas attendre trente ans - soit la date à partir de laquelle les faits sont prescrits - pour se manifester dans ce genre de situation car cela laisse planer un doute sur les intentions de ces révélations bien tardives.

stephane

@ Serge HIREL

Oui j'ai bien lu et même si je fus parfois en désaccord avec Achille, cela n'empêche pas un avis proche parfois.
Il a aussi retiré viol certes mais il maintient son point de vue et c'est tout à son honneur. Et pourtant il est macroniste ; parlons de violation.

Et quand vous aurez Victor qui dira dans un livre "je n'ai jamais demandé à ma soeur de parler à ma place" une fois l'ouvrage vendu à 500 000 exemplaires, que direz-vous ?
"Ce n'était pas une violation de l'intimité de Victor ce livre, elle a juste voulu aider d'autres personnes..."
N'enlevez pas la tendance de certains médias ou journalistes à s'appuyer sur le malheur des autres. Ce qui est pris est pris.
Duhamel ? Qu'il se taise à tout jamais dans les médias.

F68.10

@ Serge HIREL
"Pas tout à fait... Il doit respecter la loi et s’interdire la publication d’opinions qu’elle censure."

Heureusement que j'ai écrit, dans le commentaire sur lequel vous vous exprimez, la chose suivante:

"Bien sûr, les choses ne sont jamais si simples, mais c'est la base de la base." -- F68.10

Je ne vais pas passer mon temps à rajouter des caractères et des circonvolutions locutives pour préciser que j'ai bien précisé avoir précisé que "les choses ne sont jamais si simples".

Cela étant: la loi est la loi (au-delà du fait qu'elle n'est pas toujours applicable ni réaliste et qu'il est même parfois moral de passer outre). Ce qui ne change rien au fait, vous l'avez noté, qu'on a le droit de ne pas être d'accord (ce qui, précisons la précision, n'était pas mon propos ici...). Ce qui ne change rien non plus au fait qu'il existe des mécanismes pour juger intellectuellement (et non pas se satisfaire d'un vote législatif comme justification morale intellectuelle, ce qu'un tel vote n'est pas) de la moralité d'une loi.

C'est justement parce que je n'ai rien d'un relativiste, ce qui implique que je ne sois pas un relativiste moral, que cette position m'est évidente.

Dans ce contexte, je persiste et je signe: le critère principal permettant de juger si une société est libre est de mesurer dans quelle mesure l'État est capable ou souhaite se retirer du contrôle de l'expression publique de la société civile pour lui donner les moyens de s'autodéterminer sur ce point.

"Alain Finkielkraut n’a pas blasphémé."

Nous sommes bien d'accord.

"On peut néanmoins estimer que la chaîne aurait dû se donner un délai de réflexion avant d’en arriver à cette extrémité..."

Personnellement, je serais bien plus raide quand il s'agit de virer des gens. Et Finkie ne serait pas exactement ma priorité. Mais, effectivement, ce débat-là est parfaitement légitime. C'est à la société civile de l'avoir. Mais pour éviter que ce débat dégénère dans du pour ou contre Finkie, il convient de prendre en compte le fait que LCI matérialise des attentes en matière d'expression publique. Comme Charlie Hebdo, La Croix, Têtu, La Lettre d'Emmanuel Ratier, et j'en passe. Il importe donc de prendre en compte cela: on ne peut juger LCI comme s'il s'agissait de Charlie Hebdo.

"D’autant qu’elle porte une partie de la responsabilité de la diffusion de ces propos sur son antenne et de l’émotion qu’ils ont suscitée..."

Et j'ai là un désaccord avec LCI: compte tenu de la polémique, je maintiens 1. que c'est son droit de virer Finkie, mais 2. qu'elle aurait dû laisser l'émission de Finkie en ligne pour que nous puissions justement avoir ce débat esquissé dans les précédents paragraphes. LCI prend la société civile en otage en ne mettant pas à disposition les propos incriminés.

"Finalement, d’un mal sort un bien : le débat sur l’inceste et la souffrance des victimes et bel et bien lancé et les tenants de la permissivité auront de plus en plus de mal à se faire entendre."

Je me moque un peu de ce débat, je vais être cash: c'est idiot de ne penser qu'à punir quand on ne cherche pas à détecter et à sauver, même au prix de ne pas punir. Et je connais bien plus d'une personne qui sont de cet avis. Généralement les gens qui y sont confrontés personnellement ou confrontés professionnellement dans un contexte médical ou médico-social au bas de l'échelle.

Serge HIREL

@ Achille 17 janvier 2021 à 21:30
« La moindre petite phrase maladroite, un petit mot de travers et aussitôt vous avez à vos trousses une meute d’enragés. »

Péché avoué est à moitié pardonné… Mais ne minimisez pas la gravité du propos que vous retirez… Ne vous faites pas passer pour une victime… Et n’inversez pas les rôles en matière de rage.

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@ stephane 17 janvier 2021 à 22:29

Le seul scandale qui, demain, pourrait se produire dans l’affaire Duhamel serait que celui-ci publie un livre de… « mémoires ». A priori, son silence, qui, de sa part, est à la fois l’attitude la plus correcte et la seule possible, met à l’abri d’une telle initiative. Il semble avoir bien compris que ce livre était sa prison et la peine une perpétuité réelle.

Quant au reste de votre propos, je vous renvoie à mes commentaires de ceux d’Achille, sans en retirer un iota. Notez que l’auteur du « deuxième viol » vient de faire machine arrière…

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@ F68.10 17 janvier 2021 à 14:21
« Un média, quant à lui, qu'il soit écrit ou audiovisuel, est souverain dans ce qu'il décide de publier. »

Pas tout à fait… Il doit respecter la loi et s’interdire la publication d’opinions qu’elle censure. Bien sûr, il est permis de ne pas approuver la loi… mais la loi est la loi tant qu’elle n’est pas modifiée
Alain Finkielkraut n’a pas blasphémé. Il a quelque peu bousculé la morale telle qu’elle est perçue aujourd’hui de façon majoritaire. LCI était parfaitement en droit de le virer. On peut néanmoins estimer que la chaîne aurait dû se donner un délai de réflexion avant d’en arriver à cette extrémité… D’autant qu’elle porte une partie de la responsabilité de la diffusion de ces propos sur son antenne et de l’émotion qu’ils ont suscitée (réaction mièvre de Pujadas et invitation d’un intervenant dont elle ne pouvait pas ne pas savoir qu’il avait déjà dérapé à propos de l’affaire Polanski).
Finalement, d’un mal sort un bien : le débat sur l’inceste et la souffrance des victimes et bel et bien lancé et les tenants de la permissivité auront de plus en plus de mal à se faire entendre.

Achille

@ Serge HIREL | 18 janvier 2021 à 02:04
« Avant de poursuivre votre chemin et de vous embourber un peu plus dans l’ornière que vous avez vous-même creusée, vous devriez - enfin - vous informer. »

Sage conseil que je vous invite à appliquer à vous-même ne serait-ce qu’en lisant mon post du 17 janvier 2021 à 21:30 dans lequel je reconnais humblement avoir utilisé un mot un peu fort en parlant de "second viol."
Que pourrais-je faire de plus pour calmer votre ire ?

« Pas une seule voix pour soutenir Finkielkraut et la pertinence de la question du consentement de l’enfant. »

Pas la mienne non plus. Je n’ai jamais laissé entendre dans mes propos que "Victor" était consentant. Vous pouvez vérifier. Je lui reproche juste de ne pas se manifester aux côtés de sa sœur pour nous faire part de sa douleur. Qui mieux qui lui pouvait l’exprimer ?
Il a maintenant 45 ans, c’est un homme d’âge mûr qui plus de trente ans après les faits, dispose d’assez de recul pour s’exprimer sur ce douloureux passage de son enfance. Mais il préfère rester dans l’anonymat.
Dommage !

F68.10

@ Behenzar de Cunes
"Les fortes têtes de ce lieu – contrairement à celles qui sont fêlées, si vous voyez ce que je veux dire..."

Vous avez le droit d'être plus explicite. Et je n'ai pas à jouer aux devinettes avec vous. Je ne sais toujours pas ce que "hander" signifie, et je n'ai pas à chercher à le savoir. Faites-moi signe quand vous aurez cessé de raconter des âneries.

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@ Denis Monod-Broca
"Il est en général considéré pourtant qu’un contrat est fait pour être respecté."

Oui. Et cela arrive qu'il ne le soit pas. Pour plein de raisons. Certaines valables, d'autres moins. Cela ne change rien au fait que c'est contractuel. Et que ce n'est pas en soi une violation de la liberté d'expression à moins de volontairement confondre les choses.

"De plus en plus curieux, vous voyez la liberté d’expression comme la liberté d’empêcher autrui de s’exprimer."

Absolument pas. La liberté de ne pas répercuter les propos d'autrui, c'est la liberté de maîtriser sa propre expression. Quelle obligation aurais-je de répercuter les propos de tout un chacun simplement parce qu'il voudrait s'exprimer et avoir sa tranche d'expression disponible à travers ma bouche ? Aucune.

"Vous vous enferrez dans des arguments de plus en plus spécieux. Au point que vos propos tiennent ici de la novlangue d’Orwell."

Non. C'est obliger autrui à tenir les propos qu'on souhaite qu'il tienne qui tourne au totalitaire. Finkielkraut souhaite contraindre - je schématise: il n'est pas si bête - LCI à lui donner la parole. C'est de la contrainte, pas de la liberté. En anglais, on parle de "free speech" ou de "compelled speech": l'expression contrainte est en effet un concept antithétique à celui d'expression libre. Finkie souhaite contraindre l'expression de LCI pour permettre à la sienne de porter. Mais voilà: ce n'est pas un dû. Et cela ne doit pas l'être.

Behenzar de Cunes

@ TGV8h47 17 janvier 20h47

« Dites-moi, Fahrenheit451, vous n'imaginez pas me faire hander avec votre gugusse ? »

Monsieur – Madame,
Voue êtes ici dans un lieu honnête.
Le « taulier » a donné des ordres stricts à la « tenancière ». L'usuel vocabulaire est contrôlé. Certains mots du french courant sont bannis. Bannis mais justes et adéquats ; vous en trouverez dans le « TikTok and Wikiki » en 3 500 volumes.

Les fortes têtes de ce lieu – contrairement à celles qui sont fêlées, si vous voyez ce que je veux dire – utilisent des artifices divers et variés pour contourner la chiourme, le plus classique étant l'utilisation de l'astérisque remplaçant une lettre.
J'opte quant à moi pour l'utilisation du h, lequel est muet en français vulgaire – comme probablement en suisse – et convient élégamment.

Vous m'interrogez sur le terme hander. J'enfreindrais la règle de ce lieu en vous communiquant la réponse.

Mais vous pouvez vous-même vous sortir de cet effroyable questionnement par l'utilisation de la méthode scientifique du balayage systématique dans un espace de dimension 25… c'est pas terrible.

Au pire, faites-vous aider par votre entourage familial… votre petit frère, votre sœur chérie, votre beau-père je ne sais… j'écarte volontairement votre génitrice car là je crois savoir que vous avez un problème !

Bonne journée Matricule 18012021

Denis Monod-Broca

@ F68.10
« Rien n'empêche quiconque de violer un contrat »

Il est en général considéré pourtant qu’un contrat est fait pour être respecté.

«...sur le droit de LCI à ne pas être contrainte de répercuter ses propos (droit qu'elle a bel et bien et qui justement est un des points fondamentaux de la liberté d'expression: celui de ne pas avoir à jouer la carpette au motif de convenances mal placées) »

De plus en plus curieux, vous voyez la liberté d’expression comme la liberté d’empêcher autrui de s’exprimer.

Vous vous enferrez dans des arguments de plus en plus spécieux. Au point que vos propos tiennent ici de la novlangue d’Orwell.

Lodi

@ Achille
"Je trouve simplement dommage que la victime de ce drame qui s’est déroulé voici plus de trente ans, se soit limitée à confirmer les propos de sa sœur. J’aurais préféré qu’il ait le courage de s’exprimer lui-même dans les médias, plutôt que de laisser celle-ci faire la promo de son livre sur tous les plateaux TV."

Il est dommage que les victimes ne soient pas forcément des héros mais il faut comprendre qu'une victime est... une victime.

Celui qui a été traité comme un pantin n'est pas élevé pour la liberté mais dressé à la servitude.
Celui qui est mangé par l'ogre n'en sort pas intact, voire tant qu'on y est, augmenté, contrairement à ce que des histoires type "d'un mal sort un bien" font croire au public.

Après l'arbre qui cache la forêt, l'exception qui occulte la règle !
En vérité, les traitements dégradants... dégradent ! Si le courage est déjà une exception, il est encore plus exceptionnel chez les victimes.

En vérité, le monde grouille de gens tellement en deçà des idées de vengeance, de pardon et de reconstruction, gris comme la boue qu'on a piétinée et omniprésents comme le malheur, que si quelqu'un en prenait brutalement conscience, il se confinerait pour y échapper comme Bouddha a fui son palais après avoir compris la vieillesse, la maladie et la mort.

Serge HIREL

@ Achille 17 janvier 2021 à 00:25

Avant de poursuivre votre chemin et de vous embourber un peu plus dans l’ornière que vous avez vous-même creusée, vous devriez - enfin - vous informer… Lire le livre de Camille Kouchner, écouter l’émission « La Grande Librairie » de France 5 à laquelle elle a participé ainsi qu’une juge des enfants, une pédopsychiatre et un philosophe. Trois spécialistes « grandiloquents et très vieille France », ils vont vous « amuser »… Mais vous serez bien le seul.

Ce week-end, vos positions ont été quelque peu enfoncées. Sur Twitter, le mot-dièse « MetooInceste » réunit des centaines de témoignages ; un sondage Ipsos, paru en novembre dernier, refait surface - il indique qu’un Français sur dix déclare avoir été victime d’un inceste ; et, comble de malheur, voilà qu’au 20h de TF1, Brigitte, l’épouse de votre dieu, présidente des « Pièces jaunes », annonce que l’hôpital va redoubler d’efforts pour identifier les enfants victimes de ce crime…

Pas une seule voix pour soutenir Finkielkraut et la pertinence de la question du consentement de l’enfant… Pas une seule non plus pour qualifier de « second viol » le livre de CK… Le fond de l’impasse dans laquelle vous vous êtes précipité est proche et vous allez bientôt en être réduit à vous rendre. Il va vous falloir franchir les portes de la honte…

————————————————

@ Mary Preud’homme 17 janvier 2021 à 19:37

Face à une agression aussi grave que celle d’Achille vis-à-vis de Camille Kouchner, il n’y a aucune raison de prendre des gants pour signifier son total désaccord avec une telle goujaterie. Et quand il persiste et signe - sans s’informer -, il n’y a pas à s’étonner qu’il prenne une autre volée de bois vert. Comment réagiriez-vous si, jumelle d’un frère de 14 ans violé par son beau-père, un quidam qui ne sait rien du drame que vous vivez depuis trente ans, ni même des conditions dans lesquelles vous avez rompu le silence, vous tenait de tels propos ?

Le dérapage sur le consentement d’Alain Finkielkraut est inexcusable, mais il est en quelque sorte le reflet de la loi actuelle qui, théoriquement, oblige le juge à vérifier le non-consentement avant de mettre en examen le violeur. Il en va tout autrement du « second viol » qu’Achille voit dans la publication du livre de Camille Kouchner. On est là dans l’abject et la « dictature de l’émotion » n’a rien à voir avec le rejet absolu de ce point de vue.

D’ailleurs, l’ouvrage que vous citez a été écrit dans la foulée de l’affaire d’Outreau… qui est à l’opposé des crimes bien réels dont a été victime Victor et dont la révélation a provoqué une juste émotion… et les avis volontairement à contre-courant de quelques personnages cherchant à se singulariser.

Quant aux ouvrages des « journalistes et écrivaillons », pourriez-vous indiquer ceux qui concernent des affaires d’inceste ? J’en connais quelques-uns qui traitent de crimes de sang survenus au sein de familles - l’affaire Grégory notamment - mais pas un seul sur des crimes tels que ceux d’Olivier Duhamel.

Henri Gibaud

@ Mary Preud'homme | 17 janvier 2021 à 19:37
Sur la dictature de l'émotion dénoncée après l'Outreau-outrage à Peuple.

Votre observation respectable a priori doit tout à ce "contre-discours" ainsi publié par une avocate et un psychiatre versaillais lesquels avaient manifestement voulu comme "contre-surfer" sur le tsunami ravageur d'Outreau pour en induire une réactivation du regard minimiseur de naguère et jadis sur les tripotages voire enc***ges de petits garçons par des pédosatyres un peu trop "nerveux de la braguette".

Attention je dis que votre contribution au titre de nuance permettant de raffiner un regard plus composite et en rapport avec la complexité de ce domaine est a priori impeccable. Dans le cadre d'un bénévolat pour une association plutôt initiée et référencée auprès du COFRADE, il m'a été donné de joindre ce psychiatre au téléphone. La teneur et la tonalité de ses propos m'avaient donné à envisager l'hypothèse (supposition, conjecture) que ce médecin aurait été en partage communautaire avec un lobby de pratiquants érotiques particuliers, marginaux sociométriquement mais d'influence souvent abusive. Observez bien mes précautions quant au statut épistémologique de mon énoncé, en particulier l'emploi du mode conditionnel.

stephane

Victor, c'est le prenom de l'enfant sauvage dans le film de Truffaut.
Elle n'aurait pas pu prendre Karim par exemple ?
Attendre le délai de 30 ans pour sortir un bouquin et de ce fait éviter la voie judiciaire, ça rapporte ou pas ?
De plus si une instruction a lieu, cela risque d'empêcher des victimes de parler même après 30 ans, puisque outre l'absence d'instruction judiciaire, ce délai peut permettre à certaines victimes ou des profiteurs de leur malheur de se lancer dans la littérature lucrative.
En ce sens parler de deuxième viol n'est pas dénué de fondement.
Mais ne naffissatoudiallosons pas le cas de Victor.
Je rejoins en grande partie le point de vue d'Achille pour le reste.

F68.10

@ Denis Monod-Broca
"Où voyez-vous dans mes propos une « métaphysique de la liberté d’expression » ?"

Il s'agit là d'illusions assez communes faisant prévaloir de grands principes sur les réalités concrètes. En l'occurrence, vous faites prévaloir un droit que Finkielkraut aurait à ce que d'aucuns répercutent ses propos (ce qu'il n'a pas ! et que personne n'a !) sur le droit de LCI à ne pas être contrainte de répercuter ses propos (droit qu'elle a bel et bien et qui justement est un des points fondamentaux de la liberté d'expression: celui de ne pas avoir à jouer la carpette au motif de convenances mal placées).

"Art. 10. de la DDHC : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la Loi. »"

À aucun moment Finkie n'est menacée par la loi. Cette remarque est sans objet.

"Les interrogations d'Alain Finkielkraut étaient-elles de nature à troubler l’ordre public ? Bien sûr que non !"

Non. Ce qui ne change rien à rien au droit souverain de LCI de ne pas faire la carpette.

"Mais, comme vous le laissez entendre, elles auraient pu déplaire à certains auditeurs de LCI et donc LCI a fait taire AF, par conformisme, par peur."

Finkie peut trouver d'autres endroits où s'exprimer. Le blog de Monsieur Bilger, par exemple. Sa liberté d'expression n'est donc pas atteinte. Et non: il ne s'agit pas de conformisme: on a parfaitement le droit de ne pas relayer les discours dangereux ou faux comme ceux affirmant que le SIDA n'est pas dû au VIH, ou que la Terre est en forme de banane. Finkie rentre quand même dans cette case sur ce coup, même si on peut faire des circonvolutions neuronales pour l'en extraire.

"Ne connaissant pas les liens contractuels entre LCI et AF, je ne sais pas si LCI avait le droit ou non d’agir ainsi."

Rien n'empêche quiconque de violer un contrat. C'est à la justice de trancher et d'en tirer les conséquences. Mais ce n'est pas une atteinte à sa liberté d'expression: c'est un problème alors contractuel.

"C’est secondaire. Je maintiens que les propos de AF ont résonné aux oreilles des dirigeants de LCI comme un blasphème..."

On ne relaye pas les discours négationnistes de tout poil non pas parce que la loi l'interdit, mais parce que les média ont une responsabilité à laquelle la société civile les rappelle. Ce n'est pas une question de blasphème: rien n'oblige un media à relayer les blasphèmes. Et heureusement ! De la même manière que rien n'empêche quiconque de monter un journal pour blasphémer à longueur de temps. Les dirigeants de LCI font bien ce qu'ils veulent, comme les éditorialistes du Salon Beige. Les caricaturistes de Charlie Hebdo ne publient pas dans La Croix.

"...naguère résonnait aux oreilles du clergé (ou aux oreilles des dirigeants politiques : Anastasia Colosimo montre dans son livre sur le sujet à quel point le blasphème est de tout temps une histoire plus politique que strictement religieuse)."

Je n'ai encore vu personne allumer les bûchers. Faut quand même être gonflé pour faire un parallèle avec des gens qui sont assassinés pour leurs croyances par un État ou une meute, et un intellectuel à qui on dit de trouver un autre medium de publications pour ses délires. Actuellement, on voit des appels visant à virer Peter Doshi du British Medical Journal. C'est un mécanisme normal de la vie des idées. Rien de choquant. Le chevalier de La Barre ou Samuel Paty, c'était quand même une autre paire de manches: du terrorisme d'Etat ou du terrorisme islamique.

Achille

@ Mary Preud'homme | 17 janvier 2021 à 19:37

Je reconnais que j’y suis allé un peu fort en utilisant le mot viol dans mon commentaire. Je retire donc ce terme, afin de clore la polémique.
J’espère sincèrement que cette sordide affaire va provoquer une prise de conscience sur ce grave dévoiement comportemental dont sont victimes de nombreux enfants, ceci dans tous les milieux et non pas seulement dans les familles bourgeoises (évidemment de gauche) ainsi que déjà certains esprits malintentionnés le laissent entendre.

Quant à la "dictature de l’émotion" il faut bien reconnaître que depuis quelque temps elle a atteint son paroxysme. La moindre petite phrase maladroite, un petit mot de travers et aussitôt vous avez à vos trousses une meute d’enragés.
Ce blog n'est pas une exception dans le genre...

Denis Monod-Broca

@ F68.10

Où voyez-vous dans mes propos une « métaphysique de la liberté d’expression » ?

Art. 10. de la DDHC : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la Loi. »

Les interrogations d'Alain Finkielkraut étaient-elles de nature à troubler l’ordre public ? Bien sûr que non !

Mais, comme vous le laissez entendre, elles auraient pu déplaire à certains auditeurs de LCI et donc LCI a fait taire AF, par conformisme, par peur.

Ne connaissant pas les liens contractuels entre LCI et AF, je ne sais pas si LCI avait le droit ou non d’agir ainsi. C’est secondaire. Je maintiens que les propos de AF ont résonné aux oreilles des dirigeants de LCI comme un blasphème naguère résonnait aux oreilles du clergé (ou aux oreilles des dirigeants politiques : Anastasia Colosimo montre dans son livre sur le sujet à quel point le blasphème est de tout temps une histoire plus politique que strictement religieuse).

F68.10

@ Mary Preud'homme
"Ce qui devrait en inciter plus d'un (ou une) à être un peu moins catégorique, voire agressif dans ses prises de position, toutes affirmations péremptoires dénotant plus une volonté d'avoir raison à tout prix qu'une réelle réflexion, voire un vécu concernant ce qu'une victime attend réellement de la société."

Voilà que Mary Preud'homme donne des cours d'expression écrite aux victimes et est à deux doigts de leur nier leur statut de victime sur la base de leur phrasé. De mieux en mieux. Non, Mary: si les victimes apprennent à être catégoriques, ce n'est pas manque d'esprit critique, mais bien parce que le déni est puissant et nécessite des tournures musclées pour ne pas laisser les gens abuser de la gentillesse des victimes quand elles expriment des propos policés et nuancés. Chat échaudé craint l'eau froide. Ni plus ni moins.

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@ Behenzar de Cunes
"Dites-moi, Fahrenheit 451, vous n'imaginez pas me faire hander avec votre gugusse ?"

Je vous oppose des propos. Libre à vous de les traiter et de tenter de les réfuter. Ou d'ironiser à vos propres dépens sur la personne qui les assène. Votre choix. Et je ne saisis pas ce que vous voulez dire par "hander". Épurez votre expression écrite afin de rendre vos propos plus clairs: vous avez un problème avec Sam Harris ? Pas assez grenouille de bénitier à votre goût ?

Mary Preud'homme

@ Achille

Même si vous avez un peu poussé le bouchon en qualifiant de second viol l'initiative de la jumelle de "Victor", vous ne méritez certes pas d'être lapidé de la sorte étant donné votre droit de ne pas partager cette "dictature de l'émotion" dont nombreux sont ceux à s'en repaître de façon malsaine, quand ils n'en font pas leur fonds de commerce (je pense notamment aux journalistes et écrivaillons avides de publier n'importe quoi quitte à démolir des familles entières).

Lire à ce sujet :
"La dictature de l'émotion : la protection de l'enfant et ses dérives", de Florence Rault et Paul Bensussan (Belfond, 2002)

Ce qui devrait en inciter plus d'un (ou une) à être un peu moins catégorique, voire agressif dans ses prises de position, toutes affirmations péremptoires dénotant plus une volonté d'avoir raison à tout prix qu'une réelle réflexion, voire un vécu concernant ce qu'une victime attend réellement de la société.

F68.10

@ Denis Monod-Broca
"Sans doute me suis-je mal exprimé."

Ah ouais ? Ben moi aussi alors.

"Il y a blasphème et blasphème, blasphème dûment étiqueté blasphème et blasphème qui ne dit pas son nom."

Non. Il y a une parole qui est censurée par l'État. Et une parole qui est censurée par la société civile. Un des principes de base d'une société libre, c'est d'interdire à l'État d'intervenir sur la censure pour laisser la société civile en décider à sa place, souverainement. L'État peut intervenir de diverses manières pour en réguler les modalités techniques, mais ne doit pas censurer une parole sur la base de son contenu argumentatif. Bien sûr, les choses ne sont jamais si simples, mais c'est la base de la base.

Un média, quant à lui, qu'il soit écrit ou audiovisuel, est souverain dans ce qu'il décide de publier. Ici, c'est des mathématiques. Ici, c'est de la médecine. Ici, c'est de l'information continue. Ici, c'est de la pornographie. Ici, c'est un réceptacle à délires. Et caetera.

LCI a décidé de se séparer de Finkielkraut. C'est son droit le plus strict. Rien n'interdit à Finkie ou à d'autres média de collaborer afin de trouver un mécanisme pour faire connaître les propos de Finkie. De même que rien n'empêche X ou Y de s'exprimer publiquement pour soutenir ou condamner la décision de LCI, les premiers concernés étant ceux qui écoutent LCI et qui attendent quelque chose de LCI.

"Une caricature d’Allah est un blasphème de la première catégorie aux yeux des musulmans."

C'est un mécanisme visant à interdire tout débat sur la religion au prix de représailles d'État et de représailles physiques.

"S’interroger sur une éventuelle réciprocité entre le beau-père incestueux et son beau-fils s’est révélé être un blasphème de la seconde catégorie aux yeux de LCI..."

LCI n'a pas à faire les frais des propos de Finkie si elle considère qu'elle y est exposée. Quel est son intérêt à cela ? En quoi y serait-elle obligée ?

Maintenant, non, le débat sur l'inceste a bien lieu. Je vous en donne trois exemples: 1. #meetooincest qui commence à faire de petites vagues. 2. ces propos pakistano-athéo-islamiques dans un contexte culturel où la maltraitance incestuelle n'est pas encore reconnue et où le débat semble-t-il tourne autour de la question "ai-je le droit de pratiquer l'inceste si je mets un préservatif ?" 3. Nollywood qui nous sort des films de qualité nollywoodienne comme le très justement nommé "mon père adore me ******* *** ******** pendant que ma mère dort".

Factuellement, le débat, quoi qu'on en pense, a bel et bien lieu. Inutile de le nier. Je suis même à peu près certain qu'on peut trouver de la littérature philosophique contemporaine sur le sujet.

"...et de tous ceux qui approuvent la décision de LCI."

Comme je l'ai dit: avant d'approuver ou de désapprouver la décision de LCI, il convient de reconnaître le souverain droit de LCI de prendre cette décision.

"Aucune discussion, aucun débat, aucune défense n’étaient envisageables..."

Le débat a effectivement lieu. C'est faux de dire qu'il n'a pas lieu.

"...il fallait faire taire le blasphémateur et c’est ce qui a été fait."

Vous en parlerez à Karl Zéro. Il a semble-t-il l'impression que jusqu'ici, c'était un peu lui qu'on souhaitait faire taire.

Il n'y a pas d'analogie acceptable entre blasphème et Finkie. Ou alors, on se laisse aveugler par une sorte de métaphysique de la liberté d'expression qui ne prend pas en compte les mécanismes concrets la permettant. Le premier de ces mécanismes en étant la liberté de ne pas répéter les propos qu'on ne souhaite pas répéter. Thématique applicable pour 1. Twitter et Trump 2. LCI et Finkie et 3. la Corée du Nord. C'est encore pire d'être contraint de répéter ce qu'on veut vous faire dire que de vous interdire de parler.

Behenzar de Cunes

@ F68.10 15 janvier 14h45
« Je ne connais aucune société dans l'histoire de l'humanité… bla bla… (Sam Harris) »

Dites-moi, Fahrenheit 451, vous n'imaginez pas me faire hander avec votre gugusse ?

Behenzar de Cunes

J'avais prévu et proclamé que ce serait un festival de sahoperies… de honneries…
Qu'on se défoncerait…

Mais là… quand même… on commence à s'étonner !

Aliocha

Il s'agit ici de tenir les deux bouts de la corde, et qu'ils soient sérieusement arrimés, quand l’État défaillant ne sait plus protéger le plus faible et qu'un éminent et écouté professeur de droit justifie son crime à sa victime en lui proférant que ce n'est pas la même loi qui règne hors et à l’intérieur de la famille.

Achille a raison quand il craint ce qui alors se dessine et qui n'est pas loin du retour des pogroms, du goudron et de la plume des lynchages, mais cela ne justifie pas non plus de vouloir taire le cri des enfants torturés.

Il est indispensable de réclamer justice et rétablissement de l'autorité, pour ce faire il est du devoir de chacun de savoir se maîtriser, tiens, voilà le retour du maître, et de ne pas tomber stupidement dans les mouvements réciproques qui ne savent répondre à l'humiliation que par l'humiliation qui pulvérise tout sens, où l'agressé ne trouverait réparation qu'en mimant son agresseur, revendiquant d'exercer la violence et y perdant ce qu'il lui reste d'innocence.

L’œuvre littéraire est le juste écrin pour protéger la parole de l'innocence bafouée où l'auteur, s'imposant cet effort si bien défini par notre hôte de l'enrichissement du for intérieur, saura mettre à la juste distance romanesque la possibilité de maîtriser son cri, non pour se venger, mais pour affirmer haut et fort son droit à la justice et à la réparation, l'institution prenant sur elle de savoir libérer la victime de la contamination violente en punissant le transgresseur.

Ainsi, Camille Kouchner comprendra, elle qui sait si bien décrire, il faut absolument voir l'émission déjà citée, Achille, qu'elle est en chemin, que ce n'est pas la prison de son livre qui punira l’infâme, mais qu'il lui permettra en revendiquant la reconnaissance par l'institution du statut de victime pour elle et pour son frère, d'accéder à la libération complète de l'emprise qu'il a exercée sur eux, protégeant la société tout entière par son courage et sa détermination de la tentation de la vengeance par l'établissement de la justice, qui doit impérativement savoir créer par sa juste sentence, les conditions du pardon.

Le transgresseur alors, n'ayant d'autre solution que de reconnaître sa transgression face à la victime pardonnante, saura en la prison de son for intérieur qu'il lui reste lui aussi à récrire le roman de la perte de l'innocence, qu'il est temps maintenant de passer à la conversion des aveux qu'exige de lui la loi qu'il enseignait en la transgressant, que le pardon de l'impardonnable l'associe à savoir maintenant par l'exemple de sa contrition en s'y soumettant, de la proférer :

"Mais ici commence une seconde histoire, l’histoire de la lente rénovation d’un homme, de sa régénération progressive, de son passage graduel d’un monde à un autre. Ce pourrait être la matière d’un nouveau récit — celui que nous avons voulu offrir au lecteur est terminé. "

https://fr.wikisource.org/wiki/Crime_et_Ch%C3%A2timent/%C3%89pilogue/2

Achille

@ Serge HIREL | 17 janvier 2021 à 00:25

Ouh là là ! Mais c’est qu’il est vraiment fâché le bougre !
On dirait Pascal Praud qui nous pique sa petite colère.
Surtout ne changez rien. Votre grandiloquence très vieille France m’amuse beaucoup.
Cette fois-ci vous avez vraiment franchi les portes du ridicule. Mais rassurez-vous ce n’est pas mortel ! 😊

Serge HIREL

@ Achille 16 janvier 2021 à 20:20

Cette « affaire » n’est pas une affaire. C’est un crime.
Elle n’est pas « pitoyable ». Elle est effroyable.
Mieux vaut être « indigné » qu’indigne.
Mieux vaut être « pudibond » que nauséabond.
Mieux vaut risquer le « ridicule » qu’attirer le mépris.

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