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19 avril 2021

Commentaires

F68.10

@ caroff
"Je suis positivement ravi de ce que vous m'apprenez et suis content que mon intelligence toute relative me permette de saisir les impressionnantes réussites de ce magnifique pays... Mais attention à vos comparaisons !!"

Je n'ai aucun problème à comparer la liberté d'expression au Botswana avec celle en France. De comparer leur PIB à ceux d'autres pays. Mais à ma connaissance, la littérature n'est pas encore un art local consommé. Quand à la musique dans ce coin du monde, disons que je ne suis pas intégralement convaincu par le death metal au Botswana... Il y a quand même des effets négatifs de la colonisation. Ou de la mondialisation. C'est selon.

Achille

@ Robert Marchenoir | 20 avril 2021 à 12:14

Je vous répondrais bien mais vous allez encore vous énerver. Or je ne viens pas sur ce blog pour me faire engueuler.

Mitsahne

@ Mary Preud’homme 19/04 à 20h42
@ Denis Monod-Broca19/0120h24

La Wehrmacht attaque subitement le 10 mai 1940, un vendredi avant-veille de Pentecôte après huit mois de sommeil. L’armée française est "en permission" maximale.
Au gouvernement, Paul Reynaud (président du Conseil) se dispute avec Daladier (ministre de la Guerre) au sujet du général Gamelin, pauvre type incapable de commander (même une bière !) mais Daladier veut le garder. Reynaud est démissionnaire mais le président de la République (Albert Lebrun) lui demande d’attendre quelques jours pour réfléchir.

Le 15 mai (donc cinq jours après), l’armée hollandaise a capitulé, prisonnière tout entière avec son chef.
Le front français craque de partout. Les généraux allemands Guderian, von Rundstedt, Rommel, von Reichenau, Kesselring font une course de vitesse ahurissante malgré une résistance courageuse des Français qui sont d’ailleurs en supériorité numérique. Mais les Allemands communiquent par radio (nous avec un téléphone de campagne déroulé par deux hommes et un caporal). Ils ont des canons anti-chars, une aviation puissante qui peut intervenir en quelques minutes (nous en cinq heures). Ce n’est pas encore la débâcle mais déjà la raclée.

Gamelin est atterré par les rapports qui lui parviennent de tous les secteurs du front. De son GQG à Vincennes, il téléphone à 20h30 à Daladier pour l’informer de la gravité de la situation.
Daladier est haletant. Devant la catastrophe annoncée il s’écrie :
- Ce n’est pas possible ! Il faut attaquer aussitôt !
- Attaquer ? avec quoi répond Gamelin, je n’ai plus assez de réserves. Entre Laon et Paris, je ne dispose pas d’un seul corps de troupes.
- Alors, c’est la destruction de l’Armée française ?
- Oui, c’est la destruction de l’Armée française.
Le témoin de cette conversation était M. William Bullitt, ambassadeur des USA.

L’Amérique se déclare impuissante à nous apporter le moindre secours.
L’Angleterre amorce une rétractation et veut ménager ses forces.
Paul Reynaud prononce pour la première fois le nom du Maréchal Pétain et délègue le général Pujo pour aller chercher le Maréchal à Madrid.
Des millions de civils sont sur les routes poussant des charrettes avec vieillards et enfants. Ceux qui disposent d’une voiture sont en panne d’essence et abandonnent leur véhicule, s’en vont à pied par des sentiers couverts pour échapper aux mitraillages des Stukas, vers des destins inconnus. Cette fuite est un suicide vers le sud. Ils croisent des troupes françaises qui montent vers le nord ou sont stoppés par les Allemands qui vont plus vite qu’eux.

Un ordre de repli général est donné, mais ordres et contre-ordres inconciliables se croisent et ajoutent de la confusion. Au Quai d’Orsay, le 16 mai, le secrétaire général Alexis Léger (futur Saint-John Perse) pris de panique, ordonne un autodafé radical de toutes les archives !
Des conversations de plus en plus aigres s’établissent entre Churchill, Reynaud, le général Gort (chef des armées anglaises), Gamelin, Daladier.
Pétain arrive le 18 mai, il est nommé vice-président du Conseil. Le général Weygand rappelé de Syrie remplace le général Gamelin.

Le Gouvernement se rend en grande pompe à Notre-Dame où une cérémonie religieuse a été organisée afin de prier Dieu pour qu’il accorde la victoire à la France. Tous les grands laïcs militants, francs-maçons, socialistes, juifs viennent spontanément se mettre sous la protection du Sacré-Cœur. Certains, ne sachant quelle contenance prendre arboraient un gardénia à la boutonnière.

Il serait trop long de rappeler ici tout ce qui s’est passé jusqu’à la signature de l’armistice.
Rappelons seulement que près de deux millions de prisonniers furent dirigés vers l’Allemagne. Certains y restèrent cinq ans. À aucun moment de l‘histoire du monde il n’y eut autant de prisonniers en une aussi grande bataille. Ces prisonniers étaient autant d’otages que détenait Hitler qui ne s’est pas privé de faire pression pour obtenir ce qu’il voulait.

Je ne jette pas la pierre à tous les fonctionnaires (police, armée, magistrats, préfets, financiers, communaux, etc.) qui, restés à leur poste, ne pouvaient pas démissionner tout simplement parce qu’il faut bien vivre ou chargés de famille.

L’armistice ne fut pas une capitulation. Dans le désastre ce fut même une presque victoire grâce à la qualité des négociateurs qui surent mettre à profit l’admiration que Hitler avait pour le Maréchal Pétain avec qui il traitait de vainqueur à ancien vainqueur.

Au procès du Maréchal, on a ignoré volontairement tout ce que Pétain a fait pour épargner le pire mais on a grossi les initiatives qu’il a prises qui sont souvent "la part du feu" que l’on est obligé de céder dans une stratégie générale. Faire la guerre c’est évidemment accepter les pertes. C’est douloureux, inhumain mais il ne peut en être autrement. Les générations actuelles refusent ce pacte et exigent le "zéro mort". Utopie et hypocrisie. On déclare les chaussures comme "produits non essentiels" mais on autorise la vente du tabac et de l’alcool. Il est question d’honorer spécialement les morts du Covid, pourquoi pas ceux des accidents de la route, du ski ou de la fumette ?

On estime généralement le nombre de Résistants actifs (pas ceux qui levaient leur verre à la réussite de de Gaulle) à 200 000, chiffre à peu près équivalent à celui des Kollaborateurs actifs (pas ceux qui chantaient Maréchal nous voilà !). Au total cela fait 400 000 qui ont pris parti. La France comptait à cette époque quarante millions d’habitants. Cela fait 1 %. Que faisaient donc les autres 99 % ?

Giuseppe

@ Achille | 20 avril 2021 à 08:10

Achille, vous avez la caution de l'Equipe, je vois que vous laissez traîner un peu la godasse, mais n'hésitez pas vous pouvez en ressemeler quelques-uns, crampons longs of course.
De Gaulle nous a évité la soumission à un protectorat du type du Japon et des études supérieures gratuites.

Ninive

Si de Gaulle m'était conté...

Bonjour monsieur Philippe Bilger,

Vous nous faites connaître un nouveau livre "L'Énigme Pompidou-de Gaulle" d'Arnaud Teyssier... Après ceux de Winston Churchill, de Jean Lacouture, d'Alain Peyrefitte, de Philippe de Gaulle, de François Kersaudy, d'Eric Roussel et bien entendu le livre des mémoires du général lui-même, nous avons découvert, avec mon épouse, dans les commentaires de votre blog, qu'il existait des historiens méconnus qui s'inscrivent dans le registre de ceux qui le dénigrent.

Robert Marchenoir

@ Achille | 20 avril 2021 à 08:10
"Stupéfiant de lire certains commentaires affirmant sans vergogne que le Général était un dictateur, alors que c’est lui qui a instauré le suffrage universel pour l’élection du président de la République."

Vous voulez dire : il est stupéfiant de lire mon commentaire affirmant, blabla ?

Vladimir Poutine est élu au suffrage universel. Le suffrage universel était en vigueur en URSS.

"Mode de scrutin qui est le fondement même d’une République démocratique dans la mesure où il évite les tripatouillages entre partis qui conduisaient à un changement de gouvernement tous les six mois sous la IVe République."

On se demande comment font tous les autres pays démocratiques du monde qui n'élisent pas leur président au suffrage universel. On se demande comment ils font avec leurs partis pour ne pas changer de gouvernement tous les six mois.

Une fois de plus, vous appuyez sur le bouton marche du magnétophone pour nous faire entendre des trucs pré-enregistrés qui vous tiennent lieu de sagesse. D'où vient cette fausse alternative entre président dictatorial et gouvernement changeant tous les six mois ?

"Ajoutons à cela qu’il a démissionné, avec une parfaite dignité, après avoir été désavoué suite à son référendum en 1969."

Oui. C'est bien le problème. Pinochet aussi a démissionné après avoir été désavoué par le suffrage universel. C'est fascinant, cette aptitude qu'ont certains à se parler à eux-mêmes sans jamais écouter les arguments des autres. C'est précisément l'usage plébiscitaire fait par de Gaulle du référendum qui en fait un dictateur. Avez-vous seulement lu ce que j'ai écrit ?

Aujourd'hui, nous avons même des imbéciles qui se plaignent, de façon préventive, qu'Emmanuel Macron n'ait pas l'intention de démissionner si les Français votent non à je ne sais quel référendum qu'il envisage (aéroport de Roissy, etc.). Voilà à quel point de Gaulle a vérolé la mentalité des Français. Ils réclament un dictateur. Ils disent leur soif d'être asservis.

Et simultanément, bien sûr, ils se plaignent d'avoir un "Jupiter".

"Dictateur le Général ?"

Oui, et c'est lui-même qui l'a affirmé. Du moins en ce qui concerne son action à la tête de la France libre entre 1940 et 1945.

Pour le reste, vous pouvez lire la presse de l'époque, où cette accusation était courante de la part de ses adversaires.

"Bref tous les maux que nous connaissons actuellement en France ont pris naissance aux États-Unis."

Ben voyons. Les 62 % de dépense publique dans le PIB, c'est la faute des États-Unis. Le statut de la fonction publique, c'est la faute des États-Unis. Le monopole de la Sécurité sociale, c'est Obama qui l'a ordonné. L'immigration de masse, c'est parce que Gerald Ford a menacé de bombarder l'Élysée si Giscard n'instaurait pas le regroupement familial.

La dictature des minorités en vigueur aux États-Unis n'a rien à voir avec les idées accréditées par la nomenklatura gauchiste française, les Jean-Paul Sartre (*), Simone de Beauvoir et autres Michel Foucault. Personne n'a été "anti-raciste" en France avant d'en avoir reçu l'ordre de Washington.

Les Français sont d'innocents petits angelots qui baigneraient dans la félicité, si seulement ces sales étrangers lui fichaient la paix. Un peu comme les Russes, finalement.

"La 'grandeur tant matérielle que morale' (vous avez dit morale ?) des États-Unis se traduit surtout par une liberté d’expression permissive avec l’influence de mouvements qui ont directement pour effet de provoquer la montée du communautarisme.."

Ah oui voilà. Il y a trop de liberté d'expression aux États-Unis. C'est aux États-Unis qu'on a le droit de crier "Vive la fermeture des frontières !" dans la rue, et c'est en France qu'on interdit Génération Identitaire qui réclame la fermeture des frontières.

Mais à part ça, la "montée du communautarisme" est due à la liberté d'expression, pas l'inverse.

Rôlàlà, qu'est-ce que la vie serait belle s'il n'y avait pas ces méchants Américains...
______

(*) La préface des Damnés de la terre de Frantz Fanon, écrite par Jean-Paul Sartre en 1961, anticipe de façon saisissante la rhétorique des Black Lives Matter. "En le premier temps de la révolte, il faut tuer : abattre un Européen c'est faire d'une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé : restent un homme mort et un homme libre." Mais il faut tout lire de cette indigeste et prétentieuse bouillie.

Jérôme

Bonjour Philippe,

J'ai toujours trouvé étrange cette "admiration" de la manière dont Mongénéral s'est trissé d'la présidence.
Un référendum est une question posée, à laquelle on attend une réponse, afin de prendre une décision que l'on souhaite conforme aux aspirations de ceux que l'on interroge. Ce n'est pas une demande de plébiscite.
En gros c'est : dites oui ou je me barre. Pourquoi poser la question ?

Remarquez, y'en a des qui posent des questions et quand on répond non ils font quand même. Pourquoi poser la question ?
Mongénéral n'acceptait pas le contradictoire.
Tiens, comme le locataire du palais.
Ôtez-moi d'un doute, c'est son fils caché ?

On en revient toujours au même point. La vérité est une construction. Ceux qui pensent la détenir par don divin sont des totalitaires.
Soit ils vous expliquent mal, soit vous êtes trop c*ns pour comprendre. C'est cette dernière qui est le fond de pensée réel de ce type de dirigeants. La première hypothèse n'est qu'un artifice de communication.
Quant à se penser grand, rien que le fait de devoir le dire montre qu'on ne l'est pas. Et globalement on s'en tape.
Regardez, les Britanniques n'ont pas ce souci. Aucune prétention à se dire grands... ils sont grands.

caroff

@ F68.10
"Les premiers documents écrits sur le Botswana remontent au début du XIXe siècle. Le Botswana était un des pays les plus pauvres d'Afrique au moment de son indépendance. Et ce n'est pas peu dire."

Je suis positivement ravi de ce que vous m'apprenez et suis content que mon intelligence toute relative me permette de saisir les impressionnantes réussites de ce magnifique pays...
Mais attention à vos comparaisons !!

Exilé

Emmanuel Macron ne cherche même pas à imiter de Gaulle !

À preuve une de ses dernières sorties:
« Nous devons déconstruire notre propre histoire » (CBS, 18 avril 2021)
Ce qui montre au passage qu'il est bien habité par une volonté de déconstruction de tout ce qui fait la France.

Marc Ghinsberg

Philippe Bilger à propos d’Emmanuel Macron : "La démagogie de la référence à l'affaire Sarah Halimi : il s'en était déjà mêlé lors de la visite de Benjamin Netanyahou, il n'hésite pas à jouer encore, alors qu'il devrait s'abstenir de toute immixtion, sur cette fibre communautariste à l'approche de 2022."

Ce matin sur Europe 1, Xavier Bertrand sur l'affaire Sarah Halimi : "À partir du moment où vous consommez volontairement des médicaments, de l'alcool ou de la drogue, vous devez répondre de vos actes".

Qui pille qui ?

sylvain

"@ Tomas
Ravi de vous revoir. Je faisais un peu gauchiste de service en votre absence."
Rédigé par : F68.10 | 19 avril 2021 à 23:40

Tout à fait d’accord avec vous, quelle joie de retrouver le meilleur islamogauchiste du blog, j’attends ses commentaires sur le verdict de Viry-Châtillon qu’il va trouver génial et même pas assez clément car les racailles n'ont fait que leur devoir de lutte sociale contre le fascisme policier et que les brûler dans une voiture était une mission divine dictée par Allah et son prophète qui ont eu des bouffées de chaleur.

C’est une atteinte aux droits de l'homme que de condamner ces malheureux traumatisés par les années de colonisation de leurs parents et de voir que ces policiers refusent de s’agenouiller en repentance poing levé comme Griezmann ça les met en colère, faut refaire un troisième procès et disculper ces racailles définitivement, n’est-ce pas Tomas ??

Xavier NEBOUT

Ceux qui se décrètent historiens sans savoir sont fatigants, pour rester poli.
Abbeville, ils n'en ont jamais entendu parler parce que c'est tenu sous le boisseau et il en est de même de toute l'histoire de France et tout particulièrement concernant de Gaulle.


Achille

@ Lodi | 19 avril 2021 à 23:31
« Cependant on voit la grandeur tant matérielle que morale des Etats-Unis en ce qu'ils exportent un Internet porteur d'une liberté d'expression supérieure à celle de la France. »

"La grandeur tant matérielle que morale (vous avez dit morale ?) des Etats-Unis" se traduit surtout par une liberté d’expression permissive avec l’influence de mouvements qui ont directement pour effet de provoquer la montée du communautarisme. À savoir le féminisme lesbien, l’indigénisme racialiste, l’écologie hystérique, l’anarchie à la mode Black Blocs, les groupements identitaires à la mode nazie, sans oublier la montée de l’islamisme radical qui enflamme nos banlieues.
Bref tous les maux que nous connaissons actuellement en France ont pris naissance aux Etats-Unis.
Sommes-nous rendus plus heureux par cet afflux de "liberté d’expression" qui présente tous les aspects d’une dictature ? On peut en douter !

Achille

Stupéfiant de lire certains commentaires affirmant sans vergogne que le Général était un dictateur, alors que c’est lui qui a instauré le suffrage universel pour l’élection du président de la République. Mode de scrutin qui est le fondement même d’une République démocratique dans la mesure où il évite les tripatouillages entre partis qui conduisaient à un changement de gouvernement tous les six mois sous la IVe République.
Quand je pense que certains voudraient revenir à ce mode de gouvernance inepte, je ne sais plus si je dois en rire ou en pleurer.

Ajoutons à cela qu’il a démissionné, avec une parfaite dignité, après avoir été désavoué suite à son référendum en 1969. Et pourtant la réforme du Sénat aurait été une excellente chose vu la valeur ajoutée de cette assemblée qui ressemble plus à un EHPAD pour parlementaires et anciens ministres en fin de course.

Dictateur le Général ? Vous en connaissez beaucoup des dictateurs capables de faire cela ? N’hésitez pas à me donner les noms !

Claude Luçon

Pour mémoire Charles de Gaulle avait formé le Rassemblement du Peuple Français, RPF, c'était un parti politique.
Il a su travailler avec les partis politiques, PCF compris, avant que reprenne leur décadence débutée dans les années trente !
Ce que Philippe nous présente ici lu chez Arnaud Teyssier est un Charles de Gaulle pour qui "la France est bien au-dessus des partis et de la politique".
On pourrait y voir une suggestion de dictature ?

Il est temps de remettre et laisser Charles de Gaulle à la place qu'il mérite largement dans l'Histoire de la France, dans son passé !
Pétain se voulait le sauveur de la France, il se trompait, de Gaulle l'a été.

La France d'aujourd'hui n'est plus la France de 1940, encore moins celle de 1945.
Nos instituteurs, qui n'étaient pas encore des Professeurs des écoles, tout un symbole, nous enseignaient les droits et devoirs des citoyens, pas seulement les droits.
Le nivellement social se faisait sous forme du service militaire dont le but était de former chaque année 500 000 citoyens préparés à défendre le pays et sa grandeur. Aujourd'hui les citoyens font la guerre aux policiers et aux gendarmes plus français qu'eux au titre du : il est interdit d'interdire.
C'était sur cette base que Charles de Gaulle gouvernait mais avec un handicap quand Philippe Pétain a fait exploser ce qui unifiait cette ancienne France.

En 1940 toute la France croyait en Pétain, "toute la France", même Charles de Gaulle, le détonateur a été le discours de Pétain du 17 juin 1940, après le virus était planté. Le pays n'était pas au mieux, un variant, nommé Cohn-Bendit, apparut en 1968 et compléta le processus de destruction.
Le citoyen ne savait plus exactement ce qu'était la France.
Les valeurs du passé avaient été ébranlées, elles ne pouvaient que s'écrouler !

De Gaulle a voulu rendre à la France la dignité qui était la sienne, il l'a fait, mais sur du sable, sur de vieilles fondations dont l'armature de béton avait été corrodée.
Peu à peu, ENA aidant, cette corrosion s'est transformée en consommation, le citoyen a suivi et est devenu un consommateur, les Gilets jaunes nous l'ont confirmé !

Aujourd'hui la République se nomme Mélenchon, au moins d'après lui !
Aujourd'hui on nous offre Zemmour pour président !
C'est dans une autre France où nous vivons, pas celle de Charles de Gaulle !

Il va falloir que les Américains nous offrent une "Statue du Moi" à placer au sommet de l'obélisque de la place de la Concorde pour nous dire ce que nous sommes devenus grâce à la "me" génération et nous remercier de leur laisser l'exclusivité de la liberté citoyenne qu'ils partageaient avec nous et qu'ils ont cherché à nous rendre en 1944 !

"Emmanuel Macron ne cherche même pas à imiter de Gaulle !"

Pourquoi le ferait-il ?
Pourquoi pas Bonaparte ou Louis XIV ?
Nous sommes au XXIe siècle, le nouveau Christophe Colomb s'appelle Elon Musk et sa caravelle SpaceX.
Le smartphone a remplacé le cerveau du citoyen et sa capacité à penser, à réfléchir.

Nous pouvons et devons être fier de Charles de Gaulle, mais les temps ont changé !
La colonisation s'est inversée ! Nous sommes en voie de colonisation et pas seulement par les Africains et Maghrébins ! Les Espagnols et Libanais réussissent plutôt bien, en attendant Erdogan !
Nous sommes dans la France de Valls et Zemmour, pas mieux ! Ces deux-là ne savent même pas qui ils sont réellement, la confusion en exemple !
En attendant Marine Le Pen !
Il est grand temps que les Français se réveillent !

F68.10

@ caroff
"Oui, oui bien sûr, le Botswana a réussi à laisser à l'humanité des croûtes comme Tolstoï, Dostoïevski, Pouchkine en littérature et en musique des nains comme Stravinsky, Rachmaninov, Prokofiev et Chostakovitch, une façon de confirmer que le PIB est un indicateur d'une grande ineptie !!"

Ne vous faites pas plus bête que vous ne l'êtes. (Et là, franchement, je peux affirmer que vous ne pouvez être que moins bête que vous ne le laissez transparaître, et ce sans que le moindre doute ne vienne perturber mon état de transe ataraxique.)

Les premiers documents écrits sur le Botswana remontent au début du XIXe siècle. Le Botswana était un des pays les plus pauvres d'Afrique au moment de son indépendance. Et ce n'est pas peu dire.

Ce qui ne change rien, zilch, nada, au fait que la croissance économique du Botswana fut spectaculaire (bien que trop minière), que cela s'est fait sur un mode libre-marché et démocratie libérale adaptée de la mode UK. Et que cela a fonctionné. Et que ce pays est donc maintenant le pays africain qui a eu la plus grande réussite en terme de développement et ce de manière pratiquement autonome. En étant intraitable avec la corruption.

Et il a fallu pour cela battre politiquement les socialistes et les panafricanistes. Tout en gérant la relation avec le régime d'Afrique du Sud, à l'antiracisme bien connu.

Le PIB mesure quand même un minimum la sortie de la pauvreté. Ne dites pas qu'il ne signifie rien.

Il suffit de lire un bête graphique pour comprendre que le Botswana a fait les bons choix et que le Zimbabwe a fait les mauvais. Il n'y a aucun mystère. Les classements sur la liberté de la presse donnent l'Afrique du Sud en position 31, la France en position 34, et le Botswana en position 39. J'dis ça, j'dis rien.

Et avec la sortie de la pauvreté viennent aussi des changements sociaux. Et l'apparition d'écrivains que vous encensez tant. J'ai lu de la littérature africaine quand j'étais gamin dans mon potentat africain préféré, mais je ne prétends pas tout connaître. Très loin de là. Mais à l'heure actuelle, Bessie Amelia Emery Head est l'écrivaine motswana d'adoption qui semble la plus connue. Il ne tient qu'à vous de vous laisser tenter, hein... Je vous suggère Quand les nuages de pluie s'amassent. Cela vous dépaysera un peu.

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@ Tomas

Ravi de vous revoir. Je faisais un peu gauchiste de service en votre absence.

Lodi

Trop de gens sont infantiles : le but des citoyens ne devrait pas être que le pays soit "grand" mais libre. Ce qui n'a rien à voir : avec une vaste population et des richesses naturelles, il est possible d'atteindre à une certaine puissance nuisible pour tous, savoir liberticide pour les citoyens et impérialiste pour les peuples alentour.

Il ne faut ni croire que la puissance est tout ni s'imaginer qu'elle n'est rien : sans puissance, il est tout à fait possible d'être anéanti ou si on n'est pas héroïque, asservi par plus puissant que soi.
Une certaine puissance est une condition nécessaire mais non suffisante de liberté. Un désir de liberté est une condition nécessaire mais non suffisante de liberté.

Bref, il faut œuvrer à une montée en puissance des qualités nous permettant d'être libre.
Dans le même temps, il nous faut revendiquer les libertés à notre portée, comme celle d'expression. Riche ou failli, tout pays a le loisir de laisser ses citoyens s'exprimer.
Cependant on voit la grandeur tant matérielle que morale des Etats-Unis en ce qu'ils exportent un Internet porteur d'une liberté d'expression supérieure à celle de la France.

Tomas

Pas la peine de causer de de Gaulle, Marchenoir ne l'a pas trop mal fait. Le culte qui lui est voué est ridicule.

Parlons donc de Pompidou, l'homme qui a bétonné la France alors que le club de Rome venait d'exposer de façon lumineuse les limites de la croissance. L'homme qui a séché le ciment encore frais après la mort de de Gaulle de la Ve République qui réduit notre vie politique à la sélection d'un grand chef tous les cinq ans, a asphyxié le parlement et réduit les partis à des états-majors stratégiques, encourageant ainsi ce monarchisme autoritariste propre à notre pays.

Vous vouliez du régalien, vous en aurez encore: Macron annonce des embauches de policiers et proclame son intention de lutter contre la drogue, continue à taxer les prolétaires fumeurs de tabac tout en flattant le lobby des producteurs de vin rouge. Je n'ai rien contre l'alcool, mais je n'aime pas l'incohérence.

Quant à Retailleau, il n'y a plus que vous pour le mentionner, c'est très louable de votre part, finalement.

caroff

@ F68.10
"Vous êtes dur avec le Botswana. Il est nettement plus démocratique que la Russie. Et en terme de PIB par tête d'habitant, il n'a pas grand-chose à envier à la Russie."

Oui, oui bien sûr, le Botswana a réussi à laisser à l'humanité des croûtes comme Tolstoï, Dostoïevski, Pouchkine en littérature et en musique des nains comme Stravinsky, Rachmaninov, Prokofiev et Chostakovitch, une façon de confirmer que le PIB est un indicateur d'une grande ineptie !!

Mitsahne

@ Robert Marchenoir 19 :04 à 18h01

Votre superbe commentaire ne mérite que des éloges.
Charles de Gaulle s’est beaucoup plus battu contre les Français que contre les Allemands !
Fait prisonnier en 1915, il a passé le reste de la guerre dans les geôles allemandes.
En mai 40, on lui confie le commandement d’une division blindée reconstituée de bric et de broc avec mission de s’opposer à l’avance ultra-rapide des panzers. Avec bien des pertes, il retarde la progression allemande de quelques heures. On a appelé ce haut fait d’armes la victoire de Montcornet !

Le 17 juin, soit six jours avant l’armistice, il fuit en Angleterre. L’appel du 18-Juin dévoile aux Français incrédules un "moi, général de Gaulle…" inconnu (certains ont même cru à un pseudo du type Vercingétorix).
En juillet, il proteste mollement contre l’attaque anglaise qui détruit une partie de la flotte française à Mers el-Kébir (mort de 1 300 marins).

En septembre, avec une flottille britannique, il entreprend l’expédition de Dakar pour essayer de s’emparer d’une partie du stock d’or de la Banque de France. Il est reçu à coups de canons. En 1941, il attaque les troupes françaises de Syrie, plusieurs milliers de morts et blessés.
En décembre 1942, il couvre l’assassinat de l’amiral Darlan organisé par ses affidés.
Plus tard, il couvrira les deux tentatives d’assassinat du général Giraud, co-président avec lui du Gouvernement provisoire, son principal concurrent.

En 1944, Churchill et Roosevelt se gardent bien de l’informer du débarquement du 6 juin. Il ne sera pas invité à la conférence de Yalta. Mais, en octobre 44, il se précipite chez le camarade Staline pour discuter… du retour du chef du parti communiste français Maurice Thorez (déserteur en 1939 et condamné par un tribunal du Front populaire !). Staline en profite pour lui imposer la nomination de huit ministres communistes dans le futur gouvernement (Production industrielle, EDF-GDF, Presse, Education nationale, dockers etc.). Thorez est même nommé "ministre d’Etat" !

Il laisse les communistes diriger une épuration sanglante et aveugle où les exécutions sans procès (ou procès bidon) feront des dizaines de milliers de victimes.

Sa lutte contre l’AMGOT incite les industriels français à se précipiter en Allemagne pour récupérer les machines-outils qui ont échappé aux bombardements alliés. Je me souviens de ces délégations d’imprimeurs français qui se vantaient d’avoir été "impitoyables". Oui, mais le plan Marshall fut très profitable aux Allemands qui touchèrent ainsi des machines toutes neuves alors que les Français n’avaient récupéré que les vieilles machines.

Il démissionne en janvier 1946. L’année 1947 verra la CGT diriger les grèves insurrectionnelles (déraillements de trains, des dizaines de morts). Ce sera un ministre socialiste, Jules Moch, qui y mettra fin avec beaucoup de difficultés.

Il revient en 1958. C’est le « je vous ai compris ! » d’Alger et sa précipitation à vouloir conclure une paix avec l’Algérie algérienne. Abandon criminel des harkis (français), création des barbouzes et du SAC (crapules) pour lutter contre une OAS efficace, CDG est toujours à la tête du combat entre Français.

Mai 68 le désarçonne ; il se rend piteusement à Baden-Baden pour s’assurer de la fidélité des troupes de Massu, au cas où… Il démissionne encore un an plus tard après l’échec d’un référendum sur la réforme du Sénat.

Personne ne peut dire ce qu’aurait fait CDG devant la Covid-19. On peut raisonnablement penser qu’il aurait attaché moins d’importance au nombre de morts qu’à l’effondrement de l’économie française qui va durablement effacer la France des grandes puissances mondiales.
C’est vrai que "la grandeur de la France" fait sourire même les Belges qui sont plus fiers de leur Manneken-Pis que nous de notre Tour Eiffel !

Macron devra répondre un jour aux questions d’un Nuremberg français. À sa place je ferais des réserves de tilleul.

Mary Preud'homme

@ Exilé

Pétain s'est bel et bien couché servilement devant l'envahisseur et pour lui complaire a été jusqu'à signer et annoter le statut des juifs, y compris concernant ceux de nationalité française, tout en mettant nos forces de l'ordre (gendarmes et policiers) à contribution (et en porte-à-faux) afin d'exécuter ses sales besognes !
Ce qui a entraîné bon nombre de gens qui avaient confiance en lui, eu égard à ses antécédents de soldat, et censés obéir à des ordres (normaux) eu égard à leur statut (de fonctionnaire ou de militaire) au final à se déshonorer en apportant leur concours à des tâches indignes et honteuses. Ceux qui ont su résister et contrevenir au péril de leur vie à ces directives injustes et dégradantes étant d'autant plus méritants.

Denis Monod-Broca

@ Exilé

Oui, les hommes sont complexes. Et il est facile de juger 80 ans après tranquillement assis devant son clavier. Mais il ne s'agit pas de juger, il s'agit de réfléchir à ce qui s'est passé, d'interpréter récits et témoignages...
La bataille de France était perdue. L'armée aurait pu capituler. Les généraux n'ont pas voulu endosser cette responsabilité. Ils se sont cachés derrière le pouvoir politique qui a cédé à leur demande. Mais celui-ci aurait pu, par exemple, se réfugier en Afrique et continuer la guerre.
Pourquoi Pétain et Laval ont-ils cédé ?
Pourquoi ont-ils, dès octobre 40, sans attendre la demande des Allemands, édicté les lois anti-juives ?
Pourquoi, si leur but secret était de battre l'Allemagne avec l'aide des Américains, n'ont-ils pas organisé le départ de la flotte française vers un port ami ?
Etc. etc.

Le départ de de Gaulle à Londres, tout seul, le 17 juin 40, ne fut pas qu'un coup de bluff insensé.
Quand il dit le lendemain, "Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !", il dit vrai. Et comme il disait vrai, la suite lui donna raison.

Avec une réserve cependant. Quand il dit "foudroyés aujourd'hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là", il dit vrai aussi mais il dit tellement vrai que cette "force mécanique supérieure" est celle qui désormais domine le monde. Voulait-il cela ?

genau

Il y a comme ça des jours où on se sent petit, petit.
Aimer l'Anthologie de la poésie française ne fait pas oublier l'Art poétique de Pierre Boutang, un autre agrégé de philosophie au langage limpide, ni Jean Foyer et Edmond Michelet échangeant en Conseil des ministres des billets en vers grecs.

Se sentir tout petit quand un président maghrébin avance, par porte-parole, que la France a liquidé après 1830 tous les Algériens qui savaient lire et écrire alors que le pays connaissait au moins cinq langues ou dialectes régionaux à la fin de la domination ottomane, fait comprendre que face à un érudit aussi brillant, on pèse peu.

Je me demande également si un pharaon devait connaître la poésie grecque pour qu'un ïambe sortît de sa bouche, ce qui n'est pas invraisemblable, les Égyptiens ayant accepté la culture grecque comme la romaine, la chrétienne, la musulmane, la nassérienne, la soviétique etc. et malheureusement pas celle d'Anouar el-Sadate, mais je ne sais pas, malgré une longue fréquentation des distiques égyptiens.

Alors, vous pensez, les foucades de M. Macron, normalien raté, on est totalement dépassé. Quand le primaire hésite, le secondaire vacille, le supérieur tangue, seules les écoles tiennent bon, quand elles sont grandes, quand l'ENA se transforme en suppositoire à la glycérine, comment voulez-vous que sorte autre chose en librairie sur de Gaulle qu'une eulogie ?

Xavier NEBOUT

@ Achille
@ Denis Monod-Broca

L'histoire, donnez-vous la peine de la connaître autrement qu'en écoutant ou lisant les historiens "agréés" comme l'étaient les historiens soviétiques ou aujourd'hui les chinois.


Exilé

@ Denis Monod-Broca
« voir en Pétain un résistant, lui le collabo en chef, cela n'a pas plus de sens que d'appeler "paix" la guerre à la manière d'Orwell et de sa novlangue. »

Si nous nous en tenons aux définitions simplistes de « collabo » et de « résistant », vous avez raison, mais n'oubliez pas que comme l'avait rappelé François Mitterrand à Jacques Attali : « Il est impossible de comprendre cette époque si on ne l'a pas vécue. »

Les hommes sont également complexes.
Ainsi, d'après Jean-Marie Rouart : « Le maréchal est habité quant à lui par l’exemple de la Prusse défaite en 1806 par Napoléon à Iéna. Elle a signé un armistice avec son vainqueur pour se donner les moyens de prendre sa revanche. Moins de dix ans plus tard, ses uhlans ont occupé Paris aux côtés des Russes et des Autrichiens. Le maréchal a voulu l’armistice pour se donner le temps nécessaire à cette résurrection, et attendre, au moins, l’entrée en guerre des Américains. » (Ils voyagèrent vers des pays perdus)

F68.10

@ Robert Marchenoir
"Je commence à en avoir plein le dos de ces phrases ronflantes attribuées à saint de Gaulle."

Je vous suggère de vous détendre avec des citations de Saint Couchepin.

"Maintenant que de Gaulle est mort (ça fait un demi-siècle, je le signale), les Français marchent toujours sur l'eau en psalmodiant sur la grandeur de la France. Tandis que les indicateurs de chômage, d'illettrisme, de croissance, de déficit, de dette publique, de délinquance, de malhonnêteté et de corruption nous rapprocheraient plutôt d'un pays du Tiers-monde."

Mon opinion, exactement. Bien que le Tiers-Monde ne soit pas non plus ce qu'il était il y a 50 ans. Ce qu'on oublie systématiquement en France.

"Il n'y a guère que la Russie qui se la pète autant avec un bilan aussi désastreux. Comme disent les Russes dans leurs moments de lucidité, leur pays, c'est le Botswana avec des armes nucléaires."

Vous êtes dur avec le Botswana. Il est nettement plus démocratique que la Russie. Et en terme de PIB par tête d'habitant, il n'a pas grand-chose à envier à la Russie. Une situation qu'il doit à Seretse Khama, qui a réussi à balayer les socialistes et les panafricanistes pour pousser une culture démocratique à l'anglo-saxonne. Un des rares pays africains vraiment noir où on peut parler de réussite sans trop chipoter. Le monde se développe très vite, et le capitalisme, ça marche. Comme à Gaborone.

"La France n'a aucune grandeur. C'est un petit pays, une puissance moyenne, qui pourrait être un paradis si seulement elle ne pétait pas plus haut que son c..., avec sa "grandeur"..."

Surtout qu'on ne fera pas le poids seul face à des acteurs comme la Chine. Petite donnée miniature qui pèse 1,4 milliard d'individus. Une broutille qu'on ignore en France, mais qui met quand même une petite épine dans le pied au discours souverainiste, qu'il soit de gauche ou de droite.

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@ Tipaza
"...les pays comme la Russie ou la Chine qui ont encore cet esprit de Nation libre et souveraine."

Cela me fait de la peine de devoir vous le dire, mais c'est là une vue de l'esprit complète. Parlez-en aux Hongkongais de la "liberté", aux Taïwanais de la "souveraineté", et aux Australiens du rôle positif de la Chine dans les domaines géopolitiques et économiques. Sans même parler de l'Afrique orientale, où les délires chinois sur le barrage sur le Nil sont à deux doigts de faire rentrer l'Égypte en guerre... La Chine est un véritable danger. Et ce n'est en aucun cas un pays libre. Xi Jinping n'est pas Deng Xiaoping. Du tout.

Vous voulez une seule bonne raison de mettre en place des cours supranationales ? Régler les différends sur la gestion des cours d'eau. Comme le Nil. Sans droit international, c'est un sujet qui peut déclencher des guerres. Quand des pays n'ont plus de flotte, ils prennent les armes.

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@ Ninive
"Cher F68.10 ne vous faites pas plaisir en décortiquant ce commentaire, merci."

À votre service.

Denis Monod-Broca

@ Robert Marchenoir

"Mais on s'en tape, de la grandeur de la France !" dites-vous. Vous devez vous régaler, vous, à l'heure qu'il est, de la petitesse de la France, de sa paralysie, de son impuissance. À moins que cela ne vous suffise pas encore. À moins que que vous la vouliez réduite à rien... Mais à quoi bon, alors, en écrire de telles tartines ? Mettriez-vous un point d'honneur à participer à son abaissement ?

Robert Marchenoir

Je commence à en avoir plein le dos de ces phrases ronflantes attribuées à saint de Gaulle. Qu'est-ce que c'est que cette histoire de la France au-dessus des partis ? Ce que veut dire cette formule en réalité, c'est que de Gaulle s'estimait au-dessus des partis. Et s'il s'estimait au-dessus des partis, c'est parce qu'il était un dictateur.

Un chef d'État qui prétend se passer des partis, c'est un chef d'État qui fait l'économie de la démocratie. Je ne connais aucun pays libre dépourvu de partis politiques.

Preuve en est l'emploi extraordinairement pervers que fait de Gaulle du référendum. Un référendum, ça sert à décider si l'on veut installer un tramway à Tartemolle-sous-Brouchizon. Ou bien si l'on veut autoriser des immigrés à s'installer en France. Ça ne sert pas de plébiscite superfétatoire à l'élection présidentielle : vous ne voulez vraiment pas construire des urinoirs publics devant la mairie ? vous êtes sûrs ? eh bien ! puisque c'est comme ça, je m'en vais, na ! débrouillez-vous sans Moi.

Les "jeux pervers des ambitions, des compromis et de la petitesse morale", c'est exactement ce à quoi s'est employé le général de Gaulle tout au long de sa carrière. S'il s'en était abstenu entre 1940 et 1945, peut-être ne vivrions-nous pas, aujourd'hui, sous l'oppression d'un système proprement communiste. Peut-être ne se serait-il pas donné le ridicule de faire tout ce cinéma pour, finalement, prendre ses cliques et ses claques et se barrer dès 1946.

Après avoir copieusement pris le chou à Roosevelt et Churchill tout au long de la guerre, ce dernier parlant, avec son homologue américain, de "notre cauchemar commun". Et pourtant, c'est Churchill qui fut son plus grand défenseur, c'est dire !

De Gaulle a constamment mis des bâtons dans les roues de la Résistance et de nos alliés, dans le seul but de se voir porter au pouvoir sans élections à la Libération. Il a passé son temps à magouiller dans le seul but de satisfaire ses ambitions personnelles. Et une fois celles-ci satisfaites, pfuîtt ! Je me barre ! C'est trop compliqué pour moi !

Ce coup du "retenez-moi ou je m'en vais", il l'a fait cent fois au cours de sa vie. Particulièrement au cours de sa carrière de soi-disant résistant, précisément au moment où faire l'imbécile de cette manière était le plus malvenu. Et, à deux reprises au moins, en 1946 et en 1969, il a perdu à ce jeu de c...

Puis-je savoir ce que nous devons au général de Gaulle, exactement ? La grandeur de la France ? Mais on s'en tape, de la grandeur de la France ! Ce slogan n'est qu'un cache-sexe pour l'ambition personnelle démesurée du personnage.

La France n'a aucune grandeur. C'est un petit pays, une puissance moyenne, qui pourrait être un paradis si seulement elle ne pétait pas plus haut que son c..., avec sa "grandeur", justement. Les Allemands parlent-ils de la grandeur de l'Allemagne ? Les Anglais de la grandeur de l'Angleterre ?

Non, ils se contentent de tenter de régler leurs problèmes. C'était déjà assez ridicule de parler de la grandeur de la France du temps du général de Gaulle, alors qu'il s'agissait de maquiller ce qui était manifeste aux yeux de tous : nous avons perdu la guerre par notre faute, et il a fallu les Anglais, les Américains et les Russes pour nous sauver.

Après quoi, on aurait pu penser qu'un peu de modestie était à l'ordre du jour, mais non : grandeur ! de ! la ! Frônce !

Maintenant que de Gaulle est mort (ça fait un demi-siècle, je le signale), les Français marchent toujours sur l'eau en psalmodiant sur la grandeur de la France. Tandis que les indicateurs de chômage, d'illettrisme, de croissance, de déficit, de dette publique, de délinquance, de malhonnêteté et de corruption nous rapprocheraient plutôt d'un pays du Tiers-monde.

Il n'y a guère que la Russie qui se la pète autant avec un bilan aussi désastreux. Comme disent les Russes dans leurs moments de lucidité, leur pays, c'est le Botswana avec des armes nucléaires.

Nous, on n'a même pas cette lucidité-là. Quand j'entends les vieux tromblons de la réaction (et aussi les jeunes) se féliciter que de Gaulle nous ait sauvé de l'AMGOT et de la monnaie d'occupation, je me dis que nous nous porterions infiniment mieux, aujourd'hui, si de Gaulle avait été mis aux arrêts par les Anglais, et si les Alliés avaient effectivement instauré un régime militaire d'occupation à la Libération.

Au moins, les communistes ne seraient pas arrivés au gouvernement, et, après quelques années, nous aurions eu une chance de nous retrouver au niveau de l'Allemagne ou du Japon -- lequel s'est pris deux bombes atomiques dans la figure, je le rappelle, pas simplement les tapis de bombes classiques sur les gares et les usines, dont des ingrats qui n'étaient même pas nés à l'époque osent se plaindre aujourd'hui.

Au demeurant, si saint de Gaulle l'avait ramenée un peu moins durant la guerre, peut-être la stratégie de Churchill aurait-elle prévalu, et le débarquement aurait-il eu lieu par le sud de l'Europe et par les Balkans. Ce qui aurait eu à la fois, pour résultat, de limiter l'emprise soviétique en Europe au lendemain de la guerre, et d'éviter des bombardements alliés à la population française.

Entendez-vous parler de la "grandeur du Japon" dans les cercles diplomatiques aujourd'hui ? Non, et cela n'empêche pas ce pays de nous avoir successivement humiliés avec ses appareils photo, puis ses automobiles, références mondiales en matière de robustesse et de qualité.

Et la France du général de Gôl, elle a fait quoi ? Elle a inondé le monde de ses Concorde -- ah non, zut, échec commercial spectaculaire autant que coûteux, et même, in fine, mortel. Elle a inondé le monde de son système de télévision en couleurs SECAM -- ah non, zut, personne n'en a voulu, sauf les Soviétiques, tu parles d'une référence ! Elle a inondé le monde de ses ordinateurs -- ah non, zut, échec spectaculaire autant que coûteux du Plan Calcul. Elle a ébloui le monde avec sa marine marchande -- ah non, zut, le France a été lancé juste au moment où l'essor des liaisons aériennes signait l'arrêt de mort du paquebot commercial. Et ne parlons pas des efforts répétés, et couronnés de succès, de la CGT pour ruiner la marine marchande française.

CGT dont la toute-puissance avait été garantie par... un certain de Gaulle, et son alliance avec Staline et les communistes.

Donc il reste quoi, au juste ? Un siège au Conseil de sécurité. Quant à l'arme atomique et à la prépondérance de l'énergie nucléaire, que l'inconscient français attribue souvent au général de Gaulle, les décisions essentielles les concernant ont été prises alors qu'il n'était pas au pouvoir.

On peut même soutenir que de Gaulle a été un obstacle à l'adoption de l'arme nucléaire, les communistes auxquels il avait ouvert la porte du gouvernement y étant opposés, par connivence avec l'URSS.

On peut se demander à quoi nous a servi notre position éminente à l'ONU. Les Pays-Bas, le Danemark, l'Allemagne, la Suisse, le Japon, la République tchèque, la Nouvelle-Zélande et bien d'autres autres n'ont pas le fameux siège permanent au Conseil de sécurité, et pourtant, la vie y est infiniment plus plaisante qu'en France, selon des critères objectifs.

Je passe sur la comédie algérienne. Si la décolonisation avait été menée différemment, non seulement nous ne porterions pas la tache éternelle du massacre des harkis, mais le rapport de force avec l'Algérie serait un peu plus équilibré aujourd'hui, et les maux de l'immigration moins prononcés.

Mai 68 ? Le général de Gaulle s'est viandé. Il n'a rien compris. Il était dépassé, c'est Pompidou qui s'est cogné le dossier.

De Gaulle, c'est comme Poutine : c'est le guignol qui, par vanité personnelle et aveuglement historique, bloque l'évolution de son pays et l'empêche de corriger ses erreurs. Le rôle du fantôme gaullien est, en tous cas, certainement celui-là aujourd'hui.

La preuve : de l'extrême droite à l'extrême gauche, tout le monde est gaulliste, de nos jours ! C'est absurde : s'il n'y a pas quelque différence fondamentale entre les partis, alors à quoi servent-ils ? La défroque gaulliste est ce qui permet de remplacer l'action, éventuellement douloureuse, par le blablatage.

Ce qui est extraordinaire avec de Gaulle, c'est que c'est un farceur, un Raoult. Il dit exactement le contraire de la vérité. Il prétend incarner la Résistance, mais il s'emploie à saboter les efforts de guerre des Alliés. Il prétend défendre les intérêts de la France, mais il ne cache pas son mépris pour les Français (les "veaux").

De Gaulle, c'est le comédien par excellence. Dans un documentaire hagiographique de Stéphane Bern, différentes éminences spécialistes du personnage évoquent cette qualité. Sans s'aviser que comédien, c'est synonyme de menteur. On ne peut pas, à la fois, vanter les qualités de comédien de de Gaulle, et le considérer comme un grand homme d'État... c'est l'un ou l'autre.

Jean-Louis Debré, dans ce documentaire, parle du général avec des trémolos dans la voix. On dirait une gamine évoquant une idole de la chanson. A l'époque, il était président du Conseil constitutionnel.

Le film se termine avec Stéphane Bern lançant quelques mots de conclusion, juché au milieu des airs, minuscule, sur la barre de la croix de Lorraine géante de Colombey-les-deux-Églises. Un drone en fait le tour. Profond malaise face à ce monument obscène, démesuré, guère différent d'un mémorial fasciste ou nazi.

Ninive

Macron est l'exemple d'un mauvaise herbe qui a poussé sur le terreau malpropre de ses deux prédécesseurs.

Monsieur Philippe Bilger vous écrivez "Depuis des années, on est confronté à cet insupportable paradoxe d'une vie parlementaire exsangue, d'une monarchie apparemment républicaine et, en définitive, du triomphe de partis démonétisés pour la plupart, d'intérêts particuliers et d'une démocratie impuissante."

Vous êtes donc en accord avec certains de vos commentateurs qui s'évertuent, chacun à leur manière, depuis des années, à dénoncer le massacre de notre société.

Nous sommes nombreux à espérer encore l'arrivée d'une nouvelle démocratie qui devra balayer les hommes actuellement accrochés, depuis trop longtemps, au pouvoir et qui s'en servent pour satisfaire leurs folies égoïstes, perverses et antinationales.

P.-S.: Cher F68.10 ne vous faites pas plaisir en décortiquant ce commentaire, merci.

Denis Monod-Broca

@ Xavier NEBOUT

On ne connaît le passé qu'à travers des récits et des témoignages. Il est donc légitime de chercher toujours à les ré-interroger, à les ré-interpréter. Mais tout de même... voir en Pétain un résistant, lui le collabo en chef, cela n'a pas plus de sens que d'appeler "paix" la guerre à la manière d'Orwell et de sa novlangue. À quoi et à qui a-t-il bien pu "résister" votre cher maréchal ?

Achille

@ Xavier NEBOUT | 19 avril 2021 à 16:56

On n’a manifestement pas appris la même Histoire de France.
La vôtre provient sans doute de la bibliothèque privée du FN… :)

Marc Ghinsberg

Dans ce billet vous écrivez : « Par sa vision qui offre des enseignements pour aujourd'hui, notamment celui-ci qui est capital et que je résume à ma manière : la France est bien au-dessus des partis et de la politique. On ne peut véritablement être à son service que si on abandonne les partis. » et plus loin : « Pour lui (De Gaulle), l'élection présidentielle au suffrage universel et la validation par le référendum de lien de confiance ou non avec la communauté nationale constituaient le socle à partir duquel se construisait une République honorable, digne de la hauteur à laquelle il plaçait le destin de son pays. »

Pour éviter le régime des partis qui a paralysé la IVe République vous oubliez un troisième élément, en plus de l’élection du président de la République au suffrage universel et du référendum, le mode de scrutin.

Dans ses Mémoires d’espoir, De Gaulle écrit à propos du mode de scrutin choisi en 1958 : « Afin d’avoir une majorité, il faut un scrutin majoritaire. C’est ce que décide mon gouvernement (…), rejetant la représentation proportionnelle, chère aux rivalités et aux exclusives des partis mais incompatible avec le soutien continu d’une politique, et adoptant tout bonnement le scrutin uninominal à deux tours ».

Ce serait une inconséquence que de se réclamer du projet gaullien et de prôner le scrutin proportionnel.

Achille

@ F68.10 | 19 avril 2021 à 16:02
« Il y a donc plus inquiétant pour la clique à Macron, comme sondage. »

On est bien d’accord sur ce point. D’autant que ses deux prédécesseurs n’ont jamais eu une cote aussi bonne à un an de la présidentielle : Sarkozy 28 % qui a été battu et Hollande 14 % qui a renoncé à se représenter…

Tipaza

"Qu'ils voudront, qu'ils sauront se délier de l'emprise délétère des partis et de la courte vue pour appréhender l'avenir dont on leur aura confié la charge." (PB)

Une belle phrase qu'aurait pu signer le Général.
C'est donc une phrase d'un autre temps, d'un passé révolu.
Les partis n'existent plus sinon en représentation sur la scène médiatique.
Quant à l'avenir, il y a déjà quelque temps que nos dirigeants successifs depuis Giscard, ont renoncé à le penser, pire même, à l'imaginer.
L'avenir à appréhender est un lourd fardeau, c'est par la capacité à le porter qu'on fait la différence entre l'homme d'État et le vulgaire gestionnaire du quotidien.
Nous n'avons plus d'homme d'État, et donc notre avenir a été sous-traité à une structure techno-politico-administrative nommée pompeusement l'Union européenne, dont on ne sait même plus qui est le chef ou la cheffe.

Il faut conserver de De Gaulle, non pas la lettre de son action, mais ce qui l'a inspiré, la grandeur, la souveraineté, de la France. Il n'y a pas de grandeur sans souveraineté.

Pour cela il faut se débarrasser des liens qui entravent cette souveraineté.

Il n'y a plus de partis, mais il y a une multitude de Cours depuis le Conseil constitutionnel, le Conseil d'État, la Cour de cassation et autres Cours européennes qui sont encore pires que nos Cours, et d'une nuisance absolue.
C'est de l'entrave de ces Cours qu'il faut se débarrasser.

Le propre des Cours de justice quelles qu'elles soient est de dire le droit, de le dire justement ou faussement, à la limite peu importe.
Leur mission n'est pas d'appréhender l'avenir, pas même de l'imaginer.

Elles ont le nez sur le présent des traités et des lois, incapables qu'elles sont de sentir l'évolution historique des sociétés, figées qu'elles sont par l'idéologie individuelle des droits de l'Homme, et les lois d'un marché qui se veut universel.
Elles sont incapables, ces Cours de justice toutes-puissantes de voir la contradiction fondamentale des concepts sur lesquels elles s'appuient.
Et c'est ce présentisme, auquel elles adhèrent, qui conditionne notre avenir, c'est dire si le mur du tragique de l'Histoire s'approche rapidement.

Je pense que c'est par là que l'Union européenne s'effondrera, ce dont je me réjouis, mais également la France, ce dont je ne me réjouis pas, mais dont j'espère un rebond.
À moins que l'Islam conquérant ne la fasse disparaître pour une autre nation.

De Gaulle avait conscience du danger du juridisme universaliste, lui qui traitait l'ONU de machin et qui s'est toujours méfié du pouvoir d'instances non nationales.
Depuis Giscard c'est l'inverse qui se passe avec une soumission totale à toutes les instances internationales, et la vanité de vouloir sanctionner les pays comme la Russie ou la Chine qui ont encore cet esprit de Nation libre et souveraine.

Xavier NEBOUT

@ Achille
"chef suprême de la Résistance entre 40 et 45"

La vraie Résistance était celle que menait Pétain, à commencer par un armistice inespéré, une armée d'Afrique et de l'Empire en bon ordre d'attente, et qu'il fallait décapiter avec l'assassinat de Darlan.

P.-S.: la guerre d'Indochine a commencé lorsque l'administration française a été désavouée par celle de la "Libération".

F68.10

@ Achille
"C'est curieux cette manie de toujours vouloir comparer les présidents en exercice au Général."

Exact.

"Emmanuel Macron ne cherche même pas à imiter de Gaulle, nous dit Philippe Bilger."

Et je pense qu'il fait très bien de ne pas imiter de Gaulle. La personnalisation du pouvoir est une plaie. Un président doit présider. Pas gouverner. Ce sont les partis qui à mon sens sont coupables de tout faire pour ne jamais s'entendre sur des points d'action concrets.

"...il [De Gaulle] s'est résigné à démissionner en 1969 suite au Non au référendum sur la régionalisation et la réforme du Sénat."

Référendum où les Français ont très mal voté.

"Mais qui peut dire ce que ferait de Gaulle aujourd'hui, dans une société qui n'est absolument pas comparable à celle des années 60 ?"

Il se battrait avec son compte Twitter. Ça le changerait de l'Office de Radiodiffusion Télévision Française, tiens...

"Macron n'est pas de Gaulle. Il n'a pas son prestige de soldat formé au combat. Mais à ce jour, les sondages indiquent que personne n'est en mesure de prendre la relève dans l'opposition dont les gesticulations sont bien en peine de laisser entrevoir une victoire d'un de leurs prétendants que ce soit à droite et surtout à gauche où la situation tourne au burlesque."

J'attends justement que l'opposition cesse les gesticulations.

37% de Français satisfaits à la date du 18 avril 2021, selon le Journal du Dimanche. (Qui, comme d'habitude, ne fournit pas de lien vers le document dudit sondage... faut toujours aller chercher toutes les données avec les dents... pour tomber sur un powerpoint immonde qui ne s'ouvre pas naturellement sur toutes les machines, comparativement à un joli PDF ou à des données proprement structurées en libre accès...)

Il y a donc plus inquiétant pour la clique à Macron, comme sondage.

boureau

"De Gaulle-Pompidou : le parti de la France... et Emmanuel Macron ?"

Tout simplement celui "de l'étranger" cher P. Bilger.
En d'autres termes, celui de la mondialisation !

À visionner, l'interview donnée par Macron à CBS ! Édifiante.
Comme me l'a dit un ami :"Ce type est à vomir bien que président !"

Cordialement.

Xavier NEBOUT

De Gaulle a commencé à être digne d'éloges lorsque c'est Pompidou qui a gouverné.

Avant, nous avons eu un chef militaire catastrophe qui, à la tête d'une division dont pas un seul membre ne l'a suivi à Londres, nous a fait perdre la dernière chance que nous avions de nous en sortir en 40.
Une canaille qui a approuvé l'assassinat de Darlan, a limogé le Général Prioux, a provoqué la catastrophe de l'épuration en reniant Pétain au profit des communistes, un imbécile qui a provoqué la catastrophe en Indochine en y nommant d'Argenlieu, puis la catastrophe en Algérie au moment où Soustelle nous sortait du guêpier, jusqu'au paumé qui est arrivé un jour chez son copain Massu.

Pendant que Pompidou, qui aura été le meilleur président que nous ayons eu, a magistralement fait le boulot.

À ce jour, avec tout ce qui transpire de partout, la question se pose de savoir si MLP n'a rien de mieux à faire que se taire pour être élue au premier tour.

P.-S.: on entend parler du Général de Villiers comme candidat, mais le pauvre est si pâle, que s'il sort son képi pour saluer, quelqu'un va lui filer un pièce dedans.

Patrice Charoulet

Cher Philippe,

J'imagine que le livre que vous venez de lire sur de Gaulle et Pompidou est plein d'intérêt. Vous lisez plus vite que moi. Je ne lis que dix pages par heure, la plume à la main et plusieurs dictionnaires à côté de moi.
L'immense général de Gaulle fait maintenant l'unanimité : même Régis Debray, ancien guévariste, puis conseiller de Mitterrand, lui a consacré un livre élogieux.

Curieusement, Pompidou a moins de laudateurs. C'est injuste. Quel esprit, quel orateur, quelle force, quel chef ! Ce n'est pas le fumeur ou l'automobiliste, cher sbriglia, qui mérite mon admiration. Le major de l'agrégation de lettres classiques était, vous le devinerez, à mes yeux, un assez bon présage. De Gaulle, quand Pompidou était inconnu de la plupart des Français, a su juger le niveau, les capacités, l'avenir de cet homme de l'ombre comme il convenait.
On parle toujours de gaullisme. On a oublié une chose : Chirac et les siens étaient tous des bébés Pompidou. Chirac avait une vive admiration (justifiée) pour Pompidou.

Je voudrais terminer par une considération que l'on trouvera sotte, mais j'y tiens. Faites une expérience : trouvez sur Google en cliquant "images" vingt photos de Pompidou (à vingt ans, trente ans, quarante ans).
Et dites-moi si un homme avec cette tête-là pouvait être de gauche, au PS par exemple, ou écolo. Je sais qu'on ne choisit ni son nom, ni son pays, ni sa famille, ni sa tête. Mais je maintiens ma question. Il ne pouvait pas être de gauche. Et il ne le fut, heureusement, pas.

xavier b. masset

Georges Pompidou, en bon grammairien romain, n'avait pas peur de la mediocritas, la sanction du juste milieu.
Pas de dictature d'un je ne sais quel extrême-centrisme, une prime à la simplicité, à l'efficacité - mot du commerce duquel on nous a dépris.

Un consolidateur né.
Peut-être aussi un consolateur, sans trop de glisse sur les mots, une épaule, sur laquelle de Gaulle aimait laisser reposer, ou faire rouler selon les saisons, la grosse pierre de verre, taillée dans les larmes de la Troisième République, qui scellait le tombeau de la France.

Londres, Uriage, le Vercors, les catacombes de Denfert-Rochereau, la montagne bourbonnaise, voiles et vapeurs claquées ou fusionnées en plein ciel, le disciple bien nommé, atténuateur des Pomp and Circumstances de la Ve République, discret ordonnateur des quinze glorieuses stations thermales de sa résurrection.

Emmanuel Macron est toujours ce même banquier, mais dématérialisé, déterritorialisé, les hephthémimères des pieds de la métrique de sa présidence se jettent sur les adjectifs de son discours, comme des sauterelles d'une plaie d'Egypte ou du Liban, plutôt, sur un bout d'iambe sorti de la bouche d'une doléance de Pharaon.

Plus rien n'est simple, car tout devint smart.
Même le Middle-man, l'Homme moyen Joe Biden, complexifie son articulation de jour en jour, semble être sur le point de pouvoir parler bientôt, d'exprimer quelque chose.

Avec l'avènement des monnaies cryptées, Coinbase centralement entre en bourse aujourd'hui à Wall Street, valeur et échange, comme des abeilles, voient se transformer leur maître.
Le capital est encore là, les biens financiers comme culturels, au temps pompidolien, n'avaient pas peur de la transmission, sa démonétisation, celle que vous notez, plus seulement psychologique, mais bien physique, accomplie, aussi.
Tout semble pris dans les glaces d'un hiver inattendu.
Les smart contracts seraient l'avant-garde de nouveaux contrats sociaux qui, selon l'adage, resteraient les mêmes, plus ça mange, plus les plats et recettes sont identiques.

Notre président est comme un Père-la-Victoire-de-la-Dette, attisant la jalousie des opposants de gauche qui rêvèrent d'incarner cet homme providentiel, nourrisseur au coeur de la pénurie, fournisseur de chaume à chaque toit, redistributeur des allumettes de l'ancien socialisme suédois, lare républicain pendu à la crémaillère de chaque foyer, exécuteur par provision, puisque l'Etat n'est en effet plus qu'un guichet.

Le wokisme cherche de facto à changer de peuple, les politiciens en prennent bonne note, les partis, morts, ne servent même plus à mener et maintenir quelqu'un à la victoire électorale, tout peut se zadiser d'un jour à l'autre, un pirate ici, un corsaire là, chacun sa niche, qui a le plus gros nid remporte la mise, faites vos jeux.
Video, vinco, sans se donner la peine, nouvelle jouissance, de venir, comprenne qui voudra.

Achille

"Emmanuel Macron ne cherche même pas à imiter de Gaulle !" (PB)

C’est curieux cette manie de toujours vouloir comparer les présidents en exercice au Général.
Personne aujourd’hui ne possède son aura de soldat, capitaine pendant la guerre 14-18, puis chef suprême de la Résistance entre 40 et 45, qui a dû batailler ferme pour défendre sa légitimité de chef de la France libre face à Churchill et surtout Roosevelt qui n’a cessé de lui mettre des bâtons dans les roues.

Qu’aurait fait un autre président pour mettre un terme à la guerre d’Algérie qui lui a valu d’être victime d'un attentat auquel il a réchappé par miracle ?
Une fois président il a réussi a rebâtir la France, mais déjà son étoile commençait à pâlir.
Mai 68 l’a totalement décontenancé, au point qu’il est parti à Baden-Baden voir son ami le général Massu pour s’entretenir de la solution à opter afin de mettre fin à la "chienlit", laissant son Premier ministre avec le bébé sur les bras.
La solution n’était certainement pas de faire intervenir les chars, mais tout simplement la dissolution de l’A.N., solution proposée par Georges Pompidou qui a su prendre en main une situation qui confinait à la guerre civile.

Finalement désavoué par sa majorité, y compris ses plus proches collaborateurs (et notamment Giscard), il s’est résigné à démissionner en 1969 suite au Non au référendum sur la régionalisation et la réforme du Sénat.

Emmanuel Macron ne cherche même pas à imiter de Gaulle, nous dit Philippe Bilger.
Mais qui peut dire ce que ferait de Gaulle aujourd’hui, dans une société qui n’est absolument pas comparable à celle des années 60 ? Certainement pas ceux qui se réclament du gaullisme et qui ne sont que de pâles copies du fondateur de la Ve République.
Certainement pas MLP, la fille de celui qui a combattu le Général tout le temps qu’il était au pouvoir.
Certainement pas un des leaders de LR qui déjà commencent à se tirer dans les pattes à l’approche de l’élection présidentielle.

Macron n’est pas de Gaulle. Il n’a pas son prestige de soldat formé au combat. Mais à ce jour, les sondages indiquent que personne n’est en mesure de prendre la relève dans l’opposition dont les gesticulations sont bien en peine de laisser entrevoir une victoire d’un de leurs prétendants que ce soit à droite et surtout à gauche où la situation tourne au burlesque.

Giuseppe

Deux mondes à la charnière (https://www.lemonde.fr/vous/article/2011/05/21/la-porsche-de-monsieur-pompidou_1525372_3238.html), Mongénéral était né au XIXe siècle, Pompidou incarnait le souffle des James Dean et de toute cette génération qui voulait rattraper le temps perdu, et puis vinrent ceux qui n'avaient plus de temps à perdre: Giulietta è una delle protagoniste dell'ultimo episodio della saga Fast & Furious.
Le charme des Italiennes, Parfum de femme et tant d'autres, nous avons été gâtés, l'accès gratuit aux études supérieures pour toute une génération de "gitanos".

Denis Monod-Broca

Il y a eu de Gaulle et Pompidou et puis plus rien.
Dès Giscard a prévalu, en France, l'idée que la France ne comptait plus, qu'elle était trop petite, qu'elle avait encore une "identité" comme les cadavres de l'Identité judiciaire mais qu'elle n'était plus rien, que d'ailleurs, les événements obéissant au "sens de l'histoire", s'y opposer ne rimait à rien...
Dès Giscard c'est-à-dire dès l'arrivée de "la gauche" au pouvoir, nos princes de la politique et des idées ont fui le réel, se bâtissant des théories qu'ils ont prises pour la réalité...
Saurons-nous à nouveau un jour nous colleter avec la réalité, avec la vraie réalité, avec la réalité réelle ?
Saurons-nous à nouveau un jour ce que penser, parler, agir veulent dire ?

sbriglia

J’ai eu vingt ans en 1969...

Ma génération a connu Kennedy, le premier homme sur la Lune, Mai 68 et a été imbibée par ses pères de la guerre et de la reconstruction.

La France de Pompidou ne reviendra jamais. La réponse de Pompidou sur l’affaire Russier nous fit redécouvrir Eluard...

Un agrégé de lettres qui n’hésitait pas à cloper sec, à conduire des voitures de sport, à appeler son épouse Bibiche au milieu de tapis à la Vasarely n’était pas forcément un mauvais président.

Exilé

Un contre-exemple absolu : le pillage cynique et précipité, pour la sécurité et le régalien, par le président Macron

Monsieur Macron fait n'importe quoi, tout et son contraire, à seule fin de naviguer sur la mode et de faire parler de lui, sans se préoccuper des conséquences catastrophiques éventuelles que son agitation écervelée peut entraîner.

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