« Entre le pouvoir ou les militaires, où est le courage ? | Accueil | Entretien avec David Lisnard »

13 mai 2021

Commentaires

Giuseppe

Relire Malraux - le magnifique - et tomber sur ces lignes qui valent leur pesant de pistaches :

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/etonnant/article/la-nouvelle-imposture-de-bhl-69619

Comment, mais comment donc cet intrus dans les lettres peut-il donner des leçons, parader encore et toujours dans des médias complices, étaler une pensée sans âme, un vécu de pacotille, un falsificateur de l'action ?

Comment ?

Aliocha

En parlant comme elle le fit, M.-F. Garaud parlait du pays plus que de son président, j'en ai bien peur, pays qui ne sait plus que se dénigrer, ayant perdu ce que Macron tente de lui réinsuffler, une confiance en ce que pourtant il est, l'âme d'une Europe réconciliée, en d'autres termes être gaulliste, ce que les gaullistes, hélas, ont oublié en faisant du gaullisme un esprit partisan, il n'est pas inutile de répéter la parole essentielle que les amnésiques sacrificiels ont tout intérêt à oublier :

"Nous, nous sommes ce pays-là. C'est conforme au génie de la France. Nous n'en sommes plus à la domination et à vouloir l'établir. Mais nous sommes le peuple fait pour rétablir, aider la coopération internationale. C'est ça notre ambition nationale aujourd'hui. Et faute de cela nous n'en aurions aucune. Mais il nous en faut une. Et celle-là nous l'avons. Elle est pour le bien de l'Homme. Elle est pour l'avenir de l'humanité. Et il n'y a que la France qui puisse jouer ce jeu-là. Il n'y a que la France qui le joue."(Deuxième entretien avec Michel Droit, 1965)

Repos, guerrières et guerriers, la guerre est finie, il faudra bien un jour savoir faire la paix :

https://www.youtube.com/watch?v=Yd9bZr_0XjM

Mary Preud'homme

Avec toujours un coup d'avance, celle qui avait vu juste durant la campagne présidentielle de 2017 :

"J'ai le sentiment que Monsieur Emmanuel Macron n'a ni amour-propre, ni lucidité. Il étale ses faiblesses avec un extraordinaire masochisme. Il a un petit côté chien battu. Il ne respecte pas la France et il est même en train de détruire le support de son existence politique."
(Marie-France Garaud, avril 2017, Figaro Politique)

hameau dans les nuages

@ Giuseppe | 17 mai 2021 à 13:58

J'ai encore celle de mon père qu'il avait achetée au sous-sol du Bazar de l'Hôtel de Ville dans les années... Mon Dieu...
Il lui en manque des lames à la vielle pour pouvoir vibrer correctement !

F68.10

@ Robert Marchenoir
"En d'autres termes, Michel Onfray est un imposteur. C'est le Didier Raoult du monde intellectuel. Comme pour ce dernier, il y a une forte demande..."

Je n'ai jamais vraiment considéré Onfray comme un intellectuel sérieux. Je cautionnais son rôle il y a dix ans quand, au-delà de son tropisme socialiste libertaire que vous avez justement mentionné, il faisait une sorte de pop-philosophie qui avait quand même le mérite de tirer ses ouailles intellectuellement vers le haut. (L'anarchisme ou le socialisme pré-marxiste du XIXe est quand même à mes yeux un peu plus estimable que le communisme qui lui a succédé: je ne mets pas un Proudhon et le milieu des artisans anarchistes autodidactes du XIXe au même niveau de condamnation morale qu'un Lénine.)

J'aurais pu lui passer ce que vous appelez son socialisme libertaire et sa façon d'aller à la soupe chez Bernard-Henri Lévy: c'est un peu justement "la Règle du jeu" en France...

Mais depuis dix ans, je ne peux que déplorer son évolution. Ce qui ne m'empêche pas de me réjouir du fait qu'il mène un guérilla contre ceux qui sont maintenant ses ennemis intellectuels: il a raison de le faire. Je ne peux malheureusement que tristement constater que ce n'est plus un allié intellectuel comme il le fut pour moi il y a dix ans malgré mes désaccords sur le fond avec ses positions et mes désaccords sur sa conception de la vie intellectuelle. Il n'est pour moi plus qu'un ennemi de mes ennemis, et pas pour autant un allié...

Entre Onfray et La Revue des Deux Mondes, j'ai vite fait mon choix, en somme. Et même cette revue me déçoit en ce moment...

Maintenant, force est de constater qu'Onfray est pris pour un philosophe sérieux par plus d'une personne. C'est pour moi un "pop-philosopher". Il faut qu'il y en ait. Mais il prétend malheureusement boxer dans une catégorie qui n'est pas la sienne, et nombre de gens le perçoivent ainsi qu'il se projette.

Il y a dix ans, ses brûlots étaient sourcés, et quoi qu'on en pense, relevaient d'un réel travail. Pas forcément à la hauteur de ses prétentions, mais réel néanmoins. À l'heure actuelle, ce n'est plus le cas. Il est devenu polémiste, et je trouve que son costume d'il y a dix ans lui allait beaucoup mieux.

Giuseppe

@ hameau dans les nuages | 17 mai 2021 à 00:08

Bob l'électricien me surprendra toujours, au fond il n'y a pas plus gauchiste que lui, empli de dogmes et de rejets, bref il faut bien qu'il existe.
Je n'ai pas osé lui parler de la tyrolienne, il aurait compris comme souvent à l'envers, il aurait pensé sans doute chanson, alors que ce n'est qu'un outil qui a connu son apogée vers les années 80 mais toujours en usage pour les réfractaires du monocouche.

On vit une époque formidable !

https://i.goopics.net/58922.png

hameau dans les nuages

@ Giuseppe | 17 mai 2021 à 10:15

J'ai encore en stock des tabatières et en cherchant bien le fil de plomb qui va avec:

http://album-photos.imingo.net/photos/recupe/221918.jpg

À ne pas confondre bien évidemment avec : "J'ai du bon tabac dans ma tabatière" !

https://www.youtube.com/watch?v=o8HjZGUkBTA&ab_channel=BourvilBourvil

Giuseppe

@ hameau dans les nuages | 17 mai 2021 à 00:08

Là c'est la volée de bois vert assurée, mais une fois séché il pourra aller dans la cheminée.
Notre électricien en chef n'aime pas la contradiction, il lui est resté un peu de courant au fond du gosier. Notre spécialiste de courants forts disjoncte à nouveau.

Je confirme ici que Legrand est un fabricant de matériel important... On ne sait jamais, Bob pourrait aller chercher du côté de Louis Legrand pédagogue et universitaire français.

Du coup il y a des chances qu'il pète un plomb, il est vrai qu'il en est resté à l'ère de la porcelaine pour les sectionneurs.

hameau dans les nuages

@ Robert Marchenoir | 16 mai 2021 à 21:41

Les deux mon capitaine. La surchauffe pouvant provoquer l'incendie ET l'électrocution provoquée par courant de fuite. D'où l'intérêt pour ce dernier point d'avoir une excellente mise à la terre.

https://www.legrand.fr/questions-frequentes/quelle-difference-entre-interrupteur-differentiel-et-disjoncteur-differentiel

Pour ce qui est des outils je suis désolé mais un très bon ouvrier pourra se satisfaire d'un matériel médiocre alors que l'ouvrier médiocre ne remplira pas son rôle même avec un bon outil. Cela s'appelle l'expérience et le coup de patte.

Par exemple une simple truelle pour faire un jeté de crépi. J'ai beaucoup de mal à faire le geste adéquat quelle que soit la qualité de l'outil. Tant est si bien que pour faire la même chose c'est directement à la main comme si je lançais la pelote sur un fronton. Yo !

Vous voyez le différentiel ?

Giuseppe

@ Tomas | 16 mai 2021 à 20:49

Je ne me "vante" pas, je n'ai personne à éblouir ni ici ni ailleurs, je n'ai rien à y vendre non plus, quelques illustrations de "la vida sin sueño".
Vous êtes dans l'extrapolation ou l'emploi de mots qui vous arrangent, mais ce n'est pas grave.

Je n'ai pas connu la IVe donc je n'en parle pas, d'autant plus que je n'ai aucune compétence en histoire, je me souviens de quelque lecture de Louis Terrenoire, apparemment c'était quand même un peu beaucoup le désespoir et la débandade politiquement. Même si une dynamique économique était simplement amorcée, mais qui était dans la suite normale de la Reconstruction. La fa(u)meuse formule "il faudrait une guerre pour que cela reparte..."

Bon, bon... J'arrête ici, comme en escrime je romps, je ne cherche à convaincre personne, tout juste à formuler un avis quand cela me chante, ou ne rien dire quand cela ne me chante pas, je ne voudrais pas vous assommer, de plus.

Robert Marchenoir

@ Giuseppe | 15 mai 2021 à 21:08
"On vous aime Bob."

Nous, vous ne m'aimez pas. Vous me haïssez, et vous avez bien raison. Vous avez bien compris que je hais tout ce que vous représentez : le verbiage inopérant, la cuistrerie, le nombrilisme, la vantardise, la superficialité, l'intellectualisme frelaté, le conformisme sous le couvert de la rébellion, l'autoritarisme et la haine de la démocratie.

Vous êtes tellement bête et tellement imbu de vous-même, que vous prétendez me donner des leçons de travail manuel. Mais que savez-vous de ma pratique du travail manuel ? Rien, bien sûr. Il semble vous échapper qu'on puisse être différent de vous, ne pas passer son temps à étaler sa vie privée sur un blog politique, tenter de contribuer au débat dans les termes établis par son auteur.

Comme d'innombrables prétentieux anonymes, vous vous donnez le ridicule de me reprocher "une science Wikimachin". Il n'y a pas de science Wikimachin. Il y a le vrai, et il y a le faux. Il y a la science, et il y a l'ignorance.

J'utilise très peu Wikipédia. Vous le sauriez, si vous vous donniez la peine de suivre un tant soit peu les liens que je donne, et qui visiblement vous agacent. Comme cette pauvre breizmabro, qui passait son temps à me les reprocher.

J'utilise aussi souvent que possible des sources primaires. Ce qui est à peu près le contraire de Wikipédia. Mais c'est très bien, Wikipédia. Seuls les imbéciles ne s'en servent pas, sous prétexte qu'ils sont au-dessus de ça.

Je vais faire une comparaison que vous devriez comprendre : il n'y a pas de bons et de mauvais outils. Il y a de bons et de mauvais ouvriers. Il y a ceux qui savent choisir l'outil adapté à la tâche, et en tirer le bon parti. Et puis il y a les autres. Il y a ceux qui passent leur temps à se vanter de la marque de leurs outils. Et à dénigrer leurs compagnons parce qu'ils n'ont pas la bonne.

Vous, par exemple.

Vous avez un complexe d'infériorité gros comme un camion, Giuseppe. Ça se voit vraiment beaucoup. Vous ne devriez pas à ce point insister là-dessus.

Ce n'est pas grave, d'être incapable de lire les livres de Michel Onfray et de Bernard-Henri Lévy -- et, surtout, ceux des véritables penseurs, car l'un et l'autre se ressemblent dans leur imposture. Ce qui est grave, c'est de jouer les intellectuels quand on n'en a pas les moyens.

Ce qui est malhonnête, c'est d'opposer sans cesse une supposée expérience d'ouvrier qui serait la vôtre, à une science théorique qui serait sans valeur. Comme si vos continuelles vantardises bétonnières pouvaient exister sans le secours de la physique et de la chimie.

Ce qui est pathétique, c'est lorsque vous vous vautrez à un test très simple, celui que je vous ai fait subir il y a longtemps, maintenant, et que je vous rappellerai à chaque fois que cela sera nécessaire : le test du disjoncteur différentiel.

Vous nous faites votre cinéma incessant de petit entrepreneur du bâtiment, et puis, lorsqu'on vous prend au mot, au sujet d'une polémique stupide à laquelle vous vous êtes joint jadis sur l'incendie de Notre-Dame, vous montrez que vous êtes complètement ignorant des bases théoriques et pratiques de l'électricité dont pourtant vous vous revendiquez.

Non, Giuseppe, un disjoncteur différentiel ne sert pas à empêcher les incendies. Il sert à empêcher les électrocutions. C'est le b.a-ba de la discipline, et pourtant vous l'ignoriez.

Et maintenant, pour tenter une fois de plus de faire oublier votre humiliation, vous vous livrez derechef à ce vice franchouillard : balancer un sigle, pour faire croire que vous savez des choses que les autres ignorent. Qu'est-ce que ça peut bien faire, que DDP veuille dire différence de potentiel ? Et qu'est-ce que ça prouve ? Comme si je ne le savais pas...

Comme si cela avait quoi que ce soit à voir avec la déculottée que vous vous êtes prise sur les disjoncteurs différentiels. Comme si cela avait quoi que ce soit à voir avec votre incapacité à expliquer les mérites que vous trouvez à Michel Onfray...
_____

@ F68.10 | 15 mai 2021 à 20:32
"Michel Onfray a le mérite de, maintenant, vouloir briser cela à son échelle et en son domaine. Après en avoir certes quand même profité. Il est manifestement désillusionné et semble avoir décidé de jouer la carte de ce qu'on appelle 'populisme' pour briser cet entre-soi."

Ce que vous dites par ailleurs est très juste, mais sur ce point, il y a une erreur de chronologie. Michel Onfray a toujours joué sur les deux tableaux.

Depuis le début, il est le rebelle prolétaire bâillonné par l'État (mais qui a une émission hebdomadaire sur France Culture), le fils de femme de ménage qui gratte le sol de ses mains pour pouvoir manger (mais qui tapisse son compte en banque avec ses livres et ses CD vendus à des dizaines de milliers d'exemplaires), l'intellectuel anti-médiatique qui se bat contre le système (mais qu'on voit chaque jour à la télévision, et qui doit sa renommée aux réseaux éditoriaux les plus puissants de Paris)...

En d'autres termes, Michel Onfray est un imposteur. C'est le Didier Raoult du monde intellectuel. Comme pour ce dernier, il y a une forte demande...

De toute façon, l'imposture est à l'origine même des idées de Michel Onfray. Il s'est toujours réclamé du socialisme libertaire, ce qui est à peu près aussi cohérent que l'eau sèche.

Tomas

@ Giuseppe

Je serai moins long que vous:

- oui toute entreprise doit avoir un chef, mais celui-ci doit convaincre et emporter l'adhésion comme vous dites, pas "botter le train" comme vous dites aussi. Entraîner les autres suppose des qualités, pour leur botter le train il suffit d'être investi formellement de l'autorité, ce qui n'est pas la même chose.

- la IVe République vous aurait formé aussi bien que la Ve, soyez-en sûr. La France n'avait pas d'autre alternative à l'époque, elle suivait la mode européenne, et avec 5 % de croissance elle pouvait tout se permettre.

- l'allusion au franquisme je n'ai pas résisté en lisant votre commentaire sur les rues de Barcelone où on pouvait garder les voitures ouvertes dans les années 70 et où on ne peut pas traverser les ruelles mal famées aujourd'hui. Je crois que ce n'était pas si simple, mais j'ai promis de faire court.

- l'ENA n'est pas un mal en soi, le problème ce sont ces grands corps séculaires style l'Inspection des finances, qui lui préexistaient et lui survivront sans doute.

- je suis désolé si j'ai une connaissance livresque des choses, mais ce n'est pas parce que je ne me vante pas de ma vie professionnelle ou privée que celles-ci n'existent pas, et n'ont pas été fécondes en moments excitants ou risqués. Mais je ne suis pas ici pour raconter ma vie ou écouter celle des autres.

Giuseppe

@ Tomas | 16 mai 2021 à 11:05
"Effectivement, si pour vous il faut "botter le train" au collectif pour que quelque chose se fasse, la Ve République ou le franquisme sont faits pour vous."

Amalgame pour débile ou ratatiné du bulbe, les bons sentiments et la planification des pays de l'Est, on a vu à quoi cela mène.
Bousculer, pousser, faire avancer - botter le train -, bien évidemment quand il y a des choix à faire c'est un comportement, les gens y adhèrent et en sont fiers quand la réussite est au bout et elle est toujours au bout quand il faut s'imposer.

Pourquoi pensez-vous que même dans le sport de l'amateur au professionnel il faut un capitaine ? En plus d'être un interlocuteur de l'arbitre il est le leader pour motiver, solidifier, sublimer un groupe.

Le sens de l'énarchie n'est plus le même, la Reconstruction avait besoin de deux types d'école : des fonctionnaires et des ingénieurs qui supervisaient cette construction d'un bel Etat (dont un ancien m'a légué ses documents).
Mongénéral crée l'ENA mais pas du tout dans l'esprit qui anime ce corps aujourd'hui, devenu obèse et sclérosé.

Oui il faut des chefs respectés, celui qui tranche en dernier ressort non seulement pour écourter toutes ces discussions de batouilles qui partent dans tous les sens, mais simplement pour avancer, pour arriver vers le but défini avec toutes les conditions de sécurité et d'intelligence réunies.

J'ai enduré des situations terrifiantes lors d'opérations qui consistaient à construire des hôpitaux ou réaliser des mises à niveau. Onze (je les ai comptés un jour), du directeur au sous-directeur en passant par tous les autres qui étaient là pour s'occuper sans doute, n'osaient prendre une décision de peur de s'attirer les foudres, de peur de n'avoir pas à prendre une décision qui aurait pu entacher une carrière.
Une matinée à discuter pour une réservation à quelques dizaines d'euros, et très souvent avec ce type de fonctionnaires, alors qu'on signait une patinoire sur un coin de table sur du papier de restaurant ailleurs.

"...l'énarchie qui suit aveuglément les consignes du grand chef, on ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre."

Faux ! Complètement faux ! Ce que vous écrivez là c'est du poncif, de la romance pour feuilles d'Intimité et auditoire énamouré, des mots creux.
Personne ne suit aveuglément un chef de nos jours, s'il est compétent pour expliquer ! La valeur fait foi, la vision aussi... Mais ce serait trop long et c'est une autre histoire, que du vécu, pas de blabla, juste du réel, beaucoup de nationalités et pourtant cela fonctionne - je sais de quoi je parle.

Il faut des décisionnaires, en général ils sont respectés dans notre pays démocratique - sans doute plus qu'ailleurs -, parce qu'à un moment donné ceux qui suivent auraient pris sans aucun doute la même décision, quand elle est claire et justifiée.
On ne contentera jamais tout le monde mais la route une fois tracée a déjà le goût de la victoire et l'ensemble devient homogène naturellement, la confiance simplement.

Quant à la Ve République je la vénère, je ne vais pas vous la faire à la Michel Onfray avec ma mère, mais à l'époque c'était courant ce type de situation.
Nous avons pu étudier gratuitement, études supérieures, tous, de la spécialiste en civilisation ancienne aux autres que nous sommes, alors merci à elle la Ve.
Des réglages à faire sans doute, le monde évolue, mais elle a fait ses preuves.

Le franquisme... Là vous êtes dans l'anachronisme avec un raccourci nauséabond pour faire peur aux autres, dans l'exagération qui ne crée que de l'insipide pour l'interlocuteur, tout ce qui est excessif... vous connaissez la suite.
Vous le faites exprès sans aucun doute, mais si vous connaissez l'histoire vous ne la ferez pas à ceux que l'on appelait des "chicous".

Vous êtes un livresque, la vie vous la connaissez à partir de doctrines qui vous ressemblent, sans doute des idées piochées dans les lignes, sans doute pas au son de la vie de groupe, de l'élévation et de l'intelligence lucide.
Vous avez votre vision, tout ce qui avance vous fait peur, et il est tellement confortable d'adopter des postures généreuses quand la vraie montre tous les jours ses contradictions avec lesquelles il faut se battre pour le meilleur.

Entraîner j'aime et j'aimais cela, dans le sport cela m'aurait plu, mais à l'époque c'était confidentiel, et puis pour ma maman (la même que MO) ce n'était pas un métier, là, je taquine, j'ai renoncé au CREPS pour ce qui me faisait rêver, le génie civil.

Tomas

@ Giuseppe

Effectivement, si pour vous il faut "botter le train" au collectif pour que quelque chose se fasse, la Ve République ou le franquisme sont faits pour vous.
Mais faut pas se plaindre après de l'énarchie qui suit aveuglément les consignes du grand chef, on ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre.

Giuseppe

@ Robert Marchenoir | 15 mai 2021 à 20:04

Bob non... Là vous exagérez un peu vous faites... pour avoir du son.
La DDP (différence de potentiel, je précise, la plupart ont compris, vous pas encore) vous semble restée en travers du gosier, le loup et l'agneau de Jean de La Fontaine que vous utilisez pour vous gargariser de mots vous sied à ravir.

Comme BHL, philosophe de bazar, vous êtes un scientifique Wikimachin, alors forcément vous ne pourrez jamais comprendre ce qu'est l'intelligence de la main et du ciseau sculpteur, sans compter l'intelligence qui guide la main.

Bob, je me permets, vous retardez, le monde qui vous entoure a évolué, vous ne savez plus le voir, parfois comme le malheureux vous réclamez de l'eau alors que la rivière coule sous vos yeux.

On vous aime Bob, mais l'imposture est détestable, sans regard biaisé ni grandes facultés de lucidité, démasquer un Botul, ou notre Photocopieuse nationale est un jeu d'enfant pour qui a un peu de culture.

Après une relecture des "Conquérants", je comprends combien la pensée de BHL est pusillanime, et combien il est un héros de BD, le Bibi Fricotin qui a fait rire toute la planète de ses mises en scène et de ses exploits guerriers dont Malraux doit bien se moquer.
Mongénéral considérait ce dernier comme un alter ego, l'autre il n'en aurait pas voulu pour porter sa cantine.

Bob vous avez tout pour vous élever, allez au bazar du coin, au magasin de bricolage pour y acquérir un escabeau : ma leste coiffeuse a la qualité de la souplesse de l'esprit, vous êtes un forgeron des phrases, pas encore MOF.

On vous aime Bob, des centaines de milliers de livres vendus par MO, avec un peu de chance vous pourrez acheter "Le Hasard vaincu" juste pour assimiler les chiffres et leur interprétation, j'étais tout jeune quand je l'ai lu, cela devrait vous ouvrir le raisonnement: prenez la version manuscrite rééditée.

F68.10

@ Robert Marchenoir (@ Giuseppe)
"Information de cour de récré ? Le fait que Bernard-Henri Lévy ait lancé Michel Onfray sur le marché intellectuel parisien ?"

Ce n'est absolument pas une information anodine. Cela relève comment fonctionne le monde des idées en France. Comment une intelligentsia court-circuite la critique et empêche le débat public d'évoluer en cultivant un entre-soi dommageable aux influences extérieures.

En somme le même problème que Sylvain Fort expose dans le lien fourni par Robert Marchenoir sur un autre billet:

"L'Etat profond renvoie en France à l'existence d'une élite d'État bien formée qui a conçu au fil des années sa propre doctrine sur un certain nombre de sujets stratégiques. Des gens qui ne se contentent pas d'être au service de l'Etat, mais qui réfléchissent, travaillent et construisent leur vision du monde sans forcément nourrir des contacts suivis avec l'étranger ou le secteur privé. En découlent des grilles de lecture politique assez homogènes dans certaines poches de l'Etat, qui embarquent de hauts responsables de l'administration. Lorsqu'ils exercent le pouvoir, à la tête de l'administration ou dans les cabinets ministériels, leur ligne est davantage dictée par cette vision construite que par l'impulsion politique du moment, et cela surprend les politiques." -- Sylvain Fort.

Le même problème, en somme: le court-circuit de toute critique extérieure par l'entre-soi. Haute fonction publique et Bernard-Henri Lévy à la tête de la Règle du jeu ? Même combat.

Michel Onfray a le mérite de, maintenant, vouloir briser cela à son échelle et en son domaine. Après en avoir certes quand même profité. Il est manifestement désillusionné et semble avoir décidé de jouer la carte de ce qu'on appelle "populisme" pour briser cet entre-soi.

Je pense qu'un tournant majeur pour lui a été la réception de son livre sur Freud. Et je crois qu'il a compris qu'on ne pouvait combattre la mauvaise foi avec seulement de l'intégrité dans le monde moderne. Il a donc revêtu un costume de tribun pour s'opposer à la mauvaise foi qu'il a rencontrée.

Malheureusement, cela le pousse dans le même type de travers auxquels il s'opposait. Dans un style différent. Sur un autre créneau.

Le jour où il dépolitisera un peu son discours actuel pour revenir davantage sur des thèmes de chasse aux imposteurs, je l'écouterai avec plus de plaisir malgré mes oppositions notables avec ses points de vue. En ce moment, il m'attriste.

Robert Marchenoir

@ Giuseppe | 15 mai 2021 à 09:40
"Bob, je me permets, dire que votre intelligence suprême en est restée à ce type d'information de cours de récré, élevez-vous Bob, car à tout prendre ma 'naïveté', en comparaison de vos platitudes alignées au poids, est sans aucun doute une forme d'intelligence que vous ne pourrez jamais saisir."

Information de cour de récré ? Le fait que Bernard-Henri Lévy ait lancé Michel Onfray sur le marché intellectuel parisien ?

Je crois que c'est vous qui êtes dans la cour de récré. Vous nous la faites au poids : Michel Onfray est meilleur que Bernard-Henri Lévy, parce qu'il vend plus de livres. A cette aune-là, Gérard de Villiers et Marc Lévy sont des philosophes bien plus éminents que Michel Onfray.

Quant à vous, avec votre merveilleuse intelligence que le monde entier vous envie, vous gobez toute crue la caricature de jeu vidéo qu'Onfray vend de lui-même. Et vous êtes incapable de nous expliquer les mérites d'Onfray, sinon en débitant les insultes les plus convenues sur BHL.

Vous savez qu'il y a d'autres essayistes dans le monde ? Vous savez que ce n'est pas Onfray ou BHL, BHL ou Onfray, Coca-Cola ou Pepsi-Cola, mer ou montagne, PC ou Macintosh ?

Vous devriez vous cantonner à la bicyclette et à la coiffure, deux domaines où vous avez vos chances. Evitez l'électricité, toutefois.

"Le premier est nul, il a beau être soutenu orbi et orbi, à part à son entourage et à ses poissons rouges, on ne voit pas à qui il peut vendre son exceptionnellepenséequelemondeentiernousenvie."

Eh bien il l'a vendue à Michel Onfray, comme j'ai eu l'honneur de vous le montrer tantôt. Mais vous êtes tellement intelligent que vous ne vous sentez même pas obligé de me lire, avant de répondre une sottise de plus.

Florestan68

Cher Philippe Bilger,

Un mot d’abord sur Céline Pina.
Quel bonheur d’écouter cette personne, que je ne connaissais pas !

Sur la forme, elle s’exprime lentement, calmement, clairement, sans bégayer, en terminant les phrases qu’elle a commencées (ce qui devient rare à la télé).
Sur le fond, son propos est construit et cohérent. Elle résiste à l’emballement de sa pensée ; elle laisse le temps à l’auditeur de parfaitement la comprendre et de suivre le fil de son raisonnement souvent pointu.
Ce faisant, elle est accessible à tous : elle parle comme on écrit et nous rend plus intelligent.

Concernant Mitterrand, avec le recul, il n’y a pas grand-chose de positif à en retenir.

Sur le plan personnel, je retiendrai l’humiliation faite à son admirable épouse lors de son enterrement. Et c’est le même qui avait créé le ministère des Droits de la femme !

Sur le plan politique, avec le temps, aucune réforme ne s’est avérée positive. Le travail a été dévalorisé, l’assistanat institutionnalisé, l’industrie massacrée, la souveraineté de la France abandonnée, l’assimilation prescrite, l’immigration encouragée, le délinquant excusé. Et la gauche dissoute.

Isabelle

Tous ces personnages... Et la France dans tout ce fatras ? elle passe à la trappe.

sylvain

Victoire chez les idiotlâtres islamolâtres !
Défaite chez les extrémolâtres droitolâtres facholâtres RNolâtres.
Ça y est, le tueur des Cévennes s'est rendu.

Tout le monde s'attendait à voir l'habituel portrait d’une racaille arabo-africaine islamiste mais, horreur !!, c'est un vrai blanc de souche, bien blanc, comme le pinard un blanc de blancs, couleur raciste, au crâne rasé qui nous rappelle les heures les plus sombres du retour de la bête immonde des fachos lepenistes des années 70 qui jetaient tous les arabes dans la Seine, d'après les gauchisses.

Que fait EDM ? Il faut illico presto sauver les Hauts-de-Cévennes du risque de contagion et d´infiltration de cette région par l'esseutrêêêêême drouââââte.

En même temps, comme il est loin du record olympique de Breivik, on n'est pas sûr de le recruter chez nous, même s'il a le profil pour, le même faciès portrait-robot que nous, y a débat.

Mis à part ça, il faut quand même reconnaître la différence d’éducation des terroristes blancs par rapport aux islamogauchistes tueurs décapiteurs égorgeurs arabo-africains islamistes: le blanc s'est excusé poliment auprès des gendarmes, en bon français, pas de nique les keufs, pas de nique ta mèèèère, non non, mais plutôt:

"Bonjour MM. les gendarmes puissiez-vous avoir l'amabilité d'accepter si vous le désirez que je me rendasse auprès de vos augustes et respectables personnes" !

Encore une preuve que nous, les fachos racistes blancs d'hyper extrême droite, sommes supérieurs en éducation civique, respect et moralité que nos milliers de racailles habituelles extrême islamogauchistes qui insultent les flics, les blancs, la France après les avoir tabassés, caillassés, cramés, égorgés.

Les seuls qui font la tête, ce sont tous ces flics, ces gendarmes qui attendaient patiemment auprès de leur fourgon et qui comptaient que le forcené tienne encore plusieurs jours afin de toucher des primes de risque, de jours fériés et de déplacements biens dodues, manque de bol, il manque le dimanche pour toucher le gros lot et des points pour leur retraite, s‘ils y arrivent bien sûr et si les tueurs terroristes maghrébins musulmans islamistes veulent bien avoir la grâce de leur prêter vie, car à la vitesse où ils dégomment nos flics, les effectifs des «  forcesdelordre » vont bientôt pouvoir tenir dans une cabine téléphonique.

Giuseppe

@ Robert Marchenoir | 14 mai 2021 à 23:59

Oui et alors ? Cela change quoi:

"Bernard-Henri Lévy vient de publier chez Grasset (filiale du groupe Lagardère) son dernier livre, Ce virus qui rend fou. Au 21 juin, l’ouvrage s’est écoulé à 14 222 exemplaires (...) À titre de comparaison, l’autre grand philosophe médiatique français, Michel Onfray, a écoulé sur la même période, 31 livres à plus de 20 000 exemplaires, et quatre à plus de 100 000." (Capital)

Le premier est nul, il a beau être soutenu orbi et orbi, à part à son entourage et à ses poissons rouges, on ne voit pas à qui il peut vendre son exceptionnellepenséequelemondeentiernousenvie.

"Hélas, BHL n’a guère plus de chance au cinéma, même si, là aussi, la sortie de chacun de ses films fait l’objet d’une importante couverture médiatique. Notre philosophe a notamment obtenu que trois de ses longs métrages (Bosna!, Le serment de Tobrouk, Peshmerga) soient présentés en sélection officielle au festival de Cannes, ce qui assure une forte exposition. Malgré cela, ces films n’ont attiré que quelques milliers de spectateurs en salles. Mort à Sarajevo, doté d'un budget de 1,8 million d’euros et..."

Bob, je me permets, dire que votre intelligence suprême en est restée à ce type d'information de cours de récré, élevez-vous Bob, car à tout prendre ma "naïveté", en comparaison de vos platitudes alignées au poids, est sans aucun doute une forme d'intelligence que vous ne pourrez jamais saisir.

------------------------------------------------------

@ Wilfrid Druais | 14 mai 2021 à 21:07
"Eh ben Céline Pina, par son charme, sa culture et son intelligence pourrait presque me faire devenir de gauche, si, si.
P*tain, faut que je fasse gaffe là !"

Elle est excellentissime, la culture donc, mais sa façon de rester dans les clous de la laïcité sans y toucher et en fusillant toujours avec classe tout ce qui l'entrave, est un exercice de grand talent. Et elle en regorge. La fluidité de la parole en plus, cerise sur le gâteau.

Aliocha

L'homme est vide et se sait vide. L'admiration qu'il a pour les autres n'est que l'envers de son mépris secret de lui-même.
« L'homme possède ou un Dieu ou une idole ! »
Max Scheller

Mitterrand, au-delà du bilan politique, n'aura-t-il pas été l'ombre de de Gaulle qui prit le peuple de gauche par la main pour tenter sans succès de lui faire perdre son illusion romantique, où la démocratie n'est pas privilège pour tous, pour accéder à la révélation romanesque où nous n'existons réellement qu'en relation à autrui ?
Si Onfray accédait à cette réalité, il deviendrait romancier :

"Le héros romantique meurt dans l'illusion. Il croit mourir d'amour ou sacrifier sa vie. Il succombe désespéré de n'avoir pas su concilier ses contraires et atteint à ces valeurs qu'il croit authentiques. Le héros romanesque se reconnaît à sa désillusion. La mort dévoile la vanité de la vie. C'est le « desengano » espagnol ou la conversion dostoïevskienne. Don Quichotte mourant renonce à la chevalerie, Julien Sorel à sa révolte, Raskolnikov à ses idées et Emma Bovary à son amour. Le héros comprend que son désir est vain, parce qu'il n'y a rien sur cette terre des vivants qui puisse le satisfaire. L'offense était dans son être, mais l'humilité efface l'humiliation. La conclusion du roman, nous dit Girard, « est le temple de cette vérité ». L'homme découvre son erreur. Il ne dépasse pas la médiation mais change de médiateur. Le néant qui se sait néant découvre l'Être."

https://www.persee.fr/docAsPDF/ahess_0395-2649_1965_num_20_3_421289.pdf

Robert Marchenoir

"Michel Onfray se dit lui-même, et sans rire, gauchiste et gaulliste, anarchiste et partisan de l’économie de marché, propalestinien et sioniste."

C'est un site d'islamo-gauchistes enragés qui le relève, mais ça n'en est pas moins vrai. L'amusant est la loi qu'ils proposent en conséquence, et qui aurait mes faveurs, quoique certainement pour des raisons différentes : "Article unique : la grande gueule de Michel Onfray est interdite dans l’ensemble de l’espace public. Toute infraction à cette loi est punie d’un entartage."

Je ferai remarquer, pour ma part, aux lamentables naïfs genre Giuseppe, qui opposent le gentil Onfray et le méchant BHL, que c'est le second qui a lancé la carrière du premier, en le publiant dans la collection Figures qu'il dirige chez Grasset ; et en l'accueillant au comité de rédaction de sa revue La Règle du jeu. Tandis que l'intéressé s'est empressé de renvoyer l'ascenseur en faisant l'éloge de son parrain...

Giuseppe

@ Tomas | 14 mai 2021 à 19:50
"Sinon, un pays ne se gouverne pas comme on conduit un chantier: l'exécutif n'est pas le chef de la collectivité, mais son syndic d'immeuble. Sinon, la démocratie n'est que de façade."

Et le résultat est là, à donner des gages aux uns et aux autres, on a créé un archipel, Jérôme Fourquet l'a bien décrit.

Et si justement l'exécutif depuis des années avait agi comme un chef de collectivité, le pays se porterait mieux sans aucun doute - je ne vais pas rentrer dans les détails, mais ce dont je suis sûr c'est que depuis que nous avons pris en main l'exécutif d'un syndic de copro d'un immeuble, je peux vous assurer que cela ronfle et tout le monde suit, enfin on va au bout de tout.
Les palabres qui n'en finissaient jamais, traire les mouches avec des gants de boxe... j'en passe et des meilleures... La limite de la démocratie, je le dis souvent, c'est la limite de la décision sinon c'est la thrombose assurée et donc la mort.

De Gaulle exige pendant un temps les pleins pouvoirs - heureusement ! - quand il remplace toute cette équipe de gondulfes dont Coty ne savait plus comment remettre, comme Dagobert, la culotte du pays à l'endroit: un bourbier (je suis poli), un désastre permanent à gérer dont on ne serait jamais sorti, des larmes et du sang pour rien, pendant des décennies, sans parler du coût financier qui rongeait un développement à venir.

J'ai connu des spécialistes pour monter la mayonnaise et battre les blancs en neige - j'avais les moyens de leur botter le train -, la politique en est remplie, alors oui à un moment donné il faut un peu de brutalité, même Gégé Collomb qui n'est pas un desperado avait dit que tous ces atermoiements finiraient très mal, on est en plein dedans :

https://www.lyoncapitale.fr/actualite/securite-quand-gerard-collomb-pressentait-le-face-a-face/

Tomas

@ Giuseppe

Les fonctionnaires s'accommodent fort bien justement de la Ve République, puisqu'elle donne à peu près tous les pouvoirs à l'exécutif. Sinon, un pays ne se gouverne pas comme on conduit un chantier: l'exécutif n'est pas le chef de la collectivité, mais son syndic d'immeuble. Sinon, la démocratie n'est que de façade.

----------------------------------------------

@ Jovien

Oui Mélenchon proposait jadis une VIe République, j'ignore si ça sera dans son programme. Mais je le vois très bien s'accommoder, une fois élu, de la Ve. Né dans la crise, ce régime périra dans la crise.
Quant à la proportionnelle, attendons qu'on la décide, j'attends toujours...

--------------------------------------------

@ Michel Deluré

Sans doute, dans la France ultraclivée des années 50 et 60, la Ve République a-t-elle eu le mérite de faire taire les querelles jusqu'à ce que des temps meilleurs arrivent. Mais à quel prix: elle a ressuscité les vieux réflexes aristocratiques des gouvernants et des gouvernés, déplacé dans la rue des débats qui auraient dû se tenir au Parlement, établi pour le meilleur et pour le pire une technocratie toute-puissante qui a fait des choix souvent discutables (la palme à Pompidou le bétonnier).

Bien sûr qu'arrivé au pouvoir, Mitterrand s'en est parfaitement accommodé, tout le monde aurait fait pareil à sa place.
Mais aujourd'hui, alors que depuis vingt ans notre croissance annuelle est inférieure à celle de l'Allemagne, ce qui à terme mettra à mal la parité stratégique entre nos deux pays qui est une des clés de la sécurité européenne, c'est plus un handicap qu'un avantage.

Quant au caractère démocratique des votes de l'Assemblée et du peuple, à d'autres, quand vous votez sous la menace des baïonnettes de l'armée, ce n'est pas un vote démocratique.

Metsys

Que voulez-vous, Monsieur Bilger, c'est la relativité. Si de Gaulle est Louis XIV, Mitterrand est le Régent, Chirac un Grimaldi, et maintenant nous en sommes à la Grande-Duchesse de Gerolstein, en attendant mieux. Sic transit gloriam rerum publicarum...

Jérôme

Bonjour Philippe,

Hormis son honnêteté je ne vois pas ce qui ferait de Charles de Gaulle un personnage incritiquable.
François Mitterrand, au contraire de ce que l'on en pense, avait, à mes yeux, une qualité essentielle : s'intéresser aux gens.
Ce n'était pas Chirac, capable de répéter sympathiquement quinze fois la même chose à quinze personnes différentes, cf le célèbre reportage dans lequel on l'entend répéter à toute personne qu'il rencontre : c'est loin, mais c'est beau, qui démontrait son désintérêt total pour la personne qu'il avait en face de lui.

FM était visiblement avare de conversations impromptues, mais il me semble qu'il avait un contact plus réellement intéressé par l'autre.
Je ne suis pas d'accord avec le reproche qui lui est fait d'avoir utilisé les services de la République pour protéger sa fille.
Je laisse ses contempteurs, ils sont nombreux sur votre blog, lui régler son compte pour le reste.
Le plus infâme des présidents étant l'actuel résident de l'Élysée.

Quant à être bon ou mauvais en tout point... je n'ai trouvé que Macron et ses adorateurs qui fonctionnent comme ça. Pour ou contre, univoque, crétins à souhait.
Ah, si, tout d'même Macron supporte l'OM, comme quoi rien n'est perdu.

Robert Marchenoir

@ Marc Ghinsberg | 14 mai 2021 à 00:25

Je ne comprends pas pourquoi vous faites l'éloge de cette vieille citation de Michel Onfray :

"Le discours sur la décadence est vieux comme le monde. Il cache une propension atrabilaire au ressentiment, un talent certain pour la pensée réactive, sinon réactionnaire. Dans toutes les hypothèses, il est symptomatique et désigne un individu qui soit n’a rien à dire, soit n’a plus rien à dire, dans les deux cas qui est épuisé."

Cela revient à dire que la décadence n'existe pas, qu'aucune société, civilisation ou nation n'est jamais entrée en décadence. C'est évidemment stupide.

C'est la vieille escroquerie idéologique du progressisme : l'histoire n'est qu'une infinie marche en avant, hier était moins bien qu'aujourd'hui qui est moins bien que demain.

C'est le mensonge marxiste du sens de l'histoire.

C'est, aussi, cette éternelle saleté argumentative de la gauche, qui, dès lors qu'on s'oppose à son dogme, détourne la conversation et salit la personnalité de son adversaire.

S'il y a un point sur lequel Michel Onfray n'a jamais changé, c'est bien qu'il est de gauche. C'est bien le problème.

Lucile

Ce que dit Machiavel, c'est que pour dominer, le prince doit passer pour vertueux, faute de l'être. Il lui faut protéger sa réputation plus que sa vertu.

Mitterrand s'est employé à lui donner raison. Avec lui la gauche se sentait généreuse ; ce qu'elle entreprenait était d'emblée justifié par les bonnes intentions proclamées, et toute objection venant d'adversaires politiques ne pouvait provenir que de leur noirceur. Elle se pense et se présente encore vêtue de lin blanc, celui dont se pare Onfray quand il divise les hommes entre bons et mauvais, en s'octroyant à lui-même lui le rôle de juge suprême.

L'auréole de vertu des politiciens s'estompe quand on la scrute : le goût du pouvoir se tapit plus ou moins sous leur passion de l'intérêt général, et le déploiement de leurs manipulations altère leurs protestations de sincérité. Mais quand bien même l'auréole serait méritée, on serait avisé d'attendre de leur naïveté plus de bévues que de miracles.

Mais alors, sur quels critères dresser un bilan éthique après leur passage au pouvoir : leurs intentions ou leurs actions ? Leurs actions ou les conséquences de leurs actions ?

On leur demande au minimum de respecter la loi et les institutions. Mais aussi de façon plus subtile, certains codes, certaines conventions entre gouvernants et gouvernés, les bonnes pratiques non-écrites acquises au fil de l'histoire d'une nation. Entre autres, ne pas provoquer inutilement les gouvernés, ne pas les prendre pour des idiots, ne pas les "emmerder", disait Pompidou, ne pas les tyranniser inutilement, ne pas les écraser d'injonctions contradictoires. On voit que ces "ne pas" sont surtout de l'ordre de la restriction.

Sur ce plan, Confucius me semble aussi sinon plus profond que Machiavel ; pour lui, la société parce qu'elle est composée de groupes et d'individus aux intérêts divergents, a besoin d'un liant, il parle de "colle". Ce liant, cet émulsifiant, il le voit dans la pratique partagée d'un ensemble d'usages et de rites communs, propres à cette société, issus de l'expérience acquise ensemble. Les marques d'un art de vivre, sur lequel tous s'accordent plutôt que des commémorations orchestrées par le pouvoir. Il dit à ce propos qu'un arbre ne peut pas vivre sans ses racines. La "déconstruction" chère aux progressistes, synonyme moderniste et flatteur du mot "destruction", accomplit tout le contraire, tout en prétendant nous malmener pour notre bien.

L'autre conseil de Confucius que nous donnaient aussi nos aïeux est pour chacun de se consacrer pleinement à son ouvrage, de façon que la médiocrité ne puisse devenir la norme. Quand le faux-semblant est plus apprécié que la qualité réelle, et quand dès l'école, les enfants savent qu'ils auront le bac sans s'être jamais donné le mal de rien apprendre, on se demande quel progrès en attendre.

Pour en revenir à Mitterrand et à son bilan éthique, une forme de morale immanente se dessine : il vit encore dans les mémoires, mais dans les urnes, la gauche ne fait plus recette. Il l'a démystifiée. Hollande a planté les derniers clous dans le cercueil, et le strauss-kahnien Macron l'a enterrée.

Giuseppe

Il suffit de se replacer dans le créneau de Michel Onfray, ce n'est jamais par hasard qu'il puisse vendre autant de livres dans une niche de lecture somme toute confidentielle :

https://www.lexpress.fr/culture/livre/pourquoi-michel-onfray-se-vend-bien_1686015.html

Tout le reste est supputation et littérature, "Seule la victoire est belle !", ce n'est jamais par hasard surtout quand la constance est là.
MO vend des livres par centaines de milliers, il a quand même l'oreille du peuple et des autres, un spectre très large qui s'intéresse à ses écrits.

BHL fait figure de miséreux de la pensée, de psoriasis de la vérité, il n'arrivera jamais à la semelle de MO, le génie et la classe sont toujours reconnus par les obscurs, parce que l'écrit est universaliste.

Il faut choisir entre un people surfait qui paye sa promotion, BHL, et un MO puissant, solide d'entre les solides sur ses appuis, j'envie sa qualité de débatteur, je suis de la catégorie des bouteurs, et pas de celui des gonfleurs d'hélices.

Lodi

"Quand un homme est mauvais il l'est en tout. Quand il est bon il l'est aussi dans tout."

Si on jugeait ce philosophe selon son critère, je prends un truc bon ou mauvais chez quelqu'un, si c'est bon, dire que tout est bon, si c'est mauvais, dire que tout est mauvais, je le jetterais avec sa phrase.
Tout ce que je peux dire, c'est qu'il y a un tas de gens dont je n'ai rien d'autre à dire que le fait qu'ils ne m’intéressent pas assez pour en savoir davantage. En somme, je les referme aussitôt comme tant de livres qu'on peut ouvrir, comme ça, pour voir, dans une librairie.

Bon, alors pour rire avec les gens tout bon, ou en l’occurrence tout mauvais :

https://www.facebook.com/MarcelPagnolFernandelRaimuLaProvenceDantan/videos/le-schpountz-les-anchois-des-tropiques-1938/1350618791653606/

Tipaza

@ Denis Monod-Broca | 14 mai 2021 à 10:08
« C'est un propos polémique, les propos polémiques ont parfois du bon, il faut les prendre pour ce qu'ils sont. »

Eh bien voilà ! Vous avez tout compris.
Dans certaines situations, et nous y sommes, la politique n’est pas l’art des nuances, ni même celui des compromis, mais des engagements absolus.
La dégradation de l’état de la France est telle qu’il faut aller à l’essentiel, et l’essentiel est à l’opposé de la politique mitterrandienne qui fut d’ailleurs poursuivie peu ou prou par ses successeurs.

L’Union européenne étant l’argument ultime justifiant tous les transferts de responsabilité et donc la mise en oeuvre d’une nouvelle loi en politique, le principe de moindre action.

Ce principe de moindre action est bien connu en physique depuis très longtemps. Voici ce qu’en disait Maupertuis, qui fut le premier à le formuler clairement, en 1744.

« L'Action est proportionnelle au produit de la masse par la vitesse et par l'espace. Maintenant, voici ce principe, si sage, si digne de l'Être suprême : lorsqu'il arrive quelque changement dans la Nature, la quantité d'Action employée pour ce changement est toujours la plus petite qu'il soit possible. »

En le paraphrasant on pourrait dire que la quantité d'action employée par le personnel politique français, pour ce changement sous l’impulsion de l’UE, est toujours la plus petite qu'il soit possible afin de se responsabiliser le moins possible.

Michel Deluré

Bien péremptoire Michel Onfray et qui ne fait pas dans la demi-mesure ! L'homme ne serait point la création aussi complexe que nous imaginions, il ne serait finalement qu'ombre ou lumière ? Point de nuances intermédiaires, de subtilités, rien que le noir profond ou le blanc absolu ? Voilà au moins qui réduit singulièrement notre espace colorimétrique !

Pour le reste, si 1981 marque l'accession au pouvoir de la gauche, cela n'est finalement qu'un processus d'alternance inhérent à tout système démocratique et donc parfaitement normal. Cela ne constitue par conséquent nullement un événement exceptionnel justifiant de donner lieu ultérieurement à de quelconques commémorations.

---------------------------------------------

@ Tomas 13/05 17:00

Cette Constitution que vous qualifiez d'anomalie et qui a tout de même sorti la France du marigot dans lequel elle était alors embourbée, a été démocratiquement ratifiée par referendum à une majorité indiscutable et est toujours en vigueur plus de soixante ans après avoir vu le jour, sans même avoir été remise en cause, que je sache, par les Présidents de gauche qui se sont parfaitement glissés dans ses habits.

Cette anomalie comme vous dites doit donc bien recéler quelques points forts, quelque efficacité, et n'est point qu'ombre ou lumière, pour reprendre les termes de Michel Onfray ?

sbriglia

"Dans toutes les hypothèses, il est symptomatique et désigne un individu qui soit n’a rien à dire, soit n’a plus rien à dire, dans les deux cas qui est épuisé. » (Onfray)
Rédigé par : Marc Ghinsberg | 14 mai 2021 à 00:25

Remplacez "un individu" par "un parti" et vous aurez LR et le PS...

Gavot

@ Marc Ghinsberg | 14 mai 2021 à 00:25

Touché... coulé.

Denis Monod-Broca

J'admire de Gaulle, pas Mitterrand. De là à ne voir que lumière en l'un, que boue en l'autre, non ! Onfray exagère.
C'est un propos polémique, les propos polémiques ont parfois du bon, il faut les prendre pour ce qu'ils sont. Si celui-ci peut faire comprendre à certains de ceux qui ont vu, en la victoire de la gauche en 81, le passage de l’obscurité à la lumière, qu'ils se trompaient du tout au tout, il aura eu du bon.

caroff

L'aphorisme d'Onfray est une idiotie dès lors qu'il se rapporte à Mitterrand dont les tours, contours et détours méritent une dissection approfondie.
Du reste, combien de biographies sur ce "Florentin" et combien sur VGE ou Chirac ?
Mais peut-être Onfray se venge-t-il de son ex-idole puisqu'il a constamment réfuté l'idée qu'en 1983 le tournant de la rigueur nécessité par l'application totale et entière du programme commun de la gauche était devenu une évidence. Cela témoigne de sa méconnaissance des rouages de l'économie de marché et des mécanismes conduisant à l'inflation qui, à l'époque, ruinait notre pays.

"Quelles que soient les opinions contrastées sur son double septennat, sur ses comportements publics et privés, rien dans tous les cas ne justifiait l'encens généralement répandu depuis quelques jours " (PB)

Comme l'a fort bien souligné Zemmour, rien de tel n'a été fait pour l'anniversaire de l'élection d'un autre président. La grande victoire de Mitterrand c'est d'avoir durablement introduit l'idée qu'il n'y avait de bonnes opinions que de gauche.
Ainsi, l'imprégnation des concepts "progressistes" au sein du "service public de l'audiovisuel" a atteint des sommets gravis gaillardement grâce aux sentiers ouverts par Lang et compagnie.
Si l'on peut parler à juste raison de l'extinction politique de la gauche de gouvernement, la gauche culturelle, elle, est plus que jamais présente dans les médias en général.
Il y a un noyau de résistants à CNews mais leur 4 % d'audience est insupportable à ceux qui se délectent de France Inter, France 2, France 3 et France 5 !

Au fond Hanouna et Barthès (l'émission "Quotidien") sont les petits-enfants un peu dégénérés de papy Mitterrand et de tonton Lang !

Jovien

@ Tomas
« Et navré qu'aucun candidat ne propose un retour au régime parlementaire que nous avons eu de 1875 à 1958, l'intermède vichyssois mis à part. »

Mélenchon le propose. À part ça, une forme de proportionnelle qui serait telle qu’aucun parti n’ait la majorité absolue à l’Assemblée induirait probablement un retour au régime parlementaire, le caractère présidentiel de notre régime tenant peu au texte de la Constitution.

Si le macronisme est vainqueur en 2022 et s’il se révèle ensuite qu’il ne peut pas avoir de candidat ayant des chances sérieuses en 2027, il aura intérêt à instituer un tel mode de scrutin, qui permettrait au Centre d’être très souvent indispensable à toute coalition, et qui est dans la philosophie du chef historique du Centre, Bayrou.

Ce mode de scrutin ne devrait pas être la proportionnelle départementale instituée par Mitterrand pour l’élection de 1986, qui a limité la défaite du PS mais qui a quand même donné à la droite la majorité absolue, mais plutôt une proportionnelle de niveau national comme dans la plupart des pays européens dont l’Allemagne et les pays scandinaves.

Il est vrai que Macron élu en 2022 pourrait viser la victoire en 2032 ou en 2037, et vouloir conserver le mode de scrutin actuel…
Plus aléatoirement, Marine Le Pen étant élue, si ensuite aucune majorité de gouvernement ne se dessine à l’Assemblée, une réforme électorale pour de nouvelles élections pourrait être votée par les députés de tous les groupes sauf celui de LR.

Donc en somme tout n’est pas encore joué et il n’est pas impossible que la France revienne à ce qui constitue la norme en Europe continentale...

Mary Preud'homme

À un journaliste qui l'interrogeait sur les raisons de sa candidature, Marie-France Garaud avait répondu :
"Je pense que ma candidature est nécessaire pour défendre les idées auxquelles je crois et qui, pour moi, déterminent la survie de notre pays../... J'ai pensé pendant longtemps que d'autres, plus puissants ou mieux organisés, pourraient le faire mieux que moi. Mais ils ne veulent pas, ou ils n'osent pas."

Finalement elle n'avait récolté que 1,33 % des voix au premier tour de la présidentielle de 1981. Dont la mienne.

Et pourtant elle avait vu juste. Hélas bien trop tôt...

Que de temps perdu ensuite à faire, défaire, brader, bricoler, tromper, abrutir, affadir et tourner en rond ! Quel gâchis depuis quarante ans !

Marc Ghinsberg

À propos de Michel Onfray.

Il fut un temps où j’admirais Michel Onfray.

En 1998 il publiait « Le désir d’être un volcan ». On pouvait y lire : « Le discours sur la décadence est vieux comme le monde. Il cache une propension atrabilaire au ressentiment, un talent certain pour la pensée réactive, sinon réactionnaire. Dans toutes les hypothèses, il est symptomatique et désigne un individu qui soit n’a rien à dire, soit n’a plus rien à dire, dans les deux cas qui est épuisé. »

En 2017, Michel Onfray publiait « Décadence »

En 1998, Michel Onfray ne savait pas qu’il dessinait le portrait de celui qu’il serait 20 ans plus tard.

Tipaza

"Quand un homme est mauvais il l'est en tout. Quand il est bon il l'est aussi dans tout." (Michel Onfray)

Aphorisme d’une immense vérité, auquel on peut apporter quelques développements.
C’est qu’en effet le Tout du mauvais n’est pas le même que le Tout du bon.
Et c’est même par la dimension de leurs Tout respectifs qu’on arrive à différencier les bons des mauvais.
Le Tout du mauvais est limité par son incapacité à faire du bon, alors que le Tout du bon n’a aucune limite, puisque le bon peut un jour de grande fatigue faire du mauvais.
C’est par son incapacité à sortir de son Tout mauvais que se distingue Mitterrand.

Commencer sa présidence par la création d’un ministère du Temps libre, c’est non seulement initialiser sa prise de pouvoir de curieuse façon, mais c’est surtout initier, au sens ésotérique, ce qui sera le fondement de son action, l’inutile divagation au gré des événements, qui initiera au sens concret, le déclin de la France.

Comment voulez-vous qu’un contempteur du temps libre puisse obtenir crédit de ceux qui savent, comme Michel Onfray, que le temps est compté et qu’il ne faut pas le galvauder, que le temps perdu ne se rattrape pas.

Le temps libre mitterrandien a été le toboggan du déclin de la France, que le verbe de Jack Lang ni celui de ses autres partisans n’ont pu dissimuler.
La force tranquille, slogan de sa campagne est devenue le déclin tranquille mais inexorable.

Ses successeurs ont savonné le toboggan pour accélérer la chute, jusqu’au dernier toboggan, celui de Macron qui n’a plus de pente, il est vertical.
Quel parachute pour 2022 ?

Robert Marchenoir

"Quand un homme est mauvais il l'est en tout. Quand il est bon il l'est aussi dans tout."

Cette citation de Michel Onfray condamne son auteur plus sûrement que n'importe quelle autre. Comment peut-on se revendiquer philosophe, et sortir une telle énormité ? Nul besoin d'être philosophe, d'ailleurs. La moindre femme de ménage, comme dirait l'intéressé, a plus de sagesse que ça.

Et au fait, dans quelle catégorie se classe-t-il lui-même ?

Claude Luçon

Et de lui-même que dit Onfray ?
Quand un champagne est bon, plus je m'en imprègne ?
Référence Michel Onfray : Cosmos (Gallimard) Les formes liquides du temps - Chapitre 1 pages 33 à 69.

Julien WEINZAEPFLEN

Plus le temps passe et plus Michel Onfray me déçoit, au point que je comprends BHL d'en être moins dégoûté que blasé, de moins regretter de l'avoir édité que de ne plus pouvoir le lire (cf. son dernier entretien donné à "L'Express", à mettre en parallèle, sinon relativiser par son dernier YouTube Live en partenariat avec sa revue "la Règle du jeu", sous le feu roulant des questions d'Alexis Lacroix et de deux autres interviewers auprès d'un public essentiellement "communautaire").

Un homme est nul en tout ou il est bon en tout, assène Onfray. Il disait déjà dans "Cosmos" qu'il n'y a pas de moyen terme entre les prédateurs et les proies. Onfray est d'accord avec Sainte-Beuve contre Proust, dont il n'aurait pas la subtilité de pénétrer dans les dédales phrastiques de la pensée plus complexe que celle d'un Emmanuel Macron ou d'un Paul Ricoeur: un écrivain ne vaut que ce que vaut sa vie. Il nous avait vendu la sienne comme celle du compagnon exclusif d'une femme exemplaire morte trop tôt. Sa mort le libère et voici que le récit change. Onfray devient bigame et sa première compagne exemplaire connaissait tout à fait l'existence de l'autre et n'en écumait pas de jalousie. Pourquoi alors s'est-il interdit de signaler Dorothée avant la mort de Marie-Claude ?

Onfray déteste Sartre, car il ne peut comprendre un philosophe et romancier ayant mené une vie si romanesque. Onfray admire Camus, qui est comme lui un manuelliste de la philosophie pour bacheliers. Onfray avoue une prolixité non maîtrisée dont le gourmandait son père et a un usage immodéré de l'énumération. Onfray est d'une gauche communaliste tout à fait ennemie du mercantilisme, mais celui qui décrit la Révolution française comme la grande "machine ressentimenteuse" fait payer rubis sur l'ongle l'accès à la moindre de ses prises de position.

L'Onfray-business marche très bien, merci pour lui. Onfray a commencé à gauche et vire à droite, dans un "Front populaire" revisité, le parcours est classique. Onfray se banalise en même temps qu'il se zemmourise. Il se dépopularise à mesure qu'il se médiatise. Et il essentialise. Camus et de Gaulle seraient des oies blanches et Sartre et Mitterrand des définitifs infréquentables, quel manichéisme triste et asséchant !

La mitterrandomania de mise à l'occasion de l'anniversaire du "grand homme" qui a rapetissé la France a bien failli me faire avaler la couleuvre présidentielle quand j'ai écouté le documentaire de Roland Cayrol et d'Anne Gaillard rediffusé dimanche dernier par LCP dans l'émission "Rembob'INA" de Patrick Cohen. Quand Jacques Chirac est mort, tout le monde faisait son panégyrique, y compris sur ce blog et je ne fus pas le dernier à écrire mon "tombeau de Chirac". On n'est plus que bienveillance pour une âme que l'on a comprise et l'on comprend tous les grands morts, ils sont en nous.

D'autre part, plus on approche d'un homme et moins on est disposé à le haïr, à refuser d'entrer dans ses raisons, à le mésestimer et même à le railler. J'ai failli estimer Mitterrand en regardant ce documentaire. Puis en en faisant cette recension rétrospective pour commenter ce billet de Philippe qui n'a rien d'un réquisitoire, il m'apparaît cette différence avec Giscard qu'on donnait pour un aristocrate méprisant: Giscard voulait sincèrement s'approcher du peuple; Mitterrand n'en avait que faire. Il s'excusait d'une distance qui ne voulait pas s'exhiber. Le motif est très noble pour cacher ce que Roland Cayrol qualifiait d'attitude impériale.

Mitterrand ne consultait jamais son cabinet. Il n'aimait pas la réunionnite ce qui était tout à son honneur. Mais il revendiquait un exercice solitaire du pouvoir après avoir vilipendé l'autocratie gaulliste. Mitterrand devait camper dans la peau d'un empereur romain. Giscard n'aimait Louis XV qu'à cause de ce qu'en disait Paul Del Perugia: que ce roi qui avait des maîtresses avait des scrupules pour aller communier.

Anne-Aymone voulait que Giscard fasse son examen de conscience. Mitterrand ne semble pas s'en être donné la peine, plus adonné à son courrier du coeur qu'a lu notre hôte qui l'a commenté en esthète, ou à recevoir le cardinal Lustiger qui entrait à l'Elysée par une porte dérobée qu'à s'interroger, autant qu'on puisse en juger, sur le salut de son âme au-delà d'une "messe possible" et de la croyance aux "forces de l'esprit" affichée dans un de ses derniers discours présidentiels où il nous avertissait qu'il resterait toujours avec nous, qu'on se le dise, comme Chirac protestait qu'il nous avait beaucoup aimés, ce qui était aussi possible que la messe de funérailles de Mitterrand que l'on dut dédoubler tant il avait de multiples vies.

Mitterrand et de Gaulle ont plus qu'autre varié comme au "temps de sa jeunesse", François Villon "a plus qu'autre galé", clin d'oeil à Galouzeau de Villepin. Paul-Marie Coûteaux a saisi une différence qui délimite la manière dont l'ambitieux général et l'ambitieux pensionnaire du 104 de la rue de Vaugirard se sont fait respectivement une certaine idée de la France. De Gaulle recherchait la France invisible là où Mitterrand aimait "la France physique". Mitterrand m'a toujours fait beaucoup moins l'effet d'un Florentin que d'un faux prêtre. Il parlait curé, y compris quand il annonça son "référendum sur le référendum" pour sortir par le haut de la guerre scolaire qu'il avait ranimée pour faire plaisir à Alain Savary.

Ce grand lecteur d'atlas, qui ne m'a jamais étonné par une culture étincelante (mais je n'ai jamais discuté en tête-à-tête avec lui), et qui lisait les cartes de géographie physique comme j'entends la musique, mentalement, n'en a pas moins américanisé la France, et c'est sans doute le plus vif reproche que je lui ferai.

Je pardonne tous ses atermoiements. Je crois qu'il a sincèrement voulu faire une "Europe puissance" à Maastricht avec Helmut Kohl, mais je ne lui pardonne pas, politiquement parlant s'entend car on doit tout pardonner aux hommes, d'avoir tellement aimé Reagan et été un téléspectateur de "Dallas" et de "Dynastie" qu'il a entraîné la France dans le tropisme atlantiste, libéral et belliciste où elle s'est banalisée et dont elle n'arrive pas à revenir, au point que ses héritiers, non pas Lionel Jospin qui revendiquait un droit d'inventaire, mais François Hollande et Emmanuel Macron, sont de purs néoconservateurs qui vont jusqu'à interdire les manifestations en soutien des Palestiniens, rognant nos libertés dans une indifférence qui fait frémir.

François Mitterrand, avec le tournant de la rigueur qui fut le passage de l'utopie au réformisme, prépara le parti socialiste à migrer en parti sociétaliste tendance Terra Nova, qui transforme la lutte des classes en lutte des minorités, valorisé en démocratie, ce régime de la majorité.

Renaud l'admirait parce qu'il caressait les arbres. Il faisait mieux, il plantait des châtaigniers à Latche. Mais quel arbre politique a planté ce président qui présidentialiste préféra changer d'avis comme de chemise une fois qu'il fut en mesure de porter les habits présidentiels ?

Mitterrand fut peut-être le dernier président à arborer haut le panache français, mais il a abîmé la France. Ses malheurs ont commencé avec lui et c'est à partir de sa présidence qu'on parla des "économiquement faibles" ou des "nouveaux pauvres", notait Christiane Collange dans une chronique de "France Culture" que j'ai gardée en mémoire, à quoi tiennent les souvenirs ? Benoît Collombat prétend que nos dirigeants ont "choisi le chômage". Mitterrand regrettait de n'avoir pu l'endiguer, puis se consola: "On a tout essayé." La division nationale et la précarité se sont accrues avec le socialisme.

Vamonos

De Gaulle et Mitterrand n'étaient que des mortels avec leurs qualités et leurs défauts. Onfray idéalise les personnages qui ne trouve que lumière chez son idole tandis qu'il ne voit que la boue chez le mythe errant.
L'un comme l'autre n'étaient que les personnages utiles du moment. Ils ont servi la France et les gens qui représentent ceux qui ont beaucoup d'argent, encore plus que tout ce qu'on peut imaginer.
Ils ont occupé la fonction, ils l'ont incarnée à leur manière. Ni l'un ni l'autre ne méritent les éloges inconditionnels que déversent les chaînes publiques.

Giuseppe

@ Tomas | 13 mai 2021 à 17:00

Là vous délirez.
Je ne suis pas historien, mais la Constitution de la Ve République est promulguée le 4 octobre 1958, heureusement !

Vous devez être un peu fonctionnaire, non ? La limite de la démocratie s'arrête à la décision.

Je ne débattrai pas du rôle du chef, de la décision finale, mais j'ai trop vu de discussions stériles, de tables rondes, comment touiller la mayonnaise pendant des heures, perdre son temps à l'infini, alors même si les habits de président en France ont un relent de confort monarchique, nous avons quand même le suffrage universel honnête, et une majorité qui s'en dégage pour enfin gouverner et pouvoir éventuellement la dégager tous les cinq ans, cela n'a pas de prix.

On pourra rétorquer qu'elle n'est pas légitime parce qu'être élu avec 30 % des inscrits c'est peu, mais au fond c'est que les absents s'en accommodent.

Xavier NEBOUT

Ce n'est pas en évoquant Mitterrand le jour de l'Ascension que l'on peut faire barrage à l'islam.
Ce sinistre personnage nous a amené la racaille intellectuelle le plus souvent très matériellement intéressée par les postes de fonctionnaires et d'associations de pompes à salaire à faire semblant de servir à quelque chose.
Racaille qui domine notre pays via ces centaines de milliers et même millions de parasites qui se trouvent pour seule idéologie la destruction de notre civilisation.

L'Ascension. L'âme est déjà pour eux un sujet interdit. Alors que dire de l'Ascension ?

Et pourtant, combien de témoignages et même de films et enregistrements de "fantômes" ? Combien d'ouvrages sur les phénomènes "surnaturels" ?
Mais qui songerait dans le monde de la racaille, à consacrer un sou à quelque recherche scientifique sur le sujet.
C'est qu'il en va de leur imposture, et même des valeurs de la "ripoublique".

Alors que les vieux meurent seuls en EHPAD où à l'hôpital en cas d'épidémie.
Et que dire de la lâcheté de ceux qui n'ont pas eu le courage de dessouder tous ceux qui s'avisaient de leur barrer le passage pour donner un dernier baiser à leur père ou mère.

Mitterrand, lui au moins, qui n'a pas dû se faire trop d'illusions sur sa sainteté, y a au moins pensé.
D'autres n'oseront même pas y penser.

Pauvre peuple dont les ancêtres étaient chrétiens, qui ne songent plus à fêter l'Ascension, et qui ont élu les ordures qui prônent le travail ce jour-là pour mieux la faire oublier.

Et les mosquées sont pleines.

sbriglia

« Quand un homme est mauvais il l'est en tout. Quand il est bon il l'est aussi dans tout. Plus j'ai creusé Mitterrand, plus j'ai trouvé de la boue. Idem avec Sartre. Plus j'ai creusé de Gaulle ou Camus, plus j'ai trouvé de la lumière".

Formule facile, injuste et qui n’honore pas son auteur.

Un homme est toujours fait d’ombres et de lumière, jamais de boue entière.

Mitterrand restera dans l’histoire pour ses grandes réalisations architecturales, son amour profond de la France, sa culture et son côté monarchique qu’apprécient les Français.

Je n’ai jamais voté pour lui mais je lui reconnais une certaine grandeur malgré ses ombres.

Je suis convaincu qu’il vous aurait envoûté s'il vous avait entraîné dans ses pérégrinations le long des bouquinistes ou dans la forêt landaise.

Ninive

Merci à Michel Onfray et à Philippe Bilger.

"Quand un homme est mauvais il l'est en tout. Quand il est bon il l'est aussi dans tout. Plus j'ai creusé Mitterrand, plus j'ai trouvé de la boue. Idem avec Sartre. Plus j'ai creusé de Gaulle ou Camus, plus j'ai trouvé de la lumière".

Achille

« Et il m'a répondu ceci - je cite avec son accord : "Quand un homme est mauvais il l'est en tout. Quand il est bon il l'est aussi dans tout. Plus j'ai creusé Mitterrand, plus j'ai trouvé de la boue. Idem avec Sartre. Plus j'ai creusé de Gaulle ou Camus, plus j'ai trouvé de la lumière". »

Curieux de la part d’un philosophe d’avoir un avis aussi tranché. Par la moindre trace de "en même temps" dans ses propos. Ceci peut expliquer en partie son aversion pour l’actuel président.
Comme si un être humain, quels que soient son intelligence, son charisme, sa personnalité, était limité à être tout bon ou tout mauvais.
Vision manichéenne et surtout partisane des gens, qui manque de nuance et donc perd toute crédibilité.
Napoléon, de Gaulle, Mitterrand sont des personnalités exceptionnelles qui ont marqué leur époque. Elles ont toutes leur part d’ombre et de lumière.
* Napoléon, le génial stratège, a sacrifié toute une génération pour satisfaire ses ambitions de conquête de l’Europe, laissant ensuite une France exsangue.
* De Gaulle a été bien ingrat avec les harkis qui se sont battus pour la France.
* François Mitterrand qui critiquait la constitution de la Ve République et voyait en de Gaulle un dictateur a très vite revêtu les habits de monarque républicain. Ne nous attardons pas sur sa double vie qui aujourd’hui ferait hurler tous les moralisateurs de plateaux télé.

J’ai longtemps apprécié Michel Onfray, mais beaucoup moins depuis qu’il est passé du "côté obscur de la force".
Depuis quelque temps il a trop tendance à nous faire du Zemmour. C’est dommage car il vaut mieux que ça.

Vérifiez votre commentaire

Aperçu de votre commentaire

Ceci est un essai. Votre commentaire n'a pas encore été déposé.

En cours...
Votre commentaire n'a pas été déposé. Type d'erreur:
Votre commentaire a été enregistré. Les commentaires sont modérés et ils n'apparaîtront pas tant que l'auteur ne les aura pas approuvés. Poster un autre commentaire

Le code de confirmation que vous avez saisi ne correspond pas. Merci de recommencer.

Pour poster votre commentaire l'étape finale consiste à saisir exactement les lettres et chiffres que vous voyez sur l'image ci-dessous. Ceci permet de lutter contre les spams automatisés.

Difficile à lire? Voir un autre code.

En cours...

Poster un commentaire

Les commentaires sont modérés. Ils n'apparaitront pas tant que l'auteur ne les aura pas approuvés.

Vos informations

(Le nom et l'adresse email sont obligatoires. L'adresse email ne sera pas affichée avec le commentaire.)

Ma Photo

MA CHAINE YOUTUBE

PRESSE, RADIO, TELEVISION & INTERNET

INSTITUT DE LA PAROLE

  • Formation à l'Institut de la parole
    Renseignements et inscriptions : [email protected]
  • L'Institut de la Parole propose des formations dans tous les domaines de l'expression et pour tous, au profane comme au professionnel de la parole publique. L'apprentissage et le perfectionnement s'attachent à l'appréhension psychologique de la personnalité et aux aptitudes techniques à développer. L’Institut de la Parole dispense des formations sur mesure et aussi, dans l’urgence, des formations liées à des interventions ponctuelles, notamment médiatiques. Magistrat honoraire, Philippe Bilger propose également des consultations judiciaires : conseils en stratégie et psychologie judiciaires.

MENTIONS LEGALES

  • Directeur de la publication : Philippe Bilger
    SixApart SA 104, avenue du Président Kennedy 75116 PARIS