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03 octobre 2021

Commentaires

caroff

@ Achille 11h39
"En poussant le raisonnement de Zemmour jusqu’au bout, la France devrait renvoyer ce dernier en Kabylie, terre de ses ancêtres."

C'est l'Algérie ou plutôt la Numidie qui était la terre des ancêtres de Zemmour, un Berbère judaïsé.
La famille de Z est devenue française par le décret Crémieux de 1870.

Comment renvoyer un Français à l'étranger: vous nous expliquez ?

J'ai rencontré des juifs algériens en visite à Oran pour se recueillir sur les tombes familiales. Ils étaient dorlotés par les Algériens qui les considéraient comme leurs compatriotes.
J'avais remarqué qu'Enrico Macias (Gaston Ghrenassia), juif constantinois qui parlait le dialectal couramment, était écouté religieusement (si je puis dire) par les locaux...
Histoire compliquée qui a été outrageusement simplifiée par les politiciens d'outre-Méditerranée.

Certains Algériens de ma connaissance reconnaissent que les Berbères judaïsés étaient là avant les musulmans et avant les chrétiens (cf Saint Augustin).
On peut donc dire que si Z devient Président, il sera le premier "Algérien" à le devenir !

Xavier NEBOUT

@ Claude Luçon

Le Xavier NEBOUT qui vous occupe ici est né en 1947, habite à Saint-Caprais-de-Bordeaux, est agent immobilier et ne vous a pas insulté.
http://immo2mers.fr/


duvent

Qu'aurions-nous fait ?

J'ai hésité entre commenter votre billet et le commentaire amusant sur un autre fil, de M. Charoulet...

Bon, je vous choisis et je dis pour commencer que j'aurais mieux aimé que votre titre soit «  Qu'aurais-je fait ? ».

Vous, je ne sais pas, mais moi, je sais ce que j'aurais fait, je le sais pour la bonne raison qu'à mon âge on a fait le tour de beaucoup de choses, et que le tour de soi-même, on y arrive en général vers vingt ans, et mes vingt ans sont assez loin pour que votre question me mette hors de moi.

Je suis révoltée par autant de bienveillance pour soi de certains commentateurs.

J'espère que je n'aurai pas à être trop longue pour vous dire M. Bilger, qu'il ne faut pas croire que l'on saurait ce qu'on aurait fait...

Non, on ne sait jamais rien, par confort et veulerie, par malveillance et saloperie, non on ne sait jamais rien, c'est plus pratique...

Au fond, on sait qu'il se trouve des hommes de bien, qui ont reçu et transmis ce que la civilisation donne à celui qui veut, et désire sortir de sa condition de bête, et on sait qu'il s'en souvient, lorsque l'humanité sombre, et c'est ce souvenir qui retient la main ignoble qui croit pouvoir prendre ou donner...

Vous voyez, comme moi, monsieur Bilger, ici même, des personnes que l'on interroge et qui n'hésitent pas à répondre : « je ne sais pas... », « et si on mettait un canon sur la tempe de ma mère... », « et si on humiliait mon père... », et « si mon enfant hurlait de faim... », et « si tout mon être rugissait de souffrance... », et si, et si, et si...

SI, n'est pas suffisant ! SI, ne permet pas de s'affranchir ! SI, ne lave pas la souillure !

Ainsi, et en considérant votre question, je m'interrogerai, et je répondrai que si par un grand malheur il advenait que dans les conditions les plus favorables, je recherchais la raison ultime qui justifierait que je choisisse la fin d'un autre pour ma propre survie ou celle des miens, il serait juste et bon que l'on me regarde avec mépris et que le premier chien venu puisse m'écraser, me mettre à genoux, je trouverais juste et bon que l'humain en moi soit dénié, je trouverais juste et bon que de toute mémoire je sois effacée.

Car, il faut bien le dire M. Bilger, lorsque nous enlevons le courage de perdre, celui de mourir, celui de voir mourir les siens, il ne reste plus rien de véritablement grand et beau pour poursuivre le chemin dans cette vallée de larmes.

Alors je dis qu'il est honteux de poursuivre des vieillards, mais il est encore plus honteux de s'inventer une sorte d'humilité qui n'est en réalité que de la lâcheté et quand bien même elle serait maquillée, justifiée, rien ne peut la rendre supportable, dès lors, une seule réponse est possible, assise sur mon sofa en 2021, sans risque aucun, sans responsabilité ni engagement, jamais, au grand jamais il ne sera conçu dans ma tête malade qu'une raison juste et bonne existe qui permet de nuire à mon alter ego, d'où qu'il vienne, quel qu'il soit, ici, maintenant ou dans un ailleurs, plus tard...

Jamais, jamais, pour nulle raison, ni pour moi, ni pour les miens, n'existera la raison de cet abaissement, et de cette déchéance...

Ce que vous appelez « forfanterie », je l'appelle le devoir : Muss es sein, es muss sein !

Ninive

https://www.europe1.fr/societe/mort-de-bernard-tapie-quen-est-il-desormais-de-ses-demeles-avec-la-justice-4069707

https://www.liberation.fr/societe/police-justice/la-mort-de-bernard-tapie-met-fin-aux-procedures-penales-qui-le-visaient-20211003_XJM6XT7OIJH5LKVTXQVO3J6PCI/

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Deux enquêtes offertes à nos consciences... Qu'allons-nous en faire ?

https://www.youtube.com/watch?v=6bItfRwZcs8

sylvain

Pour une fois je félicite les racailles protégées et soutenues démagogiquement et très socialistement par Tapie qui lui ont fait subir à son tour ce que des millions de Français insignifiants subissent depuis les années Tapie Mitterrand pro-immigration qui en plus se permettaient d'insulter et traiter de fachos ceux qui avaient le toupet de protester contre cette immigration criminelle.

Ce jour-là, toutes les permanences RN étaient gondolées de rire.

Pan sur le bec ! Le destin parfois me fascine car il est le seul à la fin à rendre une vraie justice.

Axelle D

Un ex-commandant des RG me disait un jour : "Si l'on devait exhumer et porter à la connaissance du public les archives de cette sinistre époque, où les gens se dénonçaient à tour de bras, y compris entre notables et membres d'une même famille qui ont aujourd'hui pignon sur rue, on ferait battre des montagnes. À moins que ce soient leurs descendants qui nous vantent des exploits extraordinaires alors que..."

Néanmoins, les trahisons, lâchetés ou indifférences d'une majorité n'effacent en rien mais au contraire font ressortir et magnifient le courage, l'héroïsme et la loyauté de nombre de nos compatriotes, qui ont su faire front à la meute boulimique au risque de leur vie ou de celle de leurs proches et dont il me paraît injurieux de douter, confortablement retranché, anonyme et sans âge derrière son petit ordinateur !

Philippe Bilger, eu égard à ses fonctions d'avocat général en cour d'assises, qui en a vu défiler de vrais ou faux témoins au fil des procès, doit avoir sans conteste, mieux que quiconque, son idée sur la question concernant le véritable courage et la faculté de maintenir son cap contre vents et marées et nonobstant les risques pour faire triompher la vérité.

Robert

Cela rappelle le procès Papon en France, tant d'années après. Alors qu'à la Libération, les principaux collaborateurs, comme le maréchal Pétain ou surtout Pierre Laval, le vrai suppôt de l'occupant allemand qui a été réimposé au maréchal Pétain par l'Allemagne et qui leur a fourni les enfants juifs en déportation, ont été pour la plupart jugés, condamnés et, pour quelques-uns, exécutés ou suicidés.

Il est intéressant de savoir que les historiens ont eu accès à une liste de 100 000 collabos (https://www.lamontagne.fr/paris-75000/actualites/100-000-noms-de-collabos-rendus-publics-un-sujet-encore-tabou_12569192/) et que la majorité des collabos n'ont en réalité pas été poursuivis. Ceci pour permettre la relance économique, voire politique, de la France. Beaucoup de ceux dont la déchéance des droits avait été décidée par la Justice ont été réintégrés dès le milieu des années 1950.

Le problème de la dénazification s'est posé d'une manière assez proche en Allemagne. Quoique, compte tenu de la menace soviétique, les Etats-Unis l'ont limitée au strict minimum, l'objectif restant de relancer l'économie allemande. Une dénazification réelle et complète de l'Allemagne de l'Ouest aurait généré une destruction quasi totale de son administration. Et la réorganisation de l'armée allemande au début des années 1950 a fait appel à des officiers qui avaient servi le régime nazi avec un certain zèle, leur compétence technique étant considérée comme indispensable face à l'armée soviétique.

Mais en interne, l'Allemagne n'a dénazifié le pays qu'en surface et s'est abstenue de poursuivre la plupart des nazis pendant des décennies, nazis qui pour la plupart sont tranquillement morts dans leur lit...

Tout le problème avec le procès évoqué par ce billet est que maintenant on cherche des boucs émissaires sur fondement de la morale et non plus du droit. L'Allemagne veut avoir sa conscience plus tranquille après les procès retentissants comme ceux d'Eichmann en Israël au début des années 1960 ou en France ceux de Barbie, Bousquet et Papon.

Il me semble cependant que morale, droit, justice et politique ne doivent pas être l'objet d'une collusion. Or, c'est ce à quoi notre société actuelle procède sans se poser beaucoup de questions.

Achille

@ Tipaza | 04 octobre 2021 à 09:26
« La réponse est claire, nous aurions dû, tous, oui tous même Achille et Claude Luçon, voter Zemmour ! »

En poussant le raisonnement de Zemmour jusqu’au bout, la France devrait renvoyer ce dernier en Kabylie, terre de ses ancêtres. Tout comme Jean Messiha en Egypte, lui qui est né au Caire.
C'est curieux ces étrangers qui viennent donner des leçons de patriotisme aux Français !

Je vous joins juste pour le plaisir l’échange au cours duquel Nanard a failli filer une beigne à Zemmour !
Échange datant de quelques années dans lequel Éric Zemmour prétend qu’il est en Algérie depuis 1000 ans. Entre nous il aurait pu y rester quelques années de plus ! :)

Achille

@ Robert Marchenoir | 04 octobre 2021 à 07:07

Comme quoi, il nous arrive parfois d’être d’accord. C’est suffisamment rare pour le signaler...

Exilé

@ Robert Marchenoir
« Le seul but de cet acharnement, c'est de permettre à des gens qui n'étaient même pas nés, à l'époque, de se décerner à eux-mêmes des brevets de vertu. Regardez comme je suis anti-nazi, voyez à quel point je suis moralement supérieur. »

Très juste.
Nous ne pouvons même plus parler de résistants de la vingt-cinquième heure, car il s'agit plutôt de résistants du centenaire, dénonçant de manière fort sélective de supposés bourreaux pour se décerner des brevets de bonne conduite alors que si l'on y réfléchit bien ils se comportent eux-mêmes en persécuteurs prêts à se transformer en bourreaux si les circonstances s'y prêtaient, en adeptes fanatiques qu'ils sont parfois d'autres idéologies mortifères, ce dont nous attendons toujours qu'ils fassent repentance.

Pensons par exemple toute cette classe politico-médiatique imbibée de tropisme révolutionnaire qui en 1975 avait les yeux de Chimène pour le régime des Khmers rouges. Ces gens-là, même sans avoir participé directement aux atrocités qui ont suivi, s'en sont rendus complices pour les avoir indirectement cautionnées.
Et ce sont souvent les mêmes qui agitent le spectre d'un nazisme pourtant jugé, condamné, mort et enterré depuis belle lurette pour tenter de faire oublier leurs propres turpitudes.

sylvain

@ Claude Luçon

Zemmour est un Mussolini ?? MDR il faut changer d’ophtalmo et de dealer, vous voyez bien qu’ils n’ont pas le même tour de taille quand même, soyons sérieux 😟.
J’adore le côté Pif Gadget de certains sur ce blog.

Ninive

@ Robert Marchenoir | 04 octobre 2021 à 07:07

Excellent texte sans débordement... du bon Marchenoir, merci.

hameau dans les nuages

@ Robert Marchenoir | 04 octobre 2021 à 07:07

Une fois n'est pas coutume, je vous rejoins.
Pour d'autres idéologies mortifères on a laissé courir:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Boudarel

Catherine JACOB

« Irmgard Furchner, 96 ans, est accusée de complicité de meurtres commis entre 1943 et 1945. Elle était secrétaire dans le camp du Stutthof. Elle ne s’est pas présentée devant le tribunal qui devait la juger. » (PB)

Son audience a donc été reportée. Autrement dit, elle sera jugée quand même, comparante ou pas.

Irmgard Furchner (née vers 1925 elle avait donc 18 ans en 1943), résidente de maison de retraite dans le Schleswig-Holstein à environ 25 mn du centre de Hamburg. Elle a exercé en effet comme "Sekretärin und Stenotypistin" au camp de concentration du Stutthof (aujourd'hui Sztutowo).

La sténotypie sert à retranscrire des discours oraux avec une sténotype à une vitesse pouvant aller jusqu'à 220 mots par minute et permet ainsi une prise intégrale des discours. J’imagine qu’il y a eu des sténotypistes et des secrétaires dans toutes les administrations nazies et je me demande combien d’entre elles qui, tout comme les femmes de ménage, occupaient donc une place de choix pour l’espionnage, ont pu être recrutées par les services ennemis du 3e Reich, en particulier le SIS britannique ainsi que l’âge de celles qui ont pris ce risque, risque de mort précédée de tortures donc, y compris pour leur famille, et aussi combien d’entre elles ont, après-guerre, été convaincues des mêmes chefs d’accusation qu’Irmgard Furchner.

Initialement, le Stutthof avait été construit pour éliminer et persécuter les Polonais, mais il joua ultérieurement un rôle essentiel dans l’extermination planifiée des Juifs d’Europe.
Environ 65 000 personnes, dont 27 000 de confession juive, y périrent sur les 110 000-127 000 qui y furent déportées.

En Allemagne, la majorité civile est fixée à 18 ans depuis 1975 ; elle était auparavant fixée à 21 ans. Du point de vue de ses droits civils donc, Irmgard Furchner était mineure au moment des faits reprochés. Mais bon, Guy Môquet, né le 26 avril 1924 à Paris et mort le 22 octobre 1941 à Châteaubriant, militant communiste, célèbre pour avoir été le plus jeune des quarante-huit otages fusillés à Châteaubriant, Nantes et Paris le 22 octobre 1941, en représailles de la mort du lieutenant-colonel Karl Hotz abattu à Nantes par les résistants, aussi.

En ce qui concerne le droit pénal des mineurs en Europe, « l'âge de la responsabilité pénale, soit l’âge où le mineur peut être considéré responsable de ses actes et donc passible de sanctions pénales, varie en fonction des pays. Il est fixé par la loi à : 8 ans en Ecosse et en Grèce, 10 ans en Angleterre et en Suisse, 12 ans aux Pays-Bas, au Portugal et en Belgique, 14 ans en Espagne, Allemagne et Italie, 15 ans en Suède, et 18 ans au Luxembourg ».

En France, il n’y a pas d’âge spécifique de responsabilité pénale à moins que 13 ans ??, mais il est fait référence à la notion de discernement. L’article 122-8 du Code pénal, précise que « les mineurs capables de discernement sont pénalement responsables des crimes, délits ou contraventions dont ils ont été reconnus coupables, dans des conditions fixées par une loi particulière qui détermine les mesures de protection, d'assistance, de surveillance et d'éducation dont ils peuvent faire l'objet. »

On va dire que les mesures d’éducation du régime nazi s’apprécient à l’aune de la Bund Deutscher Mädel ou BDM (en français : « la Ligue des jeunes filles allemandes »), seul mouvement allemand pour les jeunes filles de 10 à 18 ans autorisé après l'arrivée au pouvoir des nazis en 1933. (Voir par comparaison l’aspect de certaines manifestations contemporaines dans certains autres pays !!)

Irmgard Furchner en a-t-elle fait partie ? Comment a-t-elle été recrutée pour exercer comme secrétaire et sténotypiste dans un camp de concentration ? A-t-elle été contrainte par sa famille ? etc. etc. etc. Il y a en effet beaucoup de questions dont les réponses pourraient permettent d’éclairer encore davantage cette sombre période de l’histoire de l’Allemagne et qu’une audience de cour pénale est sans doute quasiment seule à pouvoir faire se manifester.

« Je ne discute pas la légalité ni la légitimité de ces procédures à l’encontre de personnes très âgées, incriminées. » (PB)

Difficile en effet donc, à discuter depuis notre législation.

Aliocha

Doit-on encore le rappeler, justice n'est pas vengeance et si dire du mal du mal ne résout rien, faire du mal au mal n'en est que la reproduction.
Un homme dans les années sombres dénonça, sous la contrainte d'une arme posée sur la tempe de son enfant, une famille juive de son quartier dont on devine alors le sort.
Est-ce légitime d'avoir sauvé les siens d'abord ?
Cet homme ne sut pas répondre à cette question et finit par se supprimer, rongé par le remords.

Le vrai héros est celui qui se reconnaît persécuteur et tente, avec ses faibles moyens, de résister à sa propre réalité.
Ce n'est pas toujours possible, et nous ne savons pas ce que nous aurions fait en de si extrêmes conditions.
Ce que nous savons et qui est à la main de chaque citoyen, est de soi-même savoir se gouverner pour éviter que de telles conditions se reproduisent, que chacun, debout face à soi-même et à sa réalité violente, accède à la connaissance qui permet de contenir l'épouvantable prédateur qui est en lui, ne cédant jamais ni au scandale, ni à la haine, cette religion menteuse qui ne sait aujourd'hui que contaminer jusqu'au prétoire les déviances d'une justice illusoire, et détruira au premier chef le mental de celui qui, se connaissant soi-même, cède aux sempiternelles tentations de la persécution.

En rêve, on est tous des héros qui persécutent la persécution, en réalité nous sommes tous persécuteurs, est-il possible alors d'envisager pouvoir imaginer transformer la geste héroïque en renoncement à la persécution ?
La santé mentale de l'humanité, de facto sa survie, dépend de la réponse à cette question.

Tipaza

"Qu'aurions-nous fait ?" s'interroge gravement et à juste raison PB !
Imaginez-vous, être 70 ans plus tard, en 2091, avec la même question lancinante.

Qu'aurions-nous fait, face à tous les problèmes d'immigration, de grand remplacement, d'économie chancelante, de désindustrialisation, de changement climatique ?
Et avoir comme réponse un des titres du Figaro d'aujourd'hui qui annonce fièrement (ou pas) :

"Macron visite un refuge de la SPA lundi pour défendre la cause animale".

Franchement, hein franchement, et on ne pourra pas dire que Macron ne dispose pas de son libre arbitre, ce qui n'était probablement pas le cas d'une jeune Allemande de 18 ans entre 1943 et 45.

La réponse est claire, nous aurions dû, tous, oui tous même Achille et Claude Luçon, voter Zemmour !

revnonausujai

@ Claude Luçon
"un cousin parti travailler volontairement en Allemagne, logique, à son retour il est devenu CRS."

Ah ! Il aurait prendre sa carte au Parti communiste ; qui sait, il serait peut-être devenu secrétaire général !

Robert Marchenoir

Je suis scandalisé par l'absence de tout mouvement de protestation international contre ces procès successifs de prétendus complices des nazis.

Si la société occidentale avait sa boussole morale calibrée sur les bons repères, s'il restait un brin de sagesse et de sens commun à nos "élites", nous aurions pléthore de journalistes, d'intellectuels, de philosophes, de religieux et d'associations de défense des droits de l'homme, pour dénoncer ces mascarades de justice auxquelles l'Allemagne procède depuis de longues années maintenant.

Comment ! On traîne au tribunal une femme de 96 ans, sous prétexte qu'à l'âge de 18 ans, elle a servi de dactylo au commandant d'un camp d'extermination ? En l'accusant de complicité de 10 000 assassinats ? Pourquoi ne pas juger le patron du fabricant de meubles qui a fourni le fauteuil du commandant, tant qu'on y est ? Comme pour souligner le ridicule de l'opération, cette femme est jugée par un tribunal des mineurs, en raison de son âge à l'époque.

Ce n'est pas comme si la justice découvrait les faits. En 1957, Irmgard Furchner a témoigné au procès de Paul Werner Hoppe, l'officier dont elle fut la secrétaire. En 1946 et en 1947, quatre procès se sont tenus en Pologne, au cours desquels une centaine de responsables et de gardes du camp ont été jugés -- dont dix condamnés à mort.

Ce prurit pénal a commencé en 2011, avec la condamnation, en Allemagne, de John Demjanjuk, qui avait servi de gardien au camp de Sobibor. Émigré aux États-Unis après la guerre, il a fait l'objet d'une grotesque et interminable persécution à partir de 1975, où il a été ballotté d'un pays à l'autre et déchu deux fois de sa nationalité américaine.

Condamné à mort en Israël en 1988, au motif qu'il aurait été "Ivan le Terrible", un garde particulièrement cruel du camp de Treblinka, il a été acquitté en appel pour insuffisance de preuves. Mais l'acharnement du gouvernement américain a continué après son retour aux États-Unis, qui l'ont extradé en Allemagne. Il est arrivé à son procès en chaise roulante, l'a suivi étendu sur un lit et est mort avant d'avoir été entendu en appel (ce qui signifie que juridiquement, il est innocent).

Mais la jurisprudence Demjanjuk a déchaîné l'envie de pénal des bonnes âmes politiquement correctes. Depuis, d'autres grands vieillards ont été expulsés des États-Unis où ils ont passé toute leur vie, ou bien ont été accusés de complicité de 300 000 assassinats. Alors qu'ils n'avaient été que des gardiens de camp de bas niveau, voire de simples employés administratifs, qu'ils n'avaient jamais commis de meurtres eux-mêmes et qu'ils n'avaient aucune responsabilité dans leur organisation.

Contrairement à d'innombrables responsables, qui ont échappé, par la force des choses, à tout châtiment, malgré leur rôle actif dans les crimes nazis.

Rappelons donc quelques évidences humaines et morales. À l'issue d'une période catastrophique où ont été commis des crimes politiques de masse (guerre d'extermination hitlérienne, dictature soviétique, génocide cambodgien...), il est justifié de juger, voire d'exécuter, un certain nombre de responsables, afin que les victimes puissent être vengées.

Mais afin de tourner la page, il va de soi :

- Que seul un nombre limité de responsables de haut niveau doivent être punis ;

- Que d'innombrables personnes ayant participé aux exactions devront échapper à toute punition, puisque par définition, dans de tels épisodes historiques, ce sont des peuples entiers qui sont entraînés dans le crime ;

- Que les châtiments devront cesser peu de temps après la fin des événements, faute de quoi la paix ne pourrait être rétablie ;

- Qu'en tout état de cause, les participants subalternes comme Irmgard Furchner doivent échapper à toute sanction.

Traîner au tribunal, 75 ans après les faits, des personnes dont certaines ont 100 ans et qui n'ont aucune responsabilité dans les massacres, cela n'a aucune justification : ni judiciaire, ni historique, ni morale.

Le seul but de cet acharnement, c'est de permettre à des gens qui n'étaient même pas nés, à l'époque, de se décerner à eux-mêmes des brevets de vertu. Regardez comme je suis anti-nazi, voyez à quel point je suis moralement supérieur.

C'est toute l'abomination de l'idéologie gauchiste, laquelle n'hésite pas à infliger une interminable torture morale à des personnes vulnérables, sans défense, au soir de leur vie, pour le plaisir de titrer, comme le fait Libération, La fugue de la vieille nazie.

Pourquoi pas "La fugue de la vieille p...", tant qu'ils y sont ?

GERARD R.

Espérons que Macron et sa clique ne doivent pas attendre d'avoir atteint cet âge canonique pour passer en jugement. Et qui sait ? Entre-temps la peine capitale pourrait être réinstaurée...

Jérôme

Bonjour Philippe,

Tout le monde a son histoire, sa mythologie, le plus souvent, concernant cette période.
Invérifiable bien sûr. Chacun invente.
Du père ou du grand-père résistant dont le seul acte héroïque fut de tondre une femme, probablement jaloux que sa mère, laideronne, n'ait eu ces bons moments et ne puisse améliorer l'ordinaire.
Ou de faire sauter un pont. Pas d'bol, dans le mauvais sens, les Allemands étaient déjà passés. Coup d'bol, c'était une misérable rivière qui se traverse très bien à pied. Tous les anciens du bled s'en sont gondolés pendant des années.

Et il y a ceux qui l'ont vraiment faite, la guerre. Qui n'en parlent que pour en faire ressentir la douleur, la monstruosité. Les copains morts trop jeunes, les horreurs, quand on sait, on parle peu.
Alors quand on ne sait pas…

Claude Luçon

@ Xavier NEBOUT | 03 octobre 2021 à 23:18

Prouvez-moi que Zemmour ne se comporte pas en Mussolini en ce moment !
Lui aussi avait, comme Adolf, une jolie jeune femme à ses côtés, vous avez la vue faible, l'audition difficile et le cerveau ailleurs ?
Tous les dictateurs ont commencé de cette façon !

Mais quel âge avez-vous ? On ne vous enseigne plus l'histoire et le raisonnement ?

Vous êtes pro-Zemmour, il faut l'admettre nous avons tous nos faiblesses et nos idiocraties !

P.-S.: j’ai tellement pris l'habitude d'être insulté par des anonymes sur le blog - comme dit Zemmour "je m'en fous" - que j'en ai oublié mon habitude de vérifier les patronymes qui y sont utilisés donc si un Xavier NEBOUT existait sur le net. C'était une erreur voici ce que j'y ai trouvé :
Xavier NEBOUT
Né en 1973
Xavier NEBOUT dirige 1 entreprise (1 mandat), son mandat principal est Gérant au sein de l'entreprise CEP'AGE (CA : 1 186 700 €).
Xavier NEBOUT. Wine/Spirits. Gérant de la sarl Cep'Age basée à Bordeaux, spécialiste en grands crus, vieux millésimes et flacons d'exception.

Si c'est vous, nous devrions nous entendre !
Mon grand-père maternel fabriquait des tonneaux près d'Orléans pour le Gris Meunier de la Vallée de la Loire et moi j'ai passé des années à chercher puis produire des tonneaux de pétrole couleur bordeaux !

Ceci dit, né en 1973, ce n'est ni gentil, ni courtois d'insulter un homme qui a au moins l'âge de votre père !
J'ai aussi droit à la liberté de parole même si elle ne vous convient pas, vous avez pu la lire, donc nous avons un blogueur qui lui connaît le sens du mot liberté d'autant plus que son métier était de priver des gens de liberté, et en plus enseigne l'art de la parole, on peut donc lui faire confiance ! Non ?

Et si vous êtes vraiment marchand de grands vins, un conseil : quand vous insultez quelqu'un faites-le avec modération !

F68.10

@ Xavier NEBOUT
"Vous vous trompez d'étalon. Celui du génocide idéologique est français. Il date de 1793, et personne n'a jamais fait mieux..."

Mesurez quand même la portée de vos propos.

Xavier NEBOUT

@ Claude Luçon

Comparer Zemmour à Mussolini. Dans un premier temps, vous m'avez fait rire. mais ensuite j'ai pensé à votre état. Avoir tant vécu pour finir dans autant de con*eries.
J'aurais été plus indulgent si vous n'accusiez pas Zemmour de révisionnisme selon ses besoins. C'est abject.

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@ F68.10

Vous vous trompez d'étalon. Celui du génocide idéologique est français. Il date de 1793, et personne n'a jamais fait mieux, même les pires du nazisme ou du stalinisme.
L'abat-jour avec de la peau humaine est une création française, et personne ne songe à réviser l'histoire de la baignoire nationale contrairement à celle des chambres à gaz.

Exilé

Qu'aurions-nous fait ?

Mais nous qui jouons parfois aux résistants d'opérette en regardant à la télévision des films relatant cette époque, des cacahuètes dans une main et une canette de bière dans l'autre - du moins pour ceux qui ne se sont pas encore débarrassés de cet appareil diabolique - que faisons-nous de nos jours face au totalitarisme larvé camouflé en démocratie qui nous est imposé depuis 1945 pour ne pas remonter plus loin dans le temps, qui parfois peut nous condamner à la mort sociale voire physique à une période de l'histoire pas si lointaine ?

Achille

Mon père n’a pas fait la guerre car il était trop jeune en 1939. Par contre mon beau-père, Mosellan, a été enrôlé de force par les Allemands. Comme de nombreux jeunes gens de son âge que l’on appelle des Malgré-nous, on ne lui a pas demandé son avis.
Il a été presque immédiatement fait prisonnier par les Russes et a dû séjourner dans le camp de Tambov où il a connu des conditions de détention très dures.
En fait lui, ce sont surtout les Russes, nos libérateurs de 1945, qui lui ont laissé de mauvais souvenirs.

F68.10

J'en ai rencontré des gros malins qui, sous prétexte que j'ai parfois des prétentions à la vérité et que je ne m'en cache pas (ou plus), me sortent la carte du nazisme de manière répétitive pour se moquer de mon manque de recul par rapport à la science, qui ne serait qu'une croyance comme une autre.

Quand, dans une discussion sur un sujet à priori sans lien avec le nazisme, on me demande "et toi, en 40, si la science dit que les races sont hiérarchisables avec la phrénologie, tu croirais tout cela sans moufter, hein ? T'aurais été où en 40 ?? T'aurais chassé du juif ? T'aurais cru Hitler parce qu'il prétend avoir la vérité ? Hein ? Avoue !!"

À quoi je réponds que je me serais fait gazer dans le cadre du programme Aktion T4. Ce qui ne fait pas un pli avec mon dossier. (Pas plus que cela ne fait un pli quand dans un passé pas si éloigné que cela, je n'aurais peut-être pas pu éviter la lobotomie. Et que ce n'était pas les nazis, à cette époque...)

Ces gauchistes anti-science m'épateront toujours... et pas en bien.

Dans le cas d'espèce qui occupe le billet, je ne vois pas trop l'intérêt de pourrir la vie inutilement à une femme âgée. Ajouter de la misère à la tragédie n'apporte rien. Qu'un tel procès ait lieu, pourquoi pas. Mais, sur le fond, le nazisme fut un crime collectif, et c'est plus l'Allemagne qui juge son passé que l'Allemagne qui juge cette vieille dame.

Un procès doit parfois davantage garantir qu'on s'interdise de fermer les yeux sur le passé qu'il ne doit poursuivre l'absurde à peu de frais. S'il sert à cela, alors, oui, il faut qu'il ait lieu.

Mais quand je vois que même de nos jours les médecins sont prêts à tuer leurs patients par aveuglement sans qu'il soit possible de leur dire ou expliquer quoi que ce soit, quand je pense à l'histoire de cet homme que j'ai rencontré récemment dont la sœur est morte en psychiatrie en ne pesant que 27 kilos, qui s'est heurté toute sa vie au mur médical, et à qui on a sorti des menaces de rétorsion quand il a voulu porter plainte en lui ressortant les données médicales de sa famille étendue pour lui expliquer qu'il n'avait aucune chance hormis celle de salir sa famille étendue, quand on sait que ces données sont censées être collectées pour la recherche, mais qu'elle servent à protéger une institution qui refuse de s'expliquer sur un poids de 27 kilos d'un adulte à sa mort...

C'est un peu facile de toujours parler des camps, de faire un procès à une dame plutôt qu'à un pays, à une mentalité, une idéologie, quand les mécanismes d'aveuglement qui ont cautionné ces événements sont encore les mêmes qui protègent nos institutions de toute critique et qui font qu'on lave le linge sale en famille plutôt que d'accepter de s'expliquer honnêtement.

Cette dame n'est probablement pas innocente. Mais même de nos jours, les mêmes mécanismes d'aveuglement, de déni et de normalisation sont à l'œuvre, en plus soft, et cela ne choque personne. On préfère parler des camps. C'est plus simple. Plus clair. On sait déjà qui sont les gentils et qui sont les méchants. On dit du mal du Mal. Bravo. Félicitations.

Mais le problème du génocide nazi est au fond bien simple. On le met comme mètre étalon qui sert à mesurer l'abject. Ce génocide sert, en somme, de mesure standardisée de l'abject, comme le mètre ou la seconde servent à mesurer les distances et le temps et furent à cet effet standardisés par le Bureau international des poids et et mesures. C'est bien pour permettre de déterminer l'abject qu'on prend le génocide nazi en référence. C'est bien cette référence qui doit permettre de justifier que les divers génocides que nous avons vécus et que nous vivrons sont inacceptables. C'est bien parce que le génocide nazi a eu lieu qu'on refuse les génocides futurs.

Mais bizarrement, ce mètre étalon, qui est censé servir de mesure de l'abject, personne ne veut l'utiliser. Personne n'est capable de dire, au hasard, que le génocide rwandais, c'est 1/3 de Shoah ou 1/10 de Shoah. Cela devrait pourtant être une référence qui permette de pointer le nord, de mettre la mesure et de prendre la mesure de l'horreur, mais curieusement, personne ne s'en saisit pour réellement mesurer cette horreur. Personne ne s'en saisit pour réellement dire que tel type de traitement, dont certains actuels en Chine, sont parfaitement inacceptables. C'est un mètre étalon sur lequel nous sommes tous (plus ou moins...) tombés d'accord pour dire qu'il sert de point de référence, mais le premier qui l'utilise, tout le monde lui tombe dessus.

C'est pour cela que les pratiques problématiques qui furent le terreau de ce génocide restent paradoxalement inattaquables de manière opérationnelle, mais le sont uniquement de manière incantatoire. Cela rassure tout le monde de dire du mal du Mal.

Pas moi.

Pour reconnaître la réalité de l'abjection de ce type de génocide, il faut reconnaître que nombre de gens se laissent entraîner dans des choses dingues, sans esprit critique, et qu'à 28 ans, cette dame toute criminelle qu'elle fut et que le tribunal jugera qu'elle fut, était néanmoins parfaitement à la masse. Même si elle avait le choix de faire autre chose de sa vie.

Axelle D

Impossible de répondre honnêtement à cette question, ayant entendu des centaines de fois les récits de personnes, dont mes propres parents, ayant été directement confrontés à cette période tragique de notre histoire et contraints de s'adapter en permanence en fonction d'informations rares et contradictoires, qu'ils soient militaires ou civils.

À commencer par l'exode pour les populations de l'Est et du Nord consistant en une fuite éperdue sur les routes, de gens affolés et complétement déboussolés comme le vécut ma vaillante mère avec deux enfants en bas âge de six mois et sept ans, mes deux frères aînés, tandis que mon père était encore au front quelque part au Levant...

Facile de juger après-coup... Au lieu de cela, si nous commencions par nous interroger sur notre propre degré d'engagement concernant les situations rencontrées au quotidien, notre courage, notre loyauté, notre fermeté ou au contraire nos petites lâchetés et nos reniements pour avoir la paix ?

Par ailleurs, pas du tout d'accord avec genau qui mentionne 98 % de passifs ce qui est faire injure à d'innombrables combattants ou résistants de l'ombre, notamment aux 200 000 réfractaires au STO dont certains retranchés dans les maquis furent capturés et périrent sous la torture...

Trekker

Monsieur Philippe Bilger, la très belle chanson de Jean-Jacques Goldman que vous citez en conclusion de votre billet résume fort bien les problématiques que vous détaillez plus avant dans celui-ci.

Claude Luçon

Sujet scabreux s'il en est ! Pourquoi le ramener maintenant, personne ne connaît Irmgard Furchner...
Devons-nous y percevoir une analogie avec la situation mondiale actuelle, France comprise ?

En 1940 tous les Français étaient pétainistes ! Tous !
Nous chantions, à dix ans, "Maréchal nous voilà, devant toi nous les fils de la France...", moi compris, tous les matins à la communale !
Enfant, à l'époque dans ma famille, côté père comme côté mère, nous avons connu les trois : la majorité acceptant la situation, acceptant plus ou moins Vichy, quelques-uns, dont mes parents, frère et beau-frère entrant en résistance, un cousin parti travailler volontairement en Allemagne, logique, à son retour il est devenu CRS.

D'autant plus difficile à aborder qu'après, dans la foulée, nous sommes allés nous battre en Indochine puis en Algérie, là aussi fallait-il y aller ?
Pour notre génération c'est de 1940 à 1962 dont il s'agit !

Cette période est derrière mes violentes attaques verbales contre Zemmour, qui par son attitude ne semble pas se rendre compte, ou le fait délibérément, qu'à ce stade il se comporte exactement comme Mussolini, par ses harangues à la foule et ne serait-ce qu'en voulant franciser les noms et prénoms de tous les citoyens. Originaire du Frioul (Bolzano), ex-Autriche-Hongrie, la famille de mon épouse côté père de Von Koenig est devenue Del Re, côté mère, piémontaise de Turin de Devigné est devenue Vigna !

La dictature commence souvent par ce genre de détail quand elle ne commence pas par un livre genre Mein Kampf ou Das Kapital !
Zemmour fan de l'histoire, que clairement il révise de temps à autre suivant ses besoins, devrait y penser !
Ou, il n'est pas sot, le fait-il délibérément ?

Michel Deluré

"Qu'aurions-nous fait ?"

Mais qui pourrait honnêtement apporter une réponse sincère, assénée avec certitude, à cette question ?
Qui pourrait avec assurance affirmer qu'il aurait agi de telle ou telle manière dans le contexte spécifique de l'époque ?
N'est-il pas trop facile aujourd'hui, installés dans notre environnement confortable - on est toujours très courageux lorsque c'est plus facile ! - d'affirmer péremptoirement que nous aurions refusé la soumission, de soutenir que nous nous serions rebellés ?

Y répondre serait méconnaître que l'homme ne se révèle vraiment que lorsqu'il est confronté à la réalité des faits, des situations.
C'est ainsi que tel qui paraissait fragile, effacé, affronte ces situations en mettant en exergue des valeurs insoupçonnées alors que tel autre que l'on croyait fort, assuré, adopte un comportement fuyant, lâche, égoïste.

Face à une situation extrême telle que celle évoquée dans ce billet, qui peut honnêtement prétendre, y étant confronté, quel chemin il emprunterait, balancé entre la soumission à sa propre peur qui l'inciterait à l'égoïsme, voire par extension à la lâcheté, et la résistance à cette même peur qui le conduirait alors à agir par pur altruisme ?

Exilé

@ genau
« Sous Hitler, si j'avais vu mon père, rescapé de 14/18, giflé par un bidasse français (...) »

J'ai souvenance d'un film datant de l'occupation française de la Rhénanie ayant montré un geste similaire à ce que vous décrivez, où l'on voyait un militaire français frapper un civil allemand, peut-être parce qu'il ne se découvrait pas au passage d'un défilé arborant le drapeau français.
Nous ne saurons jamais rien de ce civil mais tout porte à croire que cela ne l'a pas aidé à porter la France dans son cœur.

Exilé

À partir du moment où il était inconcevable de refuser, sous peine de mort, une fonction qui vous était imposée (...)

Sans en arriver jusque-là, il faut comprendre que les personnes vivant sous un régime totalitaire, dont beaucoup ont été avant cela des braves gens et le sont encore pendant, n'ont pas toujours conscience de mal agir, la notion du bien et du mal étant gommée par le panurgisme : « tout le monde le fait, donc c'est normal », surtout si une propagande massive conditionne habilement les esprits à bien penser en évacuant tout esprit critique ou sens moral résiduels.

moi, qu’aurais-je été, qu’aurais-je accompli, qu’aurais-je refusé ?

Il est assez facile de répondre à cette question à la lumière de toutes les petites et grandes compromissions que nous avons consenties dans notre vie pour un avantage, un emploi, une promotion, une décoration, un logement, un risque d'agression évité ou tout simplement pour avoir la paix afin de pouvoir continuer de mener une petite vie tranquille sans se faire remarquer.

Si résister c'est dire non, c'est aussi et surtout savoir renoncer à ce que nous possédons.

Giuseppe

"Qu'aurions-nous fait ?" (PB)

« Quand les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste.

Quand ils ont enfermé les sociaux-démocrates, je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste.

Quand ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour protester. » (Martin Niemöller).

Deviro

@ genau | 03 octobre 2021 à 00:51

Vous avez tout dit, et tout bien dit.

hameau dans les nuages

@ genau | 03 octobre 2021 à 00:51
"En revanche, ce que je sais c'est qu'en France, en 39 il y a eu 1 % de sales gens, 1 % de héros et 98 % qui ont attendu, il me semble que j'aurais été dans la majorité, je le crains, du moins."

Oui, ce sont à peu près les pourcentages. Et puis il y eut les résistants de 45 qui tondaient les femmes ayant eu une relation intime avec l'occupant.

Au village, à côté de l'ancienne grange où nous nous occupions de notre troupeau qui en était à ses débuts, il y avait une maison occupée par un couple de vieux. Je les connaissais sans plus mais la promiscuité a fait que nous engagions parfois la discussion par-dessus le mur de pierres.

Mon épouse encore plus que moi lia amitié avec cette vieille dame nous offrant parfois poireaux et salades. Elle s'en ouvrit à ma mère en lui disant que madame B était fort gentille. Ma mère étonnée, originaire du village : "Comment, vous lui parlez ?" "Oui, pourquoi ?" "Il vaut mieux éviter..."

J'ignorais moi aussi la raison. Je savais simplement qu'étant gosse je ramassais les figues de son arbre généreux avec ses branches ployant dans la rue voisine.

Je m'enquis auprès de ma mère de la raison d'une telle réponse. Elle me confia avec difficulté qu'elle avait couché avec un Allemand et avait été tondue à la Libération.

1945...1980. 35 années plus tard...

Qu'aurais-je fait pendant cette guerre ? Je n'en sais absolument rien. Avoir le canon d'un MP40 sur le ventre calme bien des ardeurs.

phineus

On pourrait aussi évoquer le narcissisme dans la démarche héroïque ; jouir d'une image glorieuse de soi-même.
Et peut-être également la pulsion de mort ; un désir d'autodestruction.

Xavier NEBOUT

Il y a eu les totalitarismes nazis et staliniens, et il y a le totalitarisme qui interdit tout ce qui est relatif au salut de l'âme, c'est à dire aux fondements de notre civilisation, et cela au point que celui qui le dénonce est plus près de passer pour un fou que pour un résistant.

Avant d'accuser qui que ce soit des horreurs de cette période, il faudrait d'abord savoir si nous n'y aurions pas adhéré sincèrement, car beaucoup de Français étaient admiratifs d'Hitler et souhaitaient faire corps avec l'Allemagne.

Il faut ensuite savoir si on n'approuvait pas l'enfermement des opposants politiques et si les horreurs des camps ont été délibérées ou commises sous la pression des circonstances - la majorité des morts ont eu lieu dans les dernières semaines faute de ravitaillement sur des rations déjà insuffisantes comme elles l'étaient pour la plupart des Allemands.

La question essentielle est en effet de savoir si on peut condamner quiconque pour des actions commises sincèrement sans recherche d'intérêt personnel, car condamner pour un crime dont le coupable n'a pas conscience est absurde (ce qui est différent de commis sous l'emprise de la folie). Quid du repentir qui aura hanté la vie de ceux qui y ont participé ?

Peut-on même juger de la mort dans un pays qui en nie l'existence ? La mort était jadis omniprésente du fait de maladies les plus bénignes ou de plaies les plus petites. On mourait souvent chez soi devant les siens et le cortège suivait le corbillard jusque dans les années 60.
De nos jours, sauf mascarade aux Invalides, on cache les morts. Ça évite de penser à la suite - de la raison pour laquelle l'homme de Tautavel déposait des fleurs sur eux.

Et puis enfin, ne devrait-on pas condamner tous ceux qui riraient à l'idée de voir certains croupir en camp ? Ne seraient-ils pas coupables de complicité dans l'intention ?

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Nos bons socialistes bien-pensants qui s'offusquent de la présence d'E.Z. ne semblent pas avoir conscience de leur complicité avec le régime de l'URSS. Or ce dernier a pourtant fait infiniment plus de morts que celui d'Hitler guerre mise à part, et où l'on a laissé au bon peuple le soin d'éliminer à leur manière les juifs présents dans les pays menacés par l'avance de la Wehrmacht (pour l'attribuer ensuite à cette dernière avec la bénédiction encore actuelle de notre même gauche bien-pensante).

À l'instant une diatribe d'Aurélie Filippetti - phare bien connu de la pensée - contre Zemmour, sur France pègre gauchiste dite "culture", et digne des plus belles années du communisme.

Jean-Louis

Avant de pouvoir émettre un jugement sur cet aspect très particulier, à savoir la question du genre dans les crimes de guerre et contre l'humanité, il convient de se documenter.

À ce titre, je recommande de lire l'excellent "les Furies de Hitler" par l'historienne Wendy Lower, laquelle explore cette facette peu travaillée.

Les juges de Nuremberg ont été, à juste titre, horrifiés par l'ampleur des découvertes. À ce titre, ils ont délibérément, et il faut le souligner, considéré que si la moitié de l'humanité (les hommes) était capable du pire, l'autre moitié (les femmes) ne l'étaient pas de par leur nature réelle ou supposée et les vertus qu'on leur prête. Ainsi, les femmes sont-elles devenues la caution morale de l'humanité, ce qui n'est pas du tout en contradiction avec une morale patriarcale (sic).

Ceci étant dit, on y découvre quelques portraits choisis par l'auteur en fonction de la nature des crimes commis. Une infirmière pour illustrer l'Aktion T4 (génocide des handicapés), une institutrice pour les enfants séparés de force de leurs parents et rééduqués selon les valeurs de l'ordre nouveau, une employée faisant le choix de rentrer dans la Gestapo pour un salaire meilleur, une épouse modèle d'un officier SS de camp qui participera à des chasse particulières et ira dépouiller les malheureuses de leur possessions, l'épouse d'agriculteur qui tiendra d'une main de fer son troupeau d'esclaves dans une ferme à l'Est.

À chaque portrait correspond ensuite un élargissement du champ au niveau national pour faire constater l'ampleur du phénomène, ses conséquences, et l'absence quasi totale de poursuites après-guerre, si l'on excepte quelques têtes de gondole.

On arrive donc au chiffre délirant de 4 à 500 000 femmes directement impliquées dans les crimes nazis, et de leur plein gré.

La majorité des 80 000 victimes de l'Aktion T4 ont été exécutées par des femmes, c'est un fait avéré.

40 % des administratifs de la Gestapo étaient des femmes, au fur et à mesure des peignages effectués dans les effectifs pour combler les trous dans les grandes unités.

Les épouses d'officier SS, non contentes de participer aux crimes, rentraient dans le jeu pervers de motiver leurs maris, alimentant une compétition dans le rendement de l'horreur et la déshumanisation de l'autre.

Les institutrices n'ont jamais montré le moindre état d'âme dans leur besogne, bien que connaissant parfaitement les tenants et les aboutissants.

Quant aux agricultrices, elles se sont comportées avec une brutalité parfaitement en accord avec la colonisation allemande en Afrique, les pays de l'Est étant d'ailleurs considérés comme autant de territoires à coloniser. Un Far West de l'horreur.

Quel que soit l'endoctrinement, elles ne pouvaient pas ignorer la portée de leur crime, mais ont choisi de s'en accommoder par cupidité et en raison de la parfaite impunité dont elles jouissaient : enfin les femmes pouvaient être les égales de l'homme sans la moindre entrave. La propagande nazie n'ayant finalement servi que de carburant, les bas instincts étant déjà là.

Ninive

Monsieur Philippe Bilger,

La réponse à la question que vous posez est simple :

"Aurions-nous été des soumis ou des révoltés, aurions-nous fui ou obéi quitte à accepter de mettre la main, même de manière bureaucratique, dans les atrocités qui étaient commises ?"

Voyez ce qui se passe aujourd'hui et dites-vous que les Français sont toujours fidèles à eux-mêmes, nous vivons la soumission comme elle a été vécue pendant l'occupation allemande... ce comportement est inscrit dans les gènes d'une nation.

Voyez ce que Macron a fait des Gilets jaunes, insoumis pacifiques...

sylvain

Qu'aurais-je fait ?
C'est tout simple, pour chaque catégorie d'envahisseur, j'aurais fait des stocks de bouteilles de schnaps pour offrir aux Allemands s'ils venaient fouiller chez moi, de vodka pour les Soviétiques, de cognac pour les pétainistes et les FFI, enfin de whisky pour les Amerloques.

En dernière heure de la libération, j'aurais couru avec une tondeuse pour participer au rasage des crânes de meufs avec ma carte de bon résistant.

J'aurais été un bon Français de l'époque collabo, girouette, opportuniste, arriviste, traître, délateur, soumis aux plus forts du moment, comme la majorité des citoyens de ces années glorieuses.

En résumé, tout comme ces islamogauchistes d'aujourd'hui LREM LR PS PCF EELV LFI soumis couchés collabos traîtres délateurs inquisiteurs lèche-babouches macroniens qui rêvent de torturer Zemmour, le nouveau Jean Moulin, dans leurs Kommandantur.

P.-S.: n'oublions pas qu'en ce temps-là beaucoup de Français résistaient en chantant « Maréchal nous voilà ».

Jean-Paul Ledun

Peureux et modeste, j'aurais été une "petite main" bien sage.
Face à ma propre mort, je n'aurais pas accepté celle-ci.
Pour un conflit, pour un idéologue que jamais je n'ai appelé de mes vœux, non merci.
C'est terrible.
C'est terriblement humain.

Denis Monod-Broca

On se rêve héros. Oui, c’est vrai. Facile, après-coup...

Mais qui sont les héros d’aujourd’hui ?

Nous (la France) sommes dans le camp de la force décomplexée, de l’argent tout-puissant, de l’idéologie dominante, de la technique triomphante, de l’épuisement des ressources naturelles, et ça nous convient assez bien, et nous y participons ou laissons faire. L’héroïsme ne serait-il pas d’ouvrir les yeux et de résister à cet entraînement ?

Nous nous étonnons que tant d’Allemands aient pu vivre si longtemps, sans réagir, au voisinage des camps d’extermination, par notre actuelle passivité ne leur sommes-nous pas très semblables ? Des horreurs sans nombre sont commises sous nos yeux, en notre nom, et nous vaquons à nos occupations comme si de rien n’était, nous rêvant héros des temps passés...

Tipaza

Un billet pudique et en retenue sur ce qu’est l’homme pris dans un maelström qui l’entraîne en lui faisant perdre toute volonté individuelle.

On commémore les inondations des vallées des Alpes-Maritimes de l’an dernier.
La goutte d’eau qui participait du torrent qui a tout dévasté, a-t-elle une responsabilité individuelle ?

Et le pire c’est que le législateur qui a rédigé cette loi, et les juges qui l’appliquent, s’imaginent être des purs, participant au « ils ne passeront pas », alors que le torrent contre lequel ils luttent est derrière nous, il est déjà passé, et qu’ils sont impuissants face au torrent qui s’annonce.

Ex abrupto

Un ex-gardien de camp, dites-vous, a été condamné en 2020 à deux et demi de prison avec sursis. Une peine aussi légère, qu'on applique d'ordinaire à de petits voyous, semble démontrer que le crime qu'on lui impute ne devait pas être bien grand. Ou alors l'échelle des peines n'a pas de sens. Mais pourquoi donc, soixante-dix ans après les faits, aller chercher des poux dans la tête d'un vieillard au bord du tombeau ? Si la justice avait à agir, c'est juste après la guerre. Mais elle se garda bien de le faire. L'Allemagne se donne à présent bonne conscience à moindre frais.

Achille

« Qu’aurions-nous fait ? »

C’est, en effet, le moment de se poser la question, alors qu’Éric Zemmour, sur les pas de Charles Maurras, est en train de faire remonter à la surface les vieux remugles des années 30 sur fond de préférence nationale.
15 % des Français seraient prêts, nous dit-on, à voter pour cet enfant de Pétain, soutenu ouvertement par J-M Le Pen, qui n’a jamais caché sa sympathie pour le Maréchal.
Pas sûr toutefois que ce ralliement sulfureux lui permette d'accéder au second tour, car les électeurs de la droite républicaine ne le suivront pas.
Et puis il y a ceux qui préfèrent utiliser le mot patriotisme à celui de nationalisme, de résistance à celui de collaboration et qui se rangent derrière les valeurs du Général.
À chacun de choisir son camp.

Ceci étant, faire le procès, près de 80 ans après les faits, de nonagénaires qui étaient de simples exécutants de travaux purement administratifs comme Irmgard Furchner, secrétaire dans le camp du Stutthof, n’a aucun sens.
Là on tombe dans l’acharnement malsain.

Lodi

"Je sais bien qu’il n’est personne qui aurait le front de s’afficher modeste et peureux, en admettant ne pas savoir ce que dans ces anciennes circonstances tragiques il aurait eu le courage ou non d’accomplir."

Vraiment ? J'ai l'impression que si. Même si on ne sait jamais, je préfère m'afficher lâche : comme ça, j'éviterai le ridicule de jouer les soldats fanfarons comme de tourner autour du pot.
Le style "je vais faire durer le suspense pour donner à croire que je serais un héros" ne me paraît pas des plus décents.

De toute façon, là n'est pas le problème, sauf si on se plonge dans des uchronies, à mon avis. D'ailleurs, je le conseille, l'Histoire alternative est fort divertissante et donne à penser. Quand je l'écris, j'ai fort envie de relire soit quelques livres sur le sujet, soit "Le Maître du Haut Château" de Philip K. Dick, et tous mes K. Dick, tant que j'y suis.
Comme la parenthèse est difficile à refermer ! Eh bien, quand on a autant de courage que ça, la Résistance, c'est pas gagné !

Bref, comme je le disais, le problème n'est pas de se regarder au risque de ne pas se supporter de la journée, mais de dispenser le monde de connaître de nouveaux totalitarismes. Comme ça, on évitera de manifester sa nullité, et un chouia plus important que d'enfoncer les portes ouvertes, on évitera la fin de la liberté et l'amoncellement de victimes.

Commençons par le plus important : il faut éviter tout gouvernement mondial. Gentil ou pas. Il paraît peu probable, mais on ne sait jamais, il y a la fausse bonne idée qu'à problèmes mondiaux, il faut des remèdes mondiaux, donc un gouvernement mondial.
Ou une gouvernance mondial : problème, elle sert souvent de faux-nez pour instituer un gouvernement mondial.

On parle de Résistance ? Qui a dit que si la lutte pouvait être victorieuse, c'est parce que la lutte était mondiale, en un mot, qu'il y avait un extérieur à la France et autres pays occupés ?
Et c'est dans notre pays qu'il y a tant de maniaques du gouvernement mondial ! Enfin, on a eu Pasteur, et il y a plus d'antivax qu'ailleurs, il faut croire que plus la réalité est évidente, plus on s'évertue à la nier.

Pas de liberté à l’échelle du monde sans extérieur.
Et dans un pays, c'est pareil : équilibre des pouvoirs et vie privée forment des contrepoids au pouvoir le plus fort du pays, dans quelque pays que ce soit. Voilà, pour l'admettre, il ne faut pas croire au système parfait, à l'homme providentiel et autres pièges à liberté.

Enfin, en France c'est "la liberté pour quoi faire" et "la liberté, c'est bien relatif". Sauf exception comme Montesquieu, il n'y a pas l'idée de préserver la liberté par l'équilibre des pouvoirs, et comme partout, les philosophes ont tendance à se vouloir conseillers du tyran ou soutien d'une révolution, enfin, de seconder ce qui forme des accumulations de pouvoir.
Parce que certains se croient malin, ils vont diriger le dirigeant, bien sûr... Pas sûr qu'on gagnerait au change, dans ce cas, d'ailleurs, il y a toujours l'impulsion d'imposer sa vision du monde aux autres.

Au lieu d'accumuler les pouvoirs, il faut les segmenter, au lieu d'idéologies à imposer à tout le monde, il faut le débat.
Et je dirais, au lieu du monothéisme, le polythéisme, car le dieu unique tend à incliner à imposer une vérité et un pouvoir unique.

La science est l'inverse de la religion, elle doute, accumule des connaissances, en somme, elle éclaire le monde que la religion enténèbre. Y compris en morale. Désolé de dire qu'agir par carotte et bâton n'est pas moral, tout juste bon pour l'ordre public... avant qu'un tyran ne tienne la carotte et le bâton.
Comment imaginer qu'on puisse être poussé à bien agir en temps de crise quand on ne l'est pas en temps ordinaire. Agir pour une promotion, la sécurité ou le ciel, c'est pareil : c'est pour un avantage.

Après, si les choses changent, on a quand même gagné. On a bien été récompensé, d'abord.
Si le ciel n'existe pas, le croyant n'en sait rien, en imagination, il est gagnant, comme dans son imaginaire, doté du droit de tyranniser tout le monde. La vérité, le croyant s'en moque totalement, mais qui vend la mèche... Peu, puisque la vérité, ils s'en moquent.
Et ceci est un point commun avec les tyrans.

Si le Ciel existe et qu'il y va, et surtout pas les autres, son profit est considérable.
Avidité et désir de privilège. Je ne vois toujours pas d'amour de la vérité ou d'amour tout court la-dedans, il faut bien de l'indécence pour le prétendre. Les polythéistes étaient plus honnêtes, et les agnostiques sont encore plus honnêtes : tout ça, c'est une avidité de dominer les autres en osmose avec un dieu éventuel qui te donne déjà ça, remercie-le, et peut-être un grand bonheur couplé à un grand privilège plus tard.

Bref, avec un tel moteur et un tel enjeu, il ne faut pas s'étonner que le croyant soit plus ou moins contre les libertés, selon que telle liberté ne soit pas accidentellement favorable à sa foi, style liberté de conscience contre qui prétend empêcher ma religion.
Et c'est un modèle pour tout tyran.

Bien sûr qu'au fond de soi, tout le monde est tenté d'être lèche-bottes de puissant ou écraseur de faible. Il faut y résister, non par désir de récompense mais par désir de rendre le monde meilleur.
Ou moins mauvais, ce qui revient au même, c'est comme les mains positives ou négatives en art.

Bien sûr, au pied du mur, peu de héros se lèvent car la vertu exceptionnelle est exceptionnelle, et parce que si un pays a laissé le mal le gangrener de l'intérieur...

Par exemple, en acceptant l'immigration musulmane car mieux vaut ne pas avoir le courage d'être traité de raciste que d'endiguer la déferlante de fanatisme !

Si un pays est un pays d'incapables, il est peu probable que les gens s'y muent en héros.
Les carpes deviennent plus facilement des dragons que les couards vaniteux des héros.

Bref, il est peu probable que les lâches se muent en courageux, et même si c'était le cas, des gens incapables de lucidité qui auraient des capacités de stratégie indispensable pour vaincre me semble impossible.
Le courage, l'intelligence et la réflexion ne s'improvisent pas... L’extérieur, savoir les Anglo-Saxons, ne nous doivent absolument rien, hier ils nous ont sauvés, ils ne le feront pas demain.
Et ils auront raison, ce qui est bien triste à dire, c'est comme renfermer sa prison.

Nous avons la bombe atomique, ce qui veut dire qu'il faudrait que ceux qui nous aident contre nos crachats, se fassent nucléariser pour les beaux yeux de gens qui perdent leur liberté comme d'autres leurs chaussettes.
On grogne contre les brouillons, on ferait mieux de moquer les gens pour qui la liberté est le dernier des accessoires et qui se plaignent de le perdre voir réclament que des gens qu'ils critiquent la leur rendent.
Des brouillons d'hommes, peut-être ?

Bref, la liberté doit être gardée par endiguement de ce qui s'y oppose ! Que la vaine curiosité de savoir ce qu'on ferait face au mal ne nous fasse pas ouvrir la porte au musulman "qu'on éduquerait" ou rouvrir à l'extrême droite ou gauche avec les risques de tyrannie "je serais Résistant".
Non, qui n'est même pas un bouclier ne sera pas une épée !

Par contre, l'entraînement à la lucidité, l'action sans désir de récompense, la division des pouvoirs, essayer d'accroître son courage, une culture allant dans cette direction, tout cela peut nous faire tous progresser, et comme individus, et comme société.
Personne ne sait ce qu'il ferait dans quelque circonstance que ce soit, mais il est prudent en tout d'anticiper le pire et la seule voie pour s'améliorer est de cheminer vers le mieux, parce que la montagne ne va pas tomber au pied de l'alpiniste mais être son obstacle et son chemin.

stephane

Qu'aurions-nous fait ou que ferions-nous ?
Pire, puisque trahison, retournement de veste, délation, surveillance, sont entrés dans les moeurs et qu'il est normal d'être ainsi, de lâcher avant la lutte, d'obéir sans chercher à comprendre ce qui est demandé.
Aujourd'hui ce n'est plus Radio Paris ment, puisque les médias sont contrôlés par les puissances industrielles de ce pays qui créent les emplois.
Et si le bon modèle économique était celui de l'ex-RDA pour finalement un mieux vivre ensemble, plutôt que le toujours plus ?

Philippe Figon

Permettez-moi de vous conseiller la lecture du livre de Christopher Browning, "Des hommes ordinaires". On y apprend qu'il n'est pas besoin de les menacer de mort. Les hommes ordinaires, pour peu qu'ils soient en groupe, quand ils ont le choix (partir ou commettre les pires crimes), font pour la plupart le deuxième choix. On oublie trop souvent la force inouïe du groupe, de l'esprit de corps, de la pression sociale.
Bonne journée.

Bertrand

Qu'aurais-je fait à sa place ?

D'abord, Philippe, une question liminaire à la justice allemande : pourquoi juge-t-on cette dame qui avait entre 18 et 20 ans au moment des faits qui lui sont reprochés comme s'il s'agissait de Rudolf Höss ? Pour marquer le coup ? Pour montrer au public que l'Allemagne sera toujours dans la repentance tant que seront vivants (et même au-delà) des gens susceptibles d'avoir adhéré au nazisme ? Alors que cette justice à laissé passer beaucoup de sales types comme J.Peiper ou H. Lammerding qui n'ont même pas eu besoin de fuir en Amérique du Sud. Va-t-on reprocher à Benoît XVI (94 ans) ou à Hardy Krüger (93 ans) d'avoir appartenu aux Jeunesses hitlériennes ? Ils ont résisté à l'endoctrinement et au lavage de cerveau ; peut-être pas cette dame dont j'ignore tout de l'affaire. Avait-elle le choix ?

Maintenant qu'aurais-je fait à la place de madame Furchner ?
Je suis un "boomer" né en 47, je n'ai connu que la paix, j'étais trop jeune pour la guerre d'Algérie. Peut-être me serais-je comporté comme un pleutre ou comme un résistant de la onzième heure. Je ne sais pas...
Mais je vais vous donner une petite indication :
- mon père, né en 24, s'est engagé l'été 1944 chez Leclerc, à Sées (Orne) et il est allé avec le 1er Régiment de Marche de Spahis Marocains jusqu'à Berchtesgaden.
- son frère (dont je porte le prénom), né en 21, lieutenant au 9e Chasseurs d'Afrique a été tué le 23 avril 1945 à Gutenzell (maintenant Gutenzell-Hürbel, Bade-Wurtemberg). Il n'avait pas 24 ans.
Alors à 20 ans en 1945, peut-être me serais-je rebellé contre Hitler. À condition que mon sacrifice fût utile.

P.-S.: pardon pour ce verbiage et pardon de vous avoir appelé par votre simple prénom (moi c'est Bertrand).

Bruno Crayston

A son retour d'Angleterre apres la bataille de Dunkerque en 1940, mon grand-pere est tombe sur des maquisards qui lui ont fait comprendre qu'il pouvait tres bien les suivre... Il sera reste avec eux six mois... Il m'a toujours dit qu'ils n'avaient jamais rien fait de sensationnel contre l'occupant... lui non plus d'ailleurs...
Une fois rentre chez lui a Boulogne-sur-Mer, il a vu que la plupart des troupes d'occupation etaient surtout des paysans autrichiens qui ne voulaient qu'une chose : retourner chez eux, labourer leurs champs...

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