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16 décembre 2021

Commentaires

Aliocha

Ma loi c'est toi, mon ange, espérant douce réciproque, un nous émancipé de toute tyrannie.

Axelle D

"Si les magistrats n'avaient pas à juger dix fois un délinquant avant de l'envoyer en prison, ils auraient dix fois moins d'affaire de délinquance à juger.
"Si un avocat était suspendu comme aux USA lorsqu'il est pris la main dans le sac à aider son client à mentir, il y aurait beaucoup moins d'affaires civiles à juger.
"Si les avocats n'étaient pas aussi bien payés en perdant qu'en gagnant, ça ferait aussi beaucoup moins. Etc." avait écrit Xavier Nebout.

Là-dessus vous embrayez pour nous citer Sarkozy et Fillon que ni Xavier Nebout ni moi n'avions mentionnés...
L'incohérence est donc manifestement de votre côté qui nous ramenez deux affaires, mélange de procès de politique revancharde et de justice spectacle, n'ayant vraiment rien à voir avec l'encombrement "ordinaire" des tribunaux.
À part votre obsession, ça va toujours vous ?

Gavot

@ Axelle D | 17 décembre 2021 à 15:37
"D'accord avec ce que je n'ai pas dit ni même suggéré ! Vous êtes sûr que ça va vous ?"

Ah mais moi je vais très bien, dans votre message précédent vous appelez la justice à plus de fermeté, en accord avec Xavier Nebout, vous avez déjà oublié ?
Je vous signifie mon accord et vous invite avec moi à souhaiter que les peines d'emprisonnement ferme prononcées à l'égard de Fillon ou Sarkozy soient exécutées et qu'ils paient leurs amendes et autres dommages et intérêts. Vous devriez vous réjouir non ?
Donc je vous confirme que je vais très bien et vous invite à un peu plus de cohérence.

Serge HIREL

@ F68.10 | 17 décembre 2021 à 18:10
« Se focaliser sur les mots et tournures de langage, c'est faire l'impasse sur les idées. Faire l'impasse sur le fond. »

Eh non ! C’est très exactement le contraire. Une idée ne s’exprime que par des mots, qu’ils soient prononcés ou écrits. Et plus le mot est précis, plus l’idée est ciselée. C’est le grand avantage du français sur d’autres langues moins riches en vocabulaire et en tournures de langage que d’apporter à la parole et à l’écrit le mot juste, la phrase exacte... ou le flou nécessaire au consensus.

Ce n’est pas pinailler que d’observer - il n’y a là rien d’une leçon - que le ministre de l’Intérieur, en menaçant « les autres » d’être « condamnés », n’a pas respecté la séparation des pouvoirs. Sinon il aurait dit : « Les autres seront traduits devant la justice »...
Certes, il ne s’agissait pas d’un discours écrit préalablement, mais d’une répartie au cours d’une conversation. Ce détail a son importance : les paroles prononcées dans ce genre de situation, plus spontanées, expriment mieux la véritable pensée de leur auteur. Gérald Darmanin ne s’accommoderait-il pas, pour punir ce délit des faux pass sanitaires, de la seule intervention des forces de l’ordre ?

hameau dans les nuages

J'ai fait, je crois, le tour de la question avec une procédure au civil qui a duré quatorze années. On aurait sombré si l'on avait pas eu Internet pour rechercher entre autres toute la jurisprudence.

Une histoire de fous. Ou alors on a cumulé tous les incompétents de la chaîne judiciaire. Heureusement que l'on avait le verbe pour répondre. J'imagine quelqu'un n'ayant aucune connaissance, s'appuyant sur son avocat qu'il approvisionne largement, se retrouvant dans ce maelström judiciaire. Le pétage de plombs amenant au drame.

Comme nous l'avait dit notre avocate qui faisait de la surenchère auprès de son confrère de la partie adverse, "Tous les avocats sont des menteurs".

Les avoués ? Parlons-en des avoués malgré qu'ils n'existent plus. Doubles honoraires.

Les notaires parlons-en, eux existent encore.
Comme on dit: "Un notaire honnête est un notaire qui ne s'est pas encore fait prendre".

Heureusement qu'il y eut la Cour de cassation pour remettre de l'ordre et qu'un de mes frères habitant Paris a pu jauger des avocats y plaidant pour en choisir un sans passer par la case "j'ai un excellent confrère devant la Cour de cass".

Non mais quelle pétaudière !

 Claude Luçon

@ Serge HIREL | 17 décembre 2021 à 12:22
« Les autres, dit-il, seront condamnés ».

Oui mais à quoi ? à la prison par la Justice, à la prière par le curé ou à mort par le virus ?

F68.10

@ Serge HIREL
"Entendu sur France 2, jeudi matin, dans « Les 4 vérités » : Gérard Darmanin, ministre de l’Intérieur, à propos des détenteurs de faux pass sanitaires, indique que ceux qui reconnaissent leur délit et promettent de se faire vacciner bénéficieront de la mansuétude des autorités. « Les autres, dit-il, seront condamnés ». « Seront condamnés » ! Le jeune membre de l’exécutif ne semble pas avoir entendu parler de l’indépendance de la justice..."

Vous n'avez pas l'impression d'être un peu fétichiste, là ? De hurler quant à l'utilisation de mots en leur donnant un sens qui n'a rien à voir avec la réalité ?
En quoi l'emploi de ces mots insinuerait que c'est Darmanin qui va les juger ??

Bien évidemment que Darmanin les fera juger par la justice. Il indique simplement sa volonté de les y faire parvenir.

Cela devrait être évident pour tout le monde.
Je ne vois pas la moindre atteinte à la séparation des pouvoirs dans l'utilisation du langage de cette manière.
Se focaliser sur les mots et tournures de langage, c'est faire l'impasse sur les idées. Faire l'impasse sur le fond.

On ne défend pas la séparation des pouvoirs ainsi. On la défend en se soumettant aux oukases des cours supranationales qui tapent régulièrement sur la France au motif d'une indépendance de la justice qui laisse à désirer.

Car l'article 5 de l'ordonnance n° 58-1270 du 22 décembre 1958 organise justement la non-indépendance de la justice. Arrêt Moulin contre France. Par exemple.

Regarder cela en face, c'est un peu plus traiter le fond du problème. C'est ne pas se payer de mots. C'est ne pas faire l'impasse sur le fond.

Heureusement que la Cour européenne des droits de l'homme est là pour défendre la réelle indépendance de la justice, elle...

Vous êtes quand même un peu donneur de leçons, Serge...

Gavot

@ Xavier NEBOUT | 17 décembre 2021 à 14:28
"Dans les années 70, au début de la féminisation de la magistrature, il était communément admis chez les avocats que les femmes étaient incapables de juger 8 jours par an...La nature humaine a dû changer depuis."

Tout à fait. Les avocats sont sans doute un peu moins stupides.

Ninive

@ Marcel P | 17 décembre 2021 à 10:43

Qu'attend-on pour construire des prisons et des camps de rééducation ?
Il suffirait de supprimer le Conseil économique et social et le Sénat pour trouver les fonds nécessaires à cet investissement indispensable pour la paix des races, les deux institutions supprimées ne servant plus à rien dans une ripoublique devenue une dictature.

Xavier NEBOUT

@ Solon
"la civilisation dicte le contenu de la justice"

Vous démontrez parfaitement que la civilisation doit être commune pour une justice sûre et respectée.
Des juges chrétiens, musulmans ou juifs seront enclins à ne pas juger de la même manière, et se compromettront avec leur honneur à ne pas le faire.
Les athées quant à eux pourront juger au gré des idéologies selon la direction du vent.

La lumière du "ju" doit être commune.

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@ Axelle D
"loi du vivre-ensemble"

Voilà un bel exemple à la mode de la dégénérescence de notre civilisation.
Il y a la loi générée par la communauté, et celle par le contrat social.
La gemeinschaft et la gesellschaft.

Vaste sujet de philosophie du droit.

sbriglia

""Le juge était une femme, ceci expliquant cela !" Hervé n'est pas le seul père divorcé à accuser les magistrates de favoritisme judiciaire à l'égard des mères. La juge aux affaires familiales lui a concédé un droit de visite de quatre jours tous les trois mois, ce qu'il vit comme une punition après que sa femme a quitté le domicile conjugal avec amant et enfants pour s'installer à l'autre bout de la France. Faut-il en matière de justice compter avec une "solidarité féminine" ? En clair, le sexe du juge pèse-t-il dans la balance judiciaire ?

Près de 80 % de femmes sortent chaque année de l'École de la magistrature. Les tribunaux entièrement féminisés, de la greffière à la procureure, sont donc amenés à se multiplier, même si, à ce jour, la gent féminine ne représente que 57 % du corps judiciaire (c'était en 2012, date de cet article : nous en sommes à 66 % en 2021). Elles n'étaient que 50 % en 2000 et... 6 % en 1959. Le barreau a aussi vu son effectif féminin augmenter de plus de 50 % en 10 ans, pour culminer aujourd'hui à 53 %. Le mouvement n'est pas propre à la justice, ouverte aux femmes depuis 1946. Celles-ci se sont imposées dans l'enseignement ou la médecine, secteurs autrefois réservés aux hommes. C'est pourtant dans les cours et les tribunaux que l'évolution est la plus caricaturale. "L'autorité et l'ambition ne sont plus l'apanage des hommes", explique Serge Portelli, vice-président du tribunal de grande instance de Paris.

Être jugé par une femme fait-il la différence ?

Oui, selon certains avocats, surtout dans les affaires de violences conjugales et d'agressions sexuelles. "Les femmes ont un côté implacable, sans complaisance, ne laissant aucune place à la triche lorsque les faits sont avérés", confesse l'avocat pénaliste Vincent Nioré. Dans une affaire d'agression sexuelle à l'encontre d'une jeune majeure, le tribunal féminin a condamné l'auteur à deux ans de prison, dont un avec sursis, en dépit du fait que la victime n'avait pas opposé de résistance à son agresseur. "Les juges ont tenu compte de la fragilité psychologique de la victime pour retenir la qualification d'agression sexuelle", explique l'avocat. Qui présume qu'une juridiction masculine aurait accordé plus de poids au comportement passif de la jeune femme, majeure de surcroît, pour se montrer plus indulgente. "Les femmes ont une perception de l'agressivité plus physique et moins intellectuelle que les hommes", décrypte Charlotte Caubel, ancienne secrétaire générale du tribunal de Bobigny, la juridiction pilote de l'étude du Laboratoire de sociologie juridique.

Les femmes seraient aussi plus enclines à prendre le parti des victimes de discrimination sexuelle ou celui d'adolescents brutalisés par leurs parents, révèlent des études américaines. En 2010, Ruth Bader Ginsburg, alors seule femme sur les neuf sages de la Cour suprême des États-Unis, était montée au créneau dans l'affaire de Savana Redding. À l'âge de 13 ans, cette jeune fille avait été déshabillée de force par ses professeurs au prétexte qu'elle dissimulait des médicaments (antidouleur) dans ses sous-vêtements. "Ils n'ont jamais été dans la peau de fillettes de 13 ans", reprochait la magistrate à ses huit collègues mâles qui banalisaient l'événement. La Cour a finalement jugé que l'acte était disproportionné à sa finalité, tout en accordant l'immunité à ses auteurs, l'école seule endossant la responsabilité de l'agression.

À l'inverse, certains pointent la partialité plus saillante des hommes ayant à juger les auteurs masculins d'homicides conjugaux. "Les hommes portent un regard plus dur que les femmes sur leurs pairs", observe Camille Palluel, ancienne chef d'un service d'enquête très masculin, la Dacrido (Division des affaires criminelles et de la lutte contre la délinquance organisée). Pour le reste, la capacité de juger n'a rien à voir avec le sexe, répondent la plupart des magistrats interrogés par Fiona Gillot dans le cadre de son mémoire "Être jugé par une femme au tribunal de Bobigny". Selon eux, le juge applique la loi et ne juge pas en fonction de son sexe. Et la robe qui le couvre est là pour le lui rappeler.

Sauf que ce phénomène de très forte féminisation camoufle une "discrimination verticale et qualitative" (le fameux plafond de verre), ont conclu les experts du Laboratoire de sociologie juridique (rattaché au CNRS) au terme d'une étude multidisciplinaire publiée en 2011 sous la direction de Mustapha Mekki, professeur à l'université Paris-13*. Moins de 30 % des responsables de juridiction sont des femmes. Faut-il alors imposer un quota de femmes nommées aux postes de décision à l'instar de ce que prévoit la réforme votée le 14 février sur la parité dans la haute fonction publique ? Pas forcément. L'important est de changer les mentalités. "Il faut ancrer dans l'inconscient collectif que la femme peut occuper ce poste non par souci de justice sociale et d'égalité, mais pour une raison d'utilité économique", souligne Mustapha Mekki. Encore faut-il que les intéressées y adhèrent ! Les statistiques montrent en effet qu'une majorité d'entre elles sont candidates au temps partiel et se contentent de postes qui leur assurent à la fois autonomie et rémunération.

À quelques jours de la Journée internationale de la femme, une question hante les tribunaux : où sont passés les hommes ? Pierre Bourdieu dans La distinction (1979) et, plus tard, le psychologue Michel Schneider dans Big mother ont montré que la présence des femmes dans certains secteurs s'accompagnait d'une potentielle dépréciation de ces professions. "Dans nos sociétés, seuls les hommes sont autorisés à représenter l'universel, alors que les femmes ne représenteraient qu'elles-mêmes", décrypte Nathalie Lapeyre, maître de conférences et sociologue des professions. Perte de crédibilité faute de contrepoids masculin et baisse de prestige, voilà ce qui guette la justice.

Doit-on alors instaurer une parité dans les prétoires ? "La richesse du judiciaire vient du double regard masculin et féminin, assure l'ancien avocat général Philippe Bilger. Un homme confronté à une juridiction uniquement composée de femmes n'est pas souhaitable, la qualité de la justice, sinon son équité, peut s'en trouver altérée", prévient l'avocat général. La justice est en effet "rendue au nom du peuple français", comme l'a rappelé le président de la République au sujet de la réforme sur les citoyens assesseurs. "Le procès est le lieu du social, c'est le miroir de la société civile", rappelle Mustapha Mekki. En somme, l'impératif de l'équilibre judiciaire pourrait porter un coup d'arrêt à l'excès de féminisation et ouvrir le chantier d'une discrimination positive… en faveur des hommes." (article paru dans Le Point en 2012)

https://www.lepoint.fr/editos-du-point/laurence-neuer/justice-les-femmes-sont-elles-des-juges-comme-les-autres-25-02-2012-1435061_56.php

J'ajoute, à titre personnel et après une expérience de plus d'un demi-siècle de vie judiciaire, que je maintiens que la vision masculine et la vision féminine sur un contentieux quel qu'il soit ne sont pas les mêmes et que la stricte application de la règle de droit est souvent amodiée par le regard de l'un ou l'autre sexe.

Cela ne signifie pas que l'on puisse distinguer à coup sûr un jugement rendu sur la même affaire par un homme et, a contrario, par une femme : mais très souvent la magistrate va instiller une part de subjectivité qui, pour infime qu'elle puisse être, va suffire à faire pencher la balance vers la sévérité ou vers l'indulgence, plus grave vers l'interprétation toute personnelle et hétérodoxe de la règle de droit... et ce sans nécessairement s'appuyer sur l'idéologie.

La parité stricte est essentielle en matière de justice : j'ai eu à plaider récemment une affaire de harcèlement sexuel aux prud'hommes, devant un bureau de jugement composé de trois femmes et un homme : j'imagine déjà le résultat à voir les réactions épidermiques, lors de l'audience, du corps féminin... pour ma chance je suis du bon côté, celui de l'employeur ayant viré le malotru…

Se pose-t-on pour autant la question de l'insuffisance, cette fois, des femmes au sein du corps des magistrats consulaires ? Xavier Nebout n'y verrait, je pense, que des avantages, en l'occurrence pour réduire l'influence de la "fraternité"...

Quant à prétendre que les avocats sont des nantis, cela relève d'une vision hémiplégique du barreau : il n'y a pas de profession libérale où autant de jeunes avocats et parfois d'avocats confirmés ont des revenus aussi peu conformes à leur cursus ; les statistiques sont éloquentes : selon le CNB, le revenu médian des avocats est de 43 000 euros bruts annuels en 2018 pour, souvent, plus de 55 heures de travail par semaine.

De ce revenu annuel médian il convient de déduire les charges : loyer, cotisations, secrétariats, abonnements divers, etc.

On est bien loin de l'opulence…

Axelle D

@ Gavot | 17 décembre 2021 à 09:14 (dans les choux !)

D'accord avec ce que je n'ai pas dit ni même suggéré !
Vous êtes sûr que ça va vous ?

Xavier NEBOUT

Un avocat m'écrit à l'instant ceci:
"Surtout devant la Cour, ce ne sont pas les mauvaises intentions du juge qu’il faut craindre mais sa lassitude face à un dossier foisonnant qui l’incitera à choisir la solution de facilité : confirmer."
Et le premier juge, il ne s'est pas cassé la tête à étudier un dossier trop compliqué pour lui... On déboute, et basta...
C'est ça, la justice au quotidien.

Xavier NEBOUT

@ sylvain

Dans les années 70, au début de la féminisation de la magistrature, il était communément admis chez les avocats que les femmes étaient incapables de juger 8 jours par an...

La nature humaine a dû changer depuis.

Serge HIREL

Entendu sur France 2, jeudi matin, dans « Les 4 vérités » : Gérard Darmanin, ministre de l’Intérieur, à propos des détenteurs de faux pass sanitaires, indique que ceux qui reconnaissent leur délit et promettent de se faire vacciner bénéficieront de la mansuétude des autorités. « Les autres, dit-il, seront condamnés ».

« Seront condamnés » ! Le jeune membre de l’exécutif ne semble pas avoir entendu parler de l’indépendance de la justice - seule institution qui puisse prononcer une peine en cas de délit -, encore moins de la séparation des pouvoirs.
Ainsi allait le régime macronien au lendemain des manifestations des magistrats...

Jérôme

Bonjour Philippe,

La justice fait l'objet d'une médiocre manipulation.
Sur votre chaîne préférée ils ont donné des comparatifs d'investissements entre pays.
On est en droit de se dire que l'Etat organise volontairement la faiblesse de cette institution pour mieux faire avaler aux citoyens, qui en bons soumis l'acceptent, l'idée de donner à des autorités administratives, donc sous son autorité directe, des pouvoirs qui devraient relever de tiers indépendants de celle-ci, les juges.
Nous sommes dans un Etat totalement pré-totalitaire, dangereux, dirigé par un président irascible et capricieux ne supportant de discussion que si elle est faite pour l'écouter.

Il est soutenu par toute cette génération de retraités soixante-huitards dans l'âme qui n'ont jamais envisagé la liberté que comme leur droit personnel de jouissance et qui voient dans cet incapable la continuation de l'esprit de goberge, dans leur confort douillet de mâles blancs repus, méprisant des petites gens, ces fumeurs de clopes qui roulent au diesel dont on s'est pourtant rendu compte qu'ils sont bien plus importants pour la collectivité que ces mangeurs de dorures.

Alors la justice... si vous croyez que ces débuts de croulants en ont quelque chose à faire... seul les intéresse leur auto-gavage d'oies bien grasses.
La violence la vraie, tape à la porte.

Marcel P

Je ne suis à peu près jamais d'accord avec Xavier Nebout, toutefois c'est intéressant de le voir pointer du doigt les gains du milieu avocat (« Si les avocats n'étaient pas aussi bien payés en perdant qu'en gagnant, ça ferait aussi beaucoup moins »), maintenant aux commandes du ministère.

Si on s'intéresse au rôle réel des avocats commis d'office, qu'on prétend essentiels en garde à vue, au point que l'ancien (et futur ? le pantouflache ultime ?) avocat Dupond-Moretti proposait de les ajouter également en perquisition, on risque surtout de voir qu'il s'agit d'une rente assurée, d'un fonctionnariat de professions libérales.

Un entretien en début de garde à vue pour qu'une personne favorable à l'intéressé s'assure qu'il ait bien compris quelle est sa situation, soit.
Le reste est une farce coûteuse qu'on nous présente comme essentiel de droit divin, parfois même franchement préjudiciable aux intéressés (un témoin extérieur aux auditions d'un gardé à vue peut altérer, à son détriment, sa prestation, puisque se sentant observé - c'est flagrant avec des mineurs, évident dans des affaires de stupéfiants où l'avocat est de fait au service de l'organisation criminelle et non du gardé à vue, comme c'est le cas en Seine-Saint-Denis où certains avocats désignés appartiennent à des cabinets aux tarifs prohibitifs pour les petites mains arrêtées).

C'est tout le paradoxe des libéraux économiques façon Macron. Le libéralisme économique français, ce n'est pas moins d'Etat, c'est quand même de l'Etat, plus d'Etat, mais pour financer les sociétés privées et professions libérales.

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@ Racine15
« Sans aller jusqu'à une justice expéditive, on ne peut plus accepter qu'une instruction dure plus de dix ans, que ce soit Bernard Tapie, ou le crash du mont Sainte-Odile et celui du vol Rio-Paris alors que tout professionnel sait en quelques jours ce qu'il s'est passé. Si on raccourcissait d'un tiers ou de moitié les plus longues instructions, ce serait l'équivalent d'une grosse augmentation de budget. ».

D'une part, je pense que si vous connaissiez le fond de ces dossiers et leurs enjeux, vous comprendriez que ces instructions prennent du temps, même très long. L'instruction, c'est aussi le contradictoire qu'on nous vante tout le temps, l'absence qu'on reproche aux enquêtes de police. Le contradictoire, ça veut dire aussi des délais monstres, avec des avis aux parties à tout-va. On ne peut pas prétendre d'une part vouloir limiter les enquêtes de police et d'autre part demander de la rapidité. L'instruction, c'est justement conçu pour le temps long.

Mais, et surtout, le dysfonctionnement quotidien de la Justice, ce n'est pas à l'instruction. C'est lorsqu'au matin, le procureur de la République de son ressort se rend compte que vont passer en comparution immédiate 20 personnes encourant une peine d'emprisonnement, que 10 d'entre eux ont des antécédents et une personnalité qui indique qu'ils vont réitérer s'ils ne font pas l'objet d'une sanction concrète et immédiate, que 5 d'entre eux commettent des faits violents et que seuls 1 ou 2 pourront, de fait, être incarcérés, se voir délivrer un mandat de dépôt, faute de place en prison.

Que faire alors ? Que faire sinon placer en priorité ceux de ces cinq-là qui, le mois dernier, s'étaient déjà retrouvés dans la même situation et n'avaient pas été incarcérés faute de place ?

Cette situation, c'est la situation quotidienne de certains tribunaux judiciaires. Les magistrats n'ignorent pas que ce laxisme contraint, pas par conviction mais obligation matérielle, est préjudiciable à tous. C'est préjudiciable au délinquant, qu'on inscrit durablement dans un parcours de criminalité. C'est préjudiciable aux citoyens autour, qui se font tabasser encore et encore, avec parfois des traumatismes durables. C'est préjudiciable au magistrat, qui peut ressentir un épuisement et une lassitude comparables à celle des policiers, s'il ne parvient pas à se détacher de sa matière et se contenter d'estimer prendre sa part.

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@ sbriglia affirme que la présence de femmes dans la magistrature impliquerait « abandon de la rationalité des lois au profit de passions tristes et de préjugés matriarcaux ».
Selon son raisonnement, sbriglia est donc une femme, tenant un propos tout à fait irrationnel au profit de passions tristes et de préjugés.
On est bien avancé avec des bêtises pareilles.

william bertrand

"...dans ce pays déchiré, exacerbé de haine, d'intolérance..."

CNews, dont un certain magistrat honoraire est un fidèle supporter et intervenant, est un fer de lance de ce que vous "dénoncez".

Ninive

Charlot des sous !

C'est le sempiternel refrain des fonctionnaires qui attendent sans s'en faire que l'heure de la retraite sonne.

Sur la photo la charmante jeune femme brandit un panneau sur lequel est inscrit : "J'ai honte de ma Justice"

Nous sommes bien d'accord mais pas pour les mêmes raisons.
Elle veut des moyens qu'elle a déjà.
Nous voulons des résultats qu'ils ne sont plus capables de produire.

Les juges sont coupables de notre mauvaise justice !

Gavot

@ Axelle D | 16 décembre 2021 à 19:42

Absolument d'accord avec vous. Sarkozy, Fillon en prison (et rendez l'argent) !

Xavier NEBOUT

Le saviez-vous ?
Le peuple avait jadis tant confiance en la justice ecclésiastique, que dans les villes, une maison valait plus cher dans les quartiers où elle était compétente que dans les autres (car faisant partie d'une seigneurie ecclésiastique).

Les avocats qui étaient des prêtres ne se faisaient pas payer ; ils plaidaient en mettant en avant la part de bonne foi de leur client.
Un avocat menteur n'existait pas, et le juge idéologue non plus.
C'était la justice dont on n'ose même pas rêver.

C'est pourquoi on en a gardé la robe de deuil du Christ.
La pègre intellectuelle n'a jamais eu peur de rien.

Solon

Il est difficile de soutenir que la justice n'est pas rendue au nom du peuple. En premier lieu parce que c'est le pouvoir législatif qui fait les lois et qu'il n'y a pas de justice sans loi. Les élus du peuple définissent les règles de vie en société. Si le peuple n'a pas la parole, c'est un mauvais fonctionnement de la nation tout entière et pas seulement des magistrats.

En second lieu, parce que la civilisation dicte le contenu de la justice. Les juges, en démocratie comme c'est le cas pour la France, jugent selon l'éducation qu'ils ont reçue, les écoles qu'ils ont fréquentées, la morale civique, tous éléments qui composent la France. Imagine-t-on, par exemple, qu'on pourrait appliquer à un citoyen les règles de procédure comparables aux pratiques japonaises telles qu'on les a entrevues lors de l'affaire Carlos Ghosn ?

Axelle D

@ Xavier NEBOUT | 16 décembre 2021 à 18:59

Pour une fois, bien d'accord avec vous.
Comme pour l'éducation des enfants concernant ce que l'on attend de parents "responsables", la justice devrait être exemplaire et ne pas avoir la main qui tremble quand il s'agit de punir un contrevenant, d'autant plus récidiviste et qui bafoue sans vergogne l'autorité et la loi du vivre-ensemble.

Xavier NEBOUT

Si les magistrats n'avaient pas à juger dix fois un délinquant avant de l'envoyer en prison, ils auraient dix fois moins d'affaire de délinquance à juger.

Si un avocat était suspendu comme aux USA lorsqu'il est pris la main dans le sac à aider son client à mentir, il y aurait beaucoup moins d'affaires civiles à juger.

Si les avocats n'étaient pas aussi bien payés en perdant qu'en gagnant, ça ferait aussi beaucoup moins.

Etc. etc.

En ne voyant la justice que de loin, je vous en sors un catalogue. Alors pourquoi pas P. Bilger ?

Achille

@ Exilé | 16 décembre 2021 à 11:09
« Mais vous savez bien qu'entre deux élections on peut le traiter de "populiste" - pléonasme - voire lui taper dessus à grands coups de matraque quand il revêt un gilet d'un jaune fluorescent du dernier mauvais goût... »

Un peu comme ce monsieur .

Pourtant le jaune lui va si bien ! :)

Robert

J'ai comme vous écouté le ministre de la Justice sur France Inter et, le soir, regardé sur France 2 l'émission sur la Justice.

Pour cette dernière, fort peu d'intérêt dans la mesure où il s'agissait d'un catalogue de témoignages de magistrats dans l'exercice de leurs fonctions. Avec un homme d'âge mûr se présentant simplement comme magistrat et que l'on découvre ensuite comme Premier président de cour d'appel... Pour terminer par la Première présidente de la Cour de cass.

Au bilan, rien ne permet de mesurer concrètement la situation réelle des magistrats, si ce n'est sur le ton de la fausse confidence, c'est-à-dire sans faire de vagues, dans le ton qui convient si bien à nos médias et à notre président de la République, avec au fond le souci constant de la bienveillance à l'égard des délinquants de toute nature... Que les admonestations sont exprimées avec la douceur qui doit impérativement seoir aux magistrats !

Pour en revenir à l'entretien de monsieur Dupond-Moretti, j'ai éprouvé le même sentiment que vous évoquez, Monsieur Bilger, dans votre deuxième paragraphe. Certes, l'actuel garde des Sceaux a pris ses fonctions très récemment et n'est pas personnellement responsable des errements antérieurs imposés par ses prédécesseurs.
Mais il a accru le budget de son ministère ! La misère informatique de nombre de juridictions évoquée dans le reportage de France 2 est effacée d'un coup de gomme : partout la fibre est installée, etc.
Rien sur l'inflation législative, rien sur des réformes de fond de la Justice française pour assurer un fonctionnement simplement normal et encore moins en matière d'exécution des peines. Mais le nombre de place offertes à l'Ecole de la Magistrature a été fortement accru et les effets ne se feront sentir qu'à l'issue de la formation des impétrants...

On comprend donc que, ses fonctions devant normalement prendre fin après la prochaine échéance présidentielle quel que soit celui ou celle qui sera élu(e), il aura la satisfaction du devoir accompli...

Mais il est vrai aussi que son verbe, pourtant haut et sans égal dans ses fonctions d'avocat, est à présent soumis à la componction imposée par son "chef d'état-major", pour ne pas dire "d'équipe", et président de la République.

sylvain

Comme disait mon adjudant ancien d’Algérie :
«Quand on met trop de gonzesses à des postes sérieux, c’est le bordel ».

La magistrature en est trop pourvue d’où sa déchéance.

Mes respects mon adjudant, vous aviez raison, la preuve est faite avec cette magistrature qui est devenue un véritable BMC, comme en Algérie.

Michel Deluré

N'attendons point d'un service public de la justice qu'il soit à la hauteur des attentes des citoyens aussi longtemps qu'il ne sera pas doté par le pouvoir des moyens qui lui sont nécessaires pour répondre à cet objectif et remplir correctement sa mission.
Cette condition n'est certes pas suffisante mais elle est bel et bien indispensable et tout pouvoir ne saurait y échapper. L'efficacité sans moyens est totalement illusoire. La bonne volonté, la conscience professionnelle, le sens du devoir, le don de sa personne ne sauraient y suffire.

En connaissance de cette situation, ce pouvoir, tout aussi dispendieux que ses prédécesseurs, n'a cependant pas démontré une véritable volonté de changer le cours des choses en la matière en modifiant notamment la structure des dépenses de l'Etat de sorte que certaines d'entre elles soient réorientées vers les domaines régaliens qui l'exigeraient.

D'aucuns invoqueront ici les aléas de la pandémie qui a changé la donne économique mais ce serait oublier que nombre d'autres pays se sont retrouvés eux aussi dans une situation identique et qu'avec des politiques d'aides économiques et financières différentes ils ne se retrouvent pas pour autant dans une situation plus délicate que la nôtre et sont capables d'affecter à leur service public de justice des moyens dignes de sa mission.

Pour répondre aux attentes de citoyens, faut-il encore que la justice en possède les moyens.

stephane

Réouverture du dossier Omar Raddad.
Est-ce raciste de penser qu'un arabe pourrait avoir commis ce crime abject et d'en étudier les éléments à charge ?
Ou bien est-ce raciste de dire "Raddad est un arabe, il faut prouver son innocence ?"
Est-ce raciste de penser qu'un autre arabe aurait pu commettre le crime et voulu faire accuser Omar ?
Doit-on faire davantage pour Omar Raddad pour qui c'est une chance d'être un arabe dans cette histoire ?
Omar Raddad, Jean Louis Turquin, il se passe de drôles de choses dans ces coins niçois.
Raddad a bénéficié de la complaisance de gens en quête de notoriété.
Est-ce raciste d'utiliser un individu, parce qu'il est arabe, pour se faire mousser ?
Qu'en pense Benzema qui accusait Deschamps d'avoir cédé à une partie raciste de la France ?

La présence de Georges Fenech dans le comité de soutien d'Omar Raddad m'interpelle.

PAUL

C'est cela, prenons du temps: extrait de Clicanoo de ce jour (La Réunion)

"En raison du volume d'affaires présentées en comparution immédiate et du mouvement de grève des magistrats ce mercredi, deux grosses affaires ont été renvoyées à une date ultérieure. La première concerne un trafic juteux de zamal et de skunk sur les réseaux sociaux, pour laquelle les quatre mis en cause ont été placés sous contrôle judiciaire en attendant leur jugement au mois de février prochain.
La deuxième, plus inquiétante, concerne de graves sévices qu'un père aurait infligés de longs mois durant à ses deux enfants, avec le silence complice de la mère. Cette affaire a été renvoyée au mois de janvier. Dans l'attente, les deux parents devront passer un examen psychologique et seront placés sous contrôle judiciaire. La vice-procureure, Simona Pavel, a rappelé qu'au vu de la gravité de cette affaire “à glacer le sang”, le père risque non seulement de la prison ferme, mais également le retrait de son autorité parentale".

Racine15

Quel que soit le sujet traité, au moindre dysfonctionnement, c'est toujours la même antienne typiquement française: "on n'a pas les moyens", ou en version plus littéraire, pauvreté de moyens.

Et si on utilisait les procédés du privé, car il ne sert à rien de rajouter de l'eau dans un puits sans fond: vous changez de façon de travailler et on vous donnera plus de moyens. Sans aller jusqu'à une justice expéditive, on ne peut plus accepter qu'une instruction dure plus de dix ans, que ce soit Bernard Tapie, ou le crash du mont Sainte-Odile et celui du vol Rio-Paris alors que tout professionnel sait en quelques jours ce qu'il s'est passé. Si on raccourcissait d'un tiers ou de moitié les plus longues instructions, ce serait l'équivalent d'une grosse augmentation de budget. Souvenons-nous du dossier et surtout de la photo du bureau surchargé de dossiers: qui peut croire à une telle efficacité ? Qui peut croire qu'en rajoutant des moyens, ce dossier sera mieux instruit ?

https://www.lepoint.fr/societe/amiante-la-juge-bertella-geffroy-doit-rendre-les-armes-07-02-2013-1624754_23.php

Même méthode pour l'Education nationale, où les professeurs se plaignent (à juste titre) de ne pas être assez payés. Au lieu de les augmenter, mettre un bonus sur le présentiel. Le taux d'absentéisme se réduira, entraînant une réduction des dysfonctionnements et des remplacements onéreux.
Enfin, ce que j'en dis...

Gavot

@[email protected] | 16 décembre 2021 à 13:03

Votre réponse en dit beaucoup plus long sur vous et vos propres préjugés que sur la réalité des causes et conséquences de la féminisation de la magistrature.
Pour être clair, vous seriez bien incapable de dire, à la lecture d'un jugement, s'il a été rédigé par un homme ou une femme.

Lonicera

@ Patrice Charoulet

Tout à fait d'accord avec votre intervention. Ce qui, entre autres, m'a choquée c'est cette constatation : "J'ai appris à aimer les Français."
Ce qui présupposait qu'avant son élection, ce monsieur n'aimait pas ses concitoyens.
J'aurais préféré qu'il prétende qu'il avait appris à connaître les Français.
En fait EM ne connaît pas plus les Français qu'il ne les aime ni ne les comprend.

Pour résumer ces deux (longues) heures d'autosatisfaction, on peut dire qu'à la question posée "Où va la France ?" sa réponse a été "Je suis le meilleur, donc votez pour moi."

Côté audience, il n'y a pas de quoi pavoiser car il n'a réuni que 4 millions de spectateurs, à peine plus que le programme de la chaîne d'à côté et bien moins que Zemmour à Villepinte. Et sur ces 4 millions, combien sont-ils à avoir vu la totalité de cette interview ?

Serge HIREL

Vous avez mille fois raison, cher Philippe, d’affirmer que la solution aux difficultés de la justice réside dans l’implication du peuple dans leur solution. Parce qu’en démocratie, ce recours au peuple, quel que soit le problème à résoudre, est la seule voie possible.

Encore faut-il définir les moyens qui lui sont donnés pour donner de la voix... Élections ? Manifestations ? Émeutes ?
Encore faut-il que ceux auxquels le peuple délègue ses pouvoirs se montrent dignes de sa confiance et respectent leurs engagements...
Encore faut-il que l’Etat profond ne s’arroge pas le droit de ne pas tenir compte de lui...
Encore faut-il que le peuple ait conscience des enjeux et donc qu’il soit informé pleinement et convaincu qu’on lui donne bien les clés du camion...
Encore faut-il qu’il éprouve un brin de confiance envers l’institution en péril et que ceux qui en sont l’ossature ne se comportent pas en propriétaires...
Encore faut-il enfin qu’il soit sûr que les solutions qu’il préconise soient adoptées et financées par un pouvoir enfin décidé à les mettre en place, au moins à les essayer... En matière de justice, elles sont connues depuis longtemps : des tribunaux plus proches des justiciables, des juges moins enclins à "comprendre" le délinquant, des jugements rendus plus rapidement, qu’il s’agisse d’affaires pénales, civiles ou sociales, des peines proportionnées au préjudice des victimes, des condamnations réellement exécutées, des places de prison et des centres éducatifs fermés en nombre suffisant pour qu’il en soit ainsi, des travailleurs sociaux un peu moins compatissants, des personnels à qui l’on donne les moyens et le temps nécessaires à un jugement réellement personnalisé, des procédures rigides mais allégées... et la fin des interférences entre le pouvoir politique et l’autorité judiciaire.

Vaste programme, comme disait le Général, mais si l’on ne s’y attelle pas aussitôt après l’élection présidentielle, si l’on continue à affirmer que l’augmentation des crédits accordés à la justice sont la panacée salvatrice, si le garde des Sceaux continue à nier la gravité du mal, il ne faudra plus compter sur le peuple pour sauver Thémis. À terme, la démocratie, privée d’une justice ferme et respectée, pourrait rendre l’âme.

sbriglia@guzet

« Pourquoi ne trouve-t-on nulle part d'interrogation sur la féminisation massive de la carrière judiciaire ? Quelles causes, quelles conséquences ? »
Rédigé par : guzet | 16 décembre 2021 à 09:00

Bonne question.

Ma réponse : abandon de la rationalité des lois au profit de passions tristes et de préjugés matriarcaux.

Rédaction des jugements à l’échelle d’une subjectivité victimaire, déconnectée des fondamentaux codifiés.

Sur le coup je suis assez neboutien, je confesse...

Serge HIREL

UN PRESIDENT CONTENT DE LUI

Ce commentaire est bien sûr hors sujet, mais pas si éloigné que cela : la diffusion de l’entretien « accordé » par Macron à TF1 s’est télescopée avec les reportages sur les manifestations des magistrats. Il est permis de comparer leur colère justifiée à sa satisfaction sans fard d’avoir accompli le « job ».

Décidément, les journalistes des chaînes de télévision ont quelques difficultés pour placer le curseur au bon endroit en matière de conduite d’entretiens. Les uns - Salamé, Guimier, Bouleau et quelques autres - le mettent à proximité de la case « agressivité », voire de celle de la « mauvaise foi », d’autres préfèrent l’approcher de la case « bienveillance », voire de celle de la « connivence ». Bien que leurs questions et les vidéos qui les accompagnaient puissent donner l’impression d’une belle liberté d’esprit - sans impertinence toutefois -, Audrey Crespo-Mara et Darius Rochebin ont laissé toute latitude à Emmanuel Macron de répondre selon son bon plaisir.
Pas de relance, pas de mimique de désaccord, encore moins de contestation...

Et pourtant, plus d’une fois, le Président a esquivé la question ou déformé la réalité à son profit. Un seul exemple : la pénurie de masques, liée, selon lui, à l’incapacité des Chinois de nous en fournir en raison du confinement décrété par leur gouvernement...

Discrètement, la chaîne a indiqué que l’émission avait été enregistrée dimanche, mais ni elle ni l’Elysée n’ont indiqué les raisons de ce faux direct. Certes, l’emploi du temps d’un président de la République est surchargé... Un œil exercé a pu néanmoins s’apercevoir que ce délai a été mis à profit : si l’entretien a bien été réalisé dans les conditions du direct, certaines ruptures dans la logique de la discussion montrent que des passages ont été coupées. Quant au montage, il est bien meilleur que celui exécuté à la seconde, dans un car-régie... L’image est lisse, sait s’attarder au bon moment, se resserrer quand il le faut, saisir le Président dans sa meilleure posture...

Et celle-ci, comme de coutume, est théâtrale. Martiale contre ces maudits Australiens, repentante, sans plus, à l’évocation de ses dérapages verbaux, émue à la lecture d’une lettre de jeunes glorifiant la République... Les meilleures tirades, entrecoupées des silences nécessaires, sont déclamées, de la voix un peu sourde qui sied, lorsque survient une question plus intime, son pire souvenir de la crise des Gilets jaunes ou son émotion lors de son hommage à Samuel Paty par exemple...

Une seule erreur, mais de taille : « Avez-vous un regret ? », demande la journaliste. « Je ne fonctionne pas comme cela... », répond-il... Le rideau se déchire, l’humilité s’effondre... Macron est un Président sans regret. Qui, dans la vraie vie, n’a pas un regret qu’il traîne comme un boulet ?

Que dire de plus ? EM n’est pas candidat, mais il a présenté le plan de réforme des retraites qu’il mettra en place une fois réélu. EM n’est pas candidat, mais il a exprimé son « envie de faire », qui s’oppose à la « volonté de faire » de Valérie Pécresse. EM n’est pas candidat, mais il a indiqué qu’il n’envisageait pas de réduire le nombre de fonctionnaires et qu’il prioriserait le redressement de l’Education nationale.
EM n’est pas candidat... Donc le CSA n’a aucune bonne raison pour décompter son temps de parole... Il a dressé le bilan de son quinquennat et émis quelques idées pour répondre courtoisement à la question qui lui était posée : « Où va la France ? »... Voilà tout.

Quoi de plus normal pour un Président que de bousculer le programme de TF1 et de s’inviter chez les Français, à 21h, pour, pendant deux heures, leur délivrer un message dont l’urgence est tout à fait contestable ?

Ah ! J’oubliais, la soirée est à marquer d’une pierre blanche : le Président a réussi à tenir deux heures sans presque un mot sur l’Europe, ses bienfaits, sa souveraineté... Tout juste une allusion aux frontières et à Schengen... Un exploit ! Mais, pour sa défense, les journalistes, dont l’indépendance ne saurait être discutée, ne lui ont pas posé la question...

Il n’a pas indiqué non plus son sentiment sur l’ampleur jamais égalée des manifestations des personnels de la justice intervenues dans la journée. Mais là, il ne faut pas lui en vouloir, n’est-ce pas ? L’émission avait été enregistrée 72 heures auparavant...

Patrice Charoulet

Exemple d'ironie...
"Tout le monde a pu savoir l'irrépréhensible beauté de nos institutions coloniales, la candeur liliale de nos fonctionnaires et leur probité de patriarches avant le déluge, la joie sans mélange des indigènes de toute couleur soumis à la tutélaire domination de la République et l'avenir paradisiaque de leurs patelins." (Léon Bloy, Journal, 1904)

Exilé

@ guzet
"Pourquoi ne trouve-t-on nulle part d'interrogation sur la féminisation massive de la carrière judiciaire ? Quelles causes, quelles conséquences ?"

Idem pour l'enseignement, surtout avec l'évolution de la sociologie des "apprenants".

-----------------------------------------------

@ Achille
"Qu’on arrête de prendre à témoin le peuple une fois tous les 5 ans à l’élection présidentielle pour ensuite l’ignorer superbement jusqu’à la prochaine échéance."

Mais vous savez bien qu'entre deux élections on peut le traiter de "populiste" - pléonasme - voire lui taper dessus à grands coups de matraque quand il revêt un gilet d'un jaune fluorescent du dernier mauvais goût...

Louis

Au-delà de la justice c'est bien l'ensemble des contre-pouvoirs si chers à Montesquieu qu'il faudrait réhabiliter. Sommes-nous dans une démocratie et l'avons-nous déjà été, c'est la question qui me vient souvent à l'esprit. J'observe peut-être maladroitement le système de castes qui nous dirige.
Quant aux moyens de la justice elle pourrait peut-être se payer sur la bête lorsque les délinquants sont solvables.

Gavot

@ guzet | 16 décembre 2021 à 09:00
"Pourquoi ne trouve-t-on nulle part d'interrogation sur la féminisation massive de la carrière judiciaire ? Quelles causes, quelles conséquences ?"

Mais oui, pourquoi ?
Parce qu'on s'en fiche un peu non ?


Exilé

Le pouvoir, les juges, le peuple

« Ce sont tous les magistrats qui rendent la justice au nom du peuple français. C’est entre autres que que rappelle l’article 454 du code de procédure civile qui liste les mentions devant apparaître dans tout jugement. La première phrase de cet article est simple, sans équivoque : "le jugement est rendu au nom du peuple français". »

https://www.jeunesmagistrats.fr/v2/Tous-les-magistrats-rendent-la.html

Bien.
Mais en pratique, sommes-nous sûrs qu'en toute circonstance et au-delà des formules automatiques, tous les acteurs ou simples témoins d'un procès soient vraiment pénétrés de cette primauté du peuple français, ce grand oublié de nos jours et pas uniquement dans le domaine judiciaire ?

Marcel P

Avant, on punissait physiquement et publiquement.

Puis, on a trouvé plus humain d'incarcérer ou d'exécuter pour les faits les plus graves.

On a supprimé l'exécution.

Il ne reste plus que l'incarcération. Sauf que la France n'a de loin pas la capacité d'incarcérer tous ceux que la Justice estiment dangereux et nuisibles au point que l'incarcération est la seule voie acceptable.
La Justice en est impuissante. Trop de faits divers illustrent une réalité statistique, celle que la Justice doit agir au détriment des citoyens, au profit des criminels, non pas par idéologie de laxisme comme c'est souvent proclamé - même si ce peut être parfois le cas - mais par manque de moyens.

Au lieu d'avoir des moyens d'incarcération appropriés, on propose des alternatives détournées de leur but (ex : bracelets électroniques en nombre incontrôlable). Evidemment, la trame de fond est celle qui concerne l'ensemble des problématiques françaises (laïcité, éducation, santé) du moment : l'immigration subie. Faire un appel d'air alors qu'on est déjà dépassé, c'est coûteux, sauf à accepter la médiocrité des services rendus pour la masse.

Les citoyens, le peuple, ne pourront pas se fier à leur Justice dans ces conditions.

guzet

Pourquoi ne trouve-t-on nulle part d'interrogation sur la féminisation massive de la carrière judiciaire ? Quelles causes, quelles conséquences ?

Achille

« J'aimerais qu'on ne puisse pas mettre en parenthèses le peuple français qui, se mêlant de Justice, s'occuperait de ce qui le regarde. »

C’est qui le peuple ? Lui aussi il a ses problèmes le peuple que ce soit le personnel soignant, les enseignants, les artisans, les éleveurs, les policiers et gendarmes, les jeunes, sans oublier les retraités dont on ne sait plus que faire et qui commencent à être regardés comme une charge pour la société.
Le peuple c’est d’abord et surtout la majorité silencieuse, ces gens que l’on croise dans la rue et que l’on ne regarde pas.
Qu’on arrête de prendre à témoin le peuple une fois tous les 5 ans à l’élection présidentielle pour ensuite l’ignorer superbement jusqu’à la prochaine échéance.

xavier b. masset

En appeler en droite ligne à Bercy, est aussi, d'une façon radicale - plutôt ingénieuse, même si son fond de scène rappelle une tragédie humaine récente - se passer du ministre de tutelle, qui devient le tiers exclu de l'histoire, un vulgaire placebo, aux effets connus d'avance.

Randomisé sur sa gauche, comme sur sa droite, l'en-même-temps macronien se prend soudain les doigts dans l'élastique de ses statistiques qui lui saute au visage.

Le peuple de l'institution judiciaire a contourné la colonne Vendôme, comme Courbet en mai 1871, tout en protégeant son Louvre et ses Gobelins.

M. Dupond-Moretti n'a plus qu'à exiger qu'on lui construise ailleurs une autre cage dorée, avec si possible un bain de détenus, qui feraient pour lui foule, à la demande, selon ses besoins.
Y aurait-il un Albin Chalandon caché qu'il emprisonnerait en lui ?

Votre appel à plus de connaissance du monde judiciaire de la part du peuple et plus d'attention envers le démos venu des rangs de toutes sortes d'échelons - judiciaires ici - du kratos, est un principe éminent de vos écrits.

Alors qu'au moment où Emmanuel Macron, mage d'Épinal plus que Damien des royales conventions, installait hier soir sur le trône une auto-critique peinte à la feuille d'or, dont il tenait en main le pinceau de l'instance, France 2 diffusait un documentaire sur le travail des juges, combinaison blanche passée sur la robe noire, comme des peintres en bâtiment au charbon de la vie, à refaçader l'Old Bailey français, comme si nous étions tous partie prenante du Bleak House de Dickens, indépassable roman venu s'échouer sur les rives de la Seine, stèle délabrée de papier, commune aux deux cités.

vamonos

Les professionnels de la justice réclament toujours plus de moyens humains et matériels. Ils ont sans doute raison. Le peuple réclame l’application de la Loi, la fin de l’insécurité dans l’espace public.
L’incompréhension est grande quand les Juges plaignent les prévenus : « Mon bon Monsieur, on vous a fait du mal quand vous étiez petit, vous n’allez pas recommencer, n’est-ce pas ?

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