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17 avril 2022

Commentaires

Pierre Durand

@ F68.10 | 19 avril 2022 à 18:10
"Je n'ai pas encore réussi à pêcher les documents relatifs à la prise de position du conseil d'État. (Qui ne fut rendu "public" qu'à travers des fuites dans la presse.)"

Vous aimez les bonnes lectures, ce document
http://www.senat.fr/rap/sud_50_executif/sud_50_executif1.html
contient la petite phrase suivante :
"Le Conseil d'État, le 1er octobre 1962, a donné un avis négatif sur le recours à l'article 11" et donne une référence en note 3.
La suite de cette phrase confirme ce que vous savez déjà.

La décision du CC du 6 novembre 1962 vous inquiète. Je suis serein: la jurisprudence a consolidé la position. Je n'ai pas l'intention de rouvrir ici ce débat qui a déjà été très long, mais "l'état de droit" le méritait bien.
Je pense que cette page peut vous intéresser, si vous ne la connaissiez pas.

Serge HIREL

@ Pierre Durand | 19 avril 2022 à 17:44
"En résumé : il [de Gaulle] est passé outre l'avis du Conseil constitutionnel, pas outre l'article 61-1".

Un peu filandreuse votre démonstration... Admettons que de Gaulle ait saisi le CC... Mais, en ne respectant pas son avis que l’article 61-1 rend contraignant, il a violé « sa » Constitution.
En résumé :
- CC non sollicité : viol de la Constitution ;
- Avis du CC non respecté : viol de la Constitution ;
Il reste une troisième hypothèse : le CC a oublié d’envoyer sa « décision » à l’Elysée et omis de la faire figurer dans le recueil de ses actes : relaxe du Général et condamnation du CC... Il est permis d’y croire... si l’on est gaulliste impénitent.

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@ F68.10 | 19 avril 2022 à 18:10
« Il serait quand même préférable qu'une réforme constitutionnelle en bonne et due forme (article 89) donne une compétence constitutionnelle à l'article 11, si on souhaite qu'il soit utilisé ainsi qu'en 1962... »

Je suis d’accord avec vous sur ce point. Mais je penche pour l’incompétence du Conseil constitutionnel dans le cadre d’un référendum. Le Peuple est souverain et, le résultat de sa consultation acquise, le CC ne doit pas avoir la possibilité de la remettre en cause. Cependant, avant le vote, il me paraît salutaire que cette institution, chargée de protéger la Constitution, puisse faire savoir au Peuple si le texte qui lui est proposé lui semble conforme à celle-ci, sans pour autant pouvoir s’opposer à l’organisation du référendum. Le Peuple, prévenu, voterait alors en toute connaissance de cause. C’est un peu ce qui s’est passé en 1962, le rejet « officieux » du CC ayant fuité.

Par ailleurs, il me semble conforme à la primauté de la souveraineté du Peuple de supprimer la disposition constitutionnelle qui oblige à un accord total entre les deux Chambres sur le texte proposé au référendum. L’initiative d’une telle consultation devrait revenir au gouvernement, à l’Assemblée, au Sénat et au Peuple, avec nécessairement l’obligation pour chacun d’eux de franchir préalablement des seuils de « parrainage » afin d’éviter un dévoiement populiste ou politicien de cette procédure.

Mais ce n’est pas demain la veille qu’une telle clarification de la Constitution sur les modalités de sa réforme sera votée. Le Peuple y est prêt, mais ni le gouvernement, ni les Chambres n’ont grand intérêt à la permettre, puisque le système actuel leur offre une arme politique fort utile et efficace...

Dernier point : en 1958, il n’y a pas eu grand débat sur la constitutionnalité de la décision du Général de jeter aux orties la Constitution de 1946 et de lui substituer un texte suprême rédigé à sa main...Un vote à l’Assemblée nationale permettant de déroger à l’article 90 de la Constitution en vigueur... et point final. Il est vrai que le reclus de Colombey venait de sauver la France une deuxième fois... Nul n’a eu cette stature depuis lors... Encore moins aucun de nos dirigeants politiques actuels. Et pourtant, la France n’est pas bien loin du gouffre...

P.-S.: peut-être faudrait-il aussi « dépolitiser » le CC... en évitant qu’il soit squatté par des personnages qui ont un lourd passé d’hommes politiques.

F68.10

@ Pierre Durand
"Rappel des faits très intéressant."

Mais je vous en prie.

"Je résume : MLP ne peut pas réformer la Constitution par le référendum de l'article 11."

Personnellement, au vu de mes lectures sur la question, j'ai l'impression que si Madame arrive à faire le forcing pour aboutir au vote, un fois voté, le résultat s'impose. Même si la mise au vote ne fut pas constitutionnelle, le résultat l'est.

Je trouve cela cinglé, mais c'est la conclusion à laquelle je suis arrivé. Conséquence d'une doctrine dite de la souveraineté du peuple, qui, en l'état, n'est qu'une parodie de souveraineté du peuple. Et cela ne me plaît vraiment pas beaucoup.

"Elle devrait le savoir, Macron le lui rappellera certainement, mais j'espère que ce détail ne perturbera pas trop ses électeurs. On en reparlera jeudi. :-)"

Je vous avoue que je ne me sens pas pressé de voir les événements se dérouler, ces prochains jours.

"Un arbre au tronc gangrené semble pérenne, jusqu'à ce que le tonnerre ne le fende en deux." -- Hari Seldon.

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@ Exilé
"Les « droits de l'homme », cette nouvelle religion."

Il ne s'agit pas d'une religion. Les droits de l'homme sont soumis à la critique et à l'épreuve des faits, que ce soit par voie juridique ou voie académique. Ce n'est pas le cas d'une religion au sens usuel du terme ; car elle deviendrait, sinon, ce qui s'appelle une philosophie.

Il est certes exact que toute position intellectuelle peut dériver vers un dogmatisme l'apparentant à une religion ; mais ce n'est pas là une fatalité: il ne tient qu'à nous de faire en sorte que les droits de l'homme restent une philosophie, soumise à la critique, et de ne pas les laisser dériver vers une forme de religiosité.

Mais je ne sais pas si je peux compter sur vous pour abattre le travail qui aurait pour but de préserver les droits de l'homme en les préservant de toute dérive de type religieux.

L'État de droit, concept tentant de garantir les droits de l'homme, c'est en effet un concept qui se débat. Il y a plein d'ouvrages qui débattent de ses bien-fondés philosophiques, en les critiquant et en les argumentant. Pour moi, un ouvrage, fondamentalement philosophique, de référence reste De La Liberté (1859). Je vous invite à le lire.

Ou Reinhold Zippelius, j'aime bien aussi.

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@ Serge HIREL
"L'avis « officieux » a fuité... Et alors ? De Gaulle est bien passé outre, non ?"

C'est bien ce que je reproche à de Gaulle: d'avoir joué au neuneu avec les articles 61 et 62, et d'avoir enclenché un monstre pataquès juridique à la suite de son coup de force. Pataquès que je n'ai toujours pas l'impression que nous ayons complètement soldé.

Personnellement, je ne cherche à imiter ni Jésus, ni Momo, ni de Gaulle. Ce n'est pas parce de Gaulle viole la Constitution qu'il faut que tout le monde s'y mette.

Parce que sinon, tant qu'on y est, je propose que Macron annule le deuxième tour. Je suis certain qu'on peut trouver d'excellentes excuses constitutionnelles suavement tarabiscotées pour mettre toute l'équipe de Madame Le Pen au trou.

Vous voyez le danger ?

Il ne faut jamais jouer à ce petit jeu.

On est déjà bien gentil d'avoir été trop gentil avec Monsieur de Gaulle en 1962. Perpétuer ainsi cet abus de notre gentillesse par l'interjection de questions qui ne sont innocentes qu'en apparence, cela finit par s'appeler de l'intimidation.

Pierre Durand

@ F68.10 | 19 avril 2022 à 18:10

Rappel des faits très intéressant.

Je résume : MLP ne peut pas réformer la Constitution par le référendum de l'article 11. Elle devrait le savoir, Macron le lui rappellera certainement, mais j'espère que ce détail ne perturbera pas trop ses électeurs. On en reparlera jeudi. :-)

Exilé

Les « droits de l'homme », cette nouvelle religion, se sont-ils mués en pratique en droits des voyous, au détriment des Français qui continuent de respecter tant que faire se peut les lois ?

F68.10

@ Serge HIREL (@ Pierre Durand)

"Le Sénat et le Conseil constitutionnel ont toujours répondu NON, même à de Gaulle en 1962 quand il a voulu utiliser l'article 11 pour instituer l'élection du président de la République au suffrage universel." -- Pierre Durand

"Faux en ce qui concerne le Conseil constitutionnel, qui, saisi par Monnerville, alors président du Sénat, après le vote des Français sur sa proposition d'élire le Président au suffrage universel (oui : 62,25 %) sur la base de l’article 11 de la Constitution, a botté en touche en se déclarant « incompétent pour se prononcer sur cette demande »." -- Serge HIREL

Vous oubliez le compte-rendu de la séance du 2 octobre 1962. Je vous cite un court extrait:

"Après débat, deux votes sont émis par le Conseil: 1) À la majorité de 7 voix contre 3 (M. Michelet, M. Chenot, M. Michard-Pellissier) celui-ci constate que la procédure envisagée par le président de la République ne saurait être regardée comme constitutionnelle. 2) À la majorité de 7 voix contre 2 (M. Michelet, M. Chenot) et 1 abstention (M. Michard-Pellissier), il estime de son devoir de faire connaître au président de la République, dans une communication officieuse, que l'utilisation de l'article 11 n'est pas, en l'espèce, conforme à la Constitution."

Il ne peut donc pas être argué que les propos de Monsieur Durand sont intrinsèquement faux. Le Conseil constitutionnel n'a pas cautionné cette utilisation de l'article 11... du tout.

"Vous avez probablement confondu Conseil constitutionnel et Conseil d'Etat. L'assemblée générale de celui-ci avait effectivement, le 1er octobre 1962, émis à la quasi-unanimité un avis (consultatif) défavorable au recours à l'article 11 pour organiser ce référendum..." -- S. H.

Non. Monsieur Durand n'a visiblement pas confondu. Il s'agit bien du Conseil constitutionnel. Je n'ai pas encore réussi à pêcher les documents relatifs à la prise de position du conseil d'État. (Qui ne fut rendu "public" qu'à travers des fuites dans la presse.)

"À noter que de Gaulle, avant le vote, était passé outre l'article 61-1 de la Constitution qui stipule que "les lois organiques, avant leur promulgation, les propositions de loi mentionnées à l'article 11 avant qu'elles ne soient soumises au référendum, et les règlements des assemblées parlementaires, avant leur mise en application, doivent être soumis au Conseil constitutionnel, qui se prononce sur leur conformité à la Constitution"." -- S. H.

"Vous imaginez le Général de Gaulle passer outre l'article 61-1 ⸮ Mais quand il faisait quelque chose de bien il ne le clamait pas nécessairement sur les toits. Il a bien consulté préalablement le Conseil constitutionnel, qui s'est prononcé majoritairement contre, mais l'avis n'a pas été publié, et pour cause. Il a néanmoins fuité. Je parlais en effet de cette consultation préalable et non de l'avis sollicité postérieurement au vote." -- P. D.

L'avis qui semble avoir fuité serait celui du Conseil d'État et pas celui du Conseil constitutionnel. Cela étant, on trouve des propos de Monnerville dans le Journal officiel du 2 octobre 1962, page 1273, qui accréditent la thèse de Serge HIREL d'une entourloupe. Mais pas au moyen du non-respect de l'article 61-1. Je cite:

"Il est de mon devoir de vous dire, mesdames, messieurs, qu'à la minute où je parle, j'ignore complètement le texte constitutionnel qui sera soumis au référendum. [...] Il est de mon devoir, en tant que président de cette Assemblée, de lui dire qu'à aucun moment, je dis bien à aucun moment, aucun contact officiel ni même officieux n'a été pris avec le président du Sénat alors que la Constitution fait de lui l'intermédiaire éventuel du président de la République, le deuxième personnage de l'État. [...] Personne n'a pensé à mettre en rapport avec le président du Sénat le secrétaire d'État chargé des relations avec le Parlement pour lui dire: "On pense à une révision constitutionnelle". La presse a été informée. Vous avez lu les journaux, c'est ainsi que je l'ai appris. [...] Le président du Sénat ignore tout d'un texte qui, paraît-il, a été soumis hier au Conseil d'État et qui est porté aujourd'hui à la connaissance du Conseil constitutionnel. Il faut qu'on sache cela !" -- Gaston Monnerville.

L'article 61-1 date de 2008. Ce n'est donc pas le bon. Mais il y a un article 61 dans la constitution de 58 non-révisée. Monsieur Monnerville n'a selon cet article pas à être consulté (bien qu'il ait le droit de pester). L'article 61 a donc été respecté: le Conseil constitutionnel fut consulté. Et il rendit un avis quand même plutôt négatif (cf. ci-haut) sur la constitutionnalité du bidule... ce qui, par les dispositions de l'article 62 qui lui fait suite, fait du recours au référendum par de Gaulle un coup d'État.

Personnellement, je trouve que la décision du Conseil constitutionnel du 6 novembre 1962 qui se déclare incompétent au motif qu'il n'est pas habilité à contrôler la constitutionnalité des lois dès lors que c'est l'expression directe de la souveraineté du "peuple", comme un monument d'hypocrisie.

C'est justement là qu'il est censé être le plus compétent, ce conseil. Sauf si on verse dans un souverainisme délirant qui ne semble même pas avoir cours en Appenzell Rhodes-Intérieures... où on vote pourtant à main levée pour savoir si la piscine du coin, c'est "avec ou sans sauna ?" La Constitution française limiterait le pouvoir de l'État, mais celui du peuple serait absolu même quand l'État viole la constitution ?? (cf. séance du Conseil constitutionnel du 2 octobre 1962.) C'est vraiment du grand n'importe quoi. Diagnostic: les coups d'Etat sont légaux en France si t'arrives à bourrer les urnes.

"...il résulte de l'esprit de la Constitution qui a fait du Conseil constitutionnel un organe régulateur de l'activité des pouvoirs publics que les lois que la Constitution a entendu viser dans son article 61 sont uniquement les lois votées par le Parlement et non point celles qui, adoptées par le Peuple à la suite d'un référendum, constituent l'expression directe de la souveraineté nationale." -- Conseil constitutionnel, 6 novembre 1962.

Il résulte de l'esprit, et la lettre on s'en moque, et pouf ! on fait une exception ? Non mais... Voui. C'est bien ça: de Gaulle a truandé (cf. 2 octobre) mais si le truandage passe, c'est l'onction de l'huile sainte sur le corps du souverain à Reims. (cf. 6 novembre.) On nous la joue un peu à l'envers, quand même...

Quand on a une discussion constitutionnelle au long cours, je veux bien qu'on discute de l'esprit de la Constitution. Mais quand on a un truc qui se joue dans un mouchoir de poche temporel avec une large opposition des juristes, on respecte la lettre de manière restrictive. Sinon, c'est un coup. Cela devrait pourtant tomber sous le sens, non ? Ou c'est une habitude, en France, de traverser en dehors des passages cloutés ?

Maintenant, cette décision fut bien confirmée en 1992. Là, ils ont eu le temps d'y réfléchir, quand même... Ils ont bien sûr préféré entériner un état de fait plutôt que d'assumer pleinement, quitte à désavouer posthumement Monsieur de Gaulle, leur rôle de juge constitutionnel. Mais bon, en 1992, on ne peut plus dire qu'il n'ont plus eu le temps d'y réfléchir sur l'esprit, la lettre, l'esprit...

Dont acte. Je n'aime pas ce type de procédés, que je trouve franchement abusif pour le premier (1962) et complaisant pour le second (1992), mais bon... je ne peux être légaliste dans le premier cas (et donc condamner 1962) sans l'être pour le second et donc valider 1992. Bien que je trouve cela complètement cinglé.

Je suis donc sur le fond opposé à Zemmour et Le Pen sur ce point, et cautionne donc la position de Fabius qui considère qu'on ne devrait pas avoir le droit constitutionnel de "faire n'importe quoi".

Sauf qu'en 1992, il a bien été décidé que si, finalement, on pouvait bien faire n'importe quoi. Puis en 2000, avec la décision Hauchemaille, qu'on pouvait finalement contrôler préalablement avant de faire n'importe quoi. Mais que si on fait quand même n'importe quoi, les coups d'Etat, cela reste OK. Passe-moi l'sel...

Dans un monde un peu propre sur soi, il serait quand même préférable qu'une réforme constitutionnelle en bonne et due forme (article 89) donne une compétence constitutionnelle à l'article 11, si on souhaite qu'il soit utilisé ainsi qu'en 1962 (pas moi: je ne veux pas que l'exécutif ou même le législatif ait l'initiative du référendum... puisque c'est bien de la souveraineté du peuple qu'il s'agit, si j'ai bien compris, non ? pas de l'exécutif ou du législatif, qui sont tous des pourris, si je parle bien la langue du pays...).

Il faut donc que Madame Le Pen aille chercher sa majorité sénatoriale avec les dents pour son article 89. Ou que les sénateurs fassent un contre-projet en cas d'élection de Madame Le Pen pour conférer une compétence constitutionnelle au référendum, mais pas exactement celle qu'elle souhaite. "Tu veux un bon cœur de laitue feuille de chêne ? Tiens, mange des endives... Quoi ? T'aimes pas ? C'est ça ou rien." Cela s'appelle transiger. Ou "créer un consensus" à la force du poignet, plutôt que de péter les guiboles de ses opposants.

Maintenant, je ne mets, malheureusement, aucun espoir dans l'idée que Les Républicains (qui dominent le Sénat) puissent se ranger derrière l'idée d'une quelconque compétence constitutionnelle qui échapperait au contrôle du Sénat. Aucun. Zéro. Peine perdue. Ils seraient pourtant à mon avis bien inspirés de le faire.

Et je ne tolère pas non plus que Madame Le Pen se permette des noms d'oiseaux à l'encontre de Dominique Rousseau, qui lève quand même des points importants. On n'est pas sur Twitter, sur un tel sujet.

Pierre Durand

@ Serge HIREL | 19 avril 2022 à 13:00
"L’avis « officieux » a fuité... Et alors ? De Gaulle est bien passé outre, non ? Je ne parviens pas à comprendre ce que vous sous-entendez par « et pour cause ». Le Général aurait-il soudoyé quelques membres de cette prestigieuse assemblée pour que l’avis reste secret ? Vous voyez de Gaulle se livrer à une telle manœuvre ?"

Votre apostrophe est un peu brusque pour moi, mais je vais tout de même essayer de démêler cet écheveau.
De quoi parlions-nous? De l'article 61-1, de votre phrase :"À noter que de Gaulle, avant le vote, était passé outre l’article 61-1 de la Constitution"

De Gaulle n'est pas passé outre l'article 61-1. Il a sollicité l'avis du Conseil constitutionnel. C'est tout ce que demande le 61-1. Il l'a fait.
Le CC a répondu : l'article 11 ne peut pas servir à réformer la Constitution.
De Gaulle n'a pas rendu public cet avis, "et pour cause".
"Et pour cause" = "parce qu'il était contraire à ce qu'il souhaitait. Si l'avis avait été conforme à ses espérances il lui aurait donné une large publicité".

En résumé : il est passé outre l'avis du CC, pas outre l'article 61-1.

Serge HIREL

@ Pierre Durand | 19 avril 2022 à 11:04

Dans les hautes sphères de l’Etat, il n’est pas un jour où Conseil d’Etat, Conseil constitutionnel et autres autorités participant à l’élaboration des lois, décrets et arrêtés ne sont pas sollicités pour émette un avis... Mais seuls sont officiels ceux qui font l’objet d’une « décision » en bonne et due forme. Dans le cas présent, seule celle rédigée par le Conseil constitutionnel à la suite du recours déposée par Monnerville après le vote est à prendre en compte. L’avis « officieux » a fuité... Et alors ? De Gaulle est bien passé outre, non ?

Je ne parviens pas à comprendre ce que vous sous-entendez par « et pour cause ». Le Général aurait-il soudoyé quelques membres de cette prestigieuse assemblée pour que l’avis reste secret ? Vous voyez de Gaulle se livrer à une telle manœuvre ?

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@ Axelle D | 18 avril 2022 à 22:57

Le problème de Claude Luçon, qui, par ailleurs, ne parvient pas à faire son deuil de la perte prématurée de sa tête de turc préférée, « le Z », dont il volé dans les plumes à tout propos, est que, ces jours-ci, il éprouve une certaine nostalgie en voyant notre Marine nationale défendre fièrement le drapeau tricolore. Et le voilà qui s’épanche sur sa jeunesse au service de la Royale... Je ne sais si, en 2007, il a éprouvé un même vague à l’âme... Marin un jour, marin toujours ! N’a-t-il pas ramé au milieu des déserts, à la recherche de flots de pétrole espérés ? Même BHL s’était déplacé pour admirer l’explorateur...

Pierre Durand

@ Serge HIREL | 18 avril 2022 à 14:20
"À noter que de Gaulle, avant le vote, était passé outre l’article 61-1 de la Constitution qui stipule que "les lois organiques, avant leur promulgation, les propositions de loi mentionnées à l'article 11 avant qu'elles ne soient soumises au référendum, et les règlements des assemblées parlementaires, avant leur mise en application, doivent être soumis au Conseil constitutionnel, qui se prononce sur leur conformité à la Constitution".

Vous imaginez le Général de Gaulle passer outre l'article 61-1 ⸮
Mais quand il faisait quelque chose de bien il ne le clamait pas nécessairement sur les toits.
Il a bien consulté préalablement le Conseil constitutionnel, qui s'est prononcé majoritairement contre, mais l'avis n'a pas été publié, et pour cause. Il a néanmoins fuité.
Je parlais en effet de cette consultation préalable et non de l'avis sollicité postérieurement au vote.

De toute façon, qui peut raisonnablement douter que la cause de l'article 11 est aujourd'hui entendue ? MLP peut encore garder de l'espoir et compter sur les sourds.

Aliocha

On se calme, s'il vous plaît.
La seule question n'est pas d'avoir les mains pures, mais de savoir si on a encore des mains pour aller voter et se dresser contre ce qui risque de jeter le pays dans la plus grande confusion, celle-là qui a poussé les Ricains comme les Anglais à renier ce qui nous allie, la liberté et la démocratie.
Il serait temps que droite et gauche française cessent d'être les plus bêtes du monde:

"Renvoyer dos à dos Marine Le Pen et Emmanuel Macron, c’est irresponsable. Tout comme envoyer la consigne «pas une voix à Marine Le Pen», ce qui laisse la porte évidemment ouverte à toutes les abstentions. Le choix du 24 avril n’est pas indifférent. Beaucoup d’électeurs de Jean-Luc Mélenchon l’ont soutenu par attachement à la dimension écologiste de son programme. Que l’on m’explique ce qu’il peut y avoir de commun sur ce sujet entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Rien ! Si on vote pour des idées, alors il faut être cohérent. Il y a, chez les responsables politiques qui ne distinguent pas les deux candidats, une errance. Une prétention à la pureté qui s’exprime par le refus de choisir, c’est irresponsable. Comme disait Péguy, «ils ont les mains propres mais ils n’ont pas de mains».
...
Je me réjouis que des gens rejoignent la majorité. D’autant plus qu’il est arrivé que certains ralliés d’aujourd’hui aient des mots assez critiques contre ceux qui l’ont rejointe hier. Je leur dis «bienvenue». Ensuite, je vois bien que certains font des plans sur la structuration d’une future majorité, alors que la présidentielle n’est pas jouée. Tout cela me semble furieusement relever de la fable de Perrette et le Pot au lait. Je recommande vivement à chacun de se consacrer à la campagne pour éviter que Marine Le Pen soit élue.
...
Vous avez participé à la construction de l’UMP en 2002. Quel écueil faudrait-il éviter dans la formation d’un parti unitaire de la majorité ?

Je n’ai aucune envie de commenter quelque chose qui n’est pas à l’ordre du jour avant le second tour, et dont je ne connais pas les contours. En 2002, j’ai été l’un des artisans de la création de l’UMP. Le débat entre l’unité et la diversité se posait déjà. Certains prônaient d’aller très loin dans l’unité, d’autres de respecter la diversité. François Bayrou disait: «Si nous pensons tous la même chose, c’est que nous ne pensons rien.» Il est toujours important d’avoir en tête les grands auteurs."

https://www.lefigaro.fr/politique/edouard-philippe-renvoyer-dos-a-dos-le-pen-et-macron-c-est-irresponsable-20220418

Robert Marchenoir

@ Claude Luçon | 18 avril 2022 à 16:12

On s'en tape, de votre généalogie, Luçon. Vous jouez l'indigné en vous étalant sur les mérites, réels ou supposés, de votre famille.

Mais vous ne dites pas un mot concernant l'autre moitié de la question de caroff -- et sans doute sa seule raison d'être : pourriez-vous nous citer quelques faits à l'appui de vos assertions, répétées pour la millième fois, mais jamais justifiées, selon lesquelles "chez Zemmour on ne se battait pas pour sa terre", et "chez Zemmour on insultait sa Patrie" ?

Concernant votre intéressante parentèle, vous semblez faire partie des gens qui considèrent que l'héroïsme est héréditaire. Je ne compte plus les faux indignés qui grimpent au cocotier en nous assurant que "Moi Monsieur, mon grand-père a fait la Résistance", et qui croient que cela peut leur donner raison dans un débat.

Il fut un temps où un certain nombre de pompeux imbéciles qui employaient cet argument l'avaient faite, effectivement, la Résistance, et où l'on pouvait connaître leur passé véritable. Il n'en reste pas moins que c'étaient de pompeux imbéciles, et qu'on pouvait, à la fois, avoir fait la Résistance, et raconter sottise sur sottise concernant je ne sais quelle question politique.

Maintenant qu'ils sont morts, nous sommes contraints de supporter leur descendance, réelle ou supposée, qui nous assure que ça se transmet par les gènes. (En ce qui vous concerne, vous jouez simultanément les "anti-racistes", mais vous n'avez pas l'air de voir la contradiction.)

Je passe sur le fait qu'ici, malgré que vous en ayez, vous n'êtes ni plus ni moins qu'un glorieux anonyme, comme nous tous. Donc vous pouvez toujours raconter ce que vous voulez, c'est parfaitement invérifiable.

Enfin vous devriez la mettre en sourdine, concernant le fait que vous ayez porté l'uniforme. Cela vous donne zéro crédibilité supplémentaire concernant les propositions politiques d'Éric Zemmour. Cela n'a tout simplement aucun rapport.

Et concernant votre légitimité à intervenir dans le débat politique, que vous ayez porté l'uniforme de la marine ou le tablier de garçon de café, cela vous donne exactement la même voix, dans la démocratie qui est la nôtre : une seule.

Axelle D

@ Claude Luçon

Que viennent faire ici les états de service passés de certains membres de votre famille quand bien même leurs contributions remarquables seraient avérées, ajouté au fait que vous ayez élu domicile pour votre retraite, après des années passées en poste à l'étranger comme vous n'avez cessé de nous le rappeler, à deux pas de l'EAABC de Saumur ? En quoi donc la proximité de l'Ecole de Cavalerie et Arme blindée de Saumur pourrait-elle vous donner une quelconque autorité ou qualité pour accabler un contributeur dont vous ne savez rien concernant son propre parcours et auquel vous semblez attribuer (sans le commencement d'une preuve) les pires travers dès lors qu'il publie simplement sous un pseudonyme et ne pense pas comme vous ?

De même que le rappel compulsif de votre passage à la Royale, comme si le fait d'avoir appartenu quelques années à la marine nationale pouvait vous avoir dispensé ensuite "définitivement" de faire vos preuves et d'apporter, ensuite, eu égard à votre parcours professionnel une contribution et des commentaires ne se réfugiant pas toujours dans un passé révolu.

caroff

@ Claude Luçon

Je ne mets pas en doute vos états de service ni ceux de vos ancêtres mais je vous demande de préciser vos attaques contre Zemmour et ses aïeux depuis que vous avez décidé de nous infliger votre antisémitisme... Rien !

L’entrecôte Porte Maillot est l’indicateur de votre mauvais goût !
Je plains les gens aussi simplistes et obtus que vous.

Aliocha

@ Claude Luçon

Respect à vous.

Claude Luçon

@ caroff | 18 avril 2022 à 10:04
"Des exemples à l'appui de vos assertions ?"

Vous avez du culot caroff, vous vous cachez sous un pseudo, où se cache les lâches, et vous me demandez des comptes alors que mon texte ne s'adressait pas à vous mais à une dame.

Comme cette insulte, qui implique que je mens, demande réponse, je vous ferai parvenir un dossier, il sera épais n'en doutez pas et couvre trois générations : il concerne 14/18 pour mon père et son frère aîné, tous deux blessés et grands mutilés ; 40/45 pour mon père, mon frère aîné, mon beau-frère, un cousin germain ; puis Indochine et Algérie concernant un cousin germain de mon âge et moi !
Chez moi tout le monde a porté l'uniforme, de Poilu à lieutenant, dont trois, de trois générations, ayant commencé dans la Royale comme volontaires !

Après, vous pourrez vous excuser, me rendre visite et m'offrir un déjeuner dans le meilleur restaurant du coin ou, au choix, si vous êtes motorisé, à l'Entrecôte Porte Maillot !
Sinon un duel, au sabre, virtuel aujourd'hui, je suis né à l'ombre des murs de l'Ecole de Cavalerie de Saumur à l'époque où la cavalerie se déplaçait à cheval. Je n'accepterais pas Zemmour comme témoin de votre part ! :)

Ninive

@ caroff | 18 avril 2022 à 10:04

Bonjour,
Avez-vous lu "Esclavage l’histoire à l’endroit" de Bernard Lugan ?

http://bernardlugan.blogspot.com/2022/04/afrique-du-sud-face-la-decomposition-du.html

Cordialement.

F68.10

@ Achille
"La focalisation qui est faite sur le voile est ridicule car elle a surtout pour effet de monter les communautés chrétienne, musulmane et laïque les unes contre les autres. Lorsque le voile consiste en un simple foulard qui couvre les cheveux d’une femme et que le visage est bien apparent afin de permettre l'identification de la personne, il n'y a pas de problème."

Vous êtes d'une naïveté confondante, Achille... il y en a quand même qui souhaitent vous la jouer à l'envers, et vous fermez les yeux. Vous vous cherchez des excuses pour ne pas affronter le problème en tentant de réduire la question à celle d'une question d'identification visuelle de la personne, de sécurité. On veut vous leurrez et vous voulez vous leurrer.

La question de fond est la suivante: quels sont les éléments objectifs qui, mis devant vos yeux, vous inciteraient à réviser votre perspective sur le sujet pour vous permettre de la réfuter et comprendre que, si, il y a un problème ? Car toute conjecture sur un tel sujet, comme sur tout autre sujet, doit s'accorder avec les faits. Si les faits débloquent, il convient de rejeter votre conjecture. Mais, en toute franchise: est-ce que votre configuration mentale vous permet seulement d'arriver à énoncer à quel seuil vous accepteriez que vous être trompé ? Ce n'est pas sûr.

Est-ce que, comme d'autres en leur temps, vous vous acharneriez à refuser de regarder dans le télescope de Galilée afin de ne pas voir ces lunes de Jupiter qui détruiraient votre croyance en un islam de tolérance, compatible avec notre culture chrétienne et / ou démocratique ? Quand comprendrez-vous que le voile, ce n'est pas qu'un bout de tissu ? Probablement jamais.

C'est justement le problème du voile: ouais, mais tu vois, ce n'est qu'un bout de tissu ! Ouais, mais tu vois, même les nonnes portent un voile ! Ouais, mais tu vois, si on voit le visage, ça va ! Ouais, mais tu vois, les femmes sont opprimées par le voile ! Ouais, mais tu vois, même les chrétiens ont des textes sur le voile !

"Je veux cependant que vous sachiez que Christ est le chef de tout homme, que l'homme est le chef de la femme, et que Dieu est le chef de Christ. Tout homme qui prie ou qui prophétise, la tête couverte, déshonore son chef. Toute femme, au contraire, qui prie ou qui prophétise, la tête non voilée, déshonore son chef: c'est comme si elle était rasée. Car si une femme n'est pas voilée, qu'elle se coupe aussi les cheveux. Or, s'il est honteux pour une femme d'avoir les cheveux coupés ou d'être rasée, qu'elle se voile. L'homme ne doit pas se couvrir la tête, puisqu'il est l'image et la gloire de Dieu, tandis que la femme est la gloire de l'homme. En effet, l'homme n'a pas été tiré de la femme, mais la femme a été tirée de l'homme; et l'homme n'a pas été créé à cause de la femme, mais la femme a été créée à cause de l'homme. C'est pourquoi la femme, à cause des anges, doit avoir sur la tête une marque de l'autorité dont elle dépend. Toutefois, dans le Seigneur, la femme n'est point sans l'homme, ni l'homme sans la femme. Car, de même que la femme a été tirée de l'homme, de même l'homme existe par la femme, et tout vient de Dieu. Jugez-en vous-mêmes: est-il convenable qu'une femme prie Dieu sans être voilée ? La nature elle-même ne vous enseigne-t-elle pas que c'est une honte pour l'homme de porter de longs cheveux, mais que c'est une gloire pour la femme d'en porter, parce que la chevelure lui a été donnée comme voile ? Si quelqu'un se plaît à contester, nous n'avons pas cette habitude, non plus que les Eglises de Dieu." -- Premier épitre aux Corinthiens.

Toutes ces considérations sont des fausses équivalences morales. Il faut savoir les récuser et pourquoi les récuser. Tout comme il convient de savoir récuser les équivalences morales que Poutine met dans la tête des gens et savoir pourquoi les récuser. Et chaque fois que vous trouverez un argument solide pour le récuser, on vous fera le chantage à la haine. À la discorde entre les communautés. Et tous les haineux s'acharneront à jeter de l'huile sur le feu pour que l'argument de la haine puisse être légitimement agité par les complaisants.

Le voile suscite ainsi l'alliance de la complaisance et de la haine pour masquer le réel but de cette pratique dans une époque de djihadisme, qu'il s'agisse de djihadisme martial ou d'effort résolu de conversion de l'Occident. Car, ne vous leurrez pas, c'est bien la situation actuelle.

Moi je vous avoue que, au début de l'affaire du voile en son versant médiatique, je me fendais bien la poire en voyant, à la Mosquée de Paris, les musulmanes jeunes se balader avec le voile et le jean taille basse laissant à l'occasion dépasser le string... j'ai un référentiel un peu plus anglo-saxon en matière de tolérance religieuse. J'ai trouvé que les Français en faisaient beaucoup. Trop.

Maintenant, je trouve que certains Français en font toujours beaucoup: les haineux. Et je trouve que beaucoup de Français minimisent toujours tout en la matière: les complaisants. De nos jours, des Jeannette Bougrab, des Zineb El Rhazoui, ainsi que tous mes potes ex-musulmans, ils savent qu'on cherche à vous la jouer à l'envers ; et ils vous expliquent en quoi. Mais, miracle du gauchisme, ce sont maintenant des arabes racistes, ces ex-musulmans... l'extrême droite. Ah ben oui, c'est facile de confondre opposition aux religions avec racisme et, donc, pseudo-logiquement anti-démocratisme... rien de plus faux.

Et les Français tombent dans tous les panneaux de ce type. Un à un. Parce que les catholiques regrettent la domination de la religion, et ne peuvent donc pas se saisir avec honnêteté et réalisme de la laïcité et surtout des argumentaires qui la sous-tendent et qui puisent leurs racines au 17e siècle. Ils la singent. Marine la singe. De l'autre côté, les Français laïques ont une vision trop sociale du fait religieux, croyant qu'il ne s'agit que de coexistence de communautés, de tolérance à l'eau de rose, de bons sentiments. Les gauchistes ont oublié la théologie, le rapport à la critique, le 17e. Bref, tout le monde a tout oublié de ce qu'est réellement la religion.

Depuis les chambres à gaz, on croit que la tolérance, c'est de ne pas génocider une religion. On oublie que la tolérance, c'est empêcher à une religion d'imposer des us et coutumes au prétexte que sa bigoterie serait plus sacrée que celle des autres.

Alors, moi, je vais vous dire comment le voile est un instrument de bigoterie et de combat religieux contre une culture dominante. Un instrument qui permet aux musulmans de se démarquer culturellement et spatialement par ségrégation semi-auto-imposée, afin de créer des concentrations de populations musulmanes permettant de réclamer, au nom du respect des minorités, des aménagements avec la loi et le reste de la société, jusqu'à réclamer le retour de la loi de Dieu et l'abolition de la loi des Hommes. Choses que vous vous acharnerez probablement à nier.

Dans l'État du Karnataka, il y a eu une décision de justice autorisant les établissements scolaires à refuser que les musulmanes viennent étudier voilées. Affirmant ainsi que le règlement scolaire, la loi des hommes, est supérieure à la loi de Dieu. Vous n'avez aucune idée de l'ampleur du délire depuis quelques mois, du niveau de provocation délibérée des établissements scolaires par les musulmans, des situations de meurtre de militants anti-voile par les musulmans, des tribunaux qui doivent statuer sur la nature de la religion musulmane pour savoir si oui ou non le voile fait partie intégrante des obligations de l'islam, auquel cas la constitution "laïque" de l'Inde doit s'incliner face au voile, et, cerise sur le gâteau... Ayman Al-Zawahiri, le chef d'Al-Qaïda en personne qui s'immisce dans le débat jusqu'à la télé pour soutenir les droits de la femme face à cet odieux Etat laïque indien...

En toute franchise, tout cela relève d'un mouvement organisé. Ce ne sont pas de pauvres petites nanas persécutées par d'odieux phallocrates qui veulent leur arracher le voile puis leur culotte. C'est ici utilisé comme un bélier pour attaquer frontalement le cadre légal par tous les moyens. Misérabilisme, pseudo-féminisme, meurtre, arguties légales, manifestations niant l'autorité des tribunaux, tribune médiatique pour Al-Qaïda, etc.

C'est comme cela qu'on cherche à vous la jouer à l'envers. Ne soyez pas naïf sur le voile: le logiciel en France n'est pas différent. Il est simplement plus discret. Mais c'est bien le même.

Moi, je ne vous le cache pas, ce genre de sketch à la télé, agrémenté de débats sur le bon taliban et le mauvais taliban (j'vous jure), je suis devenu accro.

- Le journaliste : Mais au fond quelle différence y a-t-il entre le bon et le mauvais taliban ? - (Rires) - Taliban : Ah j'l'attendais celle-là ! J'l'attendais... Non mais, le mauvais taliban ? Bon, bah, c'est le gars qui a un caillou, y voit une femme qui bouge, y lapide... - Le journaliste : Et le bon taliban ? - Taliban : Le bon taliban ? C'est un gars, il a un caillou, un caillou, y voit une femme qui bouge, y lapide... mais... - Autre taliban : ... C'est pas la même chose ! Y'a le bon taliban, et y'a le mauvais taliban...

Le voile, c'est un bout de tissu sur lequel vont se greffer toutes les pires attitudes de la religion musulmane pour en faire un cheval de Troie. Si les gens ne comprennent pas que l'islam est une idée à réfuter dans les consciences et pas une religion ou une communauté à accommoder pour être gentil, soyez-en certain, au jeu de la victimisation, ils vous battront à plate couture.

Et Marine, en n'ayant une vision que sociale de la laïcité et non pas une vision intellectuelle de l'athéisme (elle ne le peut évidemment pas, vu d'où elle vient), cherchera à ménager l'islam. Ou à jouer le catholicisme contre l'islam.

Revnonausujai se moquait de moi en évoquant l'"alliance cathomuzz". Vous verrez.

En Inde, les réels athées se font passer pour hindous dans l'espace public pour contrer les musulmans dans cette guerre de religion larvée. C'est facile pour eux: l'hindouisme n'a jamais été une religion d'État, mais au plus un corpus légal n'ayant pas de caractère sacré ou dogmatique, et il est possible d'être à la fois athée et hindou. Vous imaginez les athées laïques se faire passer pour catholiques pour contrer les muz' ? C'est perdu d'avance. L'islam a donc un boulevard devant lui, et personne pour l'arrêter. Sûrement pas LFI. Sûrement pas Marine Le Pen. Et chaque équivalence morale fallacieuse qu'on laisse passer dans l'espace public (du genre "c'est OK quand on peut identifier le visage") permet chaque jour à l'islam de se frayer son chemin. Le christianisme ne fait pas le poids, et l'identitarisme le nourrit.

L'islam, que vous le vouliez ou non, est un nationalisme théocratique. Et le voile en est un marqueur, qui lui permet de marquer son territoire. On voit cette logique à l'œuvre depuis des siècles et des siècles, et vous la niez encore. Les ex-musulmans, eux, ne la nient pas. Chaque jour, sur Internet, c'est la guerre civile dans le monde musulman au sujet du voile.

Il ne tient qu'à vous d'oser regarder dans le télescope de Galilée.

Serge HIREL

@ Pierre Durand | 18 avril 2022 à 08:30
"Le Sénat et le Conseil constitutionnel ont toujours répondu NON, même à de Gaulle en 1962 quand il a voulu utiliser l'article 11 pour instituer l'élection du président de la République au suffrage universel."

Vrai en ce qui concerne le Sénat. Faux en ce qui concerne le Conseil constitutionnel, qui, saisi par Monnerville, alors président du Sénat, après le vote des Français sur sa proposition d’élire le Président au suffrage universel (oui : 62,25 %) sur la base de l’article 11 de la Constitution, a botté en touche en se déclarant « incompétent pour se prononcer sur cette demande ».

https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/1962/6220DC.htm

À noter que de Gaulle, avant le vote, était passé outre l’article 61-1 de la Constitution qui stipule que "les lois organiques, avant leur promulgation, les propositions de loi mentionnées à l'article 11 avant qu'elles ne soient soumises au référendum, et les règlements des assemblées parlementaires, avant leur mise en application, doivent être soumis au Conseil constitutionnel, qui se prononce sur leur conformité à la Constitution".

Vous avez probablement confondu Conseil constitutionnel et Conseil d’Etat. L’assemblée générale de celui-ci avait effectivement, le 1er octobre 1962, émis à la quasi-unanimité un avis (consultatif) défavorable au recours à l’article 11 pour organiser ce référendum, procédure qui permettait à de Gaulle de contourner le Sénat, mais aussi l’Assemblée, qui étaient hostiles à ce renforcement du pouvoir exécutif.

Pour sa part, le lendemain, le Conseil constitutionnel, qui n’était donc pas saisi du projet du Président, n’a procédé qu’à un vote officieux au cours duquel sept de ses membres sur dix ont désapprouvé l’initiative du Général. Mais cela n’a pas été plus loin...

Il me semble que Fabius et quelques autres parmi ses pairs qui mènent le combat procédurier contre la volonté de MLP de modifier la Constitution si elle est élue, ont, soit un problème d’amnésie, soit un problème de classement de leurs archives...

N’est pas de Gaulle qui veut, certes, mais le Peuple, lui, reste le Peuple : il est souverain. Et si, comme en 1962, il vote pour la proposition de révision constitutionnelle de la présidence de la République, il leur sera bien difficile de s’opposer à ce résultat sans apparaître hostiles au Peuple. Bien sûr, si elle aussi ne se soumet pas à l’obligation prévue à l’article 61-1, l’opposition ne manquera pas de saisir le Conseil constitutionnel avant le vote... Mais "l’oubli" du Général ne fait-il pas, lui aussi, jurisprudence, comme la décision d’incompétence ?

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@ Marc Ghinsberg | 17 avril 2022 à 23:18
"Pour l'actuelle constitution française, c'est l'article 89 qui en fixe les modalités [de la révision de la Constitution]"

Oui, mais le Peuple ne peut pas en prendre l’initiative et, si elle est proposée par l’exécutif, celui-ci doit disposer de la majorité dans les deux Chambres, pour que son projet soit soumis ensuite au Congrès (majorité des trois cinquièmes) ou fasse l’objet d’un référendum. Cette procédure a enterré les projets constitutionnels de Macron et sera un véritable traquenard dans la situation que créerait l’élection, dimanche, de Marine Le Pen. Même si, après les législatives, l’Assemblée lui était favorable, l’hostilité du Sénat lui est acquise pour longtemps et rend impossible pour elle de mettre en œuvre, via l’article 89, la politique qu’elle a proposée aux Français, qui, en lui donnant la victoire aux présidentielles, l’a pourtant déjà approuvée.

De Gaulle, en 1962, s’est trouvé dans une même situation et, comme Marine Le Pen prévoit de le faire, il a utilisé l’article 11, considérant que son projet d’élection du Président au suffrage universel entrait dans le champ de « l’organisation des pouvoirs publics ». Il a fait de même en 1969 pour proposer la fusion du Sénat et du Conseil économique et social, projet qui, s’il avait été accepté, entraînait obligatoirement une révision majeure de la Constitution.

Il existe donc une sorte de jurisprudence de Gaulle, qui doit d’autant plus bénéficier à la présidente élue que son projet possédera la légitimé apportée par le Peuple le 24 avril.

On remarquera aussi qu’en octobre 2000, la révision de la Constitution établissant le quinquennat a été soumise aux Français sur la base l’article 89... mais que l’inversion du calendrier, qui aggrave ses effets néfastes, a été permis, l’année suivante par le vote au Parlement d’une simple loi organique, alors que ce dispositif a entraîné la création d’un régime réellement présidentiel. Consultés par référendum, les électeurs n’auraient peut-être pas accepté cette entourloupe constitutionnelle...

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@ Achille | 17 avril 2022 à 20:36
« Un indice : le bonhomme aime le voile islamiste. » (citation SH)

Cette fois, c’est un flagrant délit ! Pour éviter une réponse embarrassante et emberlificotée - il n’est bien sûr pas simple de justifier les contorsions de votre Roi à propos du voile islamiste -, vous avez tout simplement tronqué mon propos. Cette méthode est puante... il n’y a pas d’autre mot pour la qualifier.

Quant à ma grand-mère, qui, avant-guerre, tenait une bonneterie où elle vendait entre autres de jolis foulards qui soulignaient la beauté des visages - et n’étaient pas portés pour les dissimuler -, catholique, elle s’en mettait un sur la tête à l’église, mais marchait dans la rue tête nue, recevait ses clients tête nue et allait tête nue chez le boucher... qui, à l’époque, ne savait probablement même pas ce que voulait dire « halal ».

Que de jeunes musulmanes voilées de pied en cap se montrent dans nos villes et même nos villages dans cet accoutrement d’un autre âge, d’accord... mais à condition que les jeunes Européennes qui le désirent puissent arpenter les rues de La Mecque en minijupe, chemisier sexy et talons hauts... Et surtout ne me dites pas qu’elles se protègent de la vue des hommes par pudeur. Les princes arabes qui fréquentent Cannes au moment du Festival arrivent en djellaba dans les palaces accompagnés de mouquères emmitouflées... puis se baladent en tong sur la Croisette avec les mêmes... devenues cette fois nanas très dénudées... et délurées.

caroff

@ Achille 9h07
"La focalisation qui est faite sur le voile est ridicule car elle a surtout pour effet de monter les communautés chrétienne, musulmane et laïque les unes contre les autres."

Pendant que des femmes iraniennes ou issues de pays à dominante musulmane essayent avec courage de se débarrasser d'un voile ou d'un foulard et, souvent d'un accoutrement dévalorisant leur féminité au péril de leur vie, des femmes vivant dans le pays de la liberté portent avec ostentation le signe de leur asservissement à une religion sectaire ou à un parent masculin qui souhaite les humilier.

Alors non ce n'est pas anodin et puisque l'on parle de nos valeurs en se gargarisant, il ne serait pas inopportun que les "élites" rappellent aux gens d'ailleurs que l'assimilation passe par l'adoption de nos modes de vie, et en général par la discrétion dans l'espace public.

Exilé

@ Patrice Charoulet | 17 avril 2022 à 20:37
"En allemand, "Gott mit uns", on le sait, veut dire "Dieu avec nous". Or, c'est ce qui était écrit sur le ceinturon des soldats allemands en 1914-1918. »

Cette devise, dont l'expression remonte aux chevaliers teutoniques, était la devise de la maison royale de Prusse en 1701.
La Bundeswehr y a fait référence jusque dans les années 60.

Encore un petit amalgame tordu pour faire avancer le schmilblick, je suppose ?

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@ lucas | 17 avril 2022 à 21:39
"Et puis on ne va tout de même par objecter que tous se trompent: Hollande, des leaders politiques, le monde de la culture, beaucoup d'intellectuels, les leaders syndicaux les plus clairvoyants et bien d'autres."

Vous parlez de références !
Plusieurs se trompent ou refusent de voir la vérité en face depuis une quarantaine d'années, d'autres depuis toujours.

La vérité n'est pas affaire de nombre.

Ellen

Monsieur Bilger, vous devriez aller plus souvent sur son plateau TV pour rétablir le calme. J'ai constaté que dès que vous prenez la parole tout le monde se tait et écoute.

Débat d'empoigne à la française
https://www.youtube.com/watch?v=10J_1kOn9oM

Daniel CICCIA

L'Etat de droit n'est pas un intouchable.
L'esprit de l'Etat de droit, oui.

C'est ce que, manifestement, vous comme M. Aliot qui hier sur LCI se piqua d'avoir bénéficié de l'éloge de son professeur sur sa thèse constitutionnelle, vous échappe.

Je n'ai toujours qu'un CAP-BEP, mais une vieille édition de la Constitution de 1958 que m'avait offerte un huissier de justice m'a longtemps accompagné.
Je posais les yeux dessus comme sur une Bible et je n'y comprenais fichtrement rien.
N'ayez aucune inquiétude, cela n'a pas changé.

Je suis attaché à la Ve République car elle est ajustée pour accueillir la grandeur du peuple. C'est elle qui doit être immuable, car c'est par cette grandeur que le peuple assure sa souveraineté.

Est-ce qu'un peuple abaissé, soumis au joug de la propagande et de la démagogie, comme le sont les peuples russe ou hongrois, est un peuple souverain, c'est à dire, sinon ce mot n'a aucun sens, qui domine en dignité et en acte ses pulsions, ses tentations, pour être la raison politique incarnée ?

Il ne s'agit donc pas de clamer par-dessus les toits, ou d'en faire un slogan, qu'on est attaché à la grandeur du peuple (ou de la France) ou qu'on veut la restaurer pour être nécessairement fidèle au vœu de grandeur et de souveraineté qu'on prononce, surtout si la première opération consiste à rabaisser l'Etat de droit aux besoins opportunistes, politiciens et partisans, surtout si l'instinct conduit à de tels raccourcis.

Je vois trop bien les menaces qui pèsent sur la Ve République. Par exemple, pour suivre MLP dénaturant l'usage du référendum (la voix du peuple contre la loi du peuple) en en faisant le juge suprême, ou encore, péril vanillé, sur la tentation de résoudre la confusion démocratique par la proportionnelle.

La paix par le flou ne vaut pas la paix par la grandeur de ce qu'on est et de ce qu'on projette en tant que peuple.

La proportionnelle constitue un processus de division. Le fait de l'assumer au lieu de le subir ne permet pas d'échapper aux conséquences.

Si le peuple considère qu'il n'a pas d'autre mesure que celle-là, il est libre de l'adopter.
C'est lui le roi.

Les débats de juristes et d'exégèses sont exaspérants.

Alors, il suffit d'aller relire le discours de Bayeux du général de Gaulle, celui que JM Le Pen ne trouvait ni beau ni grand, pour retrouver l'esprit des Institutions.

"Nous avons à conserver la liberté, sauvée avec tant et tant de peine. Nous avons à assurer le destin de la France au milieu de tous les obstacles qui se dressent sur sa route et celle de la paix. Nous avons à déployer parmi nos frères les hommes ce dont nous sommes capables pour aider notre pauvre et vieille mère la Terre. Soyons assez lucides et assez forts pour nous donner et pour observer des règles de vie nationale qui tendent à nous rassembler quand, sans relâche, nous sommes portés à nous diviser contre nous-mêmes ! Toute notre histoire, c'est l'alternance des immenses douleurs d'un peuple dispersé, et des fécondes grandeurs d'une nation libre groupée sous l'égide d'un État fort." a dit de Gaulle, dans ce discours qui annonce la Ve République.

À un moment de notre histoire, il était fréquent d'entendre que cette Constitution avait été taillée sur mesure pour de Gaulle et qu'aucun de ses successeurs n'avait les épaules assez larges pour endosser le costume.

J'ai remarqué combien cette métaphore était flatteuse pour le peuple et ses clercs puisqu'elle discrédite les présidents qui se sont succédé depuis de Gaulle. Je l'ai même prise à mon compte un temps dans ma vie.

De ce point de vue, si la Constitution est l'habit du monarque et qu'il n'y a plus de monarque républicain pour le porter avec majesté, alors reprenons toutes les coutures ! Il y a des esprits compétents pour reprendre le patron, les ciseaux, les dés à coudre et le fil.

Mais si le fameux costume, jugé trop grand, était d'abord taillé pour le peuple, c'est le peuple qui n'est plus aussi souverain, qui n'est plus aussi en majesté et le danger que représente sa chute est à prendre très au sérieux car elle est vitale pour la République.

Depuis le second mandat de François Mitterrand jusqu'à ce 24 avril, le peuple de France est en chute libre, livré à une tempête magnétique qui le déboussole, privé de penseurs voués à son service, déchiré par les passions stériles, livré aux démagogues.

Cela doit prendre fin.
Le 25 avril 2022 doit être jour de renouveau républicain.
Par le haut.
Point par le bas.

Ellen

@ sbriglia | 18 avril 2022 à 07:26
« On parle de revenir au septennat… de venir au vote à 16 ans… »

Quand on voit aujourd'hui le degré de maturité des gamins de 16 ans, et surtout dans des zones de non-droit, les universitaires révolutionnaires enrôlés à gauche ne sont pas en reste, ça laisse très peu d'espoir de laisser une France où il ferait bon vivre. A cet âge, leurs premières préoccupations c'est de s'éclater dans des rave-party avec extasy et alcool, se déhanchant au rythme des Sioux.

Le retour au septennat: faire et défaire est-ce l'art de bien faire ?
USA: mandat 4 ans renouvelable une fois ; idem en Allemagne et dans de nombreux pays démocratiques. Sauf là où règne la dictature : 30 ans ou 40 ans, le temps pour les chefs d’Etat de devenir milliardaires en spoliant leur peuple.

Le premier mandat de 5 ans sert d'apprentissage et de formation accélérée et second mandat de 5 ans pour la pratique...

Ils ont tous fait du droit pour ensuite faire l'inverse...

caroff

@ Claude Luçon 01h22
"Chez Zemmour on ne se battait pas pour sa terre, chez moi si ! Chez Zemmour on insultait sa Patrie, chez moi on la vénère et on la sert !"

Des exemples à l'appui de vos assertions ?

Exilé

@ sbriglia | 18 avril 2022 à 07:26
"On tricote et on détricote… c’est ça l’intangibilité ?"

A côté du n'importe quoi français, aussi prétentieux et mensonger que non fonctionnel, que les Britanniques sont heureux, eux qui n'ont pas de Constitution...

Ninive

@ caroff | 17 avril 2022 à 14:19

Bonjour,

La constitution un état de droit, je dirais plutôt un état de circonstances momentanées. De la chienlit elle sera demain celle de la Charia. Rien n'est éternel !

Ce que l'on reproche à l'un sera demain une merveille dans la bouche de l'autre. Actuellement les consciences sont bornées, exaltées, discriminatoires, autoritaires et atrophiées, seul un grand chambardement pourra reléguer cette folie collective dans un placard.

Pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font.

Cordialement.

Ninive

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@ sbriglia | 18 avril 2022 à 07:26
« On parle de revenir au septennat… de venir au vote à 16 ans… »

Le remplacement du septennat par un quinquennat a été une énorme bourde décidée sous le mandat de Jacques Chirac. Sur ce point Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont d’accord. Surtout lorsque l’élection présidentielle est suivie dans la foulée par les élections législatives, ce qui se traduit par une chambre des députés qui est une chambre d’enregistrement des décisions du gouvernement.

La solution proposée par EM est donc, effectivement, de revenir à un septennat, de préférence unique, afin que le président en exercice n’ait pas en permanence l’œil rivé sur sa réélection et des élections législatives à mi-mandat afin de procéder à une correction de trajectoire de la politique du gouvernement.

Quant au vote à 16 ans, il est là encore une adaptation liée au fait que les jeunes aujourd’hui possèdent un bagage intellectuel bien supérieur à celui qui était le leur dans les décennies antérieures du fait de l’ampleur prise par les médias et les réseaux sociaux, même si ces derniers ont un côté pernicieux vu la propagande et les fake news qui y sont répandues.

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@ F68.10 | 18 avril 2022 à 00:13

La focalisation qui est faite sur le voile est ridicule car elle a surtout pour effet de monter les communautés chrétienne, musulmane et laïque les unes contre les autres.
Lorsque le voile consiste en un simple foulard qui couvre les cheveux d’une femme et que le visage est bien apparent afin de permettre l’identification de la personne, il n’y a pas de problème.

D’ailleurs Marine Le Pen elle-même semble avoir révisé sa position sur le voile dernièrement. Reste à savoir si c’est une position purement opportuniste, comme elle en a l’habitude, vu qu’elle est en campagne électorale et qu’il lui faut ratisser large pour récolter des voix, quitte, une fois élue, à revenir sur sa position radicale afin de ne pas décevoir son électorat de base.
Avec ses louvoiements permanents, il faut s'attendre à tout...

Aliocha

Le "en même temps" est de tenir compte des deux pôles d'une relation, faire cheminer ensemble les entités contradictoires en espérant prendre les décisions les moins imparfaites, ce que Macron avait dit en sortant de sa première et féconde rencontre avec papa Francesco. Il a pu faire peu en ce quinquennat, car extraordinairement faible politiquement. S'il est élu, les forces qui l'ont rejoint pourront lui donner cette assise locale qui lui donnera alors les moyens du courage de la décision nécessaire à l’établissement d'un débat éclairé, dont la première condition est l'éducation des masses à savoir ne pas s'enfermer dans les conforts de la radicalité. L'entretien de ce matin sur France Culture est à ce titre éclairant.

https://www.franceculture.fr/emissions/l-invite-e-des-matins/l-invite-des-matins-du-lundi-18-avril-2022

Merci de cet apaisement, les choix que nous sommes appelés à faire engagent, comme le soulignait Fillon en 2018, la résistance que seule encore la France a la capacité de formuler face aux autismes violents des démagogues.

Pierre Durand

@ Marc Ghinsberg | 17 avril 2022 à 23:18
"J'ai fait pas mal de droit constitutionnel dans ma jeunesse, je ne me souviens pas d'une seule constitution qui ne prévoit son mode de révision. Pour l'actuelle constitution française c'est l'article 89 qui en fixe les modalités. Ainsi, à titre d'exemple, la réduction de la durée du mandat présidentiel de 7 à 5 ans a été adoptée par référendum sur le fondement de l'article 89 en 2000."

J'avais lu votre commentaire précédent sur ce sujet, où vous disiez que la procédure de référendum prévue par l'article 11 ne pourrait "clairement" pas permettre à MLP de réformer la Constitution pour y introduire les modifications indispensables à son projet de lutte contre l'immigration.

Je suis tout à fait d'accord avec vous et je n'ai pas le moindre doute à ce sujet, mais j'avais regretté que vous ne développiez pas davantage car je prévoyais que ce "clairement" ne suffirait pas à ébranler les convictions de ses partisans.

Vous en distillez un peu plus maintenant, forcé par les circonstances, mais toujours avec la même parcimonie. Je vais être plus bavard.
Je dis donc que ni MLP ni Zemmour ne pourront réformer la Constitution, donc ne pourront appliquer leurs mesures anti-immigration. On peut le regretter.
Ils ne le pourront pas sur la base de l'article 89 - le seul article de la Constitution qui organise sa propre réforme - car ils auraient besoin de l'accord des deux chambres et ils ne l'auront jamais.
Ils envisagent donc de le faire par le référendum prévu à l'article 11.

L'article 11 permet-il de réformer la Constitution en demandant aux électeurs la permission de le faire ? Là est la question.
Le Sénat et le Conseil constitutionnel ont toujours répondu NON, même à de Gaulle en 1962 quand il a voulu utiliser l'article 11 pour instituer l'élection du président de la République au suffrage universel. Je n'ai pas oublié les véhémentes diatribes des oppositions sur ce sujet, les qualifications de dictature, et même de forfaiture.
Les godillots de l'Assemblée nationale et la majorité du corps électoral (dont moi) étaient pour, mais le Sénat était très rétif à étendre ainsi l'autorité du chef de l'Etat au détriment des assemblées. Le manque d'accord des deux chambres faisait que de Gaulle ne pouvait pas compter sur la procédure normale, celle de l'article 89.
De Gaulle s'est dit alors : la Constitution ? C'est moi qui l'ai écrite, alors je sais ce que j'y ai mis ! Il a forcé la porte et il a utilisé l'article 11. Cela n'a été fait qu'une fois. Toutes les autres réformes de la Constitution ont été faites sur la base de l'article 89.

Avis à MLP et à Zemmour: n'est pas de Gaulle qui veut. Ils devront revoir leurs copies. Il est désormais établi que l'article 11 ne permet pas de réformer la Constitution. L'article 11 dit que « Le président de la République, sur proposition du Gouvernement pendant la durée des sessions ou sur proposition conjointe des deux assemblées, publiées au Journal Officiel, peut soumettre au référendum tout projet de loi portant sur l'organisation des pouvoirs publics...".
Le Conseil constitutionnel a toujours dit que "l'organisation des pouvoirs publics" ce n'est pas la Constitution, sinon pourquoi y aurait-il l'article 89 ?

Ceci dit, quelle erreur cette élection du Président au suffrage universel ! On mesure les dégâts aujourd'hui. Le Sénat avait déjà raison en 1962. S'il y a une assemblée à supprimer c'est l'assemblée des godillots. Celle à garder, c'est le Sénat. Senatus populusque romanus. Oui, je sais, cet avis est minoritaire. Les béjaunes trouvant les barbons du Sénat séniles, évidemment, et en plus onéreux, souhaitent les jeter par-dessus bord.

sbriglia

« Sauf, cher juriste, que les décisions prises en accord avec le peuple ou ses représentants qui ont été intégrées dans la Constitution n’ont jamais été remises en cause et ne le seront jamais car elles consistent à adapter le mode de vie des citoyens à l’évolution de la société » (Achille)

Au moins 24 réformes constitutionnelles depuis 1958 jusqu’à Chirac, une dizaine depuis…
On parle de revenir au septennat… de venir au vote à 16 ans…
On tricote et on détricote… c’est ça l’intangibilité ?

La politique c’est aussi les remises en cause… sinon c’est le sur-place.

Claude Luçon

@ Aliocha | 17 avril 2022 à 22:02

Merci pour l'article du Point et votre remarque concernant Zemmour.
Vous venez de me permettre de redimensionner la fureur qui m'animait depuis l'apparition de Zemmour en politique et ce qu'il prêchait, fureur que j'ai souvent exprimée vertement ici.
J'avais grand besoin d'un calmant de ce genre !

Je ne lis plus le Point depuis la visite de 48 heures de BHL en 1993 à Lagos où je résidais et après avoir lu l'article qu'il avait écrit alors sur le Nigeria. Article qui avait déclenché la fureur de mon épouse et d'une de ses amies ex-journaliste, qui avaient passé un samedi après-midi à guider BHL dans le grand marché puis la prison de Lagos. Toutes deux avaient concocté et posté au Point une réponse à BHL, le rédacteur a répondu, pas BHL.

En lisant l'article j'ai cru au départ qu'il s'agissait de François Hollande avant de comprendre que c'était Emmanuel Macron.
Pour moi Macron a raison quant il parle de l'esprit qui anime toujours les Français d'où ma fureur sur les prêches défaitistes de Zemmour, les Gilets jaunes en étaient pour moi une forme d'expression, après la réaction des Français, particulièrement les jeunes, lors des attentats de Charlie et du Bataclan.
Chez Zemmour on ne se battait pas pour sa terre, chez moi si !
Chez Zemmour on insultait sa Patrie, chez moi on la vénère et on la sert !
J'ai constaté lors de mes vagabondages que nous avons le plus beau pays du monde, même si ses habitants ont de mauvaises habitudes.

Reconnaissant, je vais voter pour Macron, faute d'avoir Valérie Pécresse, au lieu de m'abstenir, convaincu que les Français adorent se faire peur, ce dont profitait Zemmour, mais redeviennent conservateurs quand nécessaire.

À mon avis Macron se trompe sur le Américains simplement parce que nous sommes le plus grand et le plus sûr marché ouvert aux USA, ils ont donc intérêt à nous conserver dans la dépendance, et quoi de mieux que la sécurité !
Poutine n'a pas compris ce vieil adage "Business is business", sa notion de marketing à la Hitler au moment où les Chinois confinent des dizaines de millions de citoyens pour combattre un virus est mal choisie, un combat qui risque de s'envenimer et durer plus longtemps que celui de l'Ukraine !
De plus les citoyens américains sont trop attachés à leur liberté pour tolérer ce qui se passe en Ukraine.

Encore merci !

Aliocha

@ Jérôme

Vous n'en avez pas assez de nous la jouer Chavez du Vieux-Port ?
Il est l'heure de rappeler aux mélenchonistes ce papa du foot, homme magnifiquement simple, et qui est pâle, pour un noir je vous dis pas, comme il y a cinq ans, persuadé qu'il va devoir partir si la Le Pen passe.
Un peu de respect pour les gens, sivouplé, l’État c'est nous, avé Dupont et Ribéry, et notre capacité à être solidaire et réconcilié, comme l'Europe, tiens, macroniste comme tout le monde à défendre la liberté, et à sortir un peu de l'orbite de son nombril !

F68.10

@ Patrice Charoulet
"En allemand, "Gott mit uns", on le sait, veut dire "Dieu avec nous".
Or, c'est ce qui était écrit sur le ceinturon des soldats allemands en 1914-1918. L'écrivain Léon Bloy commente ce fait dans son "Journal", en 1914, de cette façon : "Les Germains annexent tout, même le Ciel.""

Rappelons que les Ricains ont quand même réussi à envahir la Lune. Ce n'est pas rien, tout de même.

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@ Aliocha (@ Robert Marchenoir)

Moi, ce qui me frappe quand je lis Macron, ce n'est pas à quel point je pense comme Macron mais à quel point Macron pense comme moi (quand je suis calme). Je pense que c'est la faute à sa grand-mère, qui avait lu ce qu'il fallait avoir lu.

Deux points:

1. Il parle quand même un peu un langage qui s'appelle le compliqué. Il n'y a pas beaucoup de locuteurs de cette langue. J'en fais partie, mais nous n'avons pas encore sorti de dictionnaire ou de grammaire officielle. Et je pense, en toute franchise, que pour beaucoup de Français, son texte dans Le Point relève quand même de l'élamite linéaire en cunéiforme.

2. La critique de Marchenoir sur l'entretien de Macron dans Le Point est bien fondée: autant j'ai tendance à cautionner le "en même temps" dans l'approche des problèmes et la manière de les résoudre, il est néanmoins des situations où le "en même temps" est une forme de renoncement. Je comprends très bien que Monsieur Macron en son for intérieur est loin d'être un étatiste forcené. Je comprends très bien qu'il est à la tête d'un pays étatiste et d'un État étatiste. Qu'il doit donc transiger.

Je lis noir sur blanc dans Le Point les points de crispation sur ce thème avec tous ceux qui veulent lui mettre des bâtons dans les roues à ce sujet. Je comprends donc très bien sa tentation de ménager la chèvre et le chou tout en faisant, en même temps, un choix entre la chèvre et le chou. Personne ne le lui pardonnera.

Bon. Et moi, je fais quoi ? Je vais me contenter de cette langue de bois dans le Point ? Je dois laisser passer l'étatisme dégoulinant sans rien dire ? Non.

Mais qui d'autre que Monsieur Macron est en position d'autorité morale, en France, pour dénoncer l'étatisme ? Seul lui peut le faire. Le chantage moral pro-étatique est en effet trop fort face à n'importe qui d'autre.

Mon choix est donc le suivant: dois-je cautionner un gouvernement au centre quitte à le voir sempiternellement louvoyer au sujet de l'étatisme ? Si je ne le cautionne pas, je retombe dans quoi ? Et je n'ai, au mieux, qu'un bulletin de vote tous les cinq ans, comme maintenant, pour trancher cette question qui touche l'intégralité des sujets politiques... Ah ben oui: y'a pas de référendum grassroots qui puisse retoquer des décisions trop étatistes avalisées par le parlement.

Conclusion: je suis coincé car je dois manger mon chapeau, voter pour un centriste tout en attendant qu'il daigne désétatiser la mentalité politique, et sans aucun autre moyen de peser que le vote, qui, comme nous le voyons actuellement, ne le permet pas réellement. Et si je réclame que Monsieur Macron tranche clairement sur un tel point, il ne pourra pas gouverner au centre. Et ne sera donc pas réélu. Dans le contexte actuel, l'étatisme est donc un sujet de société qui ne peut tout simplement pas être traité par le vote et qui doit donc se traiter en amont du vote.

Autant dire que c'est pas gagné. L'ultralibéralisme rabique, c'est pas pour demain.

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@ Achille
"Emmanuel Macron n'a jamais dit qu'il aimait le voile islamique. Il comprend les femmes musulmanes qui le portent pour des raisons purement culturelles et non religieuses."

"Certes". (Cela reste religieux, Achille...) C'est là toute l'ambiguïté de l'islam qui joue sur les non-dits de notre laïcité. Personne ne me semble avoir fait le tour de tous ces non-dits. Certes, Mme Jeannette Bougrab est consternée. Mais que se passe-t-il si c'est l'État qui interdit le voile non pas dans la sphère étatique mais dans la rue ? Qui en mesure les conséquences ? Qui peut croire que, hop ! une loi ! et le problème est réglé ? Qui va faire la chasse aux nanas dans la rue, sous l'œil des caméras de gens qui ont intérêt à ce que cela dégénère et intérêt à ce que le Moyen-Orient et le Pakistan voient sur Internet comment on traite l'islam en France ? Qui pense à toutes les conséquences ?

Combattre l'islam, ce n'est pas un combat que l'État peut mener. C'est un combat que l'État ne peut que catalyser et arbitrer dans le régime constitutionnel actuel. C'est un combat social, d'idées, de mode culturel. La liberté d'expression le permet. Elle vous permet de combattre l'islam. L'État, lui, est neutre à dessein: pour vous permettre de mener ce combat culturel tout en restant en position d'arbitre des élégances, sans voile dans les lieux qui relèvent de la sphère publico-étatique. Mais c'est aux gens opposés à l'islam de le mener, ce combat. Pas à l'État.

Le vote Le Pen, c'est demander à l'État de mener ce combat culturel au nom de la société contre une autre faction de la même société. Même en MMA, sport sauvage par excellence, l'arbitre ne se joint pas à un des combattants pour cogner sur l'autre.

Le voile, il faut convaincre ces femmes de l'enlever. C'est à la société de le faire. Pas à l'État.

Car l'islam, comme le catholicisme, est une idée. Elle ne peut se combattre que comme idée. Le terrorisme, lui, utilise les armes et se combat par les armes.

Rien n'empêche toutefois de prendre des mesures administratives très sèches, y compris de relogement presque forcé, si un quartier se communautarise à l'excès et que la pression sociale y indique que l'argument d'un port "libre" du voile relève franchement de la foutaise.

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@ Marc Ghinsberg
"J'ai fait pas mal de droit constitutionnel dans ma jeunesse, je ne me souviens pas d'une seule constitution qui ne prévoit son mode de révision. Pour l'actuelle constitution française c'est l'article 89 qui en fixe les modalités."

La constitution française a effectivement un mode de révision. Noir sur blanc. À l'heure actuelle, il faudra bien qu'on fasse un peu le forcing pour avoir un système de votations face aux bloc "élitaire", puisque c'est la terminologie qui semble se consacrer. Mais oui, vous avez raison, cette constitution française a bien un mode de révision.

Maintenant, si je fais le tour du monde, je suis à peu près certain que je peux trouver des constitutions qui empêchent certaines révisions fondamentales même si elles en autorisent d'autres. L'Iran est un bon candidat pour un pays où une portion de la constitution est au-dessus de la critique et de la révision constitutionnelle. L'article 177 de sa constitution en permet la révision, mais stipule bel et bien que nombre d'aspects de la constitution sont inaltérables, y compris par le mécanisme de révision constitutionnelle. L'islam en est bien évidemment une limitation explicite.

Si, en France, on me prouve qu'il y a des aspects de la constitution qui ne sont pas révisables, y compris par les mécanismes de révision prévus, eh bien, j'aurai le plus grand mal à considérer une telle constitution comme légitime. Aussi jolie et sexy soit-elle. Et, pas de bol, c'est le cas:

Article 89, fin: "La forme républicaine du Gouvernement ne peut faire l'objet d'une révision."

Tout ce qui est au-dessus de la critique relève de l'irrationnel. Cette constitution est donc irrationnelle. C'est là le même argument que celui contre la constitution iranienne.

Ellen

@ Patrice Charoulet | 17 avril 2022 à 13:47

Il s'en est fallu de peu que la gauche et l'extrême gauche obtiennent au premier tour un score égal ou plus élevé que celui de Marine Le Pen de la droite radicale pour se représenter au second tour. Vous seriez encore beaucoup plus déçu ? Le communisme est cent fois pire que la droite radicale.

Seule l'avenir sur les cinq prochaines années nous dira si les Français ont encore bien voté. Le suspense dans une semaine !

Aliocha

@ Robert Marchenoir

-En ce qui concerne la prise de décision :

"Mais quelles sont les origines de cette crise d'identité occidentale  ?

Là, je serais assez marxiste : nos valeurs occidentales ont prospéré sur une philosophie – les Lumières – mais aussi sur les progrès des classes moyennes et l'économie sociale de marché.

Or notre capitalisme et la mondialisation ont sorti beaucoup de pays et de populations de la pauvreté, mais ont produit chez nous de nouvelles inégalités, ce qui a affaibli notre rapport à l'universalisme et à la démocratie. Ce dérèglement du capitalisme érode les bases de ce que nous sommes. Affaiblissement à l'intérieur, donc, mais aussi à l'extérieur : des puissances autoritaires ont pris ce que l'économie de marché pouvait leur apporter mais sans accepter la totalité des valeurs qui l'accompagnaient. Et elles ont fait une démonstration d'efficacité. La Chine en est le parfait exemple. Elle est devenue ainsi un modèle très attractif pour de nombreux pays, au Moyen-Orient, en Afrique ou ailleurs. La crise de la démocratie, c'est aussi une crise de l'efficacité de la décision, c'est une crise du courage. La vraie question ce n'est donc pas de savoir si un président devrait être un peu plus horizontal… C'est de savoir si on accepte que des décisions soient prises avec, bien sûr, le principe de responsabilité qui va avec."

-Enfin pour la nécessité de régulation, où on peut entrevoir qu'il est possible de sortir d'une vision manichéenne des rapports de l’État avec le libéralisme, le en même temps peut être défini non plus comme un louvoiement d'un bord à l'autre, mais du souci de régulation des relations qu'entretiennent les deux entités, l'exemple du numérique en étant actuellement l'éminente démonstration :

"La géopolitique est aussi beaucoup numérique actuellement. Pour vous, c'est un sujet de civilisation  ?

C'est d'abord un sujet anthropologique. Le numérique, c'est une formidable accélération de l'accès au savoir, de diffusion du progrès humain, de la technologie et de la science. Sans lui, par exemple, l'exploit de trouver un vaccin contre le Covid en quelques mois n'aurait pas été possible. Il change aussi en profondeur le fonctionnement de nos sociétés. Il accroît notamment la solitude, et mange du temps de cerveau disponible.

À vous aussi ?

Comme tout le monde. Cela dit, je me sépare de mes appareils assez souvent, je ne suis pas tellement drogué à cela. J'ai mes heures  ! Le problème de l'addiction aux écrans, c'est qu'elle désapprend le désœuvrement et l'ennui. Or l'esprit humain a besoin de divagation, de temps perdu. Elle détruit aussi la véritable amitié. Et la dialectique, l'art de la discussion : elle enferme, provoque un recroquevillement sur des cercles de followers. Il n'y a rien de plus désespérant que des gens qui pensent tous de la même façon. Cela vaut pour moi aussi  ! Et puis il y a la violence par l'anonymat. Dans une société démocratique, il ne devrait pas y avoir d'anonymat. On ne peut pas se promener encagoulé dans la rue. Sur Internet, les gens s'autorisent, car ils sont encagoulés derrière un pseudo, à dire les pires abjections. Autre changement : la déconstruction de la frontière entre le public et le privé. Enfin, il y a des conséquences très graves sur la société de l'information, qui joue un rôle très important dans la démocratie. On entre dans une phase où il va falloir réguler davantage.

Il ne faudra pas exclure un démantèlement (des plateformes) si cela se révélait nécessaire.

Réguler les plateformes, vous y arriverez  ?

C'est une vraie aventure politique et démocratique, mais c'est nécessaire. D'abord, parce que, sur les réseaux sociaux, on peut tuer des réputations, propager des fausses nouvelles, pousser des gens au suicide. Les plateformes viennent utiliser nos libertés antiques ou post-révolutionnaires pour les détourner de leur essence. Il faut créer un ordre public, comme dans la rue. Ce n'est pas l'état de nature  ! Ensuite, c'est la première fois qu'un bouleversement de cette ampleur est provoqué et contrôlé par des acteurs privés, lesquels ont d'ailleurs, pour certains, des fins assez politiques. Quand on lit ce que pense Mark Zuckerberg par exemple, ou même Elon Musk, qui est devenu actionnaire de Twitter et qui est libertarien, on se rend compte qu'ils ont aussi une vision du monde. Or la société qui se dessine ainsi n'est pas toujours démocratique…
Que faire, alors  ?

Les directives DMA, sur la régulation des plateformes, et DSA, sur la régulation des contenus, sont un début de réponse. Par le règlement général sur la protection des données, les Européens ont été les premiers à créer un standard. L'Europe n'a pas été naïve ces cinq ou six dernières années. C'est vrai sur la concurrence : la Commission a infligé de lourdes amendes ; c'est vrai aussi sur la fiscalité minimale, à propos de laquelle on a obtenu des résultats après trois ans et demi d'efforts. Sur ce point, comme sur les droits d'auteur et les droits voisins, la France a d'ailleurs été aux avant-postes. Mais il faut aller plus loin.

Comment  ?

On n'a pas encore fini sur l'impôt minimal. Il faut les rattraper en demandant de payer en fonction de leur chiffre d'affaires mondial. Mais cela ne marchera que s'il y a une coopération entre États. Sinon, les plateformes jouent sur les divisions en payant le maillon faible. C'est d'ailleurs la même chose en matière de droits voisins, avec les éditeurs de presse. Mais si tout le monde voit que c'est une question de conscience démocratique, qu'on est unis, on va y arriver. Notons tout de même que les États-Unis ont une responsabilité historique sur le sujet. Ce sont eux, par exemple, qui les ont autorisés à accumuler leurs avoirs dans les paradis fiscaux. L'une des conséquences de cette situation, c'est que ces gens-là, qui ont été des innovateurs, deviennent des tueurs d'innovation, car ils sont si riches qu'ils rachètent tous les challengeurs qui pourraient menacer leur modèle…"

https://www.lepoint.fr/presidentielle/exclusif-presidentielle-emmanuel-macron-la-grande-confession-12-04-2022-2471952_3121.php

Des tueurs d'innovation, le retour au trust qui nécessiterait une politique presque rooseveltienne.
Sans l’État et le respect des lois, le libéralisme devient totalitaire.
Mais je vous en prie, achetez l'article et diffusez-le, même si Serge Hirel trouvera que ce condensé d'esprit français n'est pas gracieux.

stephane

J'aimerais qu'on m'explique en quoi Emmanuel Macron a pris des voix chez les électeurs censés voter Valérie Pécresse avant la campagne.
Je rappelle que quand Macron était très haut dans les sondages, Pécresse était à 17 %.
Pécresse s'est effondrée suite à sa mauvaise campagne et Macron a baissé également.
Donc pas d'effet vase communicant.
La fuite est ailleurs à mon avis et c'est bien là où est la déculottée de "la droite classique".
Et puis franchement dire "Macron a repris toutes mes bonnes idées" puis ensuite le qualifier de candidat de gauche, c'est pas sérieux et surtout cela donne rétrospectivement raison à Sarkozy dans son manque de confiance en la candidate.

Je dirais qu'il y a eu un double effet. Beaucoup d'abstentionnistes sont venus aux urnes pour voter Le Pen, Mélenchon et à un degré moindre Lassalle.
Pendant le même temps, les électeurs LR, désolés que leur candidate soit nulle, ont préféré déserter les isoloirs ou voter blanc, aidés en ce sens par l'absence de prise de position de Sarkozy.
Je regrette l'absence d'Asselineau dans les débats, j'ai aimé sa campagne de 2017 et sa connaissance des traités européens. C'était un excellent contributeur au débat.

Marc Ghinsberg

@Serge HIREL

J'ai fait pas mal de droit constitutionnel dans ma jeunesse, je ne me souviens pas d'une seule constitution qui ne prévoit son mode de révision.
Pour l'actuelle constitution française c'est l'article 89 qui en fixe les modalités.
Ainsi, à titre d'exemple, la réduction de la durée du mandat présidentiel de 7 à 5 ans a été adoptée par référendum sur le fondement de l'article 89 en 2000.

Aliocha

@ Robert Marchenoir

Il faut évidemment renforcer la défense européenne, ce que demandent les ex-Républiques soviétiques de l'Est européen, ce que Macron tente d'engager depuis cinq ans, car les Américains s'en vont, ou s'en iront, c'est inéluctable. Si vous n'avez pas lu la "confession du Point", et si notre hôtesse le permet pour un article en accès protégé, je vous copie l’analyse précise du sujet :

"La faiblesse de l'Occident a donc encouragé Vladimir Poutine ?

Oui. Il y a une double explication à cela : d'abord le constat de la dépendance européenne aux États-Unis d'Amérique, et le choix de ceux-ci de ne pas faire respecter la ligne rouge lorsque les armes chimiques ont été utilisées en Syrie en 2013.

Et son «  interprétation géopolitique  », quelle est-elle  ?

Il y a cette obsession, ce récit, qui s'est installé chez Vladimir Poutine d'une trahison des accords de 1990, d'une extension de l'Otan et d'une volonté d'anéantir son pays. S'ajoute à cela le sentiment d'avoir été abandonné par l'Occident face aux crises du Caucase, essentielles pour lui, notamment en raison du terrorisme islamiste. Et puis bien sûr il y a les révolutions ukrainiennes, à propos desquelles il a complètement réinventé l'histoire en expliquant qu'il s'agissait de manipulations occidentales.

Tout cela a déterminé l'évolution du comportement de la Russie. On n'en a pas tiré toutes les conséquences en 2014 après l'annexion de la Crimée et la sécession du Donbass, parce qu'après la situation s'était stabilisée. Vladimir Poutine avait lancé une offensive, réussie, et il en a déduit que les Occidentaux, qui se sont résolus à des sanctions modérément efficaces, étaient faibles. Tout cela n'arrive pas en un jour. Mais c'est là, aujourd'hui.

Il y a donc quelque chose que nous n'avons pas vu  ? Ou raté  ?

On n'a sans doute pas pensé jusqu'au bout l'architecture de sécurité européenne à la fin de la guerre froide, en laissant l'Otan la structurer, alors qu'il n'y avait plus de pacte de Varsovie. On a laissé un doute, on a permis au sentiment d'humiliation qui était là de prospérer. Le ressentiment s'est ensuite métabolisé en paranoïa. Et l'isolement de Poutine n'a fait que renforcer les choses depuis les sanctions de 2014. Il ne faut pas sous-estimer non plus le rôle du Covid, qui a réduit pour beaucoup de dirigeants qui étaient déjà à la limite de la solitude le coût d'opportunité de se couper vraiment du reste du monde. Il s'est retrouvé à Sotchi pendant des mois, il s'est enfermé, il s'est moins frotté à d'autres raisonnements… Cela n'excuse rien, bien sûr, j'essaie de retracer son cheminement. Pourquoi je continue à lui parler  ? S'il ne parle plus à personne, alors on ne sait pas jusqu'où il peut aller. C'est mon obsession avec lui, je lui dis à chaque fois. Quand on entre dans le cycle de la violence, le plus dur, c'est d'arrêter. Le danger, c'est la bascule dans l'irréversible.

Qu'est-ce que l'«  irréversible  »  ? La destruction de Marioupol et le massacre de Boutcha par exemple  ?

La crainte collective est depuis le début de la guerre celle de l'arme nucléaire ou chimique, mais oui, il y a déjà là de l'irréversible. Ce sont des scènes atroces, des civils tués, des femmes violées, des corps mutilés. Et donc je pense, contrairement à ce que certaines ou certains disent, que cela rend un retour rapide à la normale de moins en moins possible.

Comment la situation peut-elle évoluer maintenant  ?

Soyons clairs, je pense que Vladimir Poutine a décidé il y a quelques semaines qu'il n'arrêterait pas. Il n'a pas fait de concession dans le nord de l'Ukraine, il s'est enlisé. Il a été surpris par la résistance ukrainienne, et comme, compte tenu de la saison et du terrain, il est très compliqué de manœuvrer, il a donc opéré un repli tactique pour se concentrer sur l'est du pays. Peut-être pour obtenir une victoire dans cette zone et viser un défilé militaire glorieux le 9 mai, date très importante pour lui et pour la Russie. Je crois assez peu à notre capacité collective à le mettre autour d'une table de négociation à court terme. Il a besoin pour lui-même d'une victoire militaire. Il a sans doute pris conscience que l'Ukraine n'allait pas se soumettre. Le récit auquel il avait peut-être fini par croire – c'est-à-dire qu'un clan de gangsters et de néonazis tenaient une Ukraine dont le peuple était, lui, entièrement tourné vers la Russie – s'est effondré. Je pense qu'il a fini par le comprendre. Marioupol est peut-être un point de fixation pour lui, parce que c'est un symbole de l'Ukraine qui se refuse à lui. Quant à nous, Occidentaux, la question qui nous est posée est de savoir comment l'empêcher, le bloquer, sans que cela devienne un conflit mondial.

Que pensez-vous au fond de cette question du sentiment d'humiliation de la Russie  ?

L'histoire nous enseigne qu'on ne construit jamais une paix durable en humiliant, mais cette question de l'humiliation se pose en premier à Vladimir Poutine. Mon argument, c'est de lui dire : «  Tu n'auras jamais la paix et la stabilité en humiliant le peuple ukrainien.  » Il s'agit pour lui de comprendre comment trouver un terme à sa guerre, et quels équilibres sont encore possibles compte tenu des crimes qui sont en train d'être commis et qui, chaque jour, rendent plus difficile voire impossible le retour en arrière.

Ça, c'est pour l'Ukraine. Et pour nous, Européens  ?

Il faudra bien réfléchir à la façon dont nous reconstruirons demain nos relations avec la Russie, qui a vocation à être arrimée à l'Europe. Mais nous n'en sommes pas là. C'est trop loin dans l'horizon. Dans l'immédiat, il y a une mécanique que nous subissons – parce que c'est Poutine qui en est le premier responsable – qui pousse la Russie vers l'est, vers la Chine. Et c'est très mauvais pour nous comme pour eux d'ailleurs, car elle en deviendrait très rapidement le vassal. Alors, tout n'est pas nouveau, notre relation à la Russie depuis la chute de l'URSS était déjà compliquée avant cette guerre. En tant qu'Européens, nous avons des anticorps. Il y a des anciens pays satellites de l'URSS qui ont un ressentiment à l'égard de la Russie. Ils en ont d'ailleurs un autre vis-à-vis de l'Europe de l'Ouest, car ils considèrent que nous les avons abandonnés de l'autre côté du rideau de fer. C'est ce que disait Kundera admirablement quand il parlait de «  l'Occident kidnappé  ». D'où le fait qu'ils s'en remettent souvent aux Américains, qui sont le garant en dernier ressort là où nous autres, Européens, ne les aidions pas jusque-là. Et, côté russe, il y a le traumatisme de l'amputé. Ils ont mal aux membres qui ne sont plus là.

La fin de l'URSS n'aurait donc pas été complètement digérée  ?

La chute du mur de Berlin a été un magnifique envol de liberté, mais nous n'avons peut-être pas assez vu ce que représentaient des décennies de totalitarisme sur ces sociétés du bloc soviétique. Elles n'avaient plus les mêmes fondamentaux. Même celles qui sont aujourd'hui dans l'Union européenne sont traversées par des nationalismes très forts, en République tchèque, en Slovénie, en Hongrie, en Pologne… Des mouvements très traditionalistes et antieuropéens. De son côté, la Russie a vécu la fin de l'URSS comme une humiliation, même si elle a ensuite essayé de s'en relever. Aujourd'hui, il faut regarder sa situation : c'est le plus grand pays du monde géographiquement, en déclin démographique, qui comprend au sud des minorités musulmanes parfois très dures, et qui vit à côté de la Chine. C'est un pays qui craint son déclassement. Quand on en est là, et qu'on en a la conscience, tout est possible.

Comment Poutine vous perçoit-il selon vous  ?

Ce n'est pas à moi d'en juger. Je pense d'abord qu'il respecte la France et qu'il fait une distinction avec le reste de l'Occident. Il sait ensuite que j'ai pris le temps de lui parler, avec évidemment un discours exigeant et toujours franc. Enfin, il sait que je ne suis pas faible, puisque quand je lui ai dit que nous avions une ligne rouge sur les armes chimiques en Syrie, et que les troupes de Bachar l'ont franchie, j'en ai tiré des conséquences et j'ai ordonné des bombardements. C'était en avril 2018, l'opération Hamilton. Une fois que l'on a dit ça, je pense qu'il a vraiment la conviction, qui est dans l'esprit russe depuis des décennies, que son sujet principal est avec les Américains.

L'équilibre du monde s'en trouve-t-il modifié  ?

On voit bien que la Chine hésite à mettre la pression sur la Russie, que dans les pays du Golfe s'installe une attitude de neutralité par scepticisme à l'égard des Américains, que plusieurs pays africains rejouent une forme de non-alignement. C'est une recomposition totale du monde : non pas sous la forme d'un duopole avec une part de non-alignés, mais sous la forme d'un monde multipolaire où des puissances – certaines d'entre elles étant dotées de l'arme nucléaire – comme la Russie, l'Iran et la Corée du Nord, par exemple, peuvent se muer en forces de déstabilisation. Et l'on ne peut exclure que la Chine utilise un jour ces puissances de déstabilisation pour rééquilibrer le rapport de force avec l'Occident. Le risque, c'est donc une réinvention par le bas du système de 1945 et à la fin de laisser saper les valeurs que nous avions réussi à installer.

Est-ce à dire que l'Occident, entre la reprise en main de Hongkong par la Chine, la débâcle en Afghanistan et l'Ukraine, ne sait plus se faire respecter  ?

La question, c'est de savoir si l'Occident est encore prêt à se battre, jusqu'où et pourquoi. Je ne défendrai pas la guerre d'Afghanistan. L'Occident s'est parfois engagé dans des conflits qui, allant au bout de la logique du droit d'ingérence, consistaient à imposer nos valeurs malgré les peuples, et à changer les dirigeants qui n'allaient pas dans ce sens : c'est le cas de l'Irak et de l'Afghanistan. En Ukraine, c'est différent, puisqu'il s'agit de venir en aide à un peuple qui a fait par lui-même le choix de défendre ses valeurs et son intégrité. Mais oui, on peut dire que les sociétés occidentales ont de plus en plus de mal à accepter la guerre. Cela me fait penser à ce magnifique texte de Soljenitsyne, son discours à Harvard sur le déclin du courage… C'est ça, la question qui nous est posée.

Le sociologue Jean-Claude Kaufmann a écrit après le premier confinement un livre intitulé "C'est fatigant, la liberté…" Une leçon de la crise. Il y évoquait la « civilisation du pyjama ».

Je ne serais pas aussi définitif, mais ce qui est vrai, c'est qu'il peut y avoir un facteur émollient dans une société où l'on ne sait plus vraiment ce que c'est que de mourir pour ses idées, et de se battre pour être libre. Cette guerre nous réveille, car elle nous montre la précarité et la vulnérabilité de notre condition, de notre liberté, de nos valeurs. Cela dit, les Français, pour l'essentiel, restent très attachés à leurs valeurs. Quand je vois que nos armées continuent à recruter sans problème, je me dis qu'il y a ce sel.

Vraiment  ?

Vous savez, à propos de l'Ukraine, tout le monde se pose cette question : « Est-ce qu'on peut laisser ces gens se faire anéantir ? » On n'ose pas la formuler, mais elle est là. J'étais il y a quelques semaines dans le Maine-et-Loire, c'était bouleversant. Il y avait des familles ukrainiennes que l'on accueillait. Parmi elles, un enfant de 6 ans. Je lui demande : « Comment ça va  ?  » Il se frotte la tête, il me dit : « Ça va pas. Mon père est là-bas, il se bat. ». À ce moment, je vois cette question dans le regard du maire : « Est-ce qu'on doit aller se battre avec eux ? » C'est ça que se demandent sans toujours le formuler aussi nettement les Français. Évidemment  ! Et ils savent combien la question est lourde. C'est pour ça d'ailleurs qu'ils n'aiment pas les va-t-en-guerre.

Mais nous, Occidentaux, partisans de la démocratie libérale, sommes-nous prêts à mourir pour notre modèle  ? Peut-on mourir pour Alexis de Tocqueville et Raymond Aron  ?

(Il coupe). Nous ne sommes pas que cela  ! Pas qu'une société d'individus. La France, c'est une nation de citoyens. Je pense que la nation française a encore ce rapport au sacré, aux soldats de l'an II, à quelque chose qui vient d'avant, à cette cohorte à laquelle je suis si sensible, dont j'ai parlé quand nous avons accompagné Germain puis Cordier dans l'au-delà, et qui fait référence à des combats qui datent des siècles et des siècles. C'est quelque chose qui est profondément en nous. Et oui, nous sommes prêts encore à mourir pour la patrie. Regardez nos armées, elles continuent à engager. Cela m'a frappé quand je suis allé en Polynésie, et que j'ai rencontré ceux qui font le service militaire adapté. Vous savez, la Polynésie fournit autant de militaires chaque année que la région Île-de-France. Ils vivent par-delà les mers et ils sont prêts à mourir pour la patrie. Ils m'appellent « mon président », comme on dit « mon colonel ». C'est d'ailleurs là l'une des différences avec beaucoup d'autres nations européennes."

https://www.lepoint.fr/presidentielle/exclusif-presidentielle-emmanuel-macron-la-grande-confession-12-04-2022-2471952_3121.php

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@ Serge HIREL

Et un argument sur ce que dit le président ?
Zemmour est retourné au trou dont il n'aurait jamais dû sortir, la période des "ben voyons" est terminée, s'ouvre celle du débat intelligent.

lucas

Mettre l'extrême droite au pouvoir, c'est enfoncer une première écharde dans l'État de droit.

Elle n'est pas encore au pouvoir et nous voyons déjà comment on fait le tri parmi les journalistes ou de quelle manière on vire une opposante en la traînant sur le sol... ça promet.

Bon, ne parlons pas du reste: fragmentation de l'Europe alors que c'est l'inverse qui est à souhaiter en période de crise, copinage avec l'agresseur de l'Ukraine, paquets cadeaux pour tous sans avoir imaginé les financements nécessaires.

Et puis on ne va tout de même par objecter que tous se trompent: Hollande, des leaders politiques, le monde de la culture, beaucoup d'intellectuels, les leaders syndicaux les plus clairvoyants et bien d'autres.

À signaler enfin une belle sortie de LFI et de Madame Hidalgo. Selon eux, c'est Macron qui est responsable de la montée du Rassemblement National. Ont-ils songé qu'en tapant dur sur Macron depuis toutes ces années, ils ont hurlé avec les loups, sans discernement ? Avec d'autres, ils ont pris un malin plaisir à dézinguer Macron, à l'affaiblir. Ce qui permet à l'extrême droite de tirer les marrons du feu sans jamais avoir eu à assumer des responsabilités.

Patrice Charoulet

GOTT MIT UNS

En allemand, "Gott mit uns", on le sait, veut dire "Dieu avec nous".
Or, c'est ce qui était écrit sur le ceinturon des soldats allemands en 1914-1918.
L'écrivain Léon Bloy commente ce fait dans son "Journal", en 1914, de cette façon : "Les Germains annexent tout, même le Ciel."
Les Russes aussi ! En 2022, l'envahisseur Poutine, dont Mme Le Pen est l'amie, a la caution du chef de l'Eglise orthodoxe russe.

Achille

@ sbriglia | 17 avril 2022 à 17:30
« Bien sûr que l’Etat de droit est susceptible d’évoluer, sinon la peine de mort serait toujours en vigueur, les femmes n’auraient pas le droit de vote, etc. »

Sauf, cher juriste, que les décisions prises en accord avec le peuple ou ses représentants qui ont été intégrées dans la Constitution n’ont jamais été remises en cause et ne le seront jamais car elles consistent à adapter le mode de vie des citoyens à l’évolution de la société : niveau d’instruction des citoyens, progrès scientifique, échanges culturels entre les communautés culturelles qui évoluent au cours des ans.
J’imagine mal la remise en cause de la suppression de la peine de mort, le refus du droit de vote des femmes, le retour de la majorité à 21 ans et autres décisions prises au plan national ou international.

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@ Serge HIREL | 17 avril 2022 à 19:22
« Je ne me fie pas à une telle personne, mais un seul nom m’est venu immédiatement à l’esprit... Ce n’est pas celui que vous citez. Je vous laisse le soin de le deviner...Un indice : le bonhomme aime le voile islamiste. »

Là je pense que vous voulez parler de J-L Mélenchon qui n’a jamais caché sa sympathie pour les gens qui ne vivent pas comme nous .

Emmanuel Macron n’a jamais dit qu’il aimait le voile islamique. Il comprend les femmes musulmanes qui le portent pour des raisons purement culturelles et non religieuses.

Irez-vous reprocher à Latifa Ibn Ziaten, la mère du soldat tué par Mohamed Merah, de porter un voile, elle qui le porte en toutes circonstances y compris devant les caméras ?
D’autant qu’un simple voile, en fait un foulard, comme le portent nombre de femmes musulmanes, n’a rien à voir avec une burqa qui empêche de voir leur visage. Je suis sûr que votre grand-mère, bien que non musulmane, avait l’habitude de mettre ce genre d’article sur ses cheveux lorsqu’elle se rendait à l’église. La mienne aussi !

Serge HIREL

@ Achille | 17 avril 2022 à 08:52
« Comment voulez-vous vous fier à une personne aussi versatile qui adapte son langage à la personne qu’elle a en face d’elle au point de dire le contraire de ce qu’elle affirmait la veille ? »

Je ne me fie pas à une telle personne, mais un seul nom m’est venu immédiatement à l’esprit... Ce n’est pas celui que vous citez. Je vous laisse le soin de le deviner...Un indice : le bonhomme aime le voile islamiste... à condition qu’il soit féministe.

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@ Marc Ghinsberg | 17 avril 2022 à 07:46
« La deuxième question est de savoir si la procédure envisagée (article 11) par Marine le Pen pour modifier l’État de droit est, elle-même, conforme à l’État de droit, en l’occurrence à la Constitution. Sur ce deuxième point la réponse est clairement non. »

Si l’on vous suit, il suffirait donc qu’une Constitution stipule qu’elle n’est pas modifiable ou ne prévoit pas la procédure permettant au peuple souverain de la modifier pour que celui-ci, même s’il le souhaite, ne puisse pas l’amender, pour qu’elle soit figée pour l’éternité. Disons, pour rester courtois, que vous manquez de bon sens. Peut-être pourriez-vous tenter de faire profiter Vladimir de votre réflexion...

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@ Aliocha | 17 avril 2022 à 10:15
« Macron est une grâce pour la France »

Comment peut-il en être autrement ? Emmanuel est le nouveau Sauveur ! Crucifié le Vendredi saint par ses détracteurs pour crime de frime aggravé, il fallait bien que, le dimanche de Pâques, le saint homme soit ressuscité par un thuriféraire exalté. J’ai cru qu’il s’agirait d’Achille... Mais il en est resté, lui, à l’huile bouillante déversée sur l’adversaire. Soyez béni ! L’ébauche du Saint-Evangile de Saint-Emmanuel-l’Amiénois, confiée au Point, promet que l’œuvre achevée sera un monument philosophique majeur. Notre nouveau Sauveur est aussi un nouveau Platon !
Dès dimanche prochain, offrons-lui la possibilité de ne consacrer son temps qu’à la rédaction de ce texte sacré, dont il tirera une plus grande gloire que celle que lui apporterait un second quinquennat...

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@ CHRISTIAN | 17 avril 2022 à 10:37
« ...référendums pour écraser la démocratie participative... »

La démocratie participative est-elle un dogme qui l’emporte définitivement sur la souveraineté du peuple s’exprimant par voie de référendum ? Sur quel texte basez-vous cette affirmation ? Un discours de la Reine des Pingouins ? Une tribune de son nouvel ami de Marseille ? Ou la dernière trouvaille d’un militant « antifa » déguisé en journaliste ?

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@ Florestan68 | 17 avril 2022 à 12:12
« Question : avec 29,56 % des voix au premier tour, EM représente-t-il beaucoup mieux l'Alsace que MLP et ses 26,29 % ? »

Ceci sans oublier qu’EM a profité du « vote utile » qui l’a renforcé au détriment de VP (4,3 % dans le Bas-Rhin, 4,15 % dans le Haut-Rhin, contre respectivement 22 % et 22,34 % pour Fillon en 2017) et que MLP, au contraire, a subi « l’effet Zemmour » (7,02 % dans le Bas-Rhin, 7,86 % dans le Haut-Rhin). Les Alsaciens n’ont pas oublié Fessenheim...

Robert Marchenoir

@ Aliocha | 17 avril 2022 à 10:15

L'extrait que vous nous présentez de l'interview de Macron est très intéressant : il confirme la grande intelligence du personnage. Hélas, il confirme aussi son incapacité à décider.

On ne peut pas, à la fois, se prononcer pour une France étatiste et pour une France libérale. On ne peut pas, à la fois, récuser le wokisme et l'hostilité à l'immigration. C'est bien joli d'analyser, mais à un moment, la politique, ça consiste à choisir. Pas à donner un peu à manger à tout le monde.

En fait, Macron, dans cette interview, me rappelle Hollande : très fort pour jouer les observateurs, beaucoup moins pour décider et agir.

Il me rappelle aussi Marine Le Pen, sur la question russe. Si l'on se limite à cet extrait, il nous explique que certes, les pays d'Europe de l'Est se méfient de la Russie, mais ce n'est que la marque du "traumatisme soviétique". Il suffirait, en somme, qu'ils s'allongent sur le divan de la diplomatie européenne.

En revanche, c'est à l'Union européenne de "repenser ses relations avec la Russie", afin de "vivre en paix". Ce n'est, en aucun manière, à la Russie d'abandonner son militarisme impérialiste et tyrannique. Rien n'est dit du sens et du contenu que devraient prendre ces "nouvelles relations" : faut-il consentir à la démilitarisation de l'Europe exigée par Poutine ? ou bien au contraire renforcer nos défenses militaires ?

Florestan68

Cher Philippe Bilger,

Au rythme des renoncements de MLP, le problème de l'État de droit pourrait rapidement ne plus se poser.

Ainsi en 24h, elle a renoncé à l'interdiction du voile dans l'espace public, au référendum sur la peine de mort et au démantèlement des éoliennes, trois mesures qui m'avaient convaincu de voter pour elle.

Comme l'écrit fort justement ce jour un des contributeurs (Achille à 08h52), on ne peut guère lui faire confiance car elle change trop souvent d'avis.

Et comme le disait Zemmour, qui est resté ferme sur ses propositions et en a payé le prix, MLP est la candidate du Grand Renoncement.

Qu'elle ne s'étonne pas de voir les sondages baisser : je pourrais moi-même renoncer à voter pour elle.

À ce rythme, elle finira à 40 %.

Jérôme

Cher hôte, je ne saurais que plussoyer. Quelle idiotie que cette antienne, l'État de droit.
Il n'existerait que sous le commandement, par les temps présents, d'un Emmanuel "Kadyrov" Macron, totalitaire en chef, qui n'a cessé de tenter de le faire bouger, avec ou sans réussite, pour mieux coerciser les citoyens en passant la main aux pouvoirs administratifs, tenus par leur employeur, l'État. Ce capricieux petit garçon n'est pas vraiment le garant des libertés. Plutôt une espèce de kadyrofo-polpotiste.

La vision que les macroneuneuistes ont de l'État de droit, un État qui obéit à toutes leurs lubies, tous leurs caprices.
Le droit, les constitutions, ça évolue, et ce n'est pas moins du droit parce que lesdites évolutions ne seraient pas suscitées par la bande de voyous qui nous gouvernent.
Ils s'en contrefichent d'ailleurs tellement qu'ils s'empressent de passer la main à l'Europe, qui n'est pas un État, sur tout un ensemble de sujets juridiques.

Alors mes bons neuneus macronistes, votre antienne, vous la taillez en pointe, vous vous asseyez dessus, et vous faites des aller retour.
J'ai vu que le fils naturel des Bogdanoff, Antoine Dupont, appelait à voter EM. Compte tenu du niveau de ses interviews, pas étonnant. Manque plus que Ribéry, ils feront une belle paire.

Serge HIREL

Bien avant la création du « machin » européen, la France baignait dans un Etat de droit franco-français, qui, d’abord imposé par nos rois de droit divin, a été bouleversé par la Déclaration des Droits de l’Homme, solennellement proclamés par la Révolution, qui, aujourd’hui encore, sont l’orgueil justifié de la France, puis codifié par Napoléon, avant d’être l’objet de tous les soins de nos Républiques.

D’une époque à l’autre, la nation française s’est construite dans le respect des règles de notre Etat de droit, fondées sur des valeurs et des principes qui ont évolué au fil du temps, des mœurs et des soubresauts d’une société toujours en mouvement.
Depuis la Commune de Paris (1793), cet Etat de droit est résumé en trois mots, Liberté, Egalité, Fraternité, gravés dans la pierre, sur les frontons de tous nos bâtiments institutionnels. Sous la pression des forces de gauche, la laïcité, en germe sous les Lumières, est devenue notre quatrième valeur fondamentale, aujourd’hui partagée par tous, qu’il ne serait pas choquant d’ajouter à notre devise républicaine.

L’Etat de droit est ancré dans nos gènes parce qu’il est le fondement même de notre union nationale. Même le PC, qui, au temps où le communisme l’avait anéanti au-delà du Rideau de fer, rêvait au « Grand Soir », celui où « la lutte finale » vaincrait la démocratie libérale, le défend aujourd’hui... au moins jusqu’à ce qu’il parvienne au pouvoir. Seuls les extrémismes de gauche, les Arthaud, les Poutou, les Mélenchon, les premiers ouvertement, l’autre, plus secrètement, ne se laissant aller que rarement - « La République, c’est moi ! » -, exigent qu’il soit soumis aux diktats liberticides des régimes d’ultra-gauche auxquels ils aspirent.

Quant au « fascisme » de Marine Le Pen, pour qui entend ne pas sombrer dans la malhonnêteté intellectuelle, qui s’est installée dans la présente campagne électorale, il est bien difficile d’en déceler des traces dans son programme. Rétablir l’autorité de l’Etat, restaurer sa souveraineté, gouverner en consultant le peuple par référendum, rétablir la préférence nationale, vouloir notre indépendance diplomatique et militaire, expulser des individus qui se sont introduits clandestinement sur notre sol et ne respectent pas notre Etat de droit, faire en sorte que les policiers rétablissent la paix et l’ordre républicain dans les « territoires perdus », ne pas accepter que la nationalité française soit acquise au gré du lieu de naissance, combattre, dans le respect de la loi, les mouvances anti-françaises, affirmer que la France restera la France et que l’Europe ne doit être qu’une alliance entre Etats... Tout cela est-il l’évidente preuve d’une dérive vers un régime à la Poutine ? Marine Le Pen, devenue chef des Armées, envisage-t-elle de lancer nos troupes à la conquête de nos frères francophones du Hainaut belge ?

Enfin, et c’est là selon moi le point le plus important que soulève notre hôte dans son billet, aucune raison n’existe pour que l’Etat de droit « européen » s’impose à l’Etat de droit « français ». Notre Histoire le démontre, nos pratiques le prouvent : la France, en ce domaine, n’a de leçons à recevoir de personne. Pas plus celle pilotée aujourd’hui par Macron que celle conduite peut-être demain par Marine Le Pen n’est et ne serait le pays de sauvages où il est ou serait nécessaire que des institutions judiciaires européennes se substituent aux siennes pour faire respecter un Etat de droit, qui plus est défini par elles-mêmes, sur la base des convictions « hautement humanistes » de leurs membres, parfois contraires au simple bon sens.

Ceci serait d’autant plus inadmissible que leur légitimé n’est pas des mieux établies, les procédures complexes de leur nomination ayant un point commun : elles sont confiées à l’entre-soi du petit monde politique européen - tant au sein de l’Union européenne qu’au Conseil de l’Europe - qui s’est constitué depuis les années 50 et sur lequel les peuples n’ont quasiment aucun droit de regard, hormis, en ce qui concerne l’UE, via les parlementaires européens mais qui eux aussi sont plus ou moins proches de la nébuleuse bruxelloise, au sein de laquelle les « nommés » paraissent souvent plus puissants que les « élus ».

Bref, si le second tour de la présidentielle est un référendum, comme l’a affirmé Macron, jouant la carte gaullienne du « moi ou le chaos », la question posée est globale : « Êtes-vous pour ou contre la France ? ». Ma réponse personnelle est claire. Aussi claire que celle des Hongrois qui, à une large majorité, en réélisant Orban, ont refusé l’option mortifère d’une Europe fédérale et souveraine... Et notre Etat de droit franco-français, tel que Marine Le Pen promet de l’exercer et de le protéger, suffit à mon bonheur et à ma fierté d’être Français.
Peut-être, sans le savoir, suis-je un sauvage... que Macron, s’il était réélu, aurait « envie » de rééduquer... ou d’« emmerder ».

sbriglia

"Bien sûr que l’État de droit est intouchable." (Achille)

Ha ! ha !
L’ingénieur qui confond les mathématiques et le processus législatif !
Bien sûr que l’Etat de droit est susceptible d’évoluer, sinon la peine de mort serait toujours en vigueur, les femmes n’auraient pas le droit de vote, la majorité serait toujours à 21 ans, la notion de crimes contre l’humanité, la notion de génocide seraient inconnues, le gaz moutarde autorisé, le régime de la Quatrième en vigueur, l’élection présidentielle réservée aux grands électeurs, etc. etc.

Achille où la sclérose de la pensée…

J’ajoute que l’introduction de la QPC en 2008, qui permet à n’importe quel citoyen de contester la constitutionnalité d’une loi a posteriori, démontre que l’Etat de droit n’est pas intangible mais évolutif…

Qui aurait pu penser avant la QPC que n’importe quel pékin pouvait contester une loi promulguée ?

J’imagine Achille nous écrire, avant la QPC, « c’est n’importe quoi, ma boulangère qui conteste une loi votée par le Parlement… où va-t-on ! »

Ninive

@ CHRISTIAN | 17 avril 2022 à 10:37

Vous avez perdu une bonne occasion de vous taire.
La bave du crapaud n’atteint pas la blanche colombe.
Et de plus vous ne savez pas lire.

Ninive

Charles de Foucauld

Un missionnaire visionnaire mais qui ne pouvait pas s’imaginer que nous serions un siècle plus tard envahis et bientôt chassés de nos terres.

Extrait de courriers
16 juillet 1916

« L’empire nord-ouest africain de la France, Algérie, Maroc, Tunisie, Afrique occidentale française, etc., a 30 millions d’habitants ; il en aura, grâce à la paix, le double dans cinquante ans. Il sera alors en plein progrès matériel, riche, sillonné de chemins de fer, peuplé d’habitants rompus au maniement de nos armes, dont l’élite aura reçu l’instruction dans nos écoles. Si nous n’avons pas su faire des Français de ces peuples, ils nous chasseront. Le seul moyen qu’ils deviennent Français est qu’ils deviennent chrétiens »

René Bazin -Charles de Foucauld -page 448- Plon 1921

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