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25 juin 2022

Commentaires

Michel Deluré

@ Achille 25/06/22 20:22 (@ Tipaza 25/06/22 19:36)

Pas un seul instant je n'ai douté du degré d'intelligence de Tipaza. Il serait d'ailleurs bien prétentieux de ma part, et cela n'est pas dans mes habitudes, de porter un jugement de valeur sur ce sujet précis à propos de quiconque intervenant sur ce blog.
Mon commentaire se voulait simplement taquin et j'ose espérer que son intelligence aura justement permis à Tipaza d'en avoir conscience.

Achille

Intelligence, vous avez dit intelligence ?
Dès qu'un mouvement antisocial se déclenche aux États-Unis nous pouvons être sûr qu’il va débouler quelques semaines plus tard en Europe et en France en particulier.

Après le mouvement MeToo des féministes androphobes, nous avons eu le wokisme, idéologie racialiste qui émane directement de l’apartheid entretenu dans ce pays jusqu’à la fin des années 60.
Et maintenant c’est le mouvement anti-avortement déclenché par certaines sectes évangélistes des coins les plus reculés du Far Ouest.

Quand on sait que ce pays se targue d’être le pays à la pointe de la science, de la haute technologie, avec des universités prestigieuses bardées de prix Nobel, bref le pays où l’intelligence est érigée en culte.
Consternant !

Claude Luçon

@ Achille | 25 juin 2022 à 14:29
@ Pierre Durand | 25 juin 2022 à 21:36

En cas de besoin, pour l'un comme pour l'autre, je garde un petit texte de notre hôte que je sers en guise de réponse quand besoin est :)
Cordialement

JANVIER 2022
Voeux
Bonheur que cette tradition qui me fait répondre à vos voeux si aimables et chaleureux et vous adresser les miens destinés à tous ceux qui commentent mes billets, à tous ceux qui me font l'honneur de les lire. Ce blog ne tient que par la liberté d'expression qui est son ADN. Juste une requête : ne confondez jamais la détestation des personnes avec la contradiction des idées. Vous pouvez ne pas respecter ces dernières, les approuver ou les contredire mais il me paraît trop souvent scandaleux de lire des insultes et des propos orduriers sur tel ou telle qui n'a fait qu'exercer son droit à l'expression sur ce blog. Puisse la nouvelle année favoriser le meilleur de notre entente et de notre complicité ou non, et éradiquer le pire des antagonismes strictement personnels et donc inutiles. à tout offensant (PB)

Pierre Durand

"Muera la inteligencia ! Viva la muerte !"

Je serais curieux de savoir s'il y a au moins une personne parmi les lecteurs de ce blog qui a entendu parler de cet événement qui eut lieu le 12 octobre 1936 à l'Université de Salamanque et dont les protagonistes furent le vénérable philosophe espagnol Miguel de Unamuno qui en était le recteur, et le général Millán-Astray, héros national de la guerre du Rif, poly-mutilé, fondateur de la Légion espagnole en 1920.
Je ne déterre pas cet événement d'archives poussiéreuses et oubliées. Il est historique, plutôt bien documenté, connu mais peut-être plus assez aujourd'hui.

Le général Franco s'est "prononcé" contre la République espagnole le 18 juillet. Rapidement une partie de l'Espagne s'est ralliée à ce pronunciamiento (terme que reprendra le Général de Gaulle avec sa prononciation très particulière de l'espagnol, la même avec laquelle il criait aux Mexicains "Marchemos la mano en la mano"). La ville de Salamanque en fait partie. Elle est rapidement occupée et les responsables républicains sont emprisonnés ou exécutés. Miguel de Unamuno reste le recteur car c'est un personnage respecté en Espagne, mais on sait qu'il n'est pas favorable à tous les aspects de ce qui se passe.

Le 12 octobre est une fête très importante en Espagne, c'est l'anniversaire du débarquement de Christophe Colomb aux Antilles en 1492, on appelait à l'époque ce jour "le jour de la race espagnole". Depuis on l'appelle "le jour de l'Hispanité" et c'est dans l'Espagne post-franquiste d'aujourd'hui le jour de la Fête nationale (qui était auparavant le 18 juillet).

Miguel de Unamuno fait à cet occasion un discours dans lequel il s'adresse aux autorités franquistes et phalangistes. Il est interrompu à diverses reprises par des cris hostiles, en particulier venant du général Millan-Astray, furieux d'entendre ce discours anti-guerre du philosophe et il crie à Unamuno "Viva la muerte !" (Vive la mort !) qui est le cri de guerre de sa Légion espagnole et qui doit sans doute aider les légionnaires à affronter la mort et à la conjurer.
D'autres cris fusent : Mort aux intellectuels ! Mort à l'intelligence !

Unamuno poursuit (je condense, et l'on sait que Cervantès avait été blessé à la main à la bataille de Lépante en 1571) :
"Le général Millán-Astray est un invalide comme le sont hélas beaucoup trop d'Espagnols aujourd'hui. Tout comme l’était Cervantès mais sans la grandeur spirituelle de Cervantès et qui éprouve du soulagement en voyant augmenter autour de lui le nombre des mutilés. Le général Millán-Astray voudrait créer une nouvelle Espagne – une création négative sans doute – qui serait à son image. C’est pourquoi il la veut mutilée, ainsi qu’il le donne inconsciemment à entendre..."
Et il termine par ce défi de l'intelligence à la violence : "Vous vaincrez mais vous ne convaincrez pas".

Ce jour-là Unamuno a vraiment risqué sa peau. Comme ce n'est pas toujours le cas des braillards divers, j'ai voulu le rappeler. Bien que bon franquiste, cela ne m'empêche pas de saluer le courage et la sagesse éternelle.

Je repense à cette occasion au Général de Gaulle et à sa visite crépusculaire au Général Franco le 8 juin 1970, après que les Français l'eurent congédié et quelques mois avant qu'il ne rende son âme à Dieu. Franco tardera encore 5 ans avant de le rejoindre au terme d'une agonie atroce qui ne fit pas que des malheureux.

Patrice Charoulet

Chacun d'entre nous a une sensibilité politique, parfois une appartenance partisane. Cela influe sur le jugement qu'il porte sur chacun des présidents que nous avons eus depuis 1958 jusqu'à ce jour. Globalement, tous ont eu des qualités et un niveau remarquables, si on les compare aux présidents d'autres pays.
Tous étaient évidemment très intelligents. C'est la moindre des choses. Mais cent mille personnes sont très intelligentes aussi. Nous avons sur ce blog un expert en QI, qui va jusqu'à expliquer les variations de l'intelligence par la quantité de mélanine dans la peau ! C'est aller un peu loin, et je ne le suivrai pas dans ce délire.

L'homme très simple et très ordinaire que je suis, qui fait ce qu'il peut, qui essaie de penser un peu, qui essaie d'écrire un peu avec une grande application, n'aurait pas l'idée saugrenue d'attribuer des notes (ou des appréciations) à des présidents qui ont atteint le sommet du pouvoir. Quels marathons, quels chemins de croix, quelles intrigues, quelles bagarres, parfois hélas quelles trahisons, sont nécessaires pour devenir numéro un du pays ! Les députés souhaitent devenir ministres, les ministres souhaitent Matignon, et bien des locataires de Matignon ont souhaité aller à l'Elysée.

Il me semble assez vain de parler d'excès d'intelligence qui impliquerait une absence d'action. C'est un cliché archi-rebattu. À mon niveau infime, j'ai connu des crétins qui prétendent disqualifier quelqu'un au motif qu'il serait « intello ».

Aliocha

Pierre Durand se la joue colt et western, et parle à des gens comme lui, éduqués par la même duègne qui leur a enseigné les codes très serrés d'une bienséance particulière qui rime avec rastaquouère.
Vous n'êtes que des mots répète-t-il à l'envi pour imposer son rituel discriminant, dont il est évident que son érudition lui cache la décadence.

C'est comme cela qu'on déguise ses défaites en victoire gratuite, on ne sait qu'ériger guillotine face à la guillotine, et d’échec en échec des à toi, à moi, on en reste aux jeux stériles du mime ancestral des clubs qui ne sont que des clans, des tribus qui ne sont que des sectes, des castes et des hiérarchies qui n'existent que pour légitimer les dominations de l'oppression, voués par essence au remplacement par des remplaçants qui se vouent alors eux aussi à être remplacés.

Comme dirait Céline, depuis cinq cents millions d'années, les tubes gastriques et le reste, ça se compte plus, les cœurs, par contre, sur le bout des doigts. L'opulent nazi comme l'administrateur de Suez parcourent les mêmes golfs, les questions d'idées sont vétilles entre fortunes égales, celles qui renvoient à la niche les miteux, Dieu est en réparation.
Il est l'heure d'ouvrir les yeux, les mots servent à cela, et non à en user pour reproduire les causes de nos cécités terroristes.

Le mouvement premier est au cœur, ce lieu où bien et mal sont définis au-delà de nous-mêmes et de nos appartenances, comme y est nettement formulée notre enfance, autre définition du génie.
Ce lieu où le temps et l'espace sont rendus sensibles, condition nécessaire et suffisante pour les rendre intelligibles.
Lieu où, évidemment, est bienvenu M. Durand.

sbriglia

"Je connais Tipaza depuis bien longtemps. Je puis vous assurer qu’il ne doute pas de son niveau d’intelligence, ce en quoi il a bien raison car elle est fort honorable. Mais il aime bien qu’on le lui fasse remarquer, sachant que personne n’osera le contredire. :)"
Rédigé par : Achille | 25 juin 2022 à 20:22 »

Achille, vous em*erdez-vous à ce point chez vous que vous nous inondiez de vos « pauvretés » (6 commentaires déjà…) sans relâche, sans égard au fait que vous transformez cet espace de commentaires en forum, que vos saillies enfantines contre les uns et les autres ressemblent à des vexations d’ados faisant tapisserie au bal, bref que vos récurrentes bouillies pour les chats empêchent les sachants de rester dans les clous du blog ?

N’y a-t-il pas d’autres occupations pour vous : la belote, la pétanque, aider Madame Achille aux tâches du ménage, étendre le linge, faire les courses, etc.?

Bref, fo*tez-nous un peu la paix, laissez notre correctrice respirer et appuyez sur pause.

Vous finissez par illustrer une variante de la loi de Mariotte : la sotte vanité c’est comme les gaz, ça tend à remplir tout l’espace disponible.

Allez-y pour le 7e…

Claude Luçon

@ Solon | 25 juin 2022 à 21:37

Nous avons besoin de gens qui bossent 40 heures par semaine, ne prennent que 4 semaines de vacances par an, fassent moins de fêtes en tous genres, de manifs et de grèves comme à l'époque des gens sur lesquels on s’extasie !

Achille

@ Pierre Durand | 25 juin 2022 à 21:36
« Prenez-en de la graine et lâchez-moi définitivement les baskets, SVP, et vous verrez comme tout ira bien, vous serez surpris du calme ambiant. »

C‘est promis et maintenant bonne nuit ! :)

Claude Luçon

@ Yves | 25 juin 2022 à 15:14
"de Gaulle, "le Dictateur"... ?

De quel de Gaulle parlez-vous ?
Le mien a refusé le job que lui offraient les parlementaires en 58 et s'est fait élire par le peuple.
Quand, plus tard, le peuple a voté contre lui lors d'un référendum, il est parti en retraite !

Solon

On s'extasie sur Charles de Gaulle, sur Pompidou ou sur tel ou tel de nos Présidents. Intelligents, cultivés, humains, sociaux, etc. Pendant ce temps, l'agriculture rame, l'industrie est désindustrialisée (néologisme...), le nucléaire nécessite une reprise en main, le régalien est en panne, la justice est dans le flou, les impôts sont au max, la dette aussi et tutti quanti. Avons-nous besoin de tant d'intelligence ? Ou de bon sens et de bonne volonté ?

Pierre Durand

@ Achille | 25 juin 2022 à 14:29
"J’ai mieux à faire que de m’agripper à vos godasses. L'odeur qui s'en dégage ne m'incite pas à m'y attarder. Restons-en là, donc."

N'inversez pas les rôles.
Vous m'avez agressé dans Achille | 23 juin 2022 à 12:56
"Ce qui est remarquable sur ce blog, ce sont ces intervenants qui, à défaut d’avoir des idées inspirées sur la situation de la politique actuelle, nous assènent leur éminent savoir..."

Je vous ai répondu, comme je le devais.
Depuis vous avez multiplié les insolences à mon égard comme par exemple dans ce message Achille | 25 juin 2022 à 12:01
"Quand vous vous mettez en colère vous me faites penser à Louis de Funès.
Ci-joints quelques extraits
Mes amitiés à madame Durand qui a bien du mérite ! :)"

Voilà pourquoi je dis que vous vous accrochez à mes godasses.
Vous vous plaignez des mauvaises odeurs. Pardi ! j'ai choisi aujourd'hui, spécialement pour vous, celles que je porte lorsque je donne un coup de main aux écuries. J'espère que vous n'avez pas oublié de laver les vôtres avant de passer à table.

"Je viens sur ce blog donner mon avis, rien de plus..."

Si c'était vrai il n'y aurait pas eu de problème.
Maintenant je vais vous expliquer quelque chose qui vous servira dans la vie, et dont vous me remercierez car cela devrait vous éviter des baffes.
Il est très dangereux de désigner sans le désigner tout en le désignant l'objet de ses attaques car n'importe qui peut se croire visé, et si vous ne boxez pas dans la même catégorie ça peut finir mal pour vos abatis.
À propos de l'attaque envers "anonyme" que vous avez courageusement rédigée, vous avez tout aussi courageusement prétendu que je n'étais pas visé tout en disant que j'étais visé. Bien évidemment j'étais visé et vous en payez le prix car je ne suis pas du genre à me laisser importuner par le premier zigoto venu. OK ?

Alors que dois-je vous enseigner ?
L'affaire du 9 Thermidor. Quand je parle à des personnes comme moi je n'ai pas besoin d'aller plus loin car elles comprennent immédiatement à quoi je fais référence. Avec des gens comme vous au mieux ils croient qu'il s'agit d'une recette de homard.
Non, Achille, ce n'est pas une recette de homard, ce sont des événements qui ont eu lieu du 8 au 10 Thermidor an II de la République française (la première) i.e. vous avez déjà fait la conversion, du 26 au 28 juillet 1794 et qui se sont passés à la Convention.
J'arrête là un instant : il ne s'agit pas de la convention de vos anciens amis socialistes de 1981, les Laignel et les Quilès, mais de l'assemblée nationale qui, à cette époque, portait ce nom.

Robespierre, le sanguinaire dictateur que vos amis susmentionnés trouvaient génial, Paul Quilès en particulier, Robespierre donc qui a déjà envoyé à la guillotine une kyrielle de ses ennemis politiques prépare contre certains de ceux qui restent un gros coup, il monte à la tribune et fait un discours où il menace mais sans citer de noms, comme vous. Il annonce que des têtes vont tomber mais ne désigne personne. Moralité : tous ses ennemis se sont sentis visés, ils se sont coalisés et c'est Robespierre qui a fini guillotiné. Et l'autre crapule de Saint-Just, l'Archange de la Terreur, a subi le même sort dans la foulée. Bon débarras.

Quilès, qui lui était encore là en 1981 au congrès du PS à Valence où vous étiez peut-être a dit, en parlant des réformes que le PS exigeait de Mitterrand et parce qu'il avait bien appris, lui, ce que je suis en train de vous enseigner : "Il ne suffit pas d'annoncer que des têtes vont tomber, il faut dire lesquelles et le dire rapidement".

Voilà. Avec vous il faut se farcir un couplet sur le 9 Thermidor, et bâclé vite fait car j'ai autre chose sur mon agenda ce soir.
Prenez-en de la graine et lâchez-moi définitivement les baskets, SVP, et vous verrez comme tout ira bien, vous serez surpris du calme ambiant.

Achille

@ Michel Deluré | 25 juin 2022 à 16:41
« Poser une telle question, n'est-ce point douter a priori de votre propre niveau d'intelligence, à moins que la finalité de votre interrogation soit en fait d'obtenir quelques satisfecit, ce qui serait alors suffisance, et qui, venant de vous, serait tout de même surprenant ? »

Je connais Tipaza depuis bien longtemps. Je puis vous assurer qu’il ne doute pas de son niveau d’intelligence, ce en quoi il a bien raison car elle est fort honorable. Mais il aime bien qu’on le lui fasse remarquer, sachant que personne n’osera le contredire. :)

Tipaza

@ Michel Deluré | 25 juin 2022 à 16:41

Mon interrogation était prétexte à développer les quelques lignes qui suivaient.
Elle n'appelait aucune réponse, surtout pas.
Je vous fais remarquer que je termine mon commentaire en disant qu'il faut feindre la médiocrité.
Pour être heureux il faut non seulement vivre caché, mais aussi être inintelligent.

Tout le monde sait que l'intelligence est la source de tous nos maux parce qu'elle nous offre à voir une réalité plus complexe que celle qu'offre simplement la nature, mais qu'elle est incapable de nous l'expliquer complètement. ;-)

D'ailleurs je me pose matins et soirs, la question fondamentale : Que sais-je ? ;-)


stephane

@ Michelle D-LEROY

Je ne sais pas si Macron est intelligent, mais il ferait preuve d'intelligence en contactant Pascale Bilger pour comprendre ce qui ne va pas chez lui et demander vos commentaires à son sujet. Vous avez une capacité à décrire le personnage, tout en le respectant finalement. Vos mots sont bien choisis, les flèches affûtées. C'est du travail admirable. Vous lisez dans mes pensées et dans celles de 80 % des votants (y compris ses supporters) et formulez magistralement les situations.
Allez on se lance, "le Petit prince de l'Elysée" par Michelle D-LEROY. Une tuerie.
Je vous salue bien bas.

Robert

Excellent billet, Monsieur Bilger, qui met les points sur les i. Je retiens cette partie conclusive :
"Une intelligence donnant l'impression, dans ses évolutions contrastées, d'être si riche de plénitude qu'elle vaut quasiment l'action. Emmanuel Macron ne fuit pas le réel mais son "en même temps" lui interdit de peser efficacement sur lui. De sorte que son autorité et la séduction de son esprit tournent plus en vase clos qu'elles ne préparent ce dont la France a impérativement besoin.
Avec un peu d'ironie je me plais à rappeler que la Constitution de la Ve République a confié au président les grandes orientations et au Premier ministre la conduite du gouvernement, presque la pensée et l'action. Comme si elle avait anticipé le risque qu'en une même personnalité on ne puisse pas avoir une synthèse aboutie !"

Certes, personne ne saurait nier l'intelligence de monsieur Macron. Tout le problème reste ce qu'il en fait pratiquement.
Son problème à mon avis est qu'il n'a pas été formé pour "être chef", pour se comporter en chef dont l'autorité s'impose naturellement et qui conduit ses pairs et subordonnés à penser et mettre en œuvre les modalités et moyens de ses décisions.
Il veut tout contrôler dans les "niveaux d'exécution" que sont les ministères, enjambant allégrement l'autorité et la responsabilité des ministres, par l'intermédiaire de ses conseillers les plus proches du Château et des chefs de cabinet desdits ministres qu'il désigne lui-même. Il veut donc gouverner directement, ce qui n'est pas sa fonction, et ce faisant il méconnaît foncièrement le vrai principe de subsidiarité, tel qu'il est notamment utilisé à tous les échelons hiérarchiques dans les armées. De mémoire, la règle y est "un chef, une mission, des moyens", chacun à son niveau agissant en pleine responsabilité et décidant dans le cadre général fixé par l'échelon supérieur.

À la lecture de multiples sources d'information, dont le Palmipède, il semble que monsieur Macron veuille tout décider en lieu et place des chefs subordonnés encore que son propre niveau d'indécision semble être aussi généré par son fameux "en même temps"... Le maître-mot reste la confiance, ce que monsieur Macron paraît réserver à un cercle très restreint de proches ou très proches. C'est donc dans la mise en œuvre de ses choix que monsieur Macron a des difficultés.

Dans ce billet, vous évoquez le général de Gaulle. J'ai récemment trouvé la recension d'un livre d'Henri-Christian Giraud : "Algérie : Le piège gaulliste" paru cette année chez Perrin. Un extrait de cette recension montre comment le général de Gaulle a procédé :
"Au terme de sa longue traversée du désert, Charles de Gaulle s’empare de la cause de l’Algérie française pour prendre le pouvoir en 1958.
Loin des hésitations et des tâtonnements que certains historiens prêtent au Général à cette époque, Henri-Christian Giraud dresse le portrait d’un homme déterminé, guidé par une idée qu’il suivra tout au long de l’affaire algérienne : l’indépendance ne fut jamais pour lui une concession accordée à contrecœur, pas plus qu’une noble initiative anticolonialiste placée sous le signe du temps. Elle fut un moyen, un prétexte pour la France de s’extraire d’une colonie dont elle n’avait plus rien à espérer.
Convaincu de servir l’intérêt supérieur de son pays, de Gaulle doit faire face à de nombreux obstacles : l’armée, l’opinion publique, le gouvernement, le peuple français, la presse, les agitateurs, les Européens d’Algérie… Autant d’intransigeants que ce « prince de l’ambiguïté » entend surmonter à sa façon. Faisant miroiter l’association aux uns, la sécession aux autres, louvoyant entre représentants de l’URSS, du FLN, du GPRA et de son propre camp, de Gaulle orchestre d’une main de maître, et par une série de coups montés, le piège dans lequel tous les acteurs du conflit vont être amenés à glisser, jusqu’à la tragédie finale."

Aliocha

"L’impression est pour l’écrivain ce qu’est l’expérimentation pour le savant, avec cette différence que chez le savant le travail de l’intelligence précède et chez l’écrivain vient après."*

De Gaulle, Pompidou, Mitterrand, étaient écrivains, savaient donc que l'instinct dicte le devoir, l'intelligence donnant les prétextes pour l'éluder. Ils avaient la conscience aiguë des défaites traversées par le pays, et donc la notion de l'impérieuse nécessité de l'idée dont elle n'est que le succédané des chagrins.

"Il n’est pas une heure de ma vie qui n’eût ainsi servi à m’apprendre, comme je l’ai dit, que seule la perception grossière et erronée place tout dans l’objet quand tout, au contraire, est dans l’esprit."*

Macron saura-t-il, de sa demi-défaite, accéder à ce sens du malheur qui, d'un météore fantasmé, aboutit au bois signifiant de la croix ? Il indiquerait alors aux jeunes générations privilégiées de la paix quelles en sont les conditions douloureuses, et qu'il ne suffit guère de s'imaginer poète pour éviter la tragique confusion entre le crucifié et Jupiter :

"Mais tant qu’il ne s’agit que de la vie, on se ruine, on se rend malade, on se tue pour des mensonges. Il est vrai que c’est de la gangue de ces mensonges-là que (si l’âge est passé d’être poète) on peut seulement extraire un peu de vérité. Les chagrins sont des serviteurs obscurs, détestés, contre lesquels on lutte, sous l’empire de qui on tombe de plus en plus, des serviteurs atroces, impossibles à remplacer et qui par des voies souterraines nous mènent à la vérité et à la mort. Heureux ceux qui ont rencontré la première avant la seconde, et pour qui, si proches qu’elles doivent être l’une de l’autre, l’heure de la vérité a sonné avant l’heure de la mort."*

*Il n'est pas mal aisé de deviner quel rastaquouère a écrit ces trois extraits.

Michel Deluré

@ Tipaza 25/06/22 11:46
« Bon voilà ! Ai-je été intelligent dans mon commentaire ? »

C'est aimer le risque Tipaza que de provoquer les habitué(e)s de ce blog en leur posant une telle question car c'est vous exposer à d'éventuelles déconvenues !

Poser une telle question, n'est-ce point douter a priori de votre propre niveau d'intelligence, à moins que la finalité de votre interrogation soit en fait d'obtenir quelques satisfecit, ce qui serait alors suffisance, et qui, venant de vous, serait tout de même surprenant ?

Pierre Durand

@ PB
"Jacques Chirac est un mystère. Feignant d'être inculte..."

Mystère je ne sais pas, mais je suis bien d'accord avec vous, Chirac était un homme cultivé qui feignait d'être ignare. C'est plus rare et plus respectable que le contraire.

D'ailleurs, comment ne serait-il pas un homme cultivé ? Sa famille était cultivée. Il a fait de bonnes études, pourquoi ne lui en serait-il rien resté ?
Il était, lui reconnaît-on mais je ne peux pas en juger, un bon voire très bon spécialiste du Japon, au moins d'une certaine période et de certains aspects de la culture japonaise. Il a tenu à nous laisser son musée des arts premiers.

Il ne voulait pas être prisonnier d'une image élitiste d'homme cultivé qui aurait pu créer une distance entre lui et le dos des vaches, ce qui ne dérangeait en revanche nullement Pompidou, lui aussi très cultivé.
Mitterrand l'était aussi, sans nul doute. Hollande, aussi mais déjà sans comparaison avec Mitterrand.

Sarkozy n'a pas lésiné sur les preuves qu'il ne l'était pas, à moins que l'on ne change la définition, et je vais en parler, il aura alors toutes ses chances, c'est d'ailleurs pour ce genre de cas que l'on change les définitions.

Macron est-il cultivé ? Ce dont je suis sûr c'est que sa culture n'est pas celle qui correspond à ma définition et au champ que j'assigne à ce mot, mais on peut, paraît-il être cultivé de différentes manières. Dans l'agriculture c'est indéniable, dans les Humanités c'est moins sûr, mais, paraît-il encore il n'y aurait pas que les Humanités. Bon, pourquoi pas.

J'ai effectivement assisté à l'entrée dans le champ de la culture d'activités comme, par exemple, la bande dessinée, le rap, le hip hop, l'art consommé de la bicyclette, du saut à la perche et d'autres sports, sans omettre les différentes bières qui les accompagnent etc. chacun aura à coeur de compléter la liste. Je sais par exemple qu'Achille voudra absolument inclure Louis de Funès, il n'y a pas de raison de le contrarier.

Ce qui fait qu'aujourd'hui il est discriminatoire de vouloir distinguer un homme cultivé d'un autre homme qui ne le serait pas. Chaque homme, quoi qu'il fasse, est à lui seul un monument de culture. Il faut cesser de faire ce distinguo qui ne repose plus sur rien et qui disparaîtra avec les derniers dinosaures nés au siècle précédent. Cette grande découverte des dernières décennies est la condition de notre contrat social. L'Education nationale est chargée de la mise en oeuvre.

La première sage précaution d'un homme cultivé né au siècle précédent est de ne pas se distinguer et de passer pour un ignare i.e. un homme cultivé comme les autres. Evidemment moins vous avez à dissimuler plus vous y parvenez facilement. Il était déjà recommandé d'adopter cette attitude prudente au collège, et même avant la réforme Haby du collège unique, sous peine de devoir régler la question énergiquement. Chirac appliquait ce principe. Il faut l'approuver et non pas le lui reprocher.

genau

Il y a un peu de vent qui contrarie l'ouverture de la croisée de mon bureau et je l'ai donc calée avec un livre appuyé dans le dormant.
Un passant passe, ce qui est naturel, et, sans l'observer, je vois la surprise sur son visage, presque de l'étonnement, et son approche vers ma fenêtre. Il regarde mon petit montage et s'éloigne, secoué par un fou-rire.
Flûte, j'ai calé mon ouvrant avec "Mein Kampf" !

xavier b. masset

Quelquefois l'Histoire en marche est intelligente.
Autrefois les gens adoraient commenter, au bistro ou devant l'écran d'une télévision naissante, la 'situation'.
Différents théâtres d'opérations, les événements, la conjoncture, ce qu'un cinéaste appela "l'État des choses", commandaient la rencontre entre un homme et un moment vécu comme historique.

Histoire trop à l'étroit dans son costume d'éternel arrière-plan vécu comme un décor.
L'Histoire agit sur les hommes, comme si elle pensait (rien à voir avec l'idée d'une Gaïa vivante pour la Terre géophysique, idée que je rejette).

Les problèmes de caractère pouvant à chaque instant (le fameux 'fog of war', tant discuté aujourd'hui), comme cela fut dit dans les commentaires infra (et ultra, peut-être), dissoudre l'exceptionnelle vision intellectuelle, jeter un rideau de fer sur la scène de la réflexion personnelle, on citera souvent à l'appui le cas Churchill aux Dardanelles puis devant Staline - découpeur au ciseau de l'Europe post-1945 -, en partie à tort, l'Anglais sachant bien qu'il faudrait frapper vite et fort en 1915 et qui préféra pousser volontairement au cul ses amiraux dans l'impossibilité de miser sur l'effet de surprise, pour garder ensuite les yeux grands ouverts en 1944 face à la brutalité du Tsar rouge, malgré un indéniable reflux tactique de sa part.

Vaclav Havel (et même Walesa quelles que soient les préventions rétrospectives cultivées à son égard), ou Zelensky, qui prit, très en amont, sur son propre argile le feu de la clownerie, une cuisson fatale, virtuellement éliminatrice dès le début, mais qui révéla une céramique à toutes épreuves, fortuite -, répondirent présent.

Plasticité du paysage historique, ascension d'une femme (Aung San Suu Kyi jusqu'en 2012) ou d'un homme au bon étage de la fusée vers les annales des étoiles, pour le ramasser en un slogan digne d'une pub des années 80.

Comme le 15 juin 1940 sur l'herbe verte du tarmac de Bordeaux, un grand général provisoire, telle Sigourney Weaver dans son pod de survie d'Alien III, en partance pour la base londonienne d'une île de lumière en orbite autour d'un soleil noir.

Michelle D-LEROY

Emmanuel Macron est intelligent, c'est incontestable, mais chez un individu et encore plus chez un président de la République, l'intelligence n'est pas tout si elle n'est pas associée à un mélange d'empathie envers les autres et d'authenticité mais aussi à une force de convictions à transmettre. Des convictions qui ne changent pas au jour le jour.

Chacun des Présidents de la Ve avaient leur propre personnalité, mais chez chacun d'entre eux, on avait cette sensation qu'ils avaient cette identification à leur peuple, cette proximité avec les Français. On ne ressent pas du tout cela avec EM.
Et cela ne s'apprend pas à l'école ou avec un coach car cette attirance est un don, cela fait partie intégrante d'une personnalité, d'un être.

Georges Pompidou, intellectuellement comparable à EM, avait cette attirance innée avec son bon sourire paternel. Une force qui donnait confiance.

Yves

De leur vivant, nous connaissions de Gaulle, "le Dictateur", Pompidou, "le valet des Rothschild", Mitterrand, le fourbe "décoré de la francisque de Pétain".
De nos jours, il n'est plus question que de l'intelligence de ces personnalités.

Le peuple français est doté d'une clairvoyance perçante et... réfléchie. Il n'est pas le seul à découvrir après-coup la vertu de ses dirigeants.

Il y a quelques années, une longue sécheresse a fait souffrir nos voisins espagnols. Un beau matin, les automobilistes découvrirent un grand calicot, en travers d'une route d'Andalousie:

CON FRANCO, LLOVÍA (Du temps de Franco, il pleuvait).

Quant à la question "Un président de la République doit-il être intelligent ?" ma réponse est nette: NON.

Machiavel a dit l'essentiel: "Governare è far credere" (gouverner, c'est faire croire).

Le pays n'a pas besoin d'un intelligent mais d'un conteur.

duvent

« Une réflexion sur l'intelligence est toujours bienvenue dès lors qu'elle permet d'approfondir la naturelle faveur pour cette disposition qu'en général on ne discute pas. » (PB)

Ah, l'intelligence !!

Les êtres intelligents sont rares et quand par hasard on en rencontre, il faut constater qu'ils sont désormais les serviteurs zélés, de maîtres ignares et abjects.

Asservis et captifs, ils n'ont désormais plus le loisir de démontrer ce qui fait de la sapience le sel de la terre...

Homo faber, homo sapiens, vulgum pecus, foule profane... Vae miseris !

Achille

@ Pierre Durand | 25 juin 2022 à 13:19

En fait je n’ai fait que répondre à un post que vous m’aviez adressé, pensant sans doute faire de l'esprit. Sans vouloir vous décevoir, ce n'est pas le plus fin que j'ai pu trouver.
Vous aviez pourtant affirmé ne plus tenir compte de mes commentaires. J'en avais pris acte et ne commentais plus les vôtres.

Je viens sur ce blog donner mon avis, rien de plus, ainsi que je le fais depuis pas mal d'années.
D'une façon générale j'évite de dialoguer avec les excités de votre genre. Ils ne m'intéressent pas.
J’ai mieux à faire que de m’agripper à vos godasses. L'odeur qui s'en dégage ne m'incite pas à m'y attarder.
Restons-en là, donc.

finch

Il y a l'intelligence des gouvernants et celle du peuple qui refuse de se soumettre.

Cette foule, désobéissante, récalcitrante, ne pardonnera jamais qu'on ait transformé d'autres concitoyens en moutons, en idiots. La propagande éreinte au-delà de l'imaginable, irrite, lasse et réclame vengeance.

Les dirigeants qui l'emploient, travestissent la vérité, usurpent leur fonction, et finissent bannis. L'actuelle manipulation ne mérite que l'avenir de son passé.

–––––––––

Dostoïevski disait :

« La tolérance atteindra un tel niveau que les personnes intelligentes seront interdites de toute réflexion pour ne pas offenser les imbéciles. »

––––––––––––

Au rang de nos Présidents anciens, Giscard d'Estaing se croyait suffisamment intelligent pour égaler un Maupassant. Le jugement de ses écrits a été impitoyable.

Les intelligences qui prévalent à ces hauteurs, sont celles du bon sens, de la lucidité et de l'efficacité d'un Pompidou, ou de la lourdeur historique et de l'âpre conscience du pays d'un de Gaulle. Elles sont éternelles, scintillent au firmament.

Ces intelligences ont renforcé la splendeur de la France, l'ont sublimée et tranchent avec la médiocrité de ce qui a suivi, avec l'avilissement, la poussière de cendre.

Notre pays, endetté au-delà du possible, n'a même plus un hôpital digne de ce nom.

Pierre Durand

Dire que quand Tipaza s'envole vers les sommets (un régal) moi j'ai Achille qui s'agrippe à mes godasses.

Pierre Durand

@ Achille | 25 juin 2022 à 12:01

"No hard feelings."
"Quand vous vous mettez en colère vous me faites penser à Louis de Funès."

Vous vous méprenez, ce qui ne m'étonne pas, lorsque vous croyez que ce que je vous ai écrit l'a été avec colère, mais si cela vous console, pourquoi pas. Vous m'attristez, c'est différent.

Si je vous fais penser on m'en sera peut-être reconnaissant.
Mais si quand vous pensez c'est à Louis de Funès (vous vous répétez, vous êtes vraiment un sacré fan) on dira que mes efforts ont été vains. Heureux Louis de Funès qui est mort sans savoir que vous étiez un de ses fans.

Vous avez les références que vous pouvez vous offrir.
Quant à Madame Achille, je n'ai pas besoin de la plaindre car elle ne s'est encore rendu compte de rien.

stephane

Hollande fut sans nul doute le plus intelligent et le plus pragmatique.
Élu grâce à un PS qu'il avait laissé le soin à Martine Aubry de ressusciter. Gagnant la primaire de la gauche. Pulvérisant Sarkozy au débat de l'entre-deux-tours, ayant une majorité malgré des frondeurs et enfin ayant l'intelligence de ne pas être candidat à sa succession.
Et tout cela avec des belles femmes dans son lit, enfin je n'ai pas regardé par le trou de la serrure.
Chapeau l'artiste.

Achille

@ Pierre Durand | 25 juin 2022 à 10:44
« No hard feelings. »

Mais je n’ai aucne rancune envers vous, rassurez-vous. En fait pour ne rien vous cacher, vous m’amusez plutôt.
Quand vous vous mettez en colère vous me faites penser à Louis de Funès.
Ci-joints quelques extraits

Mes amitiés à madame Durand qui a bien du mérite ! :)

Tipaza

"Un président doit évidemment être intelligent mais sans en abuser." (PB)

Un président est toujours intelligent, puisqu'il a franchi les innombrables filtres qui l'ont conduit à cette position.
C'est d'ailleurs à peu près la même intelligence qui est utilisée en démocratie, démocrature, ou dictature avec quelques variantes locales, mais fondamentalement c'est la même intelligence.

Encore que je ne qualifierais pas cette qualité d'intelligence, mais il est vrai que j'ai plutôt tendance à réserver le qualificatif "intelligent" à l'intelligence créative, celle qui sort des limites admises de la connaissance ou du fonctionnement de la société. On peut dire que cette intelligence est supra-humaine.
Et de ce point de vue, il y a peu d'intelligence ou de créativité chez les hommes politiques, puisque le politique implique nécessairement une certaine fusion dans la société.

Mais admettons que le terme intelligence s'applique à des performances intellectuelles qui ne sont pas celles de tout le monde, alors on peut dire qu'il ne suffit pas d'être intelligent pour faire un bon président.
L'intelligence n'est rien sans le caractère, et encore moins sans une conviction, une foi, une transcendance, spirituelle ou pas, qu'elle puisse servir.

Car l'intelligence est un moyen au service d'une finalité, sans quoi elle n'est qu'un outil au service d'un ego, d'une ambition, d'un narcissisme et elle finit par être stérile avant même d'avoir servi.

Pour faire dans le pathos, et rester sur un sujet à la mode, on peut dire que l'intelligence est le carburant qui alimente le feu sacré de la foi. La foi n'étant pas nécessairement spirituelle, je le répète.

C'est ce qui manque le plus à nos présidents, et plus généralement aux dirigeants des démocraties, englués qu'ils sont dans la doxa fournie clé en main prête à servir par les idéologues déconstructeurs ou utopistes pour qui le monde réel est une erreur à corriger.

Des présidents de conviction, nous en avons eu peu.
Le Général évidemment, Pompidou également, qui avait une conviction moins historique apparemment mais dans la continuité de Colbert si on compare le Général à Louis XIV, celle de faire rentrer la France dans la modernité, la vraie, celle des sciences et techniques. Il y a réussi en partie.

Puis sont venus les idéologues narcissiques, dont l'idéologie se confondait avec leur ambition, et donc qu'ils abandonnaient dès lors que l'idéologie qui les avait conduits au pouvoir était un fardeau plutôt qu'une motivation.

Mitterrand fut emblématique de ce comportement. Socialiste parce que c'était à la mode, il est vite devenu social-démocrate, puis rapidement libéral, ou presque, lorsque sa présidence a vacillé sous les effets de son idéologie.
L'hésitation fut brève : lui d'abord, l'idéologie s'accommoderait des virages successifs.

Hollande ne savait pas trop ce qu'il était idéologiquement. On lui avait dit qu'un socialiste devait détester les riches. C'est qu'il a fait avec le ras-le-bol fiscal.
Puis sans conviction, spectateur de lui-même, et il fallait de la constance et du courage pour se voir, jour et nuit dans ses turpitudes.
Finalement il a préféré quitter son fauteuil de spectateur, pour le céder à Macron.

Macron c'est simple, il a une conviction, la construction d'une Europe fédérale et même aux dépens de la France considérée comme un moyen et souvent comme un impedimenta qui l'empêcherait d'aller plus vite dans sa volonté de dissolution. Une France insoluble, voilà qui le met mal à l'aise et il ne se prive pas de mots assez durs contre ses habitants.
Il la méprise tellement qu'il n'a pas jugé bon de faire campagne ou si peu que pas. Il est vrai qu'il ne pouvait pas exprimer à haute voix son but ultime, la dissolution du pays dont il demandait la présidence. Il y a là une forme évidente de malhonnêteté démocratique, la pire de toutes en politique.

Vous remarquerez que je n'ai pas parlé de Giscard, un ego aussi fort que celui de Macron avec pour ambition lui aussi une Europe fédérale, et le raffinement de l'esthète, il voulait rassembler deux Français sur trois ! À ce niveau on se dit que l'intelligence s'est noyée dans son ego.

Et Chirac dont l'ambition fut de ressusciter les rois mérovingiens, dans leur version rois fainéants. Il réussit parfaitement, mais ce fut faible quand même comme ambition.

Sarkozy, se voulant mousquetaire agité sans autre foi que celle de son propre mouvement. Il avait inventé le mouvement perpétuel, si longtemps recherché par les penseurs de la Renaissance, la vraie, pas celle de Macron.
Mouvement perpétuel qu'il cherche à perpétuer dans un rapprochement avec l'intrus qui ne veut plus de la France.
Une autre façon inintelligente de s'agiter et de se faire remarquer. On a les façons qu'on peut et les siennes sont petites.

Bon voilà ! Ai-je été intelligent dans mon commentaire ?
La question est moins humoristique ou naïve qu'il n'y paraît.
Car au fond qui décide de l'intelligence d'un président ou de qui que ce soit ?
Ce sont les autres, qui parfois, comme disait Coluche, n'en n'ont pas le moindre échantillon sur eux.
Dure, dure la vie des intelligents.
Le mieux est de feindre la médiocrité, c'est si facile et parfois si naturel, cela donne plus de degré de liberté dans l'action. ;-)

Claude Luçon

Être Président de la République française ne demande pas une intelligence exceptionnelle, il lui faut seulement être à l'écoute !
À l'écoute des 67 millions de Français qui ne cessent de lui prodiguer conseils et suggestions, et se servir du Conseil constitutionnel pour établir des statistiques par sujet, il se trouvera bien deux ou trois citoyens dans les 67 millions qui suggèreront la même chose.
Il y a plus d'un demi-siècle, Daninos nous confirmait dans les carnets de son Major Marmaduke Thompson que la France était divisée en 55 (alors ?) millions de Français !

Nous sommes la nation dont les citoyens sont supposés être, ou au moins se croient être, les plus intelligents du monde ; pourquoi le Président ne devrait-il pas en profiter ?
Il nous faut seulement un président décontracté, discipliné et bosseur !
Hollande était du genre, seul le côté bosseur lui manquait !

Exilé

« De sorte que son autorité et la séduction de son esprit tournent plus en vase clos qu'elles ne préparent ce dont la France a impérativement besoin » (PB)

De plus, que vaut une intelligence perverse ?

Michel Deluré

Que l'intelligence soit une qualité requise pour être président de la République, voilà qui est une évidence mais à la condition que cette qualité soit mise au service de la pratique, qu'elle se concrétise dans l'action au profit du bien commun.

Que vaudraient la réalité et la puissance de cette intelligence si cette dernière ne restait qu'à l'état passif à défaut de contribuer au progrès et au bien-être de la collectivité ?

caroff

En tout cas, Mitterrand était sans doute opiniâtre (plusieurs échecs avant de gravir la dernière marche), cultivé et fin politique en réduisant les communistes à l'état larvaire...

Chirac était la quintessence du crypto-gauchiste qui se repentait sans cesse d'avoir parlé "du bruit et des odeurs" du temps de Pasqua ! Marie-France Garaud avait vainement essayé de devenir son cerveau, lui qui détestait les intellectuels: "Les concepts, c'est bon pour les intellectuels qui se branlent tellement fort qu'ils en mettent plein les murs" (s'adressant à Jean-François Kahn).

Sarkozy était inculte mais d'un volontarisme stupéfiant en plus d'avoir un coeur d'artichaut !

Hollande avait un fort esprit de synthèse(s) puisqu'il avait été secrétaire du PS...

Quand j'entends parler Macron, j'ai l'impression d'un curé en chaire débitant un discours typique d'énarque. Sans doute un garçon intelligent qui n'arrive pas, tant sa pensée est complexe et torturée, à expliquer clairement son projet.

Peut-être est-il plus difficile d'être président dans les temps actuels que dans les années 1970-1980 où la France était plus paisible, plus à l'abri des tensions internationales dans lesquelles je placerai également les idioties sociétales nous venant des Etats-Unis !

Pierre Durand

@ Robert Marchenoir | 25 juin 2022 à 09:52
"Une remarque pour commencer : Emmanuel Macron me fait honte, comme vous dites, par son maniement de la langue. Il parle un français de cochon. C'est même stupéfiant, si l'on rapporte ce fait à l'exceptionnelle intelligence dont l'opinion publique le crédite.
Il ne s'agit bien sûr pas de simple "forme", contrairement à ce que veut l'excuse habituelle. L'incapacité à choisir le mot juste, l'attirance pour l'approximation, la propension à enquiller des phrases confuses et fuligineuses révèlent une singulière faiblesse de la pensée. Donc l'intelligence de Macron, je demande à voir."

Cela fait tellement plaisir de lire ces lignes (pas à tout le monde mais elles n'ont pas ce but non plus) que je les encadre ci-dessus pour contribuer à en prolonger l'immortalité dans le cyberespace.
En les lisant j'ai eu cette réaction devenue emblématique de Raymond Souplex, le commissaire Bourrel des Cinq dernières minutes, "Bon Dieu mais c'est bien sûr".

Comme un cochon, vous l'avez dit.
Macron me rappelle Jane Sourza, en pire, et je le voudrais "Sur le banc" de touche.

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@ Achille | 25 juin 2022 à 10:33
"Quoi qu’il fasse, le plus intelligent des hommes (mais cela concerne aussi les femmes) passera toujours pour un abruti, un incapable, bref, pour résumer, "un con", pour celui qui ne partage pas ses idées."

Ne m'en parlez pas, ma bonne dame, et vous n'imaginez pas le sort qu'ils réservent à celui qui n'est pas le plus intelligent.
No hard feelings.

sbriglia

Je regardais hier notre Président serrer les mains des impétrants au Brennus.

Cet homme exerce une fascination sur ses interlocuteurs: il suffit de voir la manière dont il regarde, jauge, s’isole avec l’autre, le considère comme un parangon de complicité ; ceux-là sont tétanisés par l’onction quasi christique du regard qui les transperce.

Un de mes proches amis, arrivé au sommet de son art, et, Covid oblige, tenu de rencontrer régulièrement le Président, reconnaissait, lui qui avait connu les trois précédents chefs de l’État, qu’Emmanuel Macron était la plus belle intelligence qu’il ait jamais croisée.

À chacun de ses retours du château il était en lévitation !

« Souvent les hommes politiques s’exagérant l’impuissance relative de l’intelligence, négligent de s’en servir… »

De Gaulle parlait des militaires et non des politiques.

Achille

Petite réflexion du matin :

Quoi qu’il fasse, le plus intelligent des hommes (mais cela concerne aussi les femmes) passera toujours pour un abruti, un incapable, bref, pour résumer, "un con", pour celui qui ne partage pas ses idées. Quand bien même sur le plan intellectuel il n'a guère de leçons à donner.
Cela a toujours été ainsi, mais de nos jours cette réaction épidermique est devenue virale. Les réseaux sociaux nous en apportent la démonstration tous les jours.

Pierre Durand

@ Vamonos | 25 juin 2022 à 02:07
"Et puis, les gens trop intelligents ou considérés comme tel ne possèdent pas forcément le charisme nécessaire."

Je pense aussi que le charisme est essentiel. C'est un mot savant pour désigner le pouvoir de séduction, qui est un mot savant pour désigner l'art de conduire en dehors du bon chemin.
Si en plus ils ne sont pas trop intelligents ou considérés comme tels, ils ont tout pour plaire.

"En France, on n’aime pas les « m’as-tu-vu » les « têtes comme des gros melons » et les « maman, je suis la plus belle »."

Mais les Français dans leur grande sagesse ne vont pas jusqu'à choisir "Mon intelligence vous ne la verrez pas", "J'ai la tête comme un petit pois", "Maman, je suis la plus moche". Nous sommes un peuple qui a le sens des petites tailles.

Giuseppe

Comme tout s'achète et tout est à vendre chez LR, l'Obèse du Sénat va vouloir sauver sa tête et son poste, alors Emmanuel n'aura pas trop à se baisser pour cueillir le fruit mûr de ce parti. Bien sûr ils afficheront des velléités de façade, mais pour la gamelle ils seront là.
Emmanuel apparaît d'ailleurs détendu, il le sait, malin comme un singe il attendra le bon moment, et puis l'Obèse tient trop à sa cantine royale, il adore le Sénat, ses soieries, ses tentures, ses tapis, il y est comme chez lui, et puis les plats sont si raffinés, il ne peut rien refuser à Emmanuel, et ne veut pas insulter son avenir à lui.

https://i.goopics.net/4bzqo7.jpg

Elle est pas belle la vie ? le Président est non seulement intelligent, mais en plus il est un chef trois étoiles. Il se lèche déjà la commissure des lèvres.
On n'est pas élu par hasard deux fois sur la plus haute marche, il a son bouclier de Brennus.

Exilé

« Un président doit évidemment être intelligent mais sans en abuser. Sinon il s'admire mais oublie l'essentiel qui est d'agir. » (PB)

Sauf qu'agir pour agir ne sert à rien voire est hautement condamnable si l'on se complaît à faire le mal comme c'est le propre de certains malfaiteurs ou bien de certains hommes d’État ou dirigeants célèbres dans l'histoire passée et récente pour leur cruauté cynique ou bien pour leur totale amoralité.

Robert Marchenoir

Une remarque pour commencer : Emmanuel Macron me fait honte, comme vous dites, par son maniement de la langue. Il parle un français de cochon. C'est même stupéfiant, si l'on rapporte ce fait à l'exceptionnelle intelligence dont l'opinion publique le crédite.

Il ne s'agit bien sûr pas de simple "forme", contrairement à ce que veut l'excuse habituelle. L'incapacité à choisir le mot juste, l'attirance pour l'approximation, la propension à enquiller des phrases confuses et fuligineuses révèlent une singulière faiblesse de la pensée. Donc l'intelligence de Macron, je demande à voir.

Certes, il n'est pas le seul. C'est un homme de son temps. Cela ne l'exonère pas pour autant.

Mais pour revenir à votre question sur le poids de l'intelligence, raisonnons plutôt par la contraposée. Prenons deux personnalités dont on s'accordera à dire qu'elles sont le contraire de ce qu'on attend d'un bon chef d'État : Vladimir Poutine et Donald Trump (*).

On peut leur reprocher beaucoup de choses, mais sur le versant intellectuel qui vous préoccupe, une tare majeure les réunit : leur mépris de la connaissance.

Donald Trump refusait de lire la synthèse quotidienne de la CIA, un document que les dirigeants du monde entier donneraient un bras et une jambe pour obtenir ; il a obstinément nié la vérité selon laquelle il avait perdu l'élection, résultat : les États-Unis sont passés très près d'un coup d'État.

Quant à Vladimir Poutine, non seulement il nie que la vérité existe, mais il s'emploie à refaire l'histoire selon ses fantasmes. Résultat : une agression militaire en Europe d'une barbarie jamais vue depuis la Seconde Guerre mondiale.

Point commun entre les deux hommes : le refus de reconnaître qu'il y a le vrai et le faux, que la différence importe, et que connaître la réalité des choses est fondamental.

Certes, le savoir et l'intelligence sont deux notions distinctes, mais elles sont inséparables.

On concédera à Emmanuel Macron qu'il est loin d'être un abruti du niveau de Poutine ou de Trump. Mais indépendamment du jugement que l'on peut porter sur son intelligence, et des reproches qu'on peut lui faire sur ses relations avec autrui, sa faiblesse est surtout de ne pas savoir ce qu'il veut.

Ce n'est pas tout, de faire preuve d'une intelligence supposée diabolique pour arriver au pouvoir ; encore faut-il savoir ce qu'on veut en faire -- et choisir la bonne voie, tant qu'à faire.
______

(*) J'ai "voté" pour Donald Trump en 2017. Pas en 2020.

Pierre Durand

Le corps électoral élit un président à qui il accorde sa confiance pour fixer des buts à l'action politique - les grandes orientations - dans le respect des lois votées au Parlement, à partir d'un échantillon de ces buts et de l'idée qu'il se fait de la personnalité du candidat.

Le Président chargera des quidams de trouver les moyens de les atteindre et l'électorat n'a aucun rôle dans ce choix. C'est pourquoi on ne retient même pas leurs noms. Opiner sur le Gouvernement, c'est en réalité opiner sur le Président et remettre en cause la confiance.

Tout ce monde-là doit être intelligent, ni plus ni moins que l'électorat. Le savoir est une question importante, et ceux qui savent ce sont les technocrates. Se pose alors la question du rôle de la technocratie et du pouvoir politique qu'on peut lui accorder. La question des rapports entre l'intelligence et le savoir - ou l'intelligence et l'ignorance - me semble aussi devoir être posée.

L'intérêt pour moi de votre billet est de ne pas se contenter de poser la question de l'intelligence mais de proposer des travaux pratiques à partir de l'examen des différentes présidences qui se sont succédé. Pour pouvoir les faire il faut avoir analysé en détail les présidences, les choix faits des buts et des hommes pour les mener à bien, et les résultats. Quel boulot !

À défaut on peut aussi bavarder. Voici ce que je pense des différentes présidences, jugement fondé sur l'impression que j'ai eue à les vivre. Ce qui a influé sur ma vie ce n'est pas le degré d'intelligence des présidents successifs, ou la nature de cette intelligence, ce sont leurs choix politiques de droite, du centre ou de gauche. Cela tombe bien parce que définir un degré d'intelligence ou une nature de l'intelligence ne doit pas être simple.

Avec CDG et Pompidou, pour les grandes orientations j'ai été servi, et pour l'exécution par les personnalités qu'ils avaient choisies, également.

La photo de Pompidou est belle et émouvante.

Avec Giscard, esprit brillant, aux capacités d'analyse qui me sont apparues exceptionnelles parce qu'il les a données à voir alors que les autres n'ont pas autant souhaité le faire, les orientations furent centristes, alors elles ne pouvaient pas me plaire et cela s'est confirmé.

Avec Mitterrand, grande culture française, machiavélique en ce sens que pour lui la morale doit céder devant la politique (je le pense aussi), a vu dans la gauche la voie pour arriver au pouvoir, donc a fait une politique de gauche. Catastrophe.

Chirac : 3 minutes douche comprise. Rad'soc'. Catastrophe.
Sarkozy : canard sans tête. Catastrophe.
Hollande : ventre mou. Catastrophe.

Macron : amateur. L'électorat n'avait le choix qu'entre deux personnalités en qui il n'avait pas confiance, majoritairement s'entend, il y aura toujours des lumières pour faire confiance à Macron ou à MLP :-). Que se passe-t-il dans cette situation non prévue par la Constitution ? On a vu et on va voir.

Lodi

Chez les créateurs, analyse et actions ne font qu'un. Le bricolage institutionnel ne peut remplacer cela, bricolage qui n'aurait une chance de fonctionner que s'il existait une forme d'égalité en Président et son... collaborateur.
Comment demander qu'un pur exécutant déploie de l'intelligence, qu'elle soit théorique ou pragmatique ?

Et comme si nos minables institutions ne suffisaient pas à rendre une collaboration théoricien-praticien facile, il y a le fait que trop de cerveaux s'entourent de zéro.

Il faudrait donc changer les institutions, les mœurs politiques, et que les Français élisent des créateurs.
Or il y a le fait que notre Constitution est un grigri, que les puissants veulent des impuissants autour d'eux comme les possesseurs de harem des eunuques pour garder leur troupeau de femmes, et que les Français n'aiment pas les créateurs, politiques ou autres.
Ils aiment les épigones et les polémistes, ce qui n'a rien à voir.

Pour avoir la force d'abandonner les routines, il faut sentir le vent du large, il faut aimer la liberté.
C'est donc le désir de liberté qu'il faut insuffler aux différents acteurs.

Or comme je l'ai déjà dit, nous sommes un peuple de "La liberté pour quoi faire" et la liberté, c'est très relatif.
Mais on est incapable d'assumer le fait qu'on n'aime pas la liberté. Il faut, comme chez les alcooliques anonymes, reconnaître son addiction à toutes sortes de fonctionnement liberticides, y renoncer et agir en libres. Car si tout commence par une prise de conscience, tout change par l'action : en vérité, au niveau de la création, d'une oeuvre ou de soi, action et réflexion ne sont qu'un.

S'il est bon que chacun cherche en l'autre ce qui lui manque, il n'est pas non plus mauvais de se compléter soi-même, et ce pas seulement pour se réparer, mais pour réparer et enrichir le monde.
De même que le soleil brille pour tout le monde, l'intelligence éclaire tout du monde.

Achille

« Un président de la République doit-il être intelligent ?
Interrogation provocatrice, j'en ai conscience. » (PB)

Tous nos présidents de la Ve République étaient intelligents.
Remporter une élection présidentielle en est la meilleure démonstration. Deux d’entre eux s’y sont pris à trois fois pour y parvenir, mais ils ont réussi et ils ont même été réélus ! Certes les circonstances les ont bien aidés, mais il ne faut pas négliger le rôle de la chance dans ce genre de compétition. Les losers n'ont pas leur place à ce poste tant convoité.

Dans le monde impitoyable d’aujourd’hui, diriger un pays comme la France exige des qualités intellectuelles très supérieures à la moyenne et une volonté à toute épreuve.
Certes cela n’empêche pas un Président de commettre des maladresses, de dire parfois des bêtises, de prendre des décisions malheureuses. Un Président est aussi un homme et l’erreur est humaine. Emmanuel Macron n’échappe pas à la règle.

Ses adversaires lui reprochent son arrogance, parfois aussi ses partisans quand il lui arrive d'en faire un peu trop.
Peut-être mais ses prédécesseurs n’en manquaient pas non plus. Il est vrai qu’être chef d’État permet d’accéder de plain-pied à l’Histoire, au même titre que nos rois et empereurs, ce n’est pas rien. De quoi parfois conduire à des moments d’égarement, heureusement vite maîtrisés.

Alors oui, pour devenir Président il faut être intelligent. Raison pour laquelle certains candidats qui se sont déjà présentés à plusieurs reprises, ne le seront jamais.

Bill Noir

i-MAGE

Cet homme qui m'a ému aux larmes un jour quand il me parla de Gabrielle Russier.

Vamonos

L’intelligence n’est pas facile à définir et tous les dictionnaires du monde n’y suffisent pas. L’intelligence artificielle est construite peu à peu en assemblant de la mémoire, de la puissance de calcul et des artifices d’adaptation à des situations complexes. Si vous avez tout cela en stock mais que vous n’avez pas le carnet d’adresses adéquat, vous n’avez aucune chance d’être élu président de la République.

Et puis, les gens trop intelligents ou considérés comme tel ne possèdent pas forcément le charisme nécessaire. En France, on n’aime pas les « m’as-tu-vu » les « têtes comme des gros melons » et les « maman, je suis la plus belle ».

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