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12 juillet 2022

Commentaires

Jérôme

Joli billet, Philippe !

Marcel P

@ Pierre Durand
« Vous suggérez que l'on ne doit pas s'arrêter à des enquêtes insuffisantes. On peut rêver d'une justice expéditive, mais c'est impossible en démocratie. Cela ne se discute pas. »

Et pourtant, la célérité de l'action judiciaire est de principe. Cela se discute.
Par expéditif, on suppose incomplet. Incomplet, ça se discute, ça suppose de déterminer ce qui est le minimum exigible.

Certains aiment blâmer la justice des délits flagrants et maintenant des comparutions immédiates. Drôle de paradoxe si on ne veut pas qu'il soit nécessaire d'incarcérer à tout bout de champ en provisoire (amusant d'ailleurs, le choix de l'expression « provisoire » ayant remplacé « préventive », soit-disant au nom de la présomption d'innocence, donnant du coup l'impression que c'est provisoire sans but réel, alors qu'il s'agit toujours bien de prévenir quelque chose...)

« Les enquêtes qui conduisent devant un tribunal sont rarement parfaites. Toutes les imperfections seront utilisées par les avocats compétents et pourront conduire à des acquittements révoltants mais qui sont normaux, conformes à la loi. »

La conformité à la loi, ce n'est pas l'acquittement ou la condamnation, ce n'est pas la perfection ou l'imperfection de l'enquête. C'est une condition nécessaire au jugement.
Une enquête lamentable peut être très conforme à la loi.

Enfin, je n'ai pas le souvenir d'avoir été particulièrement révolté par des acquittements.

« On peut considérer qu'ils ne sont pas bons pour la société, mais la seule et unique solution est de limiter autant que possible ces imperfections ou de réformer le code de procédure. Monsieur Bilger vient d'écrire un billet au sujet d'un rapport sur la Justice qui évoque la simplification du code de procédure pénale. »

On ne peut pas. On prétend que c'est le cas et à chaque réforme qui parle de simplification, même dans son titre, on observe une complexification.

Dans une évolution récente, par exemple, ont été ajoutés des trucs amusants dans les formalités de notification de droits au gardé à vue mineur : le fait que sa religion ne sera pas outragée, qu'il ne fera pas l'objet de torture. Drôle de simplification. Et drôle de message, étant entendu qu'on ne dit pas cela aux adultes (que doit-on comprendre, du coup, concernant les adultes ? Il est possible de les torturer ou d'insulter l'Islam ?).

On ne peut pas, parce que chaque évolution repose notamment sur des critères imposés par la CJUE ou la CEDH, donc des passages obligatoires.
Dernier exemple en date, la Cour de cassation tire les conclusion des jugements de la CJUE et ne permet plus aux procureurs d'autoriser les enquêteurs à requérir la facturation d'une ligne de téléphone avec les éléments de localisation. Le procureur devra désormais valider sa demande auprès d'un magistrat du siège, le juge des libertés et de la détention. Lourdeur assurée, ralentissement garanti.

Lourdeur assurée. Une femme battue accuse son ex-mari violent de venir régulièrement le soir l'épier près de son domicile où il est interdit de séjour par décision judiciaire ? Attention les yeux, sujet ultra-sensible et politique des violences conjugales : tout doit être fait contre ce fléau. Et, pourtant, l'acte le plus simple, le moins coûteux, le plus idiot, qui consisterait à étudier la localisation et l'utilisation du téléphone du suspect le soir, qui permettrait d'infirmer ou confirmer l'accusation, va désormais nécessiter que l'enquêteur écrive un rapport détaillé pour qu'un procureur rédige une demande formelle circonstanciée au JLD, qui devra rendre une ordonnance motivée et en étant convaincu qu'il s'agit d'une « forme grave de criminalité », ce qui reste quand même assez relatif. On en pense ce qu'on veut, une chose est sûre : rien ne va vers la simplification.

Variante amusante. La femme en question vient signaler cela à 22 heures, dans un petite ville de province. Clairement, jamais le procureur et le JLD ne produiront l'autorisation nécessaire avant le lendemain. La plainte est donc assez peu étayée à ce stade, pas assez légalement pour justifier que l'homme soit recherché et arrêté sans délai. La femme se fait égorger dans la nuit par son ex-mari. Qu'en dit-on ensuite ? On fait des grandes déclarations à la larme à l'oeil devant les journalistes et on cherche des fusibles à faire sauter ? Et l'intérêt des citoyens, au juste ?

« À propos de l'affaire de la gare Saint-Charles de Marseille, vous faites remarquer qu'une décision d'expulsion du coupable n'avait pas pu être menée à bien. Il y a des obstacles que l'on ne parvient pas à lever. Zemmour propose d'exercer une pression maximale sur les pays du Maghreb. On n'a aucune raison de penser que le gouvernement actuel s'y refuse. La différence est que le gouvernement fait ce qui est possible, Zemmour dit ce qu'il faudrait faire. Pourquoi voulez-vous que le gouvernement souhaite avoir Ahmed Hanachi ici ? »

Les souhaits des uns et des autres ne m'inspirent rien.
J'observe que certains pays construisent des murs lorsque des clandestins tentent de franchir leur frontière, qu'ils ne donnent aux clandestins déjà arrivés aucune raison de rester.
La France n'agit pas ainsi et fait les gros yeux à certains pays. La France expose sa population, tout comme Angela Merkel a exposé l'Europe en proclamant vouloir accueillir des clandestins, sous prétexte qu'il serait cohérent qu'un Erythréen, par exemple, ne trouve comme premier espace sûr où se réfugier un pays sur un continent différent.

Par calcul politique sans doute, on laisse ce sujet à l'extrême droite. C'est grave.
Tout comme on accepte de faire croire normal qu'à la télévision française il devrait y avoir parité ethnique des personnes qu'on peut y voir, comme si la France était un pays mi-africain mi-océanique mi-indien etc. C'est de la lâcheté politique.

Et cette lâcheté, c'est celle qui font que nos rues sont pleines de Ahmed Hanachi. Faits postérieurs à son crime, par exemple :
- Le 12 mai 2018 à Paris, Khamzat Azimov, Franco-Russe originaire de Tchétchénie, tue une personne, en blesse quatre autres dont deux gravement ;
- Le 4 avril 2020, à Romans-sur-Isère, un réfugié soudanais, Abdallah Ahmed-Osman, crie « Allah Akbar », tue au couteau deux passants et en blesse cinq autres, leur demandant s'ils sont de confession musulmane ;
- Le vendredi 25 septembre 2020, un Pakistanais blessait grièvement au couteau deux personnes près des anciens locaux du journal Charlie Hebdo ;
- Le 16 octobre 2020, un ressortissant russe d'ethnie tchétchène décapite Samuel Paty devant un collège de Conflans-Sainte-Honorine ;
- Le 29 octobre, un Tunisien tue trois personnes et en blesse plusieurs autres dans la basilique Notre-Dame-de-l'Assomption de Nice ;
- Le 23 avril 2021, un Tunisien nommé Jamel Garchène tue Stéphanie Monfermé.

Pas besoin de solutions très radicales. En réalité, il s'agirait de commencer par réaffirmer le droit de la France de décider qui a le droit d'y séjourner. Et applaudir notamment quand un pays comme le Royaume-Uni propose une solution comme l'examen hors du territoire national des demandes de séjour.

sbriglia

Cap Corse.
Un café dans un petit village.
Des joueurs de belote.
Je sympathise avec eux, bois de la Pietra ambrée.
Des septuagénaires.
Paul, José, François…
Chaleureux, accueillants…
Surtout François.
On se sépare avec regrets…

Plus tard j’apprendrai que j’ai partagé ces moments d’amitié avec l’assassin du juge Michel, François Cecchi.
Il est, près de cinquante ans après les faits, en libération conditionnelle.

Pierre Durand

@ hameau dans les nuages | 15 juillet 2022 à 12:17
"Mais c'est vous qui vous êtes attribué le fait d'avoir la population française rangée derrière vos idées. Vous faites une lourde erreur. D'autant plus que je parlais de castes et non pas de la population dans son ensemble."

Il y a beaucoup de confusion dans ces lignes.
Vous avez émis deux clichés :
1. les députés qui se gobergent à nos frais.
2. "Partout ce n'est que truanderie institutionnalisée". Ce qui signifie que selon vous et vos amis du café du commerce, les maires, les juges, les curés, les flics, les diplomates, les militaires, les syndicats, les partis politiques etc. sans oublier la Safer de je ne sais où, truandent à longueur de journée !
Si vous avez voulu dire autre chose il fallait le dire autrement.

Je vous ai répondu sur les députés. Vous n'avez pas explicitement parlé de "caste", d'ailleurs, et il faut soi-même en déduire la notion de vos propos, ce qui n'est pas très difficile et va de soi, et j'en ai tenu compte dans ma réponse.
Puis j'ai commenté votre généralisation à l'ensemble des institutions du pays, "partout" du nord au sud et de l'est à l'ouest. Si vous vouliez épargner certaines personnes, vous auriez dû le préciser par "à l'exception de...", "hormis..." ou "sauf...", par exemple "sauf le maire de mon village parce que c'est moi", c'est un exemple.

Je n'ai jamais prétendu que beaucoup de monde pensait comme moi, ce qui serait une première. Je crois même qu'il est fort possible que votre point de vue soit beaucoup plus répandu que le mien dans la population de ce pays qui, dans sa moyenne, ressemble plus à un café du commerce qu'à l'Académie des Sciences.
Je suis prêt à vous donner raison sur ce point : vous représentez sans doute bien la moyenne des Français moyens et vos clichés sont aussi les leurs.

À propos de "jacobin" : aujourd'hui, dans le vocabulaire politique, ce mot signifie "Républicain intransigeant, partisan d'un pouvoir central fort, dans une République démocratique." (Le Grand Robert)

C'est-à-dire que pour les personnes qui connaissent la langue française sans avoir besoin de recourir à Wikipédia, en jacobin que je suis, je souhaite qu'on ne délègue aux régions qu'un pouvoir très limité. Je ne veux pas que les langues régionales aient un statut officiel à égalité avec la langue française et je n'ai aucune révérence particulière pour les patois ni pour les gens qui les utilisent.
C'est effectivement une position politique. Des positions différentes et opposées existent, s'expriment et je les combats.
Je suis davantage pour Richelieu - un grand jacobin avant l'heure - et l'Académie française qu'il a créée pour définir notre langue commune.
Alors quand vous m'infligez votre patois, je vous le commente. Vous m'obligez à vous mettre plus durement que je l'avais souhaité les points sur les i alors que la simple allusion à mon jacobinisme aurait dû suffire.
Au lieu de vous en contenter vous m'infligez maintenant la Révolution française dans laquelle, effectivement, le mot a sa source, mais le sens a heureusement évolué pour les gens au courant, et Robespierre que j'ai en sainte horreur. Ne vous étonnez pas de ma réaction, et je pourrais être plus explicite encore si nécessaire.
Ce n'est pas parce que vous m'avez traduit votre patois en français que je dois moi traduire mon français dans votre patois.

Wikipédia, que d'aucuns critiquent aisément, est toujours meilleur qu'on ne croit. Sur le sens moderne de "jacobin" il dit ceci (mais il faut faire un effort de lecture, c'est plus bas dans un article long) :

"Une référence républicaine associée ultérieurement au centralisme
...
Plus tard, et aujourd’hui encore, le jacobinisme est associé à une conception centralisatrice de la République française, faisant de Paris le lieu essentiel d’exercice du pouvoir, à la différence de ce qui existe dans les pays fédéralistes ou qui du moins ont fait de fortes dévolutions de pouvoir aux entités régionales et locales..."

Ce n'est pas sorcier. Mais normalement on n'a pas besoin d'avoir recours ni au Robert ni à Wikipédia.

hameau dans les nuages

@ Pierre Durand | 15 juillet 2022 à 08:46
"Cela ne vous donne aucune autorité particulière pour juger de la moralité de la population française "

Mais c'est vous qui vous êtes attribué le fait d'avoir la population française rangée derrière vos idées. Vous faites une lourde erreur. D'autant plus que je parlais de castes et non pas de la population dans son ensemble.

À propos de caste, qui sont les jacobins ?

Wikipédia:

Le Club des jacobins est une société de pensée qui a constitué, pendant la Révolution française, à la fois "un groupe de pression et un réseau d'une remarquable efficacité". L'action du club, essentielle dès le début de 1790, devient dominante entre 1792 et 1794.On les appela les Jacoquins.

Merci d'avoir précisé que vous en faisiez partie. :)
Jj'en étais sûr et comme aurait dit Robespierre qui en faisait partie, j'aurais mis ma tête à couper.

Puisque scribe vous êtes, restez au frais.

Pierre Durand

@ hameau dans les nuages | 14 juillet 2022 à 13:48
"Non, dans le piémont des Pyrénées et en tant qu'agriculteur. Je pense donc modestement connaître un peu mieux le problème de la paysannerie et ses aléas"

Cela ne vous donne aucune autorité particulière pour juger de la moralité de la population française en général et des députés en particulier.
En revanche si vous me parlez de la truanderie dans le monde paysan je jetterai un oeil sur vos propos et je verrai si je dois la qualifier ou pas de généralisée.

Disons que j'ai prêté un instant ma plume aux députés car eux-mêmes ont autre chose à faire que de répondre aux propos désobligeants d'un agriculteur pyrénéen.

Médire des députés, pester contre la "truanderie généralisée", sont des propos de café du commerce qui à ce titre ont le don de m'agacer et j'ai pris le droit de vous le dire, comme vous prendriez ce droit s'il m'arrivait d'écrire que "les paysans sont des brutes bornées et cupides" comme l'a très bien décrit Emile Zola dans son terrifiant roman "La Terre".
En généralisant ainsi j'aurais fait la preuve de ma bêtise. J'en donne d'autres mais pas celle-là. Et quand on attire mon attention sur l'une d'elles je ne me sens pas rabaissé, j'y réfléchis.

Le lien vers le livre est très intéressant. J'ai regardé en son temps Farrebique et Biquefarre.

"Sinon, à part rabaisser vos interlocuteurs ?"

Je suis sûr que vous ne vous êtes pas senti rabaissé - on a le cuir épais dans la paysannerie française - et qu'en me lisant vous vous êtes dit : laissons pisser le mérinos. C'est ce que j'aurais fait aussi, pas spontanément dans les mêmes termes, mais ce n'est pas impossible non plus.

À part cela ? Il me semble que j'ai exprimé quelques opinions sur ce que vous avez écrit, avant de terminer par l'interrogation à laquelle vous les limitez.

Le verbe cluquer de votre patois manque vraiment à la langue française. Je me demande comment j'ai pu m'en passer jusqu'ici.
Sachez que vous êtes tombé sur un vieux jacobin.

"Bonne journée."

Merci. Vous de même. Je vois qu'on est urbain dans la paysannerie française. Ce qui est une seconde généralisation aussi contestable que la première et que les deux dont vous m'avez gratifié dans le message objet de notre échange.

Claude Luçon

@ dominique | 13 juillet 2022 à 16:27
"Les boucles d'oreilles ne sont-elles pas des piercings ?"

Pas nécessairement, elles peuvent être équipées d'une petite pince, l'avantage étant que lorsqu'elles devenaient (rapidement) inutilisées parce que démodées, elles pouvaient servir de marqueur de pages et clips pour dossiers pour l'époux qui voulait maximaliser son investissement dans le cas de la "costume jewelry".
C'est peut-être le cas de Monsieur Souillot, FO est moins riche que la CGT :)

Il est vrai que le piercing est plus prudent dans le cas de l'or et des diamants !

Pierre Durand

@ Marcel P | 14 juillet 2022 à 11:13

Vous suggérez que l'on ne doit pas s'arrêter à des enquêtes insuffisantes. On peut rêver d'une justice expéditive, mais c'est impossible en démocratie. Cela ne se discute pas.

Les enquêtes qui conduisent devant un tribunal sont rarement parfaites. Toutes les imperfections seront utilisées par les avocats compétents et pourront conduire à des acquittements révoltants mais qui sont normaux, conformes à la loi. On peut considérer qu'ils ne sont pas bons pour la société, mais la seule et unique solution est de limiter autant que possible ces imperfections ou de réformer le code de procédure. Monsieur Bilger vient d'écrire un billet au sujet d'un rapport sur la Justice qui évoque la simplification du code de procédure pénale.

À propos de l'affaire de la gare Saint-Charles de Marseille, vous faites remarquer qu'une décision d'expulsion du coupable n'avait pas pu être menée à bien. Il y a des obstacles que l'on ne parvient pas à lever. Zemmour propose d'exercer une pression maximale sur les pays du Maghreb. On n'a aucune raison de penser que le gouvernement actuel s'y refuse. La différence est que le gouvernement fait ce qui est possible, Zemmour dit ce qu'il faudrait faire. Pourquoi voulez-vous que le gouvernement souhaite avoir Ahmed Hanachi ici ?

Depuis Giscard nous nous sommes mis dans la nasse. Et pour être honnête je dois dire que nous y sommes depuis les accords d'Evian : le Général de Gaulle a concédé un accès préférentiel de l'Algérie à la France dans je ne sais trop quel espoir de pétrole ou autre. Cela s'est révélé une décision désastreuse. Tous les successeurs n'ont fait que l'aggraver. Je me console en pensant à ce qu'aurait été la situation avec l'Algérie française, et sa population passant de 10 millions en 1954 à 44 millions aujourd'hui ! De Gaulle avait bien compris le risque démographique.

Et il y a l'état d'esprit du corps électoral : vous avez vu le sort réservé à Zemmour. MLP a fait un score nettement meilleur mais toujours limité. Les solutions brutales avec lesquelles je suis d'accord sont impossibles. Les élections sont terminées, ce n'est plus la peine de gloser.

J'ajoute qu'en écrivant ces lignes j'écoute l'entretien du 14-Juillet de Macron. Je n'aime pas du tout sa personnalité mais le constat qu'il dresse est juste. Au sujet des mesures qu'il envisage, je dis seulement "plus fort, plus vite". À part Valérie Pécresse, je ne vois que des gens qui feraient pire que lui.

Pour ce qui est de Ferrara, je suis au courant de l'extrême violence du braquage de 2001. Les informations les plus complètes et les plus sérieuses sont celles de la Dépêche de l'époque. Une rafale au moins d'arme de guerre est parvenue à faire sauter une vitre blindée très épaisse. Le chauffeur était visé. Il a échappé de peu à la mort.
Qui plus est, la chance des convoyeurs a été que ce jour-là ils avaient un fourgon particulièrement blindé car le chauffeur formait un nouveau à ce matériel. Normalement un fourgon ordinaire beaucoup plus léger avait été prévu qui n'aurait pas résisté. Que se serait-il passé ? Probablement les convoyeurs n'auraient-ils rien tenté et un tir de sommation aurait suffi. Dans le cas contraire il a expliqué qu'il allait, lui et peut-être d'autres, à une mort certaine car le fourgon aurait été transpercé.

Donc ce braquage est particulièrement grave. Les braqueurs n'ont quasiment pas fait de fautes. Vous savez que l'un deux a été blessé donc son ADN a pu être relevé. L'autre a laissé tomber dans sa fuite une paire de lunettes, avec son ADN. Petit détail : il a essayé de se défendre en disant qu'il avait laissé ses lunettes dans la poche d'un autre truand, décédé au moment du procès évidemment. Les autres, cagoulés, n'ont pas été reconnus.

Toute la procédure reposait sur la téléphonie, et sur un ticket de caisse d'un Flunch du coin une semaine avant, au moment de la préparation du coup d'après la police. La téléphonie en particulier qui avait requis de gros moyens ne valait pas grand-chose à l'arrivée.

Quand ça le fait pas, ça le fait pas.

hameau dans les nuages

@ Pierre Durand | 14 juillet 2022 à 12:57
"Le hameau, il est où dans les nuages ? On pourrait se demander si ce n'est pas dans les Alpes, mais il est toujours possible de se rattraper."

Non, dans le piémont des Pyrénées et en tant qu'agriculteur. Je pense donc modestement connaître un peu mieux le problème de la paysannerie et ses aléas Vous êtes nouveau sur ce blog.
Un pseudo faisant référence à ce livre: https://www.sudouest.fr/pyrenees-atlantiques/etsaut/les-heros-du-hameau-au-pied-des-nuages-9699756.php

Sinon, à part rabaisser vos interlocuteurs ?

Vu les fortes chaleurs, je vais cluquer* un moment maintenant avant de repartir travailler. Bonne journée.

*Cluquer = fermer les yeux, s'endormir.

Marcel P

@ F68.10
« Par contre, je ne comprends pas du tout les cris d'orfraie à l'idée de réserver la prime de police judiciaire aux seuls policiers qui font un usage effectif de ces compétences. Cela me paraît une approche assez normale et assez sensée.
Et, en toute franchise, je ne comprends pas un seul instant par quel miracle de confusion des rôles les maires en France se voient, actuellement, conférer un rôle d'officiers de police judiciaire. Je trouve ce dernier point choquant. »

Ne vous laissez pas abuser par les termes qui sont interchangeables.

L'activité de « police judiciaire » dans sa définition réelle concerne tout ce qui est fait au service de la Justice, donc même une contravention au stationnement. C'est dans cet esprit que le maire est officier de police judiciaire de droit, non pas pour lui donner des pouvoirs exceptionnels mais, réellement, l'inscrire dans un lieu de subordination vis-à-vis de la Justice pour tout ce qui la concerne, car la police judiciaire est exercée sous la direction du procureur de la République.

Cette histoire de prime, c'est un autre débat confus (dont la chronologie en période électorale indique bien l'esprit, mais je laisse ça de côté pour ne pas brouiller d'autant plus le sujet). Jusqu'ici, on pouvait distinguer les officiers de police judiciaire exerçant effectivement ces attributions et les autres, les seconds ne recevant qu'une part moindre de cette prime. Il n'y a ainsi pas de nouveauté quant au fait de distinguer ceux en exercice des autres. Sous couvert de réforme des voies d'avancement, les différentes directions se sont réparties un nombre arbitraire de postes dit « cartographiés » pour les officiers de police judiciaire. La distinction n'est plus faite entre ceux qui peuvent prouver exercer leurs attributions et les autres, la distinction est maintenant faite entre ceux qui sont sur un poste défini comme tel et les autres.

Qu'est-ce que ça change ? Ça change que l'administration publique, comme toute grande entité publique ou privée, est une grosse machine lourdingue : il y a des loupés sur la « cartographie » et il y a des délais et retards lors des mouvements de personnel. Très concrètement, certains officiers de police judiciaire se retrouvent sur postes non-cartographiés : ils peuvent continuer d'exercer leurs attributions car ils y sont bien habilités par l'autorité judiciaire mais ils perdent le bénéfice financier et d'avancement. Je vous le donne en mille : s'il s'agit de fidéliser les plus efficaces, ce n'est clairement pas en leur faisant perdre une partie de leur rémunération et le bénéfice d'une voie d'avancement.

« Bref. Si la départementalisation se révèle être l'occasion de séparer ce qui relève du départemental et du national en matière de police, cela pourrait éventuellement déboucher sur un service à l'échelon national qui n'aurait à traiter que ce que le niveau départemental n'a pas à traiter. Ce qui pourrait être une bonne chose, il me semble. »

Ce serait judicieux si nous raisonnions ex nihilo.
La police judiciaire a été créée en 1907 justement pour dépasser des limites territoriales qui sont cohérentes en terme de sécurité publique. Ce qui relève du départemental du national est déjà identifié depuis longtemps.

Le propos n'est pas de s'opposer à toute évolution ou changement. Le propos, c'est de savoir ce qu'on a à y gagner. Relisez l'article, il est indiqué que chaque site pilote est un échec grave.

Pierre Durand

@ hameau dans les nuages | 12 juillet 2022 à 14:29
"Croyez-vous que nos hommes politiques vivant de prébendes et autres facilités donnent le bon exemple en ce moment à des jeunes ou moins jeunes un peu perdus ?"

Vous savez certainement qu'appointer les députés est une condition absolument nécessaire de la démocratie, car sinon seuls les titulaires d'une fortune personnelle pourraient se présenter aux élections. Et pourquoi ne seraient-ils pas bien payés ?
Vous n'ignorez pas que dans les sommes mirobolantes dont on entend parler, une part très importante est prévue pour payer un local et du personnel.
Certains peuvent utiliser illégalement les sommes allouées et la presse est là pour les dénoncer avec des faits précis, et non pas votre vague accusation tous azimuts.

Que des jeunes tirent de mauvaises conclusions de circonstances qu'ils ignorent ou ne comprennent pas ne prouve que leur inculture et leur manque d'éducation morale. Je ne crois pas que la situation des députés y soit pour quelque chose.

"Je ne crois pas, bien au contraire. Il faut une volonté de fer ou avoir eu une éducation rigoriste pour résister à la tentation de l'argent facile."

La connaissance des conséquences possibles de céder à la tentation, jointe à une conscience morale et au bon exemple de mes parents m'ont suffi pour aisément résister.

"Partout ce n'est que truanderie institutionnalisée."

Tous pourris ! Thèse connue.
Vous donnez pour illustrer votre propos un lien accessible aux seuls abonnés à Valeurs actuelles. On devine qu'il y aurait un problème avec la SAFER. C'est tout ce que vous avez en magasin ?

"Comme le dit la chanson: "La France, un corps mort pour les cormorans."

Ah, non, vous avez Sardou. De mieux en mieux. Que dit le chanteur populaire dans cette chanson ? Le paquebot France, qui a été vendu, pourrit quelque part et sert de perchoirs aux cormorans, s'estime trahi par le pays dont il a été pendant quelques années un fleuron.
Je n'aurais jamais pu voyager sur ce paquebot de luxe à part dans les cuisines pour servir de larbin à des gens riches, et c'était le lot de la plupart des Français. Et il a coûté cher au contribuable, alors ne surjouons pas les regrets. La CGT (Compagnie Générale Transatlantique) malgré les aides d'Etat a fini par jeter l'éponge à cause de la CGT (Confédération Générale du Travail). Dès que le paquebot a été récupéré par la Norvège il a permis à ses propriétaires de faire de l'argent pendant des années ! Sardou aurait été meilleur en expliquant cela dans sa chanson.

"Et comme aussi je l'avais écrit à un procureur. Quand la justice est une impasse, la rue devient un boulevard."

Et ben dites donc, vous l'avez gâté. Que croyez-vous qu'il a fait avec votre message ? L'afficher dans son salon ?

"J'enrage parfois d'avoir été honnête."

Avoir des convictions évite d'avoir des regrets.

Le hameau, il est où dans les nuages ? On pourrait se demander si ce n'est pas dans les Alpes, mais il est toujours possible de se rattraper.
J'ai vu que vous avez aussi un avis sur La Fontaine. Un instant, j'arrive.

Michelle D-LEROY

@ Paul

L'argent facile, c'est le problème de tous ceux qui ont commencé à trafiquer.
Sans même parler de ce grand bandit, comment imaginer que des jeunes dealers qui gagnent en un jour ce qu'un smicard gagne en un mois, voire plus, puissent se fatiguer en exerçant une profession ordinaire ? L'envie du trafic reste latent et le retour à une vie saine, sans doute bien rare pour ne pas dire impossible.

Marcel P

@ Pierre Durand
"N'êtes-vous pas en train de suggérer un usage systématique de l'incarcération provisoire dès qu'on a un tout petit élément afin d'ôter au présumé coupable pendant une durée aussi longue que possible la capacité de nuire parce que ce serait toujours ça de gagné ?
C'est hardi ! On ne peut pas vous suivre. La préventive est très bien codifiée et ses buts précisés et limités."

Vous vous égarez. Il n'est pas question de détentions provisoires hors cadre, hors code. Il n'est pas question de "tout petit élément" sauf si vous rangez dans cette catégorie des indices graves et concordants.

Nous ne sommes pas dans la situation où tout irait globalement bien mais, par goût répressif, il s'agirait de punir encore plus par tout moyen.

Nous sommes dans la situation où il ne se passe pas un mois sans un fait grave qui ne se serait pas produit si la loi était appliquée ne serait-ce qu'à 40 % de sa rigueur possible. Pour de mauvaises raisons, on joue à la loterie avec la vie des citoyens. Certains ont perdu des êtres chers, d'autres connaissent des êtres chers qui auront des troubles psychiatriques jusqu'à la fin de leurs jours.

Exemple parmi tant d'autres, deux jeunes filles assassinées par un type qui n'aurait pas du être là https://fr.wikipedia.org/wiki/Attentat_de_la_gare_Saint-Charles_de_Marseille
On peut bien faire sauter un préfet et faire des grandes déclarations pleines d'émotion. Pour limiter la casse, parfois, il ne faut pas chercher l'excellence mais la répétition.

"Il n'y a pas de solution contre les dossiers mal ficelés que de bien les ficeler. La police - car j'avais à l'esprit l'enquête de police - ne gagne pas à tous les coups, et les coupables des braquages non résolus ont eu de la chance et/ou fait preuve d'un grand professionnalisme. Il faut être beau joueur"

Vous illustrez ce que je dis plus haut. Ahmed Hanachi est parvenu à déjouer les services de l'Etat.
Ressortissant tunisien en situation irrégulière, escroc et toxicomane, arrêté ou condamné pour une dizaine de faits de délinquance mineurs de droit commun entre Marseille, Toulon et Lyon, connu par la police sous sept identités différentes. Le 29 septembre 2017, il est interpellé pour le vol d'un blouson à 39 €, en tant que ressortissant tunisien en situation irrégulière, une procédure de reconduite à la frontière est lancée mais échoue, il est libéré le samedi 30 septembre de sa garde à vue, un jour avant l'attaque.

Ça aurait dû être mieux ficelé ? On discute de la pureté des principes ou de la réalité ? Parce que dans la réalité, des Ahmed Hanachi, on en trouve à la pelle dans chaque ville de France, et il nous en arrive des wagons entiers tous les ans. La France n'a pas les moyens de faire du bien ficelé pour ce phénomène de masse. Ça fait des années qu'on évoque le sujet, qu'on affirme mettre des moyens, cela fait des années que l'échec est manifeste.

Nicolas Sarkozy avait doté la police aux frontières d'un petit avion : cet avion n'a jamais été autorisé à atterrir dans un pays du Maghreb. Les expéditeurs ne sont pas fous ni racistes, eux ils savent très bien ce qui part de chez eux pour venir en France et ils ne feraient pas condamner Eric Zemmour pour l'avoir explicité, ils ne sont pas intéressés par les candidats au retour.

Dans la réalité, il y avait, il y a et il y aura des dossiers mal ficelés. C'est la réalité des phénomènes de masse, où souvent le mal ficelé est l'unique alternative aux vaines recherches, seul moyen de limiter la casse.

Voilà pour le phénomène de masse. Enfin, pour en revenir au cas très particulier d'Antonio Ferrara, vous semblez avoir une drôle d'esthétique du braquage de banque et des attaques de fourgons blindés. On parle d'attaques avec des hommes armés de fusils d'assaut et d'explosifs. Ce n'est pas la fête à neu-neu : l'éventualité qu'un employé ou un passant se retrouve au cimetière n'est pas farfelue. C'est la raison même pour laquelle s'est développée la notion d'association de malfaiteurs : parce qu'attendre la commission du fait préparé peut emporter des conséquences inacceptables, inacceptables humainement, politiquement et médiatiquement.

Comprendriez-vous que votre fille soit tuée par une balle perdue, lors d'un braquage, perpétré par un type qui aurait pu se retrouver détention provisoire - les éléments légaux nécessaires étaient là - parce qu'un service de police et un juge d'instruction aurait préféré attendre et faire la belle affaire mieux ficelée ? On ne peut pas attendre que les victimes se multiplient, avec parfois des dommages irréparables, en se cachant derrière de grands principes.

Je ne suis pas en train de dire que tout travail doit être bâclé par peur de mal faire. Mais il s'agit d'arbitrages. Si on ne prend pas cela en compte, alors on ne comprend rien au sujet. Peut-être qu'avec d'autres arbitrages, Antonio Ferrara aurait été condamné plus lourdement pour certains faits, c'est vrai : mais peut-être aussi que d'autres faits nouveaux auraient été commis, avec des conséquences peut-être plus dommageables.

Autre exemple, la filière des Buttes-Chaumont, avec des condamnations en 2008 pour association de malfaiteurs. On y retrouve Boubaker El Hakim, commanditaire de l'attaque de Charlie Hebdo et du musée du Bardo. On y retrouve les frères Kouachi, etc. Il est probable que si, en 2005, on avait laissé agir, si un autre arbitrage avait été fait, ils seraient peut-être morts en pays étranger ou auraient été condamnés à des peines supérieures, parce que l'association de malfaiteurs, en particulier lorsque le dernier attentat très sanglant n'est plus dans les mémoires, ne résulte pas en condamnations à hauteur des crimes envisageables.

Bref, je vous invite à abandonner cette distinction de ficelle, je pense qu'elle vous fait perdre de vue l'essentiel. Une fois encore, pour Ferrera, on peut critiquer ces arbitrages, peut-être qu'ils sont la raison qui provoque sa libération présente. Mais on ne mesure pas quels ont été leurs bénéfices à court et moyen termes.
C'est bien de discuter d'efficacité ; mais l'efficience, là, est au coeur du problème.

Pierre Durand

@ Paul | 13 juillet 2022 à 23:50
"le trafic de stups (ses deux frères ont fait de la prison pour ça)"

Vous me l'apprenez. J'ai cherché des informations complémentaires.
AFP
16/12/2014 à 14:52, Mis à jour le 16/12/2014 à 14:53
"Claudio, Massimiliano et Emanuele, frères du célèbre "roi de la belle" Antonio Ferrara, ont été condamnés mardi en appel à Paris des peines de huit et six ans de prison, pour un trafic de cocaïne international."
...
"Les trois frères Ferrara étaient accusés d'avoir organisé, avec deux autres de leurs frères, Luigi et Diego, déjà condamnés dans cette affaire au Brésil, un trafic international de cocaïne entre le Brésil et la France."

Leur père italien, qui est maintenant décédé, a fait un beau cadeau à la France qui a été assez bête pour l'accepter.

F68.10

@ Marcel P

Autant je comprends la nécessité d'assumer des responsabilités de police judiciaire à une échelon national pour tout ce qui concerne la criminalité organisée, autant il me semble que ce n'est pas un motif suffisant pour s'opposer à la départementalisation: on pourrait très bien créer une entité au sein de la police qui échappe à la départementalisation sur de tels thèmes qui le justifieraient, comme la criminalité organisée.

Par contre, je ne comprends pas du tout les cris d'orfraie à l'idée de réserver la prime de police judiciaire aux seuls policiers qui font un usage effectif de ces compétences. Cela me paraît une approche assez normale et assez sensée.

Et, en toute franchise, je ne comprends pas un seul instant par quel miracle de confusion des rôles les maires en France se voient, actuellement, conférer un rôle d'officiers de police judiciaire. Je trouve ce dernier point choquant.

Bref. Si la départementalisation se révèle être l'occasion de séparer ce qui relève du départemental et du national en matière de police, cela pourrait éventuellement déboucher sur un service à l'échelon national qui n'aurait à traiter que ce que le niveau départemental n'a pas à traiter. Ce qui pourrait être une bonne chose, il me semble.

Ce que je lis, toutefois, de ce domaine que je ne connais que très mal, c'est que cela n'a pas vraiment l'air d'être la tendance de la réforme envisagée.

-------------------------------------------------------------------

@ Pierre Durand
"N'êtes-vous pas en train de suggérer un usage systématique de l'incarcération provisoire dès qu'on a un tout petit élément afin d'ôter au présumé coupable pendant une durée aussi longue que possible la capacité de nuire parce que ce serait toujours ça de gagné ? Le provisoire qui dure, en quelque sorte :-) Tout à fait ce qui est arrivé à Edmond Dantès."

Il me semble prôner cela. Moi, je veux bien qu'on soit sévère sur certaines formes de délinquance, de criminalité, et même qu'on cible certaines zones géographiques plus que d'autres. Mais, si par culte français de l'égalitarisme, on pratique la présomption de culpabilité pour tous, cela risque de mal se passer.

Moi, au fond, la présomption de culpabilité pour tous, cela me réjouirait de la voir s'appliquer à ceux qui la prônent et qui s'imaginent au-dessus de tout soupçon. Mais je sais que cela relèverait d'une Schadenfreude qui vient de loin.

Je doute que Marcel P soit très conscient qu'à force de voir des dossiers s'accumuler pour des peccadilles, le faux y devient le vrai au sens où les autorités finissent, aussi, par créer, ne serait-ce que dans leurs dossiers, les monstres qu'elles affectionnent pourfendre. C'est en cela que les présomptions du culpabilité et leurs variantes sont très souvent de fausses bonnes idées.

Paul

Mon intuition est que malgré toute sa bonne volonté, ses (certainement) sincères résolutions, tout ce temps passé en prison, il sera toujours tenté de reprendre une vie de hors-la-loi, peut-être pas dans les braquages, mais dans des délits qui sont punis moins sévèrement comme le trafic de stups (ses deux frères ont fait de la prison pour ça)... Comment imaginer une seconde que ce mec aille demain travailler sur un chantier ou au fast food du coin pour le SMIC qu'il a fui par tous les moyens hier ? Redoine Faïd a récidivé dans le braquage et prit 28 ans de prison (+ une peine pour évasion), lui je le vois plus malin et discret, et se lancer dans les stups avec ses frères. J'espére me tromper. Ne pas oublier non plus que la prison c'est la moitié de sa vie maintenant, qu'il y est quelqu'un là-bas (réputation, respect), dehors, il est quelqu'un dans son quartier, mais qui lui confiera des responsabilité, de l'argent etc. ? Difficile, j'espère me tromper, comme vous !

dominique

@ Patrice Charoulet

Les boucles d'oreilles ne sont-elles pas des piercings ? Je m'adresse au spécialiste de la langue française...

Pierre Durand

@ Marcel P | 13 juillet 2022 à 13:09

N'êtes-vous pas en train de suggérer un usage systématique de l'incarcération provisoire dès qu'on a un tout petit élément afin d'ôter au présumé coupable pendant une durée aussi longue que possible la capacité de nuire parce que ce serait toujours ça de gagné ? Le provisoire qui dure, en quelque sorte :-)
Tout à fait ce qui est arrivé à Edmond Dantès.

C'est hardi ! On ne peut pas vous suivre. La préventive est très bien codifiée et ses buts précisés et limités.

Il n'y a pas de solution contre les dossiers mal ficelés que de bien les ficeler. La police - car j'avais à l'esprit l'enquête de police - ne gagne pas à tous les coups, et les coupables des braquages non résolus ont eu de la chance et/ou fait preuve d'un grand "professionnalisme". Il faut être beau joueur. Là où cela devient inquiétant c'est lorsque les truands gagnent presque à tous les coups, mais il faut alors une meilleure police.

Achille

Antonio Ferrara ne risque pas grand-chose, même s’il venait à récidiver. Vu son jeune âge et le fait qu’il ne se voit pas vivre avec un SMIC, même majoré de 2,65 % en août prochain, il n’est pas exclu qu’il retourne à ses mauvais penchants.
Ceci étant il est peu probable qu’il finisse sa vie comme Jacques Mesrine, criblé de balles en novembre 1979 par l’équipe du commissaire Broussard.
Je n’ose imaginer alors les cris d’orfraie des députés de la NUPES qui aussitôt demanderaient une commission d’enquête, en référeraient à la Défenseure des droits et à la Cour européenne des droits de l’Homme.
Mais qu’il fasse attention quand même. J-L Mélenchon l'a affirmé: "La police tue !"

Marcel P

@ Pierre Durand
"La Justice ne peut condamner que sur des dossiers bien ficelés et concluants.
On constate que plusieurs dossiers pas concluants du tout ont entraîné autant d'acquittements.
Par contre les évasions ne peuvent pas être contestées, ce qui fait que Ferrara a été condamné à 22 ans pour ses 2 évasions, et en tout et pour tout à 8 ans pour un règlement de comptes et à 8 ans pour un braquage.
[...]
Soit un total de 38 ans à compter de 2002, théoriquement il aurait dû sortir en 2040. Il est sorti en 2022.
[...]
Voilà un braqueur professionnel qui n'a été condamné que pour 1 braquage. Cela rend perplexe et montre d'abord de vraies limites de la capacité de la police face à l'habileté d'avocats très compétents.
[...]
Et il faut s'interroger sur le fait qu'un condamné à 38 ans sorte au bout de 19."

Je pense qu'il y a quelques angles morts dans votre raisonnement, même si je partage son aspect fondamental à mes yeux, à savoir l'interrogation finale.

Tout d'abord, sauf à travestir la vérité, la Justice est bien condamnée à faire avec les éléments de preuve qui ont pu être collectés. Et il faut bien admettre que le fait préparé et commis par une bande bien organisée, cela peut ne laisser finalement que très peu de preuves évidentes et directes. Facile de proclamer "Dans cette affaire, je n'y suis pour rien et je ne paiera pas pour ça. Le dossier est vide, on l'a rempli de fantaisie" lorsqu'on n'a pas été attrapé sur le fait - ce qui est peu réaliste lorsqu'on parle de commando armé de fusils d'assaut -, qu'on était cagoulé et ganté et qu'on a eu loisir de prendre soin de ne laisser aucun élément clair permettant d'établir notre position exacte au moment du fait.

Ainsi, parfois, certains faits sont voués à être soumis au jugement avec de fortes incertitudes.

Est-ce une erreur, en terme d'efficacité judiciaire ou policière ? Cela se discute. Mais cela se discute en fait beaucoup moins lorsque quelqu'un comme Antonio Ferrara est désigné ennemi public n°2 après Yvan Colonna par le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy.

Cela peut perturber ceux qui raisonnent dans la pureté des principes. Mais cela correspond à une réalité quotidienne, même à l'échelle de la petite délinquance ou de l'immigration clandestine : personne ne se fait d'illusion sur les capacités du système pour écarter les dangers de la société, ou écarter les clandestins de la France. Les gens à peu près raisonnables savent que trop d'obstacles interdisent une action cohérente et durable.

C'est pour cela que l'actualité, tous les jours, nous sert du : "Trappes : Michel R., un retraité de 66 ans, égorgé près de l’église par Mouhssine K., un délinquant multirécidiviste, l'enquête a été entravée par des violences urbaines encouragées par le frère du tueur, Mounir K.", "Moussa, un clandestin ivoirien qui a déjà fait l’objet d’une OQTF, violent avec son épouse, condamné" "En centre-ville de Montpellier, à 11 heures du matin, un Erythréen en situation irrégulière poignarde une femme à une terrasse".

Donc, à défaut de pouvoir se fier au système à long terme, ce n'est pas absurde de faire du court terme. Cela consiste notamment en arrêtant et traduisant devant la Justice dès qu'il y a de quoi se faire une conviction, parce que cela fait toujours 24, 48, 72h ou quelques semaines de mise à l'écart de personnes nuisibles, faute de mieux, et cela donne l'occasion de mieux les identifier. C'est toujours quelques victimes potentielles en moins en attendant, toujours ça de pris en avance pour la prochaine fois. Parce que l'alternative, c'est souvent rien du tout de toute façon, et non pas un travail de fond mieux réalisé (et ce ne semble pas en voie d'amélioration, cf https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/pour-les-enqueteurs-la-reforme-du-ministre-de-l-interieur-sera-le-tombeau-de-la-police-judiciaire-6b09ee6a-fd37-11ec-8493-b559deb42848 ).

Pour reprendre l'exemple d'Antonio Ferrara, on sait qu'il était impliqué dans X braquages et règlements de comptes : on se doute qu'il parviendra à faire naître le doute concernant certains faits ; mais sa mise en cause rend parfaitement évidente l'utilité de sa détention provisoire. C'est un début, c'est bien lorsque le système invite à se réjouir de peu.

Giuseppe

Les mêmes que lui finissent tous au même endroit, au violon, voir le grisbi sans pouvoir y toucher... Travailler pour un SMIC, c'est Cayenne... Le fric facile ne se perd jamais, et passer devant du carbone pur c'est torture... Retour à l'envoyeur, à la case départ, demain sera comme avant.
Vivre avec des clopinettes c'est bon pour celui qui a la culture, le pégreleux, le chagrin c'est pour les miséreux.

Tipaza

@ Patrice Charoulet | 13 juillet 2022 à 09:24
« Mais il a une boucle d'oreille à l'oreille gauche et une boucle d'oreille à l'oreille droite. En attendant les tatouages, les piercings et le catogan. »

Jusque-là, tout va bien.
Si vous en voyez un avec une jambe de bois, c’est là qu’il faudra s’inquiéter.
Une réincarnation possible de Long John Silver à la recherche du trésor que dissimulent les chefs d’entreprises et les zaizés contribuables.

F68.10

@ Patrice Charoulet
"Le nouveau patron de FO s'appelle Monsieur Souillot. Je le vois à la télé. Il parle assez mal. Mais il a une boucle d'oreille à l'oreille gauche et une boucle d'oreille à l'oreille droite. C'est un bon début. En attendant les tatouages, les piercings et le catogan."

Je ne vois pas le problème avec la boucle d'oreille, les tatouages, les piercings ou le catogan.
Je ne juge pas les personnes à cela.

Patrice Charoulet

Le nouveau patron de FO s'appelle Monsieur Souillot. Je le vois à la télé. Il parle assez mal. Mais il a une boucle d'oreille à l'oreille gauche et une boucle d'oreille à l'oreille droite. C'est un bon début.
En attendant les tatouages, les piercings et le catogan.

Pierre Durand

Voici ce que je crois être le palmarès d'Antonio Ferrara :
1998 il est arrêté et s'évade.
1998-2002 il est en cavale et on lui impute plusieurs affaires criminelles.
13-07-2002 il est repris et incarcéré.
On va enfin pouvoir le juger pour ce dont on l'accuse.
En janvier 2003 : il est condamné à 8 ans pour un braquage.
12 mars 2003 évasion spectaculaire et violente. Il sera vite repris (10 juillet 2003).
Il est condamné à 5 ans pour l'évasion de 1998 et à 8 ans pour un règlement de comptes.
Il est acquitté pour les autres affaires (dont le braquage de 2001 mentionné dans le billet).
2008 il est condamné à 17 ans pour l'évasion de 2003.

La Justice ne peut condamner que sur des dossiers bien ficelés et concluants.
On constate que plusieurs dossiers pas concluants du tout ont entraîné autant d'acquittements.
Par contre les évasions ne peuvent pas être contestées, ce qui fait que Ferrara a été condamné à 22 ans pour ses 2 évasions, et en tout et pour tout à 8 ans pour un règlement de comptes et à 8 ans pour un braquage.

Soit un total de 38 ans à compter de 2002, théoriquement il aurait dû sortir en 2040. Il est sorti en 2022.

Voilà un braqueur professionnel qui n'a été condamné que pour 1 braquage. Cela rend perplexe et montre d'abord de vraies limites de la capacité de la police face à l'habileté d'avocats très compétents.

Et il faut s'interroger sur le fait qu'un condamné à 38 ans sorte au bout de 19.

El Basko

"La fonction la plus élémentaire de l'être humain, c'est de créer de l'avenir" Paul Valéry

Claude Luçon

Intéressant, le magistrat séduit par le prisonnier ?
Une forme de syndrome de Stockholm inversé ?

Plaisanterie à part, cet Antonio Ferrara devrait lire ce texte, l'homme est intelligent, il a peut-être besoin de se voir sous un autre angle, en particulier du magistrat qui l'a jugé !
Il suffit parfois de quelques mots pour faire basculer la pensée d'un homme !

genau

L'art de s'enterrer en laissant dépasser seulement une antenne.
J'en ai connu un comme ça, il fallait ne pas perdre de vue son regard. Il a fait une belle à l'ancienne, repris enfouraillé, rencontré en centrale, que je visitais. S'est prévalu d'avoir comparu devant moi, en ajoutant "c'est un type bien". Quel sens donner à cet aphorisme ? L'accepter franco ? Y voir le jalon d'un plan à long terme ? Jusqu'à ma retraite je n'ai jamais quitté son regard, où il y avait tout.

Ces gens ont beaucoup de mal à exister: tout est provisoire à court terme. La conduite en prison est l'arme des intelligents. Pas des bons, pas nécessairement.

Marcel P

@ Pierre Durand
"Il serait intéressant de savoir ce que sont devenus les 7 dont l'ADN n'a pas été trouvé. J'espère que ce n'était pas des truands qui cette fois-là sont passés à travers les mailles du filet."

Rassurez-vous. Abattus ou incarcérés, sans doute. L'appât du gain ne cesse pas du jour au lendemain. Lorsqu'on ne veut pas finir smicard sans être un pue-la-sueur, il n'y a pas quatre chemins. Il suffit d'écouter du Sanseverino pour s'en convaincre.

Le temps joue toujours contre les voyous. Car, comme vous le relevez, "L'argent facile, c'est difficile" d'autant plus qu'il brûle les doigts et qu'il faut ainsi sans cesse se remettre à l'ouvrage.

hameau dans les nuages

Croyez-vous que nos hommes politiques vivant de prébendes et autres facilités donnent le bon exemple en ce moment à des jeunes ou moins jeunes un peu perdus ?

Je ne crois pas, bien au contraire. Il faut une volonté de fer ou avoir eu une éducation rigoriste pour résister à la tentation de l'argent facile.

Partout ce n'est que truanderie institutionnalisée.

https://www.valeursactuelles.com/clubvaleurs/economie/terres-agricoles-la-safer-au-coeur-du-scandale.

Comme le dit la chanson: "La France, un corps mort pour les cormorans."

Et comme aussi je l'avais écrit à un procureur. Quand la justice est une impasse, la rue devient un boulevard.

J'enrage parfois d'avoir été honnête.

Pierre Durand

Commentaire de la fiche Wikipédia de la célébrité en question:

"Né dans une famille modeste le 12 octobre 1973 en Italie, à Cassino à 130 kilomètres au sud-est de Rome, ses parents émigrent pour la France avec ses six frères et sœurs en 1983 ; Antonio Ferrara a alors dix ans et il grandit à Choisy-le-Roi (Cité Gabriel) dans le Val-de-Marne, en banlieue parisienne. Comme le dira plus tard l'un de ses avocats, le jeune Antonio Ferrara bascule dans la délinquance vers l'âge de 18 ans par « manque de perspective(s) » pour l'avenir, par « manque de diplôme(s) », mais également parce qu'il a toujours des « difficultés à maîtriser la langue française » après son arrivée en France."

La possibilité de faire un Français avec ces ingrédients doit être combattue.
On a alors un Italien indésirable et c'est retour de la smala à l'envoyeur, je peux arrêter ce commentaire ici, tout le monde est content, et la France économise beaucoup d'argent.

"Antonio Ferrara quitte l'école à 16 ans et travaille comme plombier (pendant un mois), puis comme nettoyeur de trains (moins de deux mois) et enfin comme serveur (deux mois)."

Conséquence de l'école obligatoire jusqu'à 16 ans. Pas d'apprentissage. Pas de CAP. Pour la plomberie ce devait être gratiné, heureusement qu'il a vite arrêté. Il restera cependant intéressé par les joints et les bons tuyaux, et la France sera entubée.
Nettoyeur de trains (moins de deux mois) ? Même pas bon à être nettoyeur d'arrière-trains.
Serveur (deux mois) ? Vite saturé.

"En 1994 à 21 ans, il est condamné pour la première fois pour deux «outrages et rébellion». Il écope de quelques mois de prison avec sursis mais ne respecte pas les obligations assorties à son contrôle judiciaire."

Peccadilles. Et avant c'étaient des délits mineurs.

"Il est connu pour ses compétences en explosif (formé à cette technique par le caïd marseillais Laurent Boglietti fin 1999*) et sa technique dite « de la parabole »"

28 février 1999 : Laurent Boglietti, 38 ans, considéré comme le « parrain » d’Aix-en-Provence, est abattu de plusieurs balles de 11,43 dans une rue piétonne du centre-ville d’Aix. Il a été achevé d’une balle dans la nuque. Impliqué dans plusieurs vols à main armée et règlements de comptes, il était considéré comme un « porte-flingue » de Francis le Belge et Jacky Imbert.

*fin 1999 : erreur manifeste, il était mort depuis des mois.

Suit une longue liste de condamnations pour braquages, d'évasions, de condamnations pour évasions, de peines qui auraient dû nous en préserver jusque plus ou moins 2035, mais on en arrive à 2018.

"Antonio Ferrara devait purger sa peine de douze ans de réclusion pour évasion à la fin de sa peine pour la tentative d'homicide et les braquages, ce qui ne le rendait pas libérable avant 2028.
En 2018, Antonio Ferrara demande à ce que sa peine pour évasion soit confondue avec sa peine principale. Sa demande est rejetée en première instance puis en appel. Il réitère sa demande et elle est finalement acceptée en 2019, ce qui lui permet d'être libérable en 2022."

19 ans de détention réelle pour un total d'années de condamnation bien supérieur et un dernier cadeau de bienvenue d'au moins 6 ans.

On a de quoi être inquiet.
À quoi ont servi toutes ces peines écourtées ? La totalité de la peine doit être la règle et les remises de peines exceptionnelles. La notion de récidive est trop restrictive, elle doit être élargie, on doit passer d'un crime identique à un crime semblable.

Souhaitons que malgré le laxisme dont il a bénéficié Ferrara ne fasse désormais parler de lui qu'en bien.

Patrice Charoulet

Il est singulier qu'on libère parfois un détenu pour son "bon comportement" carcéral. Ce comportement ne garantit aucunement un bon comportement hors de la prison.

GLW

L'avenir d'Antonio Ferrara...
Je peux voir dans ma boule de cristal qu'il va prochainement publier un bouquin relatant ses mémoires, ce livre sera adapté au cinéma et il tiendra lui-même son rôle, il sera invité chez Hanouna, aux Grosses têtes et dans tous les salons parisiens où l'on cause. Pour peut-être finir consultant police-justice sur BFM. Au total, c'est quand même plus que le SMIC.

xavier b. masset

M. Ferrara a toujours eu de bons tuyaux, il en aura sûrement mis de côté.
Pas le genre à faire le surmulot de ville, les champs sont plus calmes et propices au retour sur soi, un avocat madré vous le dirait mieux que la fable.

On passe sous le radar, alors que les affaires pourraient reprendre, on se découvre une vocation tranquille, qui participe à l'avancement de la société.
Elon Musk après tout fait lui aussi décoller ses fusées pour les beaux yeux d'une femme, tous les exploits civils ou guerriers des hommes furent et sont exclusivement fabriqués dans cette optique.

Et sur Mars, il n'y pas encore de prison.
Il y aura sans doute dans quelques siècles de belles terriennes sur place, peut-être des Redoine Faïd serveurs de restaurant, des Michael Mann programmateur de cinéma, Total Recall de Heat, le bonheur, la vie, quoi.
Puis Vénus prendra la suite.

Achille

C’est curieux cette fascination, voire parfois le respect que peuvent exercer certains truands notoires sur leur entourage, que ce soit leurs codétenus, leurs gardiens, les enquêteurs et même les juges chargés de leur dossier.

Les braqueurs ont toujours constitué le sommet de la hiérarchie du crime, même les plus sanguinaires comme l'impitoyable Jacques Mesrine.
Cela nous rappelle les films de Georges Lautner et de Jean-Pierre Melville des années 60, avec les charismatiques acteurs Jean Gabin, Alain Delon ou Lino Ventura, sans oublier les dialogues savoureux de Michel Audiard.

C’était le temps où les voyous avaient, paraît-il, un code de l’honneur. Hélas, les temps ont bien changé et la racaille d’aujourd’hui ne saurait leur être comparée.

Pierre Durand

"...neuf co-accusés, pour l'attaque d'un fourgon blindé à Toulouse en 2001. Deux d'entre eux seulement avaient été condamnés, trahis par les ADN retrouvés sur les lieux du crime." (PB)

Il serait intéressant de savoir ce que sont devenus les 7 dont l'ADN n'a pas été trouvé. J'espère que ce n'était pas des truands qui cette fois-là sont passés à travers les mailles du filet.

"...il ne tenait pas à mener une existence lui assurant seulement le SMIC"

L'argent facile, c'est difficile.

"...il a affirmé vouloir mener une vie tranquille"

Si sa priorité c'est la tranquillité plutôt que l'argent, il a une chance. Mais il arrive dans la vie de ces truands quelqu'un qui les convainc que cette fois-ci c'est du tout cuit, il n'y a pas de risque, et ils replongent.
Cela donne des films, certains excellents.
Un des meilleurs ; "Du rififi chez les hommes" (1955) 8,1/10 sur imdb - c'est un score ! - 34 000 votants. Jean Servais y joue Tony Le Stéphanois. On n'oublie pas.

"Avec François Besse qui était beaucoup plus âgé quand il est sorti de tout processus judiciaire, je n'avais pas éprouvé la moindre crainte. C'était d'ailleurs la seule fois de ma vie judiciaire où j'intervenais pour favoriser une libération conditionnelle. Son avenir ne m'a pas donné tort."

J'ai lu avec intérêt la fiche Wikipédia de François Besse, et la mention du rôle que vous avez joué à un moment décisif de sa vie.
La densité d'événements extraordinaires de son très long passé de délinquant est incroyable. Il y a de quoi faire plusieurs romans et de nombreux enseignements à en tirer.
À l'époque le public faisait bien la différence entre sa conduite et celle de son partenaire Mesrine.
"Né le 27 mai 1944 à Cognac, d'un père espagnol (résistant républicain à Franco), qui l'élève mais ne le reconnaît pas et de mère charentaise, François Besse vit une enfance pauvre. Peu doué pour les études, il rate son certificat d'études, s'essaye au métier d'électricien, se fait renvoyer et bascule dans la délinquance."

Ces informations doivent faire réfléchir. Il ne faut pas permettre qu'une telle situation d'échec scolaire soit possible.

La réinsertion de Besse est très tardive mais réelle.
De celle possible de Ferrara vous écrivez :
"Mais pour rien au monde je ne voudrais, pour Antonio Ferrara, spéculer sur une politique du pire. Bien au contraire. Il ne lira pas ce billet mais s'il en était informé, je forme le voeu qu'il accepte de ne me laisser, à son sujet, que l'espérance en la délestant de toute inquiétude."

Je le souhaite aussi pour notre société et pour lui-même car dans le cas contraire l'histoire finit le plus souvent mal.
Le plus souvent. On ne peut pas dire toujours mal car on ne connaît pas le destin de tous les braqueurs et cela laisse un espoir aux délinquants de persévérer sans en payer le prix.

Acceptera-t-il d'être le smicard qu'il refusait d'être ? Et s'il désire plus, essaiera-t-il de faire le nécessaire pour gagner honnêtement davantage ? Il faut le lui souhaiter.

Aliocha

Vous voilà tout entier en ce billet, cher hôte, où la concision du style n'empêche en rien l'expression simple d'une pensée qui sait s'interroger sur les complexités humaines, témoignant que l'exercice de la justice est un art où vous excellez, comme en vos entretiens où l'apaisement favorise l'expression de la vérité.
Voilà qui devrait tous nous inspirer en nos confrontations politiques, et le moment centriste que nous vivons, avec ses répliques forcément extrêmes engendrées par cette volonté d'apaisement des débats, nous amener, vous le premier par votre exemple éminent en la matière, à y exercer cette singulière et admirable lucidité.

Vamonos

Antonio Ferrara était connu pour ses talents d’artificier et de braqueur. Il est susceptible de transmettre ses connaissances à des ingénus qui considèrent que les salaires sont trop faibles et qu’il est trop fatiguant de se lever tous les jours de bon matin pour aller s’entasser dans les moyens de transport. Quand une bombe va exploser, je me demanderai qui a appris le maniement des détonateurs, des fils et des explosifs.

Antonio Ferrara était surtout connu pour ses multiples évasions, la plus spectaculaire et dévastatrice fut celle d’une cellule disciplinaire de la prison de Fresnes. Il fut jugé à Evry vers 2010. Quel déploiement de force ! Hélicoptères, tireurs d’élite, barrages, convois, rien ne fut laissé au hasard.
Antonio Ferrara fut condamné à la fin de ce procès retentissant à 8 ans qu’il aurait dû purger mais dont pour d’obscures raisons, il a été dispensé.

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  • L'Institut de la Parole propose des formations dans tous les domaines de l'expression et pour tous, au profane comme au professionnel de la parole publique. L'apprentissage et le perfectionnement s'attachent à l'appréhension psychologique de la personnalité et aux aptitudes techniques à développer. L’Institut de la Parole dispense des formations sur mesure et aussi, dans l’urgence, des formations liées à des interventions ponctuelles, notamment médiatiques. Magistrat honoraire, Philippe Bilger propose également des consultations judiciaires : conseils en stratégie et psychologie judiciaires.

MENTIONS LEGALES

  • Directeur de la publication : Philippe Bilger
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