Karine Silla (KS) a partagé la vie de Gérard Depardieu, qui est le père de sa fille Roxane.
Dans Paris Match, très bien questionnée par Sébastien Le Fol, elle a répondu avec finesse et sincérité pour ce qui se voulait "un plaidoyer pour Gérard Depardieu" (GD).
L'argumentation que je vais développer dans ce billet, et qui ne concernera pas le fond des procédures engagées contre lui, pourrait tout aussi bien s'appliquer à d'autres personnalités, soupçonnées d'agressions sexuelles ou de viols, défendues par des proches, des épouses, des membres de la famille ou des amis.
Je ne me moquerai jamais de ces tentatives estimables de venir au secours d'êtres qu'on est persuadé de mieux connaître que quiconque et qui seraient injustement accusés parce que les actes qu'on leur reproche ne leur ressembleraient pas.
Quand KS affirme avec force "le père de ma fille n'est pas un prédateur", elle ne doute pas une seconde du caractère forcément convaincant de sa perception intime.
Alors que le GD incriminé par des jeunes femmes est un autre. Il n'est pas celui qu'elle a fréquenté au quotidien. Cela ne signifie pas qu'il est coupable mais au moins que l'apologie par une ancienne compagne n'est pas décisive. De lui elle n'a appréhendé qu'une normalité et une moralité ne laissant pas place à la moindre suspicion. L'homme avec lequel elle a vécu, le père de leur fille, pour elle était aux antipodes de la personnalité qui a été décrite dans d'autres circonstances. Il y a une impossibilité, pour l'affection, l'amour, même anciens, de pouvoir imaginer qu'un être change au point de devenir radicalement étranger à celui qui vous a offert longtemps un visage, une apparence et un comportement tranquilles, sans vulgarité ni domination.
KS, considère que GD, ayant connu ou aimé des femmes d'un très fort caractère, ne peut pas être celui que les dénonciations mettent en cause. En réalité l'accusation est ainsi renforcée puisque, si on suit Sophie Marceau, il s'en serait pris aux "petites mains" et n'aurait jamais eu l'impudence de se comporter ainsi à l'égard des puissantes dont il avait été proche.
Je ne dis pas que KS a tort mais seulement que sa preuve n'en est pas une, puisqu'elle impliquerait une fixité des attitudes de GD, qui n'existe pas.
Pour des crimes infiniment plus graves que les transgressions dont GD est soupçonné et qu'il nie, le processus est le même. Les proches sont unanimes à rapporter les bons côtés de la personne qui a pourtant avoué le pire. Comme s'il était inconcevable qu'elle l'ait perpétré. À partir de cette idée banale et absurde à la fois que le mal se voit forcément, qu'il y a une tête de criminel comme il y aurait une figure d'innocent !
KS, dans cet entretien où elle se livre avec beaucoup de tenue, sans jamais dépasser la mesure de ce que sa volonté légitime de sauvegarde lui autorise, cible avec justesse la responsabilité de ceux qui sur les plateaux de cinéma, l'accablant aujourd'hui, l'ont laissé faire. Riant de ses outrances, de ses grossièretés, avec une sorte de complicité toute d'admiration pour l'immense acteur et toute d'empathie pour l'homme et ses défauts - indissociables pour eux de ce qu'il apportait par ailleurs.
Il y a quelque chose de pathétique dans la généralisation de ces plaidoiries de l'intime, qui courageuses et fidèles n'oublient qu'une chose essentielle. "Je est un autre", GD aussi.
Échappant au regard de ceux qui vous aiment et vous gardent de vous-même, souvent on n'est plus le même.
« Karine Silla a partagé la vie de Gérard Depardieu, qui est le père de sa fille Roxane. » (PB)
Depardieu, encore Depardieu, comme s'il fallait instrumentaliser ce personnage pour conforter davantage l'omerta officielle pesant sur les innombrables viols désormais quotidiens déchirant la France, dans le silence des pseudo-féministes et de MM. Macron et Attal, à cause de l'incurie de M. Darmanin, avec l'indifférence voire la complaisance de la justice de M. Dupond-Moretti, sans oublier, comme si cela ne suffisait pas, M. Fabius qui vient en rajouter une couche avec sa censure d'une loi qui aurait eu pour objectif de protéger d'abord les Français plutôt que de laisser le champ libre aux criminels étrangers, désormais vus par lui et ses acolytes comme les uniques bénéficiaires légitimes des droits de l'homme...
Là aussi, nous marchons sur la tête.
""Si l’OQTF avait été exécutée, ça ne serait pas arrivé" : la colère de Claire, violée par un clandestin dans le hall de son immeuble à Paris."
https://www.lefigaro.fr/faits-divers/si-l-oqtf-avait-ete-executee-ca-ne-serait-pas-arrive-la-colere-de-claire-violee-par-un-clandestin-dans-le-hall-de-son-immeuble-a-paris-20231217
Rédigé par : Exilé | 28 janvier 2024 à 13:08
Acteur, GD ne vit-il finalement pas sa propre vie comme un film, y introduisant tensions, drames, y interprétant tous les personnages ? N'existe-t-il pas comme s'il était en fait plusieurs, celui qui se veut normal, bon, aimable, aimant comme celui qui, à l'opposé, perdant la conscience du bien peut alors accomplir le mal ?
Rédigé par : Michel Deluré | 28 janvier 2024 à 10:17
@ Ugo | 27 janvier 2024 à 18:35
Cher docteur Ugo,
Whaoo ! Quel talent !
Ne m'ayant jamais rencontré vous me sortez l'ordonnance miracle !
Merci du conseil mais vous me sous-estimez, j"ai essayé la formule mélatonine, continue d'ailleurs sous forme tisane et pilule, zip, rien ! Seulement pour vous faire plaisir !
Au passage, je prends aussi deux médicaments contre une solide hypertension dont Atenolol, lesquels ont l'inconvénient d'abaisser ma propre production de mélatonine, plus de la Nivaquine pour traiter un reste de palu, de l'Oméprazole pour calmer mes vieilles copines africaines amibes, du Kardégic pour liquéfier mon sang, du Doliprane pour dorloter mes os et de l'Elteans pour humidifier ma peau desséchée par une paire de déserts cherchant à me momifier avant l'heure bien que pas pharaon !
Mon choix est de crever d'hypertension et autres bobos ou mal dormir.
J'ignore si vous êtes médecin, si oui, bravo, en ignorant tout de mon passé vous réussissez à me sortir cette ordonnance bénite !
Rassurez-vous, vous ne m'avez provoqué qu'une crise de rire !
J'ai pris deux pilules de stilnox pendant dix ans avant d'être réduit à une pilule de zolpidem. À 94 ans, dors mal, vis seul, me nourris, ai sous-traité ménage et blanchisserie, me balade à pied, pour les 80 % de nos résidentes suis le "grand monsieur" dans la résidence bien qu'étant le doyen. Pas que je sois grand de quelque façon que ce soit il me reste 1 m 73 de mes 1 m 76 de jeunesse, mais parce que je me déplace toujours droit comme un "I", au maximum avec mon parapluie en guise de canne.
Mon secret, à ne pas dévoiler à PC, je bois tous les soirs un petit Ballantine's 12 ans d'âge sur deux glaçons pour aider la mélatonine :)
Une conséquence de la limitation de prescription de zolpidem est qu'il existe maintenant des dealers qui vous en offrent à prix fort, ici, dans la capitale de la Beauce. C'est même mon pharmacien qui me l'a dit quand je cherchais à le corrompre (eh ! j'ai vécu longtemps en Afrique).
Le drame est que je ne veux rien avoir à faire avec des dealers !
Alors je souffre (enfin presque) mais pas en silence, je le fais savoir à nos énarques qui nous ont créé un soviétisme à la française ! Ce que je leur écris aussi !
Dieu merci nos agriculteurs viennent enfin de se mettre en rogne !
Rédigé par : Claude Luçon | 28 janvier 2024 à 00:07
Les condamnations pour agressions sexuelles ne sont pas les mêmes aux USA et en France. Que Gérard Depardieu se rassure, si coupable, je dis si, les juges ne lui demanderont jamais la même amende à payer qu'à l'ex-président des Etats-Unis Donald Trump qui vient d'être condamné hier par ses juges.
DT est sommé de payer à sa victime le montant total de 88 millions de dollars pour agression sexuelle en 1990, commise dans une cabine d'essayage (donc trente ans après les faits) ; 5 millions US$ et 83 millions US$ pour diffamation et insultes balancées sur son compte personnel Truth Social envers la victime.
Cette amende astronomique donne le tournis. Ce n'est pas en France qu'on verrait ça.
Rédigé par : Ellen | 27 janvier 2024 à 19:39
Depardieu ! Encore lui ! Et bla-bla-bla et bla-bla-bla... Ne peut-on pas laisser dans les mains de ses juges ce gamin malotru du quartier mal famé de Châteauroux, devenu un « génie » dont la France doit être « fière » (dixit un autre candidat à ce titre) ? Ne pourrait-on pas le laisser à l’écart de l’actualité, qui nous offre quotidiennement mille sujets dont l’importance est sans commune mesure avec ce personnage, déjà bien puni pour ses excès de langage ? La justice travaille sur les accusations de viols dont il fait l’objet. Laissons-la œuvrer dans le silence nécessaire... et obligatoire selon la loi.
Ceci dit, qui n’enlève rien à la réflexion plus générale de notre hôte sur le comportement des proches d’un criminel, la lecture de ce billet aurait toute sa place dans un prétoire, lorsque l’avocat général doit, pour étayer sa conviction, hiérarchiser les diverses paroles entendues à l’audience. Philippe connaît mieux que quiconque ces instants où il faut dissocier la sincérité réelle de la tentative de secours désespérée, peser ce qu’elles disent de la vérité et ce qu’elles en masquent.
Ces témoignages de proches, qui bousculent les faits pour faire entrer l’émotion dans le débat, sont bien sûr respectables et doivent participer - à hauteur de leur bonne foi - à l’étude de la personnalité de l’accusé, laquelle pèsera sur le verdict. Il va de soi que les cris du cœur de la mère du pire terroriste, qui affirmera que son fils était « un bon garçon », ne seront que pacotille à l’heure du délibéré. Néanmoins, ils apporteront une parcelle d’humanité au tueur. Et c’est tant mieux.
Dans des affaires plus communes, cette parole des proches, qu’elle soit favorable ou non à l’accusé, prendra plus de poids. Comment le juré que j’étais lors de trois procès faits à des grands-pères qui avaient violé leurs petites-filles pourrait ne pas se souvenir des propos accablants de leurs épouses alors même que le président les avait contraintes à reconnaître que leur couple n’en était plus un depuis longtemps... Ils ont pris le maximum et elles sont ressorties du tribunal sans éprouver la moindre honte, heureuses d’être débarrassées du mari qu’elles ne respectaient plus... Sans même que ne les effleure l’idée qu’elles avaient une part de responsabilité dans leurs crimes.
Et que dire, sinon qu’ils sont admirables, des témoignages des gendarmes au procès des comparses du terroriste qui a assassiné Arnaud Beltrame ? Tout en s’en tenant aux faits exacts, en en précisait les détails, ils ont su ne pas entacher le magnifique héroïsme de leur compagnon d’armes, qui, en s’échangeant contre une otage civile, avait enfreint le protocole que lui-même enseignait. De ces audiences où le sordide le disputait à l’infâme, seuls resteront dans les mémoires ces instants où ces militaires, rompus à la franchise, auront su aller au-delà par un court silence, une hésitation, probablement l’esquisse d’un geste...
Au procès d’assises où comparaîtra Depardieu, s’il y est renvoyé, il ne fait guère de doute que l’ambiance sera tout autre, loin de celle des « grands procès », qu’un défilé ininterrompu de « vus-à-la-télé » (ou pas) viendra témoigner des qualités extraordinaires de l’accusé... Ils prendront le prétoire pour un théâtre... à moins que la Cour ne se contente pas de les entendre, mais exige d’eux qu’ils reconnaissent que le soutien hilare qu’ils apportaient à leur camarade troussant « gentiment » une assistante de plateau fait d’eux ses complices.
Rédigé par : Serge HIREL | 27 janvier 2024 à 18:57
A-t-il essayé les chèvres ?
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@ Claude Luçon (réponse à une question médicale du précédent billet)
Pas besoin d'écrire à Macron pour vos problèmes de pilules, prenez votre cachet de zolpidem avec de la mélatonine qui est en vente partout, deux cachets de zolpidem c'est beaucoup trop à moins de perdre la tête ce qui expliquerait votre comportement en déifiant Macron depuis 2017.
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@ Tous
Comme le répète l'entrée en scène de Bercoff : les carottes sont cuites, je répète les carottes sont cuites... il n'y a qu'à lire les pensées contradictoires des commentateurs de Justice au singulier... nous n'irons pas au paradis... les carottes sont cuites.
Rédigé par : Ugo | 27 janvier 2024 à 18:35
Bizarre, aujourd'hui, aucune dame n'a fait paraître une plainte contre Depardieu qui l'aurait flattée de l'auriculaire. Soyons patients, ça viendra, la meute est fournie.
Dans le même temps, pardon de la grossièreté, nous sommes obligés de nous appuyer, une fille de Johnny qui serait vulgaire, les ricanements de sa dernière femme et les ignominies de la saga Delon.
Et de plus, on ratiocine sur le sujet. C'est humain, les fées aux ailes courbes coupent les fils qui nous retiennent à la terre. Si nous pouvions arrêter de faire des histrions nos échantillons de société.
Rédigé par : genau | 27 janvier 2024 à 18:06
"Je est un autre". Quand on aime quelqu’un nous avons tendance à l’idéaliser au point de ne pas voir sa part d’ombre. Gérard Depardieu ne saurait faire exception. Il était parti pour devenir un voyou, mais il a été gratifié d’un autre destin. Triste retour à sa condition d’origine.
On ne saurait faire grief à Karine Silla (KS) de prendre la défense du père de sa fille. Est-ce parce qu’elle l’aime encore ou bien pour protéger sa fille Roxane de l’humiliation d’avoir un père accusé d’agressions sexuelles ? Comportement digne que l’on ne saurait lui reprocher.
Par contre ceux qui aujourd’hui accablent GD de son comportement cavalier avec les femmes, alors qu’ils s'en étaient amusés au moment des faits, ne méritent que mépris. Les pires étant ceux qui après avoir soutenu la pétition en faveur de Gérard Depardieu se sont désistés, de peur de se trouver soudain marginalisés par le monde du spectacle, qui a placé la morale au-dessus de la dignité.
Rédigé par : Achille | 27 janvier 2024 à 13:50
"En réalité l'accusation est ainsi renforcée puisque, si on suit Sophie Marceau, il s'en serait pris aux "petites mains" et n'aurait jamais eu l'impudence de se comporter ainsi à l'égard des puissantes dont il avait été proche." (PB)
C'est sans doute de la prudence.
Ce peut être aussi le fait d'un large éventail de goût : fréquenter des égaux, avec qui on s'allie, et des inférieurs, dont on fait ses proies.
Dans la nature, les prédateurs ne se comportent pas de même entre prédateurs aussi puissants qu'eux et herbivores, le cas intermédiaire étant le prédateur d'une espèce moins puissante. Dans la culture, on a souvent valorisé la solidarité entre membres d'un même groupe tel que par exemple les hommes puisqu'on parle d'abus d'un certain type d'hommes ici, et l'infériorisation des femmes.
De nos jours, on valorise le respect de tous. D'autre part, l'individualisme fait que l'on classe moins les gens comme faibles du point de vue du sexe et plus de l'infériorité sociale face à soi. Donc Depardieu serait un coupable dans l'air du temps, s'il est coupable.
Evidemment, il faut punir tous les abuseurs... Il me semble que les proies éventuelles sont plus à l'abri des puissants quand il y en a plusieurs parce que le déviant ne peut toujours en trouver partageant ses perversités ou trop lâche ou trop indifférent pour le couvrir de sa complicité.
L'abuseur est aussi en danger d'une plus grande intolérance de la société aux abus, et de façon plus anecdotique, à ce qu'une proie accède au rang de puissant, lequel n'a pas intérêt à faire savoir son ancienne détresse mais si possible à engager quelque tueur pour en finir avec son ennemi... L'un des avantages de la puissance est cela, permis par la largeur de ses réseaux et la profondeur de ses poches.
Ne pas passer par la honte d'une pleurnicherie publique pour se rendre justice. Rien qui continue à vous avilir... La vengeance aussi bien servie que le poisson est artistiquement découpé par la cuisine japonaise, dans les sushis.
Rédigé par : Lodi | 27 janvier 2024 à 09:08
« Il s'en serait pris aux "petites mains" » (PB)
En laissant traîner les siennes ! Désolé, mais il m’arrive d’avoir des répliques spontanées et donc sottes.
Pour le reste, n’ayant pas lu l’article en question, tout ce que je peux dire c’est que GD est ce que l’on appelle une force de la nature, pas seulement physique, mais aussi psychique.
Ce genre de force ne se maîtrise que par une force équivalente, qui peut être également une grande douceur sincère inspirant le respect. Mais pas la douceur plus ou moins feinte de celles qui aspirent à une promotion dans ce milieu particulier qu’est le cinéma.
Rédigé par : Tipaza | 27 janvier 2024 à 08:40
Nous avons d’abord eu l’affaire Johnny Hallyday et sa veuve aux prises avec les enfants de ses précédentes unions, alors que le corps de Johnny n’était pas encore froid.
Ensuite est venue l’affaire Depardieu et ses pétitions et contre-pétitions.
Je croyais qu’après trois mois les journaux people n’en parleraient plus, mais il serait dommage de ne pas tirer le dernier jus d’une histoire aussi sordide où l’on ne sait plus trop où sont les gentils et les méchants. Surtout depuis que certaines de nos people stars se sont désistés du soutien qu’ils apportaient à GD, le dernier en date étant Yvan Attal.
Et puis maintenant nous avons l’affaire Alain Delon. Une vraie saga à l’américaine avec les enfants qui viennent s’expliquer sur les plateaux télé : Anthony sur CNews qui a pris fait et cause pour lui et Anouchka sur TF1. Qui a raison qui a tort ? À chacun son opinion.
Pendant ce temps, la star de nos jeunes années attend que la mort veuille bien le sortir de ce monde qui lui est devenu un enfer.
Que sont devenus nos monstres sacrés du siècle précédent ?
Rédigé par : Achille | 27 janvier 2024 à 06:33
Ce blog est un simulacre de tribunal où la justice est rendue au singulier.
D’abord la personnalité de l’accusé est montrée sous son meilleur jour, ses proches expliquent combien il était doux et son comportement a l’opposé de ce que lui reprochent des personnes malintentionnées. Le but est de faire une première bonne impression.
Ensuite les preuves sont présentées et les nuages s’amoncellent sur l’accusé, tandis que les défenseurs et les accusateurs enclenchent des mécanismes procéduriers qui transforment les nuages en brumes et brouillards qui enveloppent la lumière de la vérité.
On ne sait même plus qui est l’accusateur ou l’accusé, les avocats endossent indifféremment les deux rôles avec un égal talent, une équivalente méchanceté qui peut confiner à la cruauté.
Faites vos jeux, les jeux sont faits, rien ne va plus.
Il y aura un avant et un après procès Depardieu. Comme il y a eu un avant et un après procès Johnny Depp aux USA. Les mêmes concepts sont là. Une tragédie se déroule sous nos yeux.
Vanessa Paradis et sa fille avaient témoigné en faveur de Johnny Depp alias Jack Sparrow. Cela n’avait pas suffi pour détruire l’accusation mais le doute avait commencé à progresser dans l’esprit des juges.
La défense avait alors fait appel à un héros de Netflix, une réincarnation du Dieu grec Poséidon. Jason Momoa lui-même était intervenu en audioconférence. Il appelait la juge par son prénom ! Elle était subjuguée que le héros Aquaman la connaisse, elle n’en demandait pas tant de la part d’un surhomme qui résiste à la pression de l’océan.
Johnny Depp a gagné son procès, Amber Heard a perdu.
Qui saura sauver Depardieu ?
"Ne vous méprenez pas, les femmes du monde ont toujours aimé coucher avec des animaux, des paysans, des brutes mais voici ce qu’on pense de vous, mon Dieu, c’est dégoûtant de vous regarder manger avec de la sauce sur le menton, vous croyez qu’on ne voit pas que vous ne prenez jamais votre tasse de thé par l’anse, vous imaginez qu’on ne vous entend jamais roter ou lâcher des vents, vous êtes pour nous comme un singe domestique, très utile, mais fondamentalement un clown."
Les enfants de minuit
Salman Rushdie
Rédigé par : vamonos | 27 janvier 2024 à 02:22